Îles Féroé (août 2026)

31 Août 2026 | 0 commentaires

Programme

jour 1 : Suisse – Sørvágur (Îles Féroé)

jour 2 : île de Streymoy

jour 3 : île de Vágar

jour 4 : île d’Eysturoy

jour 5 : île de Sandoy

jour 6 : îles de Kalsoy et de Kunoy

jour 7: îles de Borðoy et de Viðoy

jour 8 : Sørvágur (Îles Féroé) – Suisse

Offices du tourisme :

Météo :

Se déplacer dans les îles Féroé :

Le réseau routier est de bonne qualité et bien développé, permettant ainsi de rejoindre sans encombre la prochaine étape de son périple. Pour plus d’informations, voir la vidéo « Driving in the Faroes » éditée par l’office de tourisme.

Les conditions de circulation peuvent être consultées sur http://www.landsverk.fo/en-gb/weather-and-driving-conditions/driving-conditions

Pour stationner dans les villes de Klaksvík, Tórshavn et Runavík, ainsi qu’à l’aéroport, vous devez mettre un disque de stationnement de manière bien visible sur le tableau de bord de votre véhicule. Si vous n’en possédez pas, vous pouvez vous le procurer gratuitement dans les banques et offices de tourisme.

Transports publics (bus et ferry) : Standfarskip Lanskins

Code de la route

  • conduite à droite ;
  • port de la ceinture obligatoire à l’avant comme à l’arrière ;
  • limitations de vitesse : 50 km/h en agglomération ; 80 km/h sur les routes ;
  • allumage des feux de croisement obligatoire pendant la conduite ; 
  • taux d’alcool limite autorisé pour conduire : 0,2 g/l.

Routes à péage

  • Quatre tunnels relient les îles entre elles : Vagatunnilin (de Streymoy à Vágar) ; Nordoyatunnilin (d’Eysturoy à Bordoy) ; Eysturoyartunnilin (de Tórshavn à Runavík et Strendur) ; Sandoyartunnilin (de Streymoy à Sandoy).
  • L’accès à ces tunnels est payant. Il suffit pour cela de s’inscrire sur le site Tunnil en renseignant le numéro d’immatriculation de son véhicule, son numéro de carte de crédit et les dates de son voyage. Les frais de péage seront automatiquement réglés via la carte bancaire enregistrée sur le site, dans un délai d’un mois environ. Comment payer les tunnels que l’on emprunte aux Îles Féroé ? Deux cas de figure ensuite : 
  • Vous avez loué votre voiture aux Îles Féroé à votre arrivée : Vous n’avez rien à faire. Le loueur reçoit le relevé de vos passages dans les tunnels de l’archipel et vous prélève à la fin de votre location de voiture le montant correspondant.
  • Vous êtes venu avec votre propre véhicule ou vous roulez avec une voiture non louée aux Îles Féroé : C’est à vous de payer vos différents passages. Pour se faire, il suffit de se rendre sur la page https://service.tunnil.fo/singlepayment et de renseigner la plaque d’immatriculation du véhicule que vous utilisez. Le paiement se fait ensuite par carte bancaire. Attention, passé un délai de 6 jours, le paiement est majoré de 50 DKK.

Sóljuleiðir : Les itinéraires touristiques des Îles Féroé sont appelés « Sóljuleiðir » (itinéraires des boutons d’or), du nom de la fleur nationale féroïenne. Sur ces itinéraires, vous pouvez rouler tranquillement et profiter du voyage ainsi que de la nature environnante époustouflante sans gêner la circulation sur les routes principales.
Sur les Sóljuleiðir, vous découvrirez des panoramas à couper le souffle et une nature spectaculaire. Chaque itinéraire possède ses propres atouts, ce qui le rend unique et mérite le détour.

Aires de croisement : Plusieurs itinéraires empruntent des routes à voie unique dotées d’aires de dépassement, permettant aux véhicules venant en sens inverse de se croiser. Veuillez noter et garder à l’esprit que le stationnement sur les aires de dépassement est strictement interdit.

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jour 1: Suisse – Sørvágur (Îles Féroé)

Nous sommes partis à 11h de Genève et ce n’est qu’à 19h50 (heure locale) que nous arrivons enfin sur les îles Féroé. Nous avons eu une longue escale à Copenhague. Normalement nous aurions dû passer par Paris, mais au dernier moment Air France à changer son avion pour le trajet Genève – Paris. Comme l’avion était plus petit que celui qui initialement prévu. Notre « plan de vol » a donc été changé en toute dernière minute. Ce n’est qu’en arrivant à l’aéroport de Genève, au moment de nous enregistrer pour le vol de Paris, qu’on nous a appris que nous étions transférer sur une autre compagnie et que nous devions passer par Copenhague.

Résultat des courses c’est avec plus de 4 heures de retard sur l’horaire prévu que nous foulons enfin le sol féroïen. Il commence à faire nuit quand nous prenons la route de Torshavn. Nous avons réservé un appartement pour les sept nuits que nous passerons sur les îles. Notre but est de rayonner depuis la capitale …

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jour 2: île de Streymoy

Ce matin tôt je pars à la découverte du coeur de Tórshavn. Le brouillard recouvre la ville. Je commence par un Undir Bryggjubakka, réputé pour sa charmante rangée de maisons colorées qui bordent le front de mer. Ce quartier fait office de petit port de plaisance. Un tout petit peu plus loin je me perds dans Tinganes considéré comme l’un des plus anciens, voire le plus ancien, lieu de réunion parlementaire au monde, au même titre que Tynwald Hill sur l’île de Man et Þingvellir en Islande. Tinganes constitue le cœur historique de la capitale du pays. Situé entre deux ports, cet affleurement rocheux plat est dominé par un ensemble charmant et hétéroclite de bâtiments aux toits de tourbe qui, sans en faire grand cas, abritent le gouvernement autonome des Îles Féroé (Føroya Landssýri). C’est ici, vers l’an 900, que le parlement viking a commencé à se réunir chaque été pour débattre de questions d’importance nationale. Ici, pas de gardes armés ! On peut flâner librement dans les petites ruelles. Et je ne m’en prive pas …

Aprs cette petite petite prise de contact brouillardeuse, je retourne à l’appartement pour me préparer à partir à la découverte de l’île de Steymoy. Un peu avant 9 h nous voilà sur la route qui, tantôt longe des fjords, tantôt passe sous les montagnes. Vers Oyrareingir la route n°10 bifurque vers l’est et monte ensuite vers le nord, où justement le brouillard commence à se déchirer et à laisser apparaître de timides rayons de soleil.

Juste avant Oyrarbakki, nous quittons la n°10 pour nous « aventurer » sur une des 11 routes pittoresques recensées dans les îles Féroé (Sóljuleiðir, routes « boutons d’or »), le n°594 (Tjørnuvíkarleið) qui va vers Tjørnuvik en longeant le détroit de Sundini. Ces routes sont généralement à une seule voie avec, par endroit, des places d’évitement. Nous nous arrêtons un moment à Haldarsvík pour nous balader dans le petit village et surtout pour admirer l’unique église octogonale des Féroé. De l’autre côté du détroit nous apercevons, encore recouvert de brouillard, le Slættaratindur, le plus haut sommet de l’archipel.

Après Haldarsvík, la route continue à serpenter à flanc de montagne tout en prenant un petit peu d’altitude. A 3 kilomètres avant notre destination nous devons nous arrêter à un feu. L’attente peu être longue (5 minutes maximum si on n’a pas de chance !). En effet la circulation se fait en alternance jusqu’à Tjørnuvík.

Le village de Tjørnuvík, niché au fond d’un petit fjord et entouré de montagnes, compte parmi les plus anciens villages des Îles Féroé. Des tombes vikings ont été découvertes dans la partie orientale de la vallée, ce qui prouve que la région est habitée depuis l’arrivée des premiers Vikings sur les îles. Depuis la plage, on peut apercevoir les deux rochers isolés appelés Risin et Kellingin (le Géant et la Sorcière) qui, selon la légende, auraient tenté de traîner les Îles Féroé jusqu’en Islande.

Nous laissons la voiture sur le petit parking déjà presque plein et remontons un petit peu sur la route que nous venons d’emprunter pour avoir une vue plongeante. En voiture il est interdit de s’arrêter en descendant ! Les montagnes recouvertes de verdures, le petit village et la plage donne un effet incroyable. Comme véritable première visite féroïenne nous avons une chance incroyable. Nous ne pouvions pas rêver mieux ! Nous nous baladons ensuite dans le village et remontons un petit peu sur le chemin de randonnée qui va vers Saskun pour avoir une autre vue d’en haut, cette fois depuis l’arrière du village.

Pour aller à Saskun, nous prochaine étape, nous devons revenir en arrière sur le même chemin jusqu’à Hvalvík. Une petit arrêt ici pour faire le tour de la jolie petite église noire et au toit recouvert d’herbe avant de nous engager sur la petit route étroite (la n°53 : Saskunarleið) qui serpente à travers une vallée verte, entourée de montagnes, avec des cascades le long des parois rocheuses et, de temps en temps, une voiture en sens inverse pour laquelle il faut se ranger calmement. Typique des Îles Féroé, en fait.

Saksun est un village est minuscule, mais son cadre est immense. Imaginez une lagune, de hautes montagnes, une ancienne ferme, une petite église et une cascade dont vous pouvez vous approcher !

Avant d’aller voir la fameuse église et comme la marée est basse, nous faisons une petite marche dans la lagune de Pollurin (1h45 aller et retour et +/- 100 m de dénivelé). C’est une lagune de marée qui était autrefois un port naturel. Cependant, une violente tempête a fini par en obstruer l’entrée avec du sable, ne laissant qu’un étroit chenal par lequel l’eau de mer entre et sort au gré des marées. Les petits bateaux peuvent y entrer à marée haute, mais à marée basse, Pollurin se transforme en une vaste étendue de sable. Nous marchons d’abord sur un chemin rocheux qui descend vers le fond de la vallée, puis marchons sur le sable noir jusqu’au bord de l’océan.

Cette petite randonnée nous a mis en appétit. Nous pique-niquons donc au bord du petit lac (Saskunarvatn) avant d’aller voir la petit église.

Cette charmante église historique, initialement construite à Tjørnuvík, a été démontée et déplacée à Saksun en 1858. Elle n’a rien d’exceptionnel. Mais le déplacement vaut surtout par le cadre dans laquelle elle est « posée ». Comme quasiment toutes les églises que nous verrons pendant ce séjour, il n’est pas possible d’en voir l’intérieur, si ce n’est au-travers des fenêtres.

Nous reprenons la Saskunarleið en sens inverse jusqu’à Hvalvík, puis la 10 vers Oyrareingir. Là, plutôt que de bifurquer vers Tórshavn, nous continuons notre périple sur l’île de Streymoy en direction de Vestmanna, gros village niché au bout d’un fjord. La route qui y accède permet de bien le contempler depuis les hauteurs. Nous ne nous y arrêtons pas très longtemps. Le temps de voir un petit peu le port et l’église et nous revenons en arrière.

En venant à Vestmanna nous avions aperçu, en contrebas, au bord de la mer, le petit village de Kvívík. Cette fois nous faisons le détour pour aller nous promener un petit moment dans ses petites rues.

Puis c’est le retour vers Tórshavn. Comme le soleil brille toujours, nous ne prenons pas la route la plus directe, mais l’Oyggjarvegur (la troisième route pittoresque de la journée). Cette route de montagne, qui constituait autrefois la principale voie d’accès en voiture à la capitale a été remplacée par la route principale et le «Kaldbakstunnel» en 1992. Le long de l’Oyggjarvegur, on a une vue panoramique sur les fjords que nous avons longé ce matin.

A mi-chemin de Tórshavn, nous faisons un dernier détour vers le village isolé de Norðradalur. La route qui y descend est très raide et incroyablement sinueuse. En arrière plan (mais malheureusement à contre-jour) on aperçoit l’île de Koltur. Pour pouvoir profiter de la belle vue ici, il faut impérativement venir le matin …

Avant de rentrer à l’appartement nous faisons encore un rapide passage dans le vieux Tórshavn.

Une première journée de visite incroyable. Des vues de cartes postales. La journée qui a commencé dans la grisaille, s’est finalement déroulée sous un soleil de plus en plus présent.

Toutes les photos ici.

HVALVÍK

Hvalvík s’est développée aux côtés de Streymnes, et jusqu’en 2005, elles formaient une commune indépendante, avant d’être intégrées à la commune de Sunda. Le paysage autour de Hvalvík et Streymnes est à la fois plat et vallonné, et la Stórá, qui sépare Hvalvík de Streymnes, draine environ la moitié de la vallée de Saksunardalur, longue de 12 km. Le sol est idéal pour l’agriculture ; il n’y a pas de falaises abritant des oiseaux et les zones de pêche sont relativement éloignées. La pêche en mer a pris une grande importance dans le développement du village.

Église de Hvalvík : L’église date de 1829 et compte parmi les plus anciennes églises en bois des Îles Féroé. Les matériaux de construction provenaient en partie du trois-mâts écossais Broon, qui s’était échoué à Saksun en 1828. La chaire avait initialement été réalisée pour l’église de Tórshavn en 1609.

HÓSVÍK

L’église du village date de 1929.

KVIVÍK

Une petite route descend depuis la route qui mène à Vestmanna (ou à Tórshavn dans l’autre sens). C’est par ce petit village en contrebas, au bord d’une mer qui semble grignoter la roche, qu’il faut faire un détour pour mieux imaginer le cadre de vie des premiers Vikings débarquant dans l’archipel. Les fouilles archéologiques ont révélé la présence ancienne de ces navigateurs incroyables. Le village s’est développé des deux côtés d’une baie étroite et de la petite rivière Stora. Kivik est réputé pour son club d’aviron : Kvívíkar Sóknar Róðrarfelag. Un de leurs bateaux, le Junkarin, a remporté à plusieurs reprises le championnat des îles Féroé.

FERME VIKING : Découverte en 1942, elle témoigne d’un exemple type de ferme viking, même si seules les fondations sont aujourd’hui visibles. Cette ferme comprenait une salle de plus de 20 m de long, avec un âtre en son centre et des bancs de terre le long des murs. Le toit était soutenu par des poteaux de bois dont on peut encore voir les emplacements au sol. Non loin, un autre bâtiment servait d’étable. Douze vaches pouvaient y tenir. Les archéologues ont trouvé des fragments d’ustensiles de cuisine et des jouets en bois, de nos jours exposés au Musée national de Tórshavn.

NORÐRADALUR

Le village isolé de Norðradalur, qui signifie « vallée du Nord » en féroïen, ne compte que 10 habitants. La route d’accès culmine à plus de 300 mètres d’altitude et peut être difficile à emprunter pendant les mois d’hiver. Comme il n’existe actuellement aucun transport en commun vers Norðradalur, louer une voiture ou un vélo est le moyen le plus simple de profiter du paysage. En suivant la route sinueuse qui descend vers la vallée, vous serez émerveillé par une vue imprenable sur la vallée, avec en arrière-plan l’île caractéristique de Koltur.

SAKSUN

Très prisée par les groupes scouts et les campeurs, cette région des Féroé offre un paysage des plus surprenants. Au détour du dernier virage, on verra apparaître à la fois le plus champêtre et le plus maritime des tableaux. Saksun, un hameau idyllique figé dans le temps, avec son église au toit de gazon nichée au milieu d’un vallon verdoyant incliné vers une baie, sorte de fjord dans lequel la mer ne pénètre qu’à marée haute. Quelques vieilles maisons de pierre et d’herbe, dont l’une abrite le musée Duvugarðar, consacré à la vie d’autrefois. Une grande cascade au loin, quelques vaches, un cheval et les enfants de la ferme. Bucolique et enchanteur !

ÉGLISE (KIRKJA) : Difficile de trouver un plus bel endroit, à la fois hors du temps et en harmonie avec la nature environnante. Une clôture en pierres sèches, un portillon, des murs blancs et le toit recouvert d’herbe : cette petite église traditionnelle ressort de la verdure grâce à son clocher et sa croix visible de loin. La date de 1858 inscrite à l’entrée ne correspond pas à sa construction, mais à son déménagement. Elle fut en fait construite en 1693 à Tjørnuvík et transportée à travers les montagnes en pièces détachées jusqu’à Saksun au milieu du XIXe siècle !

Lagon de Pollurin et plage de sable noir (Út á Lónna) : Cette andonnée au départ du village de Saksun permet de passer par la lagune de Pollurin bordée d’une belle cascade, et si la marée le permet, d’atteindre par une petite gorge une jolie plage de sable noir entourée de falaises. Il faut compter entre 90 et 120 minutes pour faire l’aller et retour …

TJØRNUVÍK

Soudain, on aperçoit une plage de sable noir fin, cachée au fond d’une baie en forme de conque, entourée de rochers et d’une montagne qui descend en gradins entrecoupés de multiples cascades. Tjørnuvík est situé à l’entrée d’un détroit qui sépare Streymoy d’Eysturoy. Ce petit village fait face à Eiði et, depuis la plage très bien exposée pour le surf, on aperçoit les fameux pitons rocheux appelés « le Géant et la Sorcière ». Une randonnée d’environ 7 kilomètres vous emmènera sur les hauteurs où la vue mérite la grimpette. Elle est à couper le souffle ! Avec sa population de 64 habitants et sa petite église, Tjørnuvík a des airs de bout du monde.

CIMETIÈRE VIKING : C’est en 1956 que les premières fouilles ont été menées. On a retrouvé les restes de douze personnes, dans un cimetière situé sous le sable, près de la plage et à proximité d’une ancienne piste conduisant au village voisin. Certains des corps gisaient complètement étendus sur le dos, d’autres étaient couchés sur le côté gauche, les genoux repliés, et tous avaient la tête tournée vers le nord. De récentes fouilles ont permis de découvrir, sous une maison construite en 1936, les fondations d’une maison viking comportant plusieurs pièces (4,5 m ont été dégagés).

VESTMANNA

Ce gros village de 1300 habitants s’est développé autour de son port. Vestmanna est aussi l’endroit d’où l’archipel tire une partie de son électricité. L’énorme pipeline qui balafre la montagne en arrière-plan transporte de l’eau qui s’écoule d’un lac derrière la montagne, et dégringole le versant à pic au-dessus de la ville pour venir faire tourner les turbines de l’usine hydroélectrique. Le relief est particulièrement tourmenté, la route qui part de Vetstmanna vers Tórshavn vous emmène presque dans les nuages ! Au nord de la ville, d’énormes falaises percées de grottes et de cavernes maritimes, Vestmannabjørgini, font partie des visites incontournables.

Office du tourisme : https://www.visit-vestmanna.com/

TÓRSHAVN

Une ville dynamique et sympathique. D’un côté, le port marchand bordé de façades multicolores, de l’autre, le port où accostent les voyageurs, près du vieux fort verdoyant de Skansin, dont les bâtiments sont toujours recouverts de gazon touffu. Puis la ville moderne se hisse sur les collines. Le bus qui arrive de l’aéroport descend lentement vers la mer, laissant apercevoir les jardinets des maisons à l’architecture si typique. Très vite, l’envie vous prend de vous promener au hasard des ruelles de la vieille ville où d’étranges cabanons de bois noir à claire-voie servent encore de garde-manger pour sécher la viande et le poisson. La capitale apparaît alors avec tous ses attributs : le quartier historique où se tient l’administration gouvernementale, le petit Parlement, les banques et les boutiques, un peu plus loin le jardin public, le théâtre… Autant de promesses de balades et de découvertes dans un calme étrange : ici, on vit très peu à l’extérieur, habitude des longs hivers nocturnes. On croise quelques habitants qui se disent bonjour systématiquement ou presque. En dehors des heures d’ouverture des boutiques, seuls les touristes semblent prendre plaisir à la promenade dans ce monde terriblement dépaysant. Mais ces dernières années, la vie nocturne a changé… Le quota de licences permettant de vendre de l’alcool a permis à plusieurs bars, restaurants et discothèques d’ouvrir leurs portes. Les jeunes Féroïens et, en général, tous ceux qui ont eu l’occasion d’aller étudier ou travailler au Danemark, aspirent à vivre dans une capitale plus ouverte sur le monde actuel.

Office du tourisme : www.visittorshavn.fo / voir aussi https://visitfaroeislands.com/en

CATHÉDRALE DE TÓRSHAVN (HAVNAR KIRKJA) : C’est l’église de bois blanc qui surplombe le port, à l’entrée de Tinganes. Bâtie en 1788, elle fut reconstruite en 1865. Elle abrite un retable remarquable de style Renaissance tardif représentant la Cène. Sur un panneau du triptyque, une dédicace précise que Hans Sevrensen, ancien marchand des îles Féroé, remit ce retable à l’église de Torshavn en 1647. La cloche de la cathédrale proviendrait d’un navire norvégien qui a coulé le soir du 31 décembre 1707 au large de l’île de Suðuroy.

JETÉE DU PARLEMENT (TINGANES) : Sur cette digue qui sépare la baie en deux ports, s’est réunie, il y a 1 000 ans, la première Assemblée féringienne. La plus ancienne construction porte la date de 1623. Flâner à travers ses ruelles escarpées est un véritable voyage dans le temps : petites maisons aux toits d’herbe grasse, morues qui sèchent accrochées aux fils à linge. On se croirait revenu plusieurs siècles en arrière. Qui pourrait imaginer que ce petit quartier abrite les plus grandes institutions de l’archipel ?

VIEILLE VILLE (à Reyni) : La vieille ville de Tórshavn, composée des quartiers de Reyn et d’Undir Ryggi, est un petit quartier de maisons en bois (du XIVe s.) recouvertes de goudron noir, aux fenêtres à encadrement blanc et aux toits de gazon. Ces maisons du XIVe siècle sont encore aujourd’hui habitées. Promenez-vous dans ses ruelles étroites et sinueuses pleines de charme et découvrez un merveilleux mélange d’ancien et de moderne.

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jour 3: Île de Vágar

Après une première journée sur l’île de Streymoy nous prenons la route vers celle de Vágar. Ce matin la météo est plutôt clémente. Le ciel est partiellement dégagé. Nous allons en profiter pour faire une des randonnées incontournables des îles Féroé, celle vers la « falaise des esclaves » (Trælanípan) et du Sørvágsvatn ou Leitisvatn (il semblerait que les Féroïens ne soient pas d’accord sur son nom). On le surnomme également : « le lac au-dessus de l’océan ». Le nom « falaise des esclaves » vient du fait, qu’à l’époque viking, les esclaves désobéissants étaient précipités dans le vide pour trouver la mort !

Nous aurons un peu les falaises en contre-jour, mais au moins le fameux lac sera parfaitement éclairé par les rayons matinaux.

Mais avant de prendre le tunnel pour aller sur Vágar, nous nous arrêtons 5 minutes au col dominant le village perdu de Norðradalur. Nous sommes passés ici hier, mais la lumière n’était pas géniale, gros contre-jour. Là c’est parfait.

Après nous être acquittés des droits d’entrée (presque 25 CHF (200 DKK) par personne !), il ne nous reste plus qu’à suivre le sentier, très facilement reconnaissable. Dès le départ, le lac de Sørvágsvatn accompagne notre marche. La mer est cachée par d’imposantes falaises. En cheminantg nous atteignons finalement leurs bords, la hauteur est impressionnante. Il faut monter encore, au plus haut de la chaine de falaises pour avoir la « fameuse vue sur le lac ». Elle est légèrement moins spectaculaire que sur les photos promotionnelles (sûrement prises au drone), mais elle reste néanmoins surprenante. Personnellement, j’ai vraiment eu cette sensation de voir le lac flotter au-dessus de la mer. Rien de surnaturel là-dedans, mais c’est tout de même rare d’observer cette configuration.

Après l’avoir photographiée sous tous les angles, nous continuons à longer la falaise pour atteindre un ultime point de vue, celui de la cascade. Ce qui est intriguant à cet endroit, c’est que selon les perspectives et l’angle de vision, le lac paraît parfois être au même niveau ou au-dessus de la mer. Une jolie illusion d’optique. C’est le lac en débordant qui crée cette cascade. Son débit est donc intimement lié à celui du lac.

Pour le retour, il suffit de suivre le même chemin, impossible de se perdre. Après 2h30 de randonnée, nous sommes de retour à la voiture et pouvons poursuivre notre exploration de l’île.

Nous longeons, sur la route n°11, le lac Sørvágsvatn jusqu’à Vatnsoyrar. Puis continuons jusqu’à Sørvágur. Là, nous enchaînons sur la route 45, Gásadalsleið (la quatrième route pittoresque !) qui nous mène au village de Gásadalur («vallée des oies»). Jusqu’à récemment, Gásadalur était le seul village des Îles Féroé à ne pas être relié aux autres villages par une route. Jusqu’alors, le sentier de montagne constituait le seul lien avec le monde extérieur. Le facteur acheminait le courrier par la montagne trois fois par semaine. En 2004, le Parlement féroïen a fait construire un tunnel à voie unique menant à Gásadalur, mettant ainsi fin à son isolement. D’après la Søga Gásadals, ce village tiendrait son nom de Gæsa, une femme qui aurait mangé de la viande pendant le carême alors que cela était interdit. En conséquence, elle perdit tous ses biens et dut s’exiler dans cette vallée. Une autre légende affirme que le nom de l’île est dû aux oies sauvages qui volent vers Gásadalur chaque été.

Vous connaissez peut-être déjà cette image : un petit village entre les montagnes, des falaises verdoyantes, la mer en contrebas et la cascade juste au bord. Le décor semble presque trop parfait, mais il existe bel et bien et nous y sommes, là, juste à la sortie du tunnel ! C’est vraiment une carte postale qui s’étale devant nous ! Un peu de ciel bleu, des nuages qui font des tâches d’ombres sur l’herbe très verte, un petit village au pied de la plus haute montagne de l’île de Vágar (Árnafjall) et au bord d’une falaise. Et pour ajouter encore au charme, une chute d’eau (Múlafossur) qui plonge directement dans l’Atlantique depuis 70 mètres de haut. Que demander de plus …

Nous passons un long moment à contempler cette vue incroyable, puis descendons près du village pour aller voir de plus près la chute d’eau. L’avantage de Múlafossur est qu’il ne faut pratiquement faire aucun effort pour l’atteindre. Depuis le parking, on marche environ 2 minutes jusqu’au point de vue.

Il est presque 14 heures quand nous quittons ce lieu magique. A la sortie du tunnel, le ciel qui était assez bleu, il y a quelques minutes devient de plus en plus gris. Dommage mais nous sommes aux Féroé et la météo peut être très changeante !

Sur le retour vers Sørvágur nous nous arrêtons un moment dans le village de Bøur. Installé paisiblement en bord de mer est réputé pour ses quelques maisonnettes aux toits herbeux dont la vue sur le Drangarnir et Tindhólmur (deux îlots rocheux dans la mer) est époustouflante. Nous nous baladons un moment dans les petites ruelles. Le village n’est vraiment pas grand, mais il y a plein de petits détails à observer. Sa petite église au clocher blanc surmonté d’une modeste croix de bois (construite en 1835) rend encore plus paisible le lieu. Quand nous repartons un car déverse une cinquantaine de touristes … La visite aurait été moins paisible avec tout ce monde …

Avant de nous engager à nouveau dans le tunnel pour revenir vers Tórshavn nous nous arrêtons encore à Sandavagur pour aller faire le tour de l’église. Pimpante, et toute blanche avec son toit rouge et son liseré vert, elle fut bâtie en 1917 sur l’emplacement de cinq églises précédentes.

C’est aussi depuis le village de Sandavagur que part une petite balade (20 min aller) vers le Trollkonufingur ; une aiguille rocheuse se détachant du littoral. Selon les légendes locales, il s’agirait d’un doigt de sorcière troll pétrifié par le soleil. On n’a pas pu le vérifier car le brouillard a commencé à recouvrir la mer quand nous nous apprêtons à y aller. On a renoncé à cette petite excursion.

De retour sur l’île de Streymoy nous faisons un ultime détour par le village de Kirkjubøur. Kirkjubøur compte parmi les plus anciens villages des Îles Féroé et est sans aucun doute l’un des plus chargés d’histoire. Siège de l’évêché, il était autrefois le centre de toute l’activité religieuse et culturelle du pays. On y trouve notamment le monument le plus célèbre des Îles Féroé, le mur de l’ancienne cathédrale Saint-Magnus.

Pour visiter l’ensemble (les ruines de la cathédrale et la ferme historique du roi), il faut débourser presque 20 francs par personne ! C’est quand même cher pour voir une ruine et deux ou trois pièces dans une maison. Nous ne faisons pas la visite. Surtout qu’on montant un petit peu près de la ferme qui se trouve juste au-dessus du musée, on a une belle vue de l’ensemble.

Une deuxième journée magique. La balade au lac au-dessus de l’océan est tout simplement magique. Et que dire de Gásadalur … Que du bonheur d’être ici.

Toutes les photos ici.

BØUR

Ce petit village d’à peine 80 habitants est un vrai coup de cœur. Des murets de pierres sèches enserrent l’unique voie qui conduit au cœur de ce hameau figé dans le temps. Ramassé autour de sa petite église au clocher blanc surmonté d’une modeste croix de bois (construite en 1835), quelques maisons très bien entretenues de-ci de-là, la bonne odeur du foin coupé par endroit, une petite cascade, des champs autour et au large, à l’entrée du fjord, un décor de cinéma : surgissent deux îlots montagneux aux formes très originales : Tindholmur (262 m de haut) et Gashomur qui méritent bien leur surnom « le Géant et la Sorcière » près d’Eiði… C’est i-dy-lli-que !

GÁSADALUR

Longtemps, Gásadalur (« vallée des oies ») est resté le seul village de l’archipel à être difficilement accessible par la route. Celle-ci devait franchir des cols de hautes montagnes (722 m). La sensation de bout du monde est encore perceptible, même si le film de la réalisatrice danoise Ulla Boje-Rasmussen, A 1700 mètres de l’éternité, a largement contribué à sa notoriété. L’ouverture du tunnel en 2004 a désenclavé le bourg qui hébergea une petite dizaine d’habitants (2020). Jusque-là, ravitaillement et déplacement se faisaient par bateau, ou par hélicoptère… Ici, le brouillard étend son voile sous le soleil, un phénomène féerique que l’on appelle mjørki. D’après la Søga Gásadals, ce village tiendrait son nom de Gæsa, une femme qui aurait mangé de la viande pendant le carême alors que cela était interdit. En conséquence, elle perdit tous ses biens et dut s’exiler dans cette vallée. Une autre légende affirme que le nom de l’île est dû aux oies sauvages qui volent vers Gásadalur chaque été.

Múlafossur, une chute d’eau qui plonge directement dans l’Atlantique depuis 70 mètres de haut.

SANDAVÁGUR

Élue « ville la mieux préservée » de tout l’archipel, Sandavágur s’étend non loin de sa voisine Miðvágur, à mi-chemin entre l’aéroport et le tunnel qui permet de relier Vestmanna, sur l’île de Streymoy. Son nom signifie «ruisseau de sable» en référence à la plage située près de la crique. C’est dans cette région que se fabriquent encore aujourd’hui les coques en bois des bateaux sur le modèle des embarcations vikings. À l’est de Sandavágur, un rocher détaché de la falaise et très acéré est appelé « Trollkonufingur » ce qui signifie « le doigt de la sorcière ». Les sorcières sont aussi évoquées dans la légende du lac de Fjallavatn.

La route reliant Sørvágur à Sandvágvur (la route 11), longe le lac Sørvágsvatn ou Leitisvatn (il semblerait que les Féroïens ne soient pas d’accord sur son nom). On le surnomme également : « le lac au-dessus de l’océan », car vu sous un certain angle, il donne l’impression de flotter au-dessus des eaux de l’Atlantique. Son étendue de 3,4 km² fait de lui le plus grand lac des îles. À l’extrémité du lac, ne manquez pas l’impressionnante cascade de Bøsdalafossur (30 m) qui se jette directement dans l’océan.

ÉGLISE (KIRKJA) : Dans le centre du village, elle se voit de loin ! Pimpante, et toute blanche avec son toit rouge et son liseré vert, elle fut bâtie en 1917 sur l’emplacement de cinq églises précédentes. Largement éclairée de nombreuses baies, elle dénote dans le paysage féroïen par son style qui nous rappelle l’Europe centrale ! À l’intérieur, se trouve une pierre runique du XIIIe siècle, élevée à la gloire de Thorkil Ønundarson, le fondateur du village et premier colon. De même, à l’extérieur, un mémorial rend hommage aux navires coulés pendant la Seconde Guerre mondiale.

MIĐVÁGUR

 TRÆLANIPA (site) : Une falaise de 142 m aussi appelée « la falaise des esclaves ». Son nom vient de l’époque viking durant laquelle on y jetait les esclaves dans la mer. Attention à ne pas trop s’approcher du bord car il est raide ! De là, vous pouvez voir la partie la plus méridionale de Streymoy, Hestur, Koltur, Sandoy, Skúvoy et Suðuroy.

La réalité de l’illusion : Il est important de comprendre ce qui se passe réellement. Entre la surface du lac et la mer, il y a environ 30 mètres de falaise. L’eau du lac se déverse dans l’Atlantique par la cascade Bøsdalafossur, qui tombe d’une hauteur d’environ 30 mètres. L’illusion naît de l’angle de vue depuis Trælanípa : aucun élément entre la surface du lac et l’horizon marin ne donne d’échelle, et l’œil interprète le lac comme suspendu dans le vide. Par temps calme, quand la mer est lisse et que le ciel se reflète dans les deux plans d’eau simultanément, l’effet est encore plus troublant. Les jours de brume légère, la frontière entre le lac et l’océan disparaît presque complètement.

La randonnée jusqu’à Trælanípa : La randonnée qui mène à Trælanípa est l’excursion la plus populaire de Vágar — et l’une des plus fréquentées de tout l’archipel. Le sentier part d’un parking situé à Miðvágur (environ 4 km à l’est de Sørvágur), longe la rive sud du lac sur environ 5 km, puis monte progressivement vers les falaises. Depuis Trælanípa, on distingue la cascade Bøsdalafossur tombant dans la mer, et par temps clair, les îles de Mykines à l’ouest. En continuant quelques minutes le long des falaises, on peut apercevoir des colonies de macareux (en saison, de mai à août) nichées dans les parois de basalte.

Note pratique : Le début du sentier traverse une propriété privée. En haute saison, une petite redevance peut être demandée par le propriétaire — c’est une pratique courante et reconnue aux Féroé pour les sentiers qui traversent des terres privées.

SØRVAGUR

Ce bourg, proche de l’aéroport, s’étend au fond d’un fjord qui porte son nom, d’où partent les ferries pour Mykines. Sørvágur se traduit par « La baie de Sør ». La légende raconte que le premier habitant s’appelait Sørli. Pour d’autres, Sør vient du vieux norrois Seyr qui signifie « pluie brumeuse ». En effet, les hivers sont plus froids et enneigés que dans la plupart d’autres endroits de l’archipel. Des températures plus basses et une couverture de neige peut même être observée – une rareté dans les îles Féroé.

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jour 4: Île d’Eysturoy

Aujourd’hui nous partons à la découverte de notre 3e île, celle d’Eysturoy (l’île de l’Est), la deuxième plus grande île de l’archipel. C’est également la deuxième île la plus peuplée.

Eysturoy est reliée à l’île de Streymoy par un pont routier. Les insulaires le décrivent (par plaisanterie) comme étant le seul pont routier au-dessus de l’Atlantique. Depuis 2020 il existe maintenant un tunnel sous-marin entre ces deux îles, l’Eysturoyartunnilin.

Comme nous allons rouler sur les petites routes du nord de l’île nous allons emprunter le pont routier. Donc, comme hier nous prenons la route n°10 jusqu’à Oyrarbakki. Puis nous continuons sur la 62 vers Eiði. Nous longeons le même fjord que hier en allant vers Tjørnuvík. Nous apercevons la route prise et les différents villages que nous avons traversés hier.

Eiði (« isthme » en féroïen) est mentionné pour la première fois dans la saga féroïenne du XIIIe siècle et est le plus ancien village d’Eysturoy. Jusqu’en 2006 et l’ouverture du Norðskálatunnilin, il fallait absolument passer par ici pour rejoindre l’est de l’île.

Eiði n’est, à mon avis, pas un village très joli. De loin le cadre est sympa, mais plus on s’approche moins la vue devient intéressante.

La belle partie du notre journée commence ici. Nous allons, dans un premier temps, emprunter plusieurs routes panoramiques : la Um Eiðisskarð (entre Eiði et le croisement pour Funningur), la Gjáarleið (pour rejoindre Gjógv) et la Funningsleið (qui longe le Funningsfjørður). La journée continuera avec deux autres «Sóljuleiðir» !) Mais c’est pour plus tard tout ça …

La Um Eiðisskarð commence par monter légèrement, en longeant le Niðaravatn. Tout en bas on distingue un petit bout du nouveau terrain de foot (très prisé des instagrameurs …). Mais nous, ce qui nous intéresse, c’est le sommet qui domine le petit lac : l’Eiðiskollur. Ce n’est pas le sommet en tant que tel qui est beau à regarder, mais la chape de nuages qui l’enveloppe. Parfois on distingue la petite antenne placée au sommet, parfois elle disparaît. Au pied des falaises on aperçoit aussi les célèbres monolithes de basalte Risin og Kellingin (le Géant et la Sorcière) émergeant de la mer. Hier nous les avons déjà vus de loin depuis Tjørnuvík. Aujourd’hui on les voit depuis l’autre côté.

La route continue à monter pour passer un petit col. Une fois celui-ci passé on se retrouve du côté du Funningsfjørður. Les sommets environnants sont recouverts d’une couche de brouillard. Cela donne un certain charme … Dans la descente du col nous avons déjà eu un aperçu du village de Funningur que nous visiterons tout à l’heure.

Après de nombreux arrêts pour laisser passer des moutons, des oies et, bien entendu, immortaliser les lieux en prenant (trop ?) de photos, nous continuons la petite route à une voie unique vers notre prochaine étape : le village de Gjógv.

Le nom Gjógv signifie simplement gorge en féroïen, en référence à la fente rocheuse de 200 mètres de long qui fend la falaise côtière juste au bord des maisons. Cette gorge naturelle emplie d’eau de mer sert de port abrité depuis le Moyen Âge, Les familles locales y hissaient leurs barques de pêche à la force des bras sur un plan incliné avant l’installation d’un treuil motorisé au XXᵉ siècle. Les rails et les poulies d’époque sont encore visibles le long du chenal.

Le village lui-même aligne une trentaine de maisons traditionnelles aux toits d’herbe, peintes en noir ou en rouge, qui remontent pour les plus anciennes au début du XIXᵉ siècle. La petite église Gjáarkirkjan de 1929 domine la prairie commune.

La route en lacets qui descend depuis le col sous Slættaratindur plonge sur le village et la gorge marine en contrebas. Il paraît que par temps clair et depuis le sommet du Slættaratindur à 882 mètres, on aperçoit simultanément toutes les 18 îles des Féroé.

Nous laissons la voiture sur le petit parking près de l’église et commençons notre balade dans et autour du village. En arrivant en haut de la gorge nous regardons un courageux qui tente d’entrer dans l’eau. Très peu pour nous par cette température !

Nous préférons monter un petit moment le long du chemin qui longe la gorge et voir tout le village d’en haut. C’est depuis là que la vue est la plus belle. On en profite un long moment avant de redescendre au village puis au fond de la gorge.

A Gjógv il y a quelque chose d’irréductiblement humain dans ce village : ces gens qui ont choisi de vivre au bord d’une fissure dans la roche, qui ont transformé une gorge en port, qui ont tracé des sentiers vers le plus haut sommet de leur pays. Gjógv n’est pas qu’un site à cocher – c’est une conversation avec un autre rapport au monde.

Depuis Gjógv nous remontons la petite route, repassons le col pour basculer à nouveau du côté de Funningur. La route d’accès descend depuis les hauteurs en lacets serrés. Chaque virage ouvre une nouvelle perspective sur le village, le fjord et l’île de Kalsoy en face. Cette descente est elle-même un bon moment de la visite. En bas, un ruisseau partage le village en deux, et quelques maisons aux façades colorées s’organisent autour de la petite place de l’église. Là, de nouveau nous faisons un long arrêt.

La Funnings Kirkja, est l’une des dix dernières églises en bois originales encore debout aux Féroé. Sa structure en planches peintes en rouge, surmontée d’un toit de gazon, remplace un lieu de culte du XVIIe siècle. Contrairement à la plupart des chapelles féroïennes perchées en hauteur, celle-ci est posée directement au bord de l’eau, sur un islet rattaché au rivage par un étroit passage.

La tradition locale attribue à Funningur le titre de premier établissement viking des îles Féroé. Selon cette légende, Grímur Kamban aurait fondé sa ferme ici au début du IXe siècle, en fuyant l’autorité royale norvégienne. Les historiens restent prudents sur cette chronologie, mais le cadre se prête bien à ce genre de récit : une vallée profonde encaissée entre deux massifs, un fjord qui mène directement à l’Atlantique Nord et une absence totale d’infrastructure moderne visible depuis le rivage.

Si le brouillard ne cachait pas les sommets des montagnes environnantes, nous serions montés certainement un petit peu vers Hvíthamar, un promontoire qui offre une vue plongeante sur l’ensemble du site. Mais aujourd’hui la vue n’aurait pas été spectaculaire … Dommage ! Mais nous avons de la chance d’avoir de temps en temps une percée de soleil et de ne pas visiter cette île sous la pluie.

Depuis Funningur nous voyons notre prochaine étape, de l’autre côté du fjord. Même pas 2 kilomètres à vol d’oiseau, mais une quinzaine de kilomètres en voiture. Il nous faut longer le fjord jusqu’à Funningsfjørður puis prendre l’Elduvíkarleið, notre 4e route « boutons d’or » de la journée et la huitième depuis que nous sommes ici. Nous ne cherchons pas forcément à faire toutes ces routes mais ce sont celles qui nous mènent aux lieux que nous voulons absolument visiter.

Elduvík, hameau de 12 habitants, séparé en deux par la rivière Stórá qui descend des montagnes et rejoint la mer, avec ses maisons aux toits d’herbe alignées de part et d’autre d’une unique route qui s’achève au bord de l’Atlantique. Là on a l’impression d’arriver au bout du monde … Le nom Elduvík signifie littéralement la baie du feu en vieux féroïen, allusion aux feux que les pêcheurs allumaient autrefois sur la grève pour guider les barques de nuit ou par temps de brouillard. La tradition locale raconte la légende d’Anfinnur, paysan du village qui aurait capturé Marmennil, un petit homme de mer aux doigts démesurément longs vivant sous l’eau. La créature aidait les pêcheurs à repérer les bancs de poissons par son comportement agité, jusqu’au jour où les villageois oublièrent de faire le signe de croix avant de la remettre à l’eau. Marmennil disparut à jamais, et depuis les bancs de morue se sont raréfiés dans le fjord selon les plus anciens.

Nous nous promenons un petit peu dans le village et marchons, le long de la côte, jusqu’à une gorge qui se trouve à tout près. Sur la rive opposée nous voyons Funningur dans son écrin de verdure.

Quand nous quittons Elduvík, le ciel est de plus en plus gris. Mais cela ne nous décourage pas et continuons notre exploration de la partie nord d’Eysturoy, direction Oyndarfjørður et Hellunar.

Ces deux villages sont restés isolés de tout réseau routier jusqu’en 1969. Depuis lors la Oyndarfjarðaleið (la 5e route et dernière route panoramique du jour !) permet d’arriver facilement au bord du Oyndarfjørður.

Je ne sais pas si nous commençons à fatiguer un peu de cette journée très riche en découvertes incroyables, mais ici nous ne n’avons pas très envie de passer du temps ici. Peut-être que c’est dommage et que nous ratons quelque chose … Sûrement la petite église et les deux blocs de rocher en basalte qui reposent dans l’eau à quelques mètres du rivage. Leur particularité : ils oscillent doucement au rythme des vagues, dans un mouvement imperceptible à l’œil mais mesurable à la main. Une chaîne fixée au rivage mène jusqu’aux rochers pour aider les visiteurs à ressentir les vibrations. Ces rinkusteinar (littéralement « pierres qui basculent ») sont cités dans les documents féroïens depuis le XVIIe siècle. Comment deux blocs de plusieurs tonnes restent-ils en équilibre perpétuel sans se désagréger ? La science reste prudente. La légende, elle, n’hésite pas : une sorcière aurait pétrifié deux bateaux de pirates qui avaient pillé le village, transformant les navires en ces rochers condamnés à ne jamais trouver le repos.

Quand nous reprenons la route vers Tórshavn, le brouillard recouvre maintenant bien toute la région et un petit crachin mouille les vitres de la voiture. Les 60 kilomètres qui nous séparent de l’appartement se font quasiment d’une traite. Nous ne faisons qu’un petit arrêt dans un « supermarché  Bonus » pour acheter de quoi manger ce soir et pour le pic-nic de demain.

Une troisième journée de découvertes sur une troisième île. De nouveau des endroits incroyables et des petites routes (à voie unique) qui le sont tout autant. Cela va être difficile de faire un classement des plus beaux lieux visités pendant ce séjour !

Toutes les photos ici.

EIÐI

Ici encore, un paysage de carte postale ! À l’entrée d’un de ces longs fjords étroits qui découpent les Féroé dans le sens nord-est/sud-ouest, juste en face de Tjørnuvík, se trouve ce petit village avec son port aux deux digues pour mieux s’abriter de la mer toute proche, et son terrain de football au ras de l’eau. Eiði signifie « isthme ». De la montagne, qui très vite commence à la lisière du village, une superbe vue se découvre vers les terres, par cette saignée maritime qui semble infinie… Ne pas hésiter à entrer dans la petite église du pays, décorée de bois peint et sculpté, les murs parcourus de lisérés colorés et de motifs tout simples.

LE GÉANT ET LA SORCIÈRE (RISIN OG KELLINGIN)

La légende raconte qu’il y a bien longtemps, les géants d’Islande, envieux, souhaitaient rapporter chez eux les îles Féroë. Aussi envoyèrent-ils en mission le géant et la sorcière (sa femme, dans certaines versions de l’histoire) et les chargèrent-ils de les leur rapporter. Ils atteignirent la montagne la plus au nord-ouest de l’archipel, Eiðiskollur. La sorcière eut pour mission d’escalader la montagne avec une forte corde afin d’attacher les îles ensemble, pour que le géant, qui attendait en mer, puisse les rapporter sur son dos. Cependant, la sorcière, en tirant la corde après qu’elle l’eut fixée aux montagnes, ne réussit qu’à en fendre la partie nord. Plusieurs tentatives ultérieures échouèrent à leur tour. Le géant et la sorcière essayèrent à nouveau toute la nuit, mais les montagnes étaient solidement attachées à leurs racines, et ils ne purent pas les déplacer. Le soleil ne doit jamais briller sur un géant ou sur une sorcière, au risque qu’ils se transforment en statues de pierre. Or, ni le géant, ni la sorcière, ne prirent garde à l’aube qui s’approchait. Et dès que le premier rayon de soleil darda, le géant et la sorcière furent pétrifiés. Ils restent depuis irrémédiablement transformés en statues de pierre, regardant avec envie l’Océan, et, au loin, l’Islande…

ELDUVÍK

Arriver à Elduvik, c’est avoir le sentiment d’être au bout du monde. Ce petit village d’une vingtaine de constructions, resserrées comme pour se rassurer, compte une douzaine d’habitants !

L’église d’Elduvík a été inaugurée en 1951, bien que le cimetière soit utilisé depuis 1926 pour éviter les tracas liés au transport des cadavres le long de l’ancien chemin du village jusqu’à Oyndarfjørður.

La magnifique gorge, à l’est du village, est très appréciée des plongeurs qui y découvrent un paysage sous-marin spectaculaire avec une riche population de crabes. De même, Elduvík est une zone de surf réputée. Méfiez-vous des vagues déferlantes qui s’écrasent sur le rivage !

Elduvík, hameau de 12 habitants niché au creux du Funningsfjørður. Un village miniature séparé en deux par la rivière Stórá qui descend des montagnes et rejoint la mer, avec ses maisons aux toits d’herbe alignées de part et d’autre d’une unique route qui s’achève au bord de l’Atlantique. Les hangars à bateaux en pierre sont disposés en demi-cercle autour du petit port, vestige d’une organisation villageoise vieille de plusieurs siècles où chaque famille possédait son abri pour la barque de pêche. L’église actuelle a été inaugurée en 1951, mais le cimetière qui l’entoure est en usage depuis 1926. Un petit terrain de camping herbeux à l’entrée du village accueille quelques caravanes en saison, service minimaliste mais les emplacements donnent droit sur le fjord. Le nom Elduvík signifie littéralement la baie du feu en vieux féroïen, allusion aux feux que les pêcheurs allumaient autrefois sur la grève pour guider les barques de nuit ou par temps de brouillard.

La tradition locale raconte la légende d’Anfinnur, paysan du village qui aurait capturé Marmennil, un petit homme de mer aux doigts démesurément longs vivant sous l’eau. La créature aidait les pêcheurs à repérer les bancs de poissons par son comportement agité, jusqu’au jour où les villageois oublièrent de faire le signe de croix avant de la remettre à l’eau. Marmennil disparut à jamais, et depuis les bancs de morue se sont raréfiés dans le fjord selon les plus anciens.

GJOGV

Une brèche dans la roche des Féroé, comme une balafre étroite que la mer tente de combler : Gjógv signifie ravin. Une excursion à ne pas manquer. De nombreuses randonnées autour de la gorge sont possibles. Le petit port vient se nicher dans une faille de la falaise. Très profonde, elle possède au fond un plan incliné en ciment qui permet de treuiller les bateaux en cas de mauvais temps. Éminemment photogénique, avec ses bateaux colorés, ce lieu offre une sombre perspective vers la mer. L’image la plus connue des îles Féroé. Le village avec ses maisons blanches aux toits colorés se positionne sur le plateau, le long de la route pénétrant les terres.

Vous pouvez faire une promenade dans la gorge, qui est le site touristique le plus prisé de Gjogv. Un escalier permet de descendre jusqu’au débarcadère des bateaux. Vous y observerez des macareux. Un banc a été érigé à la pointe (vers laquelle vous mènera le sentier le long de la rive) en souvenir de la visite du prince héritier Frederik et de la princesse héritière Mary en 2005.

FUNNINGUR

Funningur, sans doute le plus ancien village des îles Féroé, est entouré de montagnes escarpées. On raconte que le premier colon dont on connaisse le nom, Grímur Kamban, aurait débarqué à Funningur vers 825 après J.-C. À Funningur, les vieilles ruines, les toponymes anciens, les rues du village et la vieille église racontent une histoire riche et fascinante sur la culture et la communauté.

L’église date de 1847 ; c’est l’une des dix églises en bois encore existantes et la cinquième église construite à cet emplacement. Son intérieur regorge de trésors artistiques. Elle abrite notamment un crucifix non peint, provenant de la première église démantelée en 1690. Hvíthamar est un point de vue situé au-dessus du village d’où l’on peut admirer des vues incroyables sur les montagnes environnantes ou en direction de Kalsoy.

Qui était Grímur Kamban ? La légende raconte que ce sont des moines irlandais qui ont été les premiers à mettre le pied aux Îles Féroé, avant d’en être chassés par les Vikings norvégiens. Dans son ouvrage De mensura Orbis terrae (Sur la mesure du monde), datant de l’an 825, le moine irlandais Dicuil écrit : « Il existe un autre archipel de petites îles, presque toutes séparées par d’étroits bras de mer ; c’est là que, depuis près d’une centaine d’années, vivent des ermites venus de notre pays, l’Irlande. Mais tout comme elles étaient désertes depuis la nuit des temps, elles sont aujourd’hui, à cause des pirates nordiques, vides d’anachorètes et peuplées d’innombrables moutons et d’une grande variété d’oiseaux marins. Je n’ai jamais trouvé mention de ces îles dans les sources faisant autorité. » On pense que Dicuil faisait ici référence aux îles Féroé.

Cela nous amène à Grímur Kamban, qui est arrivé ici vers l’an 825 et serait la première personne à s’être installée aux îles Féroé. Funningur (qui signifie « découverte » ou « terre découverte ») a toujours été désigné comme le lieu où il a débarqué. Les chercheurs pensent que Grímur venait du Sud. Le nom Kamban dériverait du mot celtique « cammán », qui signifie « boiteux ». Son nom n’est peut-être pas unique, puisqu’un ancien roi norvégien portait le nom de Vemundur Kamban, et que Grímur est un nom ancien en Norvège. Les origines exactes de Grímur Kamban restent un mystère, mais il ne fait guère de doute qu’il était d’origine norvégienne. Il possède une longue lignée ancestrale non seulement aux Îles Féroé, mais aussi en Islande. Son rang de chef était si élevé que des rites sacrificiels furent organisés en son honneur après sa mort. Les livres d’histoire mentionnent la lignée suivante en Islande : Grímur eut un fils nommé Torstein Skrofin, et Torstein eut un fils nommé Tórólvur Smør. Tórólvur eut un fils nommé Solmundur. Il est quasi certain que Grímur a passé le reste de ses jours aux Îles Féroé, comme en témoignent les rites sacrificiels organisés en son honneur et en l’honneur de nombre de ses descendants, notamment Torstein Skrofin, Tórólvur Smør, Solmundur et probablement d’autres encore. Les livres d’histoire ne fournissent aucun détail précis sur les lieux situés au-delà de la zone de peuplement de Funningur. Le nom Solmundur apparaît toutefois dans le nom de l’ancien village d’Eysturoy, Søldarfjørður, anciennement Solmundefjord.

L’ouvrage Føroya søga (L’histoire des îles Féroé), publié en 1929, cite une source locale qui raconte : « Les colons furent entraînés par le courant dans le fjord de Funningsfjørður. Ils amarrèrent leur navire près du versant de Funningslíð, à un endroit qu’ils baptisèrent Føroyakletturin (le rocher des Féroé), et s’abreuverent à une cascade jaillissant du rocher. Ils baptisèrent le cours d’eau Føroya Á (la rivière des Îles Féroé), et l’endroit devint connu sous le nom de Føroyar (les Îles Féroé). Ils s’enfoncèrent ensuite plus loin dans le fjord et trouvèrent un endroit où ils s’installèrent, qu’ils baptisèrent Funningur (« découverte » ou « terre découverte »).

OYNDARFJØRÐUR

Les Rolling Stones aux Féroé ! Oyndarfjørður (un des plus vieux villages féroïens) porte le prénom masculin Oyvindur. Il semble perdu au bout du monde, pourtant les premières sources écrites mentionnent la localité dès le début du XIVe siècle, sans doute antérieure. Juste à l’entrée de ce petit village de 139 habitants, avant le port, il faut s’arrêter un instant pour regarder un phénomène qui a de tout temps fasciné : rinkusteinar, des rochers qui roulent sous l’effet du courant. L’effet est d’autant plus saisissant quand la mer est agitée. Les deux pierres branlantes, cernées par les algues, reliées par une chaîne ou un filin, sont étonnantes.

La randonnée vers le village d’Elduvík est très populaire. Le chemin fait environ 4 km aller. Il est possible de faire des pauses pendant la randonnée, notamment près de la source Vígdu, que l’on atteint en entrant dans le col, au sommet de la colline. Autrefois, des gens stationnaient là, dans l’ancien poste de surveillance, Vaktarhúsið, repérant l’arrivée d’éventuels pirates.

Toute petite église du XIXe siècle. Elle abrite un triptyque peint par C. W. Eckersberg, l’un des maîtres de l’âge d’or danois.

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jour 5: île de Sandoy

Ciel gris, brouillard bas et léger crachin ce matin. Voilà la météo moyennement encourageante quand nous regardons par la fenêtre. Visiblement cela va s’améliorer un peu pendant la journée. Mais au moins il n’y pas de pluie annoncée.

Comme demain nous avons un ferry réservé pour aller sur l’île de Kalsoy nous décidons de rester aujourd’hui sur la partie ouest de l’archipel. Il y a deux grandes îles de ce côté : Sandoy et Suðuroy. La deuxième ne peut être rejointe que par ferry en un peu plus de deux heures depuis Tórshavn. Et visiblement il n’y a que deux bateaux par jour. Aujourd’hui le premier part à 13h seulement. Donc … nous laissons tomber. C’était une option que nous avions en réserve si vraiment toutes les conditions étaient réunies, mais nous avions déjà plus ou moins presque tirer un trait sur la visite de cette île. A mon avis, pour un premier voyage aux Féroé il faut se concentrer sur les autres « grandes îles ». A moins bien entendu d’avoir plus qu’une semaine pour découvrir cet archipel parce qu’il faut en tout cas passer une nuit sur Suðuroy. A moins bien entendu de tomber sur un jour où le ferry part aux aurores et revient tard.

Il nous reste donc l’option de Sandoy pour aujourd’hui. Et pour y aller, pas besoin de ferry (et donc de planning précis) puisqu’il y a un tunnel sous-marin.

Nous commençons notre visite de l’île par Skálavík, petit village sur la côte est de Sandoy. Mis à part une jolie petite église il n’y a pas grand-chose à voir. Contrairement aux autres villages visités ces derniers jours, les petites maisons de Skálavík ne sont pas concentrées autour de l’église mais très disséminées.

Si la météo était au rendez-vous, nous pourrions faire une petite randonnée du côté du point de vue de Skálhøvdi. Mais là, sous un petit crachin nous n’hésitons pas. Nous reprenons la voiture continuons notre exploration de Sandoy. Prochaine étape : Dalur. Le village tire son nom de sa situation géographique : en féroïen, Dalur signifie « vallée ». Là nous retrouvons la configuration « habituelle » des hameaux féroïens : maisons collées les unes aux autres près d’une petite baie plus ou moins profonde qui s’avance dans les terres et des montagnes plus ou moins hautes qui enserrent le tout. Sans compter l’église blanche ou noire.

Le village compte 39 habitants. Une dizaine de maisons aux toits d’herbe ou de tôle colorée, une église construite en 1957, quelques fermes dispersées et un terrain de camping. Pas de commerce, pas de restaurant. On se gare à Eiriksgarður, la salle communale, et on marche.

Le petit crachin a cessé. La petite balade exploratoire nous conduit vers l’église et une petite école. Qui peut bien l’utiliser ici ? Il n’y a quasiment personne qui vit là et c’est un village au bout de la route …

Depuis Dalur, nous reprenons la route en sens inverse et nous arrêtons à Húsavík. Un « grand » village de 70 habitants.  Húsavík figure parmi les plus anciens villages des Îles Féroé ; c’est donc également un village chargé d’histoire. La dame d’Húsavík (Húsfrúgvin, en féroïen) y vécut vers 1400, et les anciennes fondations datant de son époque sont encore visibles aujourd’hui. Une autre particularité de Húsavík réside dans ses quelque 10 km de clôtures en pierre en bon état et dans les nombreuses maisons en pierre du village. Les plus remarquables sont les maisons en pierre situées près de la plage (á Tumbakka).

Nous laissons la voiture près de la plage et marchons le long des murs de pierres pour aller voir l’église et quelques belles maisons noires aux toits herbeux. De loin le village ne paie pas de mine, mais quand on déambule dans les petites rues autour de l’église on se sent bien et on voit de belles choses. Tout le contraire de Skálavík.

De retour à Sandur nous traversons le village. L’église est en totale réfection. Cela ne vaut donc pas la peine de s’arrêter. Nous continuons jusqu’au port. Et là de nouveau rien d’exceptionnel. Un peu triste ce village. Est-ce dû à la météo maussade ou au fait que nous avons vu trop de belles choses ces trois premiers jours ? Un peu des deux certainement. Mais tout ne peut pas non plus être exceptionnel. Et le village de Sandur est un village tout ce qu’il y a de plus normal …

Depuis Sandur nous prenons la direction de la baie de Søltuvík sur une toute petite route seulement en partie goudronnée. Søltuvík est une magnifique région parsemée de « malargrót » (pierres polies par l’eau) et de falaises spectaculaires.

La plage avec ses grosses pierres est sympa. Mais nous n’y restons qu’un petit moment et revenons en sens inverse vers Sandur. Le trajet jusqu’ Søltuvík vaut surtout pour la petite route que l’on doit emprunter. Parfois elle traverse des prairies un peu jaunies à cette saison, parfois elle est accrochée au bord de la falaise. Là il faut prier pour ne pas avoir à croiser. Il y a des places d’évitement mais elles ne sont pas nombreuses.

Encore un dernier détour par Skopun. Il semble que c’est là qu’a été construite la première route des Îles Féroé. La ville était autrefois un véritable bastion de la modernité, avec l’un des premiers magasins, un cinéma, une maison des jeunes et même une salle de danse. J’ai l’impression que ça a bien changé !

De retour à Tórshavn vers 14h, nous profitons pour faire quelques achats (bières locales, poisson frais, … et quelques bonbons à la réglisse) avant de refaire un tour dans la vieille ville et dans le port.

Journée plus maussade que les trois premières. Nous avons quand même vu des choses intéressantes, parcouru de toutes petites routes. Pour le moment Sandoy n’est pas un coup de cœur. Mais cette île est peut-être plus proche de la réalité des gens qui vivent ici. Pas de sites super touristiques, de villages « cartes postales », pas de montagnes escarpées, mais juste une région paisible. D’ailleurs nous n’avons croisé presque aucun touriste …

Toutes les photos ici.

DALUR

Dalur occupe le fond d’une vallée ouverte sur la mer, sur le flanc est de Sandoy. C’est le village le plus au sud de l’île, accessible par la route depuis 1963 seulement. Avant cette date, seuls les sentiers de cairns reliant Húsavík et Skarvanes permettaient d’y accéder. Son nom signifie tout simplement « vallée » en féroïen.

Le village compte 39 habitants. Une dizaine de maisons aux toits d’herbe ou de tôle colorée, une église construite en 1957, quelques fermes dispersées et un terrain de camping. Pas de commerce, pas de restaurant. On se gare à Eiriksgarður, la salle communale, et on marche.

Les falaises au sud tombent droit dans l’Atlantique. Un sentier côtier mène aux falaises de Skorin, où nichent des colonies d’oiseaux marins. Le parcours longe le bord sur environ 2 kilomètres, avec des vues directes sur les îles de Skúvoy et Stóra Dímun au large. Skúvoy est connue pour abriter la tombe de Sigmundur Brestisson, le chef viking qui a imposé le christianisme aux Féroé vers l’an 1000. Stóra Dímun, elle, n’a plus d’habitants permanents depuis les années 1930, seuls des moutons y paissent encore.

Le paysage autour de Dalur est celui des Féroé dans leur version la plus dépouillée. Des collines arrondies couvertes de prairies, des centaines de moutons, un silence interrompu seulement par le vent et les cris des sternes arctiques en été. La route qui descend depuis Sandur traverse ce décor pendant une quinzaine de minutes avant de plonger vers la côte.

Dalur partage l’histoire commune des petits villages féroïens : une économie longtemps fondée sur la pêche et l’élevage ovin, un déclin démographique au cours du XXe siècle, puis un équilibre fragile entre préservation du mode de vie et difficulté à maintenir des services de base. Le tunnel sous-marin Sandoyartunnilin, ouvert le 21 décembre 2023, a rapproché Sandoy du reste de l’archipel en remplaçant le ferry vers Gamlarætt, mais Dalur reste à l’écart des flux touristiques.

HÚSAVÍK

Húsavík, un bourg composé d’une dizaine de constructions avec, au centre, une ruine appelée Heimi á Garði qui serait les restes d’une ferme construite par la riche « Dame de Húsavík ». Une légende qui raconte l’histoire d’une pauvre servante de l’île de Skúvoy qui, de manière mystérieuse, découvrit la corne en or enterrée par l’ancien chef viking Sigmundur Brestisson. La jeune femme, qui jusqu’alors vivait dans la misère, habillée de loques et dormant sous la meule du moulin, devient riche. Effectivement, on voit les restes d’un ancien manoir médiéval et une vieille maison, bâtie en 1878, Jógvansbreyt, dans laquelle des gens vivaient il y a peu encore.

Sur le môle, vous trouverez des reliefs de Tróndur Patursson, réalisés en collaboration avec J & K Petersen lors de la construction du bassin à bateaux. La thématique de ces sculptures de verre est directement liée à l’océan, avec des représentations de bateaux, de sirènes, de baleines, etc.

Tumbakki se compose de dix hangars en pierre recouverts de gazon, situés dans le village de Húsavík. Personne ne connaît l’âge exact ni l’histoire de ces bâtiments, mais on pense qu’autrefois, ces hangars servaient peut-être à stocker des denrées alimentaires. Ces hangars recouverts de tourbe constituent un exemple de construction fonctionnelle : ils comportent plusieurs couches de pierre à l’ouest, d’où viennent généralement les vents les plus forts, et une seule couche de pierre à l’est. Aujourd’hui, on ne peut les observer que de l’extérieur, car ils sont situés sur une propriété privée et sont toujours en service.

La Dame de Húsavík

La légende de la riche « Dame de Húsavík » des îles Féroé est l’histoire très connue de la pauvre servante de l’île de Skúvoy qui, de manière mystérieuse, découvre la corne en or enterrée par l’ancien chef des Vikings, Sigmundur Brestisson. Cet or est plus pur que tous les autres trésors du roi. La jeune femme, qui jusqu’alors vivait dans la misère, habillée de loques et dormant sous la meule du moulin, devient riche en vendant la corne au roi. Elle s’achète toutes les terres du village de Húsavík, et bien au-delà. Elle finit par devenir la femme la plus riche qui n’ait jamais vécu dans l’archipel.

On dirait le rêve de pauvres âmes de l’assistance publique, mais deux femmes très aisées vivaient effectivement à Húsavík au XIVe siècle. Un grand nombre de documents, notamment notariaux, datés de 1403 environ, en témoignent. Nous ne connaissons pas exactement l’ascendance de ces deux femmes, mais il semblerait que ce soient une mère et sa fille. Leur patrimoine était énorme : de vastes domaines terriens aux îles Féroé, un nombre impressionnant de bâtiments, maisons et dépendances à Húsavík, du mobilier et d’autres valeurs mobilières à profusion, ainsi que des propriétés à Bergen (Norvège) et ses environs, ainsi qu’aux îles Shetland.

La mère était probablement d’origine norvégienne et descendait d’un riche négociant de Bergen très lié aux îles Shetland. Son mari était, lui aussi, probablement norvégien. Nous ne savons pas comment et pourquoi cette famille s’est installée aux îles Féroé, mais à Húsavík et ailleurs, et leur vie et leur parcours ont été contés et transmis par la tradition orale. Avec le temps, les deux femmes sont devenues une seule et unique personne au nom unique : la Dame de Húsavík.

Il n’est pas rare qu’une grande fortune fasse parler d’elle, et ici de surcroît, puisqu’il s’agit de femmes richissimes. Il n’est pas nouveau non plus que des légendes de personnes contiennent des éléments de la superstition populaire. Pour preuve : c’est en songes que l’on indique à la malheureuse servante où elle doit trouver le trésor en or. On dit depuis toujours que c’est en rêves que certaines personnes pouvaient recevoir des informations concernant l’avenir, ou au sujet de ce qui est dissimulé au regard du commun des mortels.

La légende raconte aussi que la Dame de Húsavík possédait des dons magiques. Les champs à proximité de Húsavík sont étonnamment plats et fertiles, et donc faciles à cultiver et à travailler. A quelques mètres de la séparation vers les pâturages, le paysage devient tout de suite accidenté et le terrain, montagneux et pierreux. La légende a donc tenté d’expliquer comment il était possible d’avoir  de si beaux champs sans pierres  ni dépôts des versants si proches. Avec un élément de surnaturel, tout s’explique : la Dame a utilisé de la magie pour avoir de si bonnes terres, c’était la seule explication valable à sa belle parcelle sans pierres.

Sa magnifique demeure en pierres colossales s’explique, quant à elle, de la manière suivante : grâce à la magie, la Dame avait des pouvoirs sur un esprit des eaux. Il avait pris la forme d’un cheval pour tirer de gros blocs de la montagne vers le lieu de construction de la maison. Quand il s’apprêta à tirer sur une pierre monumentale avec sa queue, cette dernière se détacha de son corps et le libéra de son sort. Il disparut et trouva refuge dans le petit lac appelé Lítla Vatn.

SANDUR

Un petit port très abrité alliant fouilles vikings, vieilles maisons et habitations modernes. C’était le plus gros bourg des Féroé au Moyen Âge, occupé dès le IVe siècle. Sandur doit son nom à la présence d’une plage de sable, rare aux Féroé. À voir : le musée Koytu Folk (maison en bois construite en 1812), et le musée Sofus Olsen, un pêcheur devenu une grande figure de l’archipel, engagé pendant la Seconde Guerre mondiale. À la tête d’une importante flotte de bateaux, il devint le plus grand financier du pays. À sa mort, il légua une partie de sa fortune et fit construire ce musée. C’est aussi un lieu idéal pour le kayak sur le troisième plus grand lac de l’archipel.

 ÉGLISE (KIRKJA)

Une jolie architecture de bois noir, recouverte de pelouse sur le toit et dominée par un clocher carré, entièrement blanc et coiffé d’une girouette ! L’endroit est bucolique. Entouré d’un muret de pierre, l’édifice remonterait au XIe siècle. Sous l’église actuelle inaugurée en 1838, on a trouvé les fondations de la toute première église : elle était en bois, de style norvégien. Depuis, cinq églises ont été bâties successivement. Vingt-six tombes et 42 pièces de monnaie du XIIIe siècle ont été découvertes dans les couches du deuxième bâtiment le plus ancien.

LES DUNES DE SABLE

Les dunes de sable, communément appelées « Mølheyggjar », constituent un site naturel unique aux Îles Féroé. Au-delà des dunes se trouve l’une des plus belles plages de tout le pays, où les habitants aiment se baigner toute l’année. C’est un lieu de loisirs pour les personnes de tous âges. Ce site abrite également des insectes et des plantes rares. Les dunes de sable sont classées zone protégée en raison de leur biodiversité et de leur importance biologique.

SKÁLAVIK

Skálavík est un village pittoresque des Îles Féroé, réputé pour être l’une des destinations préférées des Féroïens dans leur propre pays. Skálavík compte environ 140 habitants, et en été, la population du village atteint environ 200 personnes.

L’ÉGLISE DE SKÁLAVÍK

L’église a été inaugurée en 1891. À l’intérieur, vous pourrez admirer 14 sculptures sur bois réalisées par Tróndur á Trøð. L’orgue de Skálavík est le plus ancien des îles Féroé ; il provient à l’origine de Humlebæk, au Danemark. À l’extérieur de l’église se dresse un monument commémoratif en l’honneur de Kristian Osvald Viderø, prêtre et écrivain.

SKÁLHØVDI

Le Skálhøvdi (203 m) est un véritable symbole du village de Skálavík. Par temps clair, la randonnée jusqu’au sommet du Skálhøvdi vous offrira une vue imprenable sur plusieurs îles. En chemin, vous passerez devant trois sites qui racontent des histoires locales. La randonnée vers le Skálhøvdi est relativement facile et le sentier est balisé par des poteaux bleus.

SKOPUN

Skopun possède une histoire riche et des attractions captivantes. Fondé en 1833, ce village constituait un point de passage accessible aux voyageurs quelles que soient les conditions météorologiques, proposant des hébergements et des restaurants.

Skopun est aujourd’hui une communauté dynamique dotée de magasins traditionnels, d’un cinéma, d’une maison des jeunes et d’une salle de danse, ce qui témoigne de son esprit progressiste. Il est également connu pour abriter la première route des Îles Féroé, ce qui souligne son importance historique.

Deuxième plus grand village de Sandoy, Skopun dispose d’excellents commerces, d’une pizzeria, de musées et de monuments qui reflètent son patrimoine culturel. Skopun abrite également la plus grande boîte aux lettres du monde, véritable emblème local.

SØLTUVÍK

Une petite route vers la côte ouest mène à cet endroit : c’est une baie déserte mais très belle dont la plage est couverte de gros galets. On y arrive en une heure, sans effort, dans un cadre très agréable, et totalement différent des chemins de montagne du reste de l’archipel. Ici tout semble presque au niveau de la mer ! Selon toute vraisemblance, des gens ont vécu à Søltuvík dans les années 900. Les fouilles ont trouvé des débris de bâtiments et des objets. La datation au carbone 14 de deux grains d’orge brûlés montre qu’ils remontent au Xe siècle.

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jour 6: îles de Kalsoy et de Kunoy

Aujourd’hui nous prenons la direction de l’est de l’archipel. Nous allons explorer les îles de Kalsoy et de Kunoy. Nous allons passer une grande partie de la journée et un petit moment sur la seconde.

Pour rejoindre Klaksvík, d’où part le ferry pour l’île Kalsoy nous prenons le chemin le plus rapide. Nous passons par l’Eysturoyartunnilin (le tunnel qui relie les deux îles de Streymoy et d’Eysturoy). C’est dans ce tunnel de 11,2 kilomètres qu’il y a un rond-point.

Et ce n’est pas un rond-point comme les autres. Il fait partie d’une merveille d’ingénierie abritant le premier rond-point sous-marin au monde, avec un pilier central illuminé, d’un bleu marin, décoré par l’artiste féroïen Tróndur Patursson. Autour du pilier, une sculpture en acier de 80 mètres représente des personnages grandeur nature se tenant par la main tout autour du rond-point. Ils fixent la lumière vers l’intérieur, tels des fidèles autour d’un feu volcanique. «Ces personnages marchent de l’obscurité vers la lumière», explique Patursson, «et ils symbolisent cette idée typiquement féroïenne selon laquelle, en nous donnant la main et en travaillant ensemble, nous accomplissons de grandes choses», a déclaré l’artiste féroïen.

Quand nous débouchons sur l’île d’Eysturoy, le soleil perce un peu les nuages. Normalement aujourd’hui, à part un vent assez soutenu, il n’y a pas de pluie prévue. La route (n°15) remonte vers le nord et fini par rejoindre la route sans péage (la n°10) qui relie Tórshavn à Klaksvík. Pour passer de l’île d’Eysturoy à celle de Borðoy il faut de nouveau passer à nouveau sous la mer. Le Norðoyatunnilin mesure 6,2 km. En fait, entre Tórshavn et Klaksvík, presque la moitié du kilométrage effectué se fait dans des tunnels, soit sous-marins, soit sous une montagne.

A l’embarcadère de Klaksvík nous nous nous plaçons dans la colonne prévue pour les véhicules qui ont une réservation pour la traversée vers Syðradalur et attendons patiemment l’arrivée du ferry. Une dizaine de minutes avant le départ nous embarquons et à l’heure prévue le ferry quitte le port. La traversée dure une quinzaine de minutes et se passe sans encombre, malgré le vent qui souffle quand même assez fort.

Quand nous reprenons la voiture, juste avant de débarquer du ferry nous sommes abordés par deux Espagnoles qui nous demandent si nous pouvons les prendre avec nous pour aller à Trøllanes parce qu’il n’y a pas de bus à cette heure qui y va. La plupart des passagers « piétons » cherchent également un transport. Pourtant sur le site de la compagnie de ferrys c’est clairement indiqué (en gras et surligné en jaune) que «Samedi matin à 9 h 20, au départ et à l’arrivée de Syðrdalur, il n’y a pas de correspondance en bus». Ceux qui n’ont pas trouvé de moyens de locomotions doivent attendre une heure le prochain bus.

Entre Syðrdalur et Trøllanes la petite route longe le fjord qui sépare les îles de Kalsoy et de Kunoy. Elle emprunte 4 tunnels plus ou moins longs et tous à voie unique !

Arrivé à Trøllanes nous laissons la voiture sur le petit parking et nous dirigeons au départ du «Kallur Lighthouse Trailhead». Après avoir payé le « droit de passage » (200 DKK par personne quand même), nous nous mettons en route.

Le phare de Kallur (également appelé phare de Kalsoy) se dresse sur Kallurin, le promontoire le plus septentrional de l’île de Kalsoy. Il s’agit d’une petite construction nichée au cœur de paysages sauvages, à la fois majestueux et austères. Éclipsé par le mont Borgarin (537 mètres), dont la silhouette rappelle celle d’une voile, le phare de Kallur se trouve au confluent de plusieurs crêtes. Comme tant d’autres lieux des Îles Féroé, le charme de Kallurin réside dans les contrastes saisissants entre douceur et rudesse, lumière et obscurité, et douceur et aspérité. Ici, à ce qui semble être le bout du monde, un petit phare fragile offre avec défi ses repères dans un lieu sauvage et périlleux.

Nous arrivons près du petit phare rouge et blanc en une demi-heure. Mais avant de nous en approcher nous allons d’abord voir la stèle commémorative de James Bond. Eh oui … En effet, toutes les scènes du film « No Time To Die » («Mourir peut attendre») tournées aux Îles Féroé l’ont été sur l’île de Kalsoy. C’est depuis le belvédère du phare de Kallur que James Bond se tenait précisément ici quand il… pas de spoiler pour l’instant !

De la stèle, nous descendons ensuite vers le phare, puis rejoignons le « fameux » point de vue. C’est un petit chemin relativement étroit sur une sorte de crête. Avec le vent qui souffle en rafales, il faut être prudent ! Mais nous sommes récompensés de nos efforts quand nous nous retournons. La carte postale est là, devant nous. Incroyable !

Nous revenons ensuite vers le phare et prolongeons notre balade du côté de la troisième crête, celle qui part en direction de l’est.

En fait ici, quel que soit l’endroit où nous trouvons, nous avons une vue sur le phare, les falaises et le mont Borgarin. Plus ou moins au loin, on distingue aussi les autres îles de l’archipel.

Le retour vers Trøllanes se fait par le même chemin qu’à l’aller. Finalement nous avons passé un peu moins de deux heures par ici.

Une petite visite du hameau et nous revenons vers Mikladalur. Le soleil perce un petit peu, et pour un petit moment seulement. Nous en profitons pour découvrir le village. Là on retrouve un village typique des Féroé. Quand je dis typique c’est plutôt de mon point de vue de touriste. Ce sont ceux-là que j’ai envie de voir. Il n’y a que quels villages qui sont comme ça, des villages « musées ». La plupart des autres sont « normaux » et n’ont rien de spectaculaires.

Mikladalur est surtout connu pour la statue de la « femme-phoque » – Kópakonan. Pour la rejoindre il faut descendre une falaise escarpée en empruntant des marches larges et bien entretenues, puis en passant par-dessus des rochers. À quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, cette statue évocatrice de la femme-phoque se dresse depuis le 1er août 2014. Réalisée en bronze et en acier inoxydable, elle mesure 2,6 mètres de haut et pèse 450 kilogrammes.

La légende de Kópakonan, la femme-phoque, raconte que les phoques sont d’anciens humains qui peuvent retrouver leur apparence humaine une nuit par an. Un jeune fermier de Mikladalur, curieux de vérifier cette légende, vole la peau d’une jeune femme-phoque pendant qu’elle danse sur la plage. Elle est alors obligée de rester avec lui et devient sa femme. Des années plus tard, elle lui demande en rêve de protéger son ancien mari et ses deux fils phoques lors d’une chasse. Mais le fermier ignore son avertissement et les tue avec les autres chasseurs. Désespérée et furieuse, Kópakonan apparaît sous la forme d’un troll et maudit les habitants de Mikladalur : certains mourront en mer et d’autres tomberont des falaises, jusqu’à ce que les victimes forment une chaîne autour de l’île de Kalsoy. Selon la légende, des hommes du village meurent encore parfois de ces façons, ce qui laisse penser que la malédiction n’est toujours pas accomplie…

Nous laissons la statue au bord du fjord et remontons les escaliers pour faire un petit tour dans le village. Puis nous reprenons la direction de Húsar, qui se trouve juste avant Syðradalur. Une belle église blanche au toit rouge domine le fjord.

Notre ferry est à 15h30 et là il n’est que 14h20 ! Nous tentons d’aller embarquer sur le bateau qui part une heure plus tôt. Comme nous n’avons pas de réservation pour celui-ci nous nous mettons dans la file d’attente et espérons que nous pourrons entrer. Mais malheureusement nous devrons attendre le ferry pour lequel nous avons une réservation. Ils ont stoppé l’embarquement deux voitures avant nous … Par grave. Nous montons découvrir le village de Syðradalur. Rien de particulier ici, mais deux ou trois belles maisons quand même.

Finalement à l’heure prévue nous embarquons dans le ferry et reprenons la direction de Klaksvík. Cette fois nous faisons le trajet sur le pont supérieur, à l’air libre. Il y a de belles couleurs sur les parois abruptes de l’île de Kunoy. Nous passons au pied du Klakkur, En cette fin d’après-midi les conditions ne sont pas optimales pour y monter. Un tout petit crachin s’est remis à tomber et l’île de Kunoy est à contre-jour. Comme le sommet vaut le déplacement surtout pour la vue sur les fjords et l’île de Kunoy nous y reviendrons demain matin avant d’aller explorer l’île de Borðoy.

Avant de revenir par la route la plus directe à notre appartement nous allons voir le seul village de l’île de Kunoy. Il s’appelle bêtement Kunoy. Situé au bord du fjord, il est au pied d’un cirque rocheux qui le domine de presque 800m. La roche presque noire donne un aspect dramatique au lieu.

L’exploration d’une île isolée, atteignable qu’en ferry est une belle expérience. Mais Kalsoy vaut surtout le détour pour son promontoire du phare Kallur …

Toutes les photos ici.

HÚSAR

Húsar est la plus ancienne des quatre villages de Kalsoy. Posé sur la côte est, dans la partie sud de l’île, il se découvre après un court trajet en voiture depuis le ferry de Syðradalur. On arrive par une route bordée de prairies tondues par les moutons, qui tombent droit dans la mer. L’arrivée est discrète, presque sans crier gare, et pourtant l’œil est tout de suite attiré par la petite église de pierre, érigée en 1920, qui sert de cœur au village depuis plus d’un siècle.

La population officielle oscille autour de 42 habitants. Beaucoup y vivent encore de la pêche et de l’aquaculture : Húsar abrite une ferme d’élevage de saumons juvéniles, appelés fry et fingerling, qui grandissent ici pendant 1,5 à 2 ans avant d’être transférés vers les cages marines des fjords voisins. Cette activité, discrète mais essentielle à l’économie locale, côtoie les élevages ovins qui paissent sur les flancs de Nestindar, le sommet qui surplombe le village.

L’église de Húsar est le point d’ancrage du lieu. Construite en pierre au lendemain de la Première Guerre mondiale, elle présente l’austérité typique des chapelles féroïennes : toit d’ardoise, murs gris, clocher bas, mais fenêtres peintes d’un bleu profond qui tranche sur la végétation. Son parvis offre une vue dégagée sur l’île voisine de Kunoy, séparée par un bras de mer étroit qui change de couleur au fil des nuages. Les jours de tempête, les embruns recouvrent jusqu’aux marches du bâtiment et le vent fait claquer les drapeaux blancs et rouges des barques amarrées sur la grève en contrebas.

Le village est desservi trois fois par jour par le ferry de Route 56 au départ de Klaksvík, complété par la ligne 506 de bus qui monte jusqu’à Trøllanes en passant par Mikladalur. Beaucoup de voyageurs traversent Húsar sans s’arrêter, pressés de rejoindre le phare de Kallur au nord. C’est précisément cela qui en fait un endroit paisible où l’on peut passer une heure à écouter le bruit de la mer, croiser 2 ou 3 habitants qui saluent d’un signe de tête, et repartir avec le souvenir net d’un lieu où le temps file autrement.

MIKLADALUR

Mikladalur, qui signifie « la Grande Vallée », est largement connue pour ses légendes – notamment celle de la Femme Phoque – la Selkie – et Páll le Prisonnier. Une statue représentant la créature légendaire fut érigée au bord du rivage par le sculpteur Hans Pauli Olsen. Elle est l’attraction principale du lieu. Autrement, vous pourrez visiter la forge de Nornðástova. L’atelier, rouge avec ses fenêtres blanches, attirait autrefois des apprentis venus de tout le pays. La forge produisait les crochets en acier utilisés pour chasser les baleines, des montures de lunettes, des couteaux… Elle a fermé ses portes dans les années 1970 mais le four est toujours actif et la roue, vieille de 100 ans, à l’extérieur de la forge, a été reconstruite en 2017.

Mikladalur, sur la côte est de Kalsoy, dans les Norðoyar. Le village étale ses maisons dans une large vallée en U ouverte sur le fjord, et la sculpture de Kópakonan se tient tout en bas, sur la plateforme rocheuse que la mer vient lécher. Un escalier de béton plonge depuis le haut du village le long de la pente herbeuse. En bas, la roche noire ne sèche jamais vraiment, elle luit d’embruns et d’algues collées. Le son bascule aussi : on quitte le calme des jardins et des cordes à linge pour le raclement continu de la houle sur le socle.

La femme phoque mesure près de 3 mètres, bronze et acier inoxydable, 450 kilos posés face au large, en place ici depuis son inauguration en 2014. Hans Pauli Olsen l’a sculptée debout, la peau de phoque pendante au bout du bras, dans la seconde où elle hésite encore. En face, de l’autre côté du fjord, la muraille de Kunoy ferme l’horizon et donne l’échelle. L’ancrage n’a rien de décoratif : la pièce a été calculée pour encaisser des vagues de 13 mètres, et l’hiver la mer lui passe régulièrement par-dessus sans l’entamer.

Le récit tient le village depuis des siècles. Une nuit d’Épiphanie, les phoques venaient à terre pour quitter leur peau et danser sous forme humaine. Un paysan de Mikladalur vola celle d’une jeune femme et la garda sous clé. Elle finit par récupérer sa dépouille et repartit en mer. Quand les hommes du village massacrèrent plus tard son compagnon et ses petits au fond d’une grotte, elle revint lancer sa malédiction : ils tomberaient des falaises ou se noieraient jusqu’à ce que les morts puissent se donner la main tout autour de Kalsoy.

Quelques pas sur les blocs mouillés mènent à une chute d’eau qui tombe directement sur la plateforme, un peu plus loin que la sculpture. Les jours de mer grosse, on renonce à descendre et on regarde d’en haut : la vague avale entièrement la femme phoque, puis la rend ruisselante. Le village, lui, conserve son église en pierre du XIXe siècle et compte moins d’une trentaine d’habitants.

Depuis des siècles, les mythes et légendes nourrissent l’imagination des habitants des îles Féroé. Des récits mettant en scène des géants et des sorcières, des rois et des batailles, des peuples cachés et des créatures magiques se retrouvent sur l’ensemble des 18 îles. Ces mythes et légendes recèlent peut-être des vérités susceptibles de dévoiler les secrets de nos origines ancestrales. Voici l’histoire de Kópakonan, la femme-phoque piégée sur la terre ferme sous forme humaine après s’être débarrassée de sa peau de phoque. La légende raconte que les phoques qui vivent autour des îles Féroé étaient autrefois des êtres humains comme vous et moi, des âmes tristes qui se sont donné la mort en mer. Une fois par an, ces phoques sont autorisés à venir sur la terre ferme, la douzième nuit de Noël. Là, ils se débarrassent de leur peau de phoque et jouent, chantent et dansent, retrouvant leur forme humaine — mais seulement jusqu’au lever du soleil.

La légende raconte l’histoire d’un jeune fermier du village de Mikladalur, sur l’île de Kalsoy, qui avait entendu dire qu’il existait une grotte de phoques au sud de son village. On racontait que les phoques s’y rassemblaient pour passer cette unique nuit sous forme humaine. Désireux de vérifier si cela était vrai, le jeune homme décida d’aller jeter un œil. À la tombée de la nuit, il se cacha derrière un gros rocher et observa avec étonnement un grand groupe de phoques s’approcher du rivage. L’un après l’autre, ils sortaient la tête de l’eau, s’assurant qu’ils pouvaient sortir de la mer en toute sécurité. Puis, ils rejoignaient le rivage, se débarrassaient de leur peau de phoque et reprenaient leur forme humaine. Au cours de cette douzième nuit, de nombreux phoques — mâles et femelles, jeunes et vieux — se rassemblèrent et se mirent à chanter, danser et s’amuser, sans se douter qu’ils étaient observés. Soudain, le jeune fermier remarqua une jeune phoque femelle qui s’approchait du rocher où il se cachait. Elle ôta sa peau de phoque et se transforma en la plus belle femme qu’il eût jamais vue. Fasciné, il la regarda courir pour aller jouer avec les autres, et une idée commença à germer dans son esprit : « Cette femme sera mienne. » Il sortit furtivement de sa cachette et s’empara de la peau de phoque qu’elle avait jetée par terre.

Lorsque le soleil se leva et que les phoques se précipitèrent vers l’océan à l’aube, la belle jeune femme ne trouva pas sa peau. Désespérée, elle la chercha tandis que les autres phoques l’attendaient dans l’eau, l’appelant. Mais elle ne la trouva pas ; sans elle, elle était piégée sur la terre ferme. C’est alors que le fermier sortit de sa cachette, sa peau de phoque dans les bras, et la belle femme-phoque comprit qu’elle n’avait d’autre choix que de le suivre. Le fermier et la femme-phoque rentrèrent au village et entrèrent dans la maison du fermier, qui enferma immédiatement sa peau de phoque dans un grand coffre. Et dès ce jour-là, il porta toujours la clé du coffre à sa ceinture. Au bout d’un certain temps, le fermier et la femme-phoque se marièrent, et très vite, ils eurent des enfants. Pendant quelques années, la femme-phoque vécut parmi les habitants du village, s’acquittant de toutes ses tâches de femme au foyer et de mère, faisant de son mieux pour s’adapter à la vie sur la terre ferme. Mais chaque jour, elle descendait au bord de la mer, et un grand phoque mâle venait nager près de la plage, comme pour la saluer.

Un jour, alors que le fermier et ses hommes étaient partis pêcher, il s’aperçut soudain qu’il avait oublié la clé du coffre où se trouvait la peau de phoque de sa femme. Il cria à ses hommes de ramer vers la maison aussi vite que possible, sinon il perdrait sa femme. De retour chez lui, il trouva ses enfants assis tout seuls dans la cuisine. Ils restaient silencieux et ne répondaient pas lorsqu’il leur demandait où était leur mère. Mais il remarqua qu’elle avait éteint le feu et rangé tous les couteaux tranchants sur une étagère en hauteur afin que les enfants ne se blessent pas lorsqu’ils étaient seuls. Dans le salon, le fermier constata que le coffre était ouvert et vide, et il comprit que sa femme était partie et ne reviendrait probablement jamais.

Le temps passa, et un jour, les hommes de Mikladalur projetèrent de chasser le phoque dans la grotte située au sud du village. La nuit précédant la chasse, la femme-phoque apparut au fermier dans ses rêves. Elle lui dit que le grand phoque mâle, qui montait la garde à l’entrée de la grotte, était son compagnon, et que les deux petits, endormis à l’intérieur, étaient ses fils bien-aimés. Elle le supplia d’épargner la vie de son compagnon et de ses petits. Mais le fermier n’écouta pas sa supplique, et le lendemain matin, le premier phoque qu’il abattit fut le mâle qui montait la garde près de la grotte. Puis les villageois pénétrèrent à l’intérieur, tuant tous les êtres vivants qu’ils trouvaient, et lorsque le fermier atteignit le fond de la grotte, il vit les deux petits. Et, fou de rage d’avoir perdu sa femme, il les tua tous les deux. Cette même nuit, tous les villageois se rassemblèrent pour un grand festin afin de célébrer la bonne prise et de déguster la délicieuse viande de phoque. Mais alors qu’ils s’apprêtaient à commencer, la porte s’ouvrit brusquement et la femme-phoque fit irruption sous les traits d’une horrible banshee. Sur la table, elle vit la tête de son compagnon et les nageoires de ses petits disposées sur une assiette.

La femme-phoque poussa un cri de détresse terrible, maudissant le fermier, les villageois et tous leurs descendants. En représailles à la cruauté dont ils avaient fait preuve envers ses proches, elle prédit que tant d’habitants de Mikladalur perdraient la vie en mer que les noyés pourraient se tenir par la main, former un cercle et danser autour de l’île de Kalsoy. En effet, depuis ce village précis, Mikladalur, sur l’île de Kalsoy, de très nombreux bateaux ont fait naufrage, et beaucoup de gens sont tombés des falaises ou ont perdu la vie en mer d’une manière ou d’une autre. Nous ne pouvons pas savoir avec certitude si le cercle des noyés fait aujourd’hui le tour complet de l’île de Kalsoy, ni si la malédiction de la femme-phoque plane toujours sur l’île. Mais les enfants que la femme-phoque avait eus avec le fermier ont grandi et ont eu eux-mêmes des enfants. Aujourd’hui, on peut reconnaître ceux qui descendent directement de la femme-phoque. Aux Îles Féroé, de nombreuses personnes naissent avec des orteils palmés, ce qui est une preuve et un signe que la légende est vraie et que les Féroïens ont dans leurs veines le sang des phoques.

SYƉRADALUR

Syðradalur est le village qui vous accueille à votre arrivée sur l’île. Même s’il est peu peuplé, c’est un lieu de résidence d’été très prisé pour sa beauté et sa tranquillité.

TRØLLANES

À Trøllanes, vous pourrez également rendre visite au forgeron Mikkjal et le voir travailler dans l’ancienne forge (de 300 ans d’âge), aujourd’hui transformée en économusée. Envie d’un souvenir ?Maud, femme d’agriculteur, a ouvert en 2007 ce kiosque connu dans le monde entier comme « le kiosque du bout du monde ». Glaces, bonbons, café, charcuterie féroïenne et souvenirs. Ouvert toute l’année de 7h à 22h.

Randonnée

Kallur, pointe nord de Kalsoy, dans les Norðoyar. Un petit phare posé là où deux arêtes se rejoignent, au-dessus de falaises qui tombent droit dans l’Atlantique. Le phare lui-même n’a rien de remarquable : une tour trapue blanche et rouge, mise en service en 1927, et un peu de béton peint. Tout se joue autour. Derrière se dresse le Borgarin et sa paroi verticale ; devant, la mer, et, par temps clair, les aiguilles de Risin et Kellingin au large d’Eysturoy. Le vent ne s’arrête jamais.

Du phare partent deux arêtes. Celle du nord mène au promontoire d’où sont prises toutes les photos connues du lieu : elle se franchit sans matériel, mais le vide est des deux côtés et la traversée devient sérieuse par grand vent ou après la pluie. Celle de l’est, pyramidale et bien plus débonnaire qu’elle n’en a l’air de loin, se marche tranquillement. Le chemin d’approche traverse une lande à moutons, sans balisage, avec Kunoy et Viðoy en vue. Les côtes nord et ouest de Kalsoy sont classées comme zone importante pour la conservation des oiseaux : 40 000 couples de macareux y nichent, aux côtés de pétrels tempête et de guillemots à miroir.

Kalsoy signifie « île de l’homme », de kallur, l’homme, et oy, l’île ; Kunoy, sa voisine à l’est, est « l’île de la femme ». La pointe porte donc le même nom que l’île entière. Plus récemment, le nord de Kalsoy a servi de doublure aux îles Kouriles dans le 25ᵉ film de la série James Bond, sorti en 2021, où le repaire du méchant y est situé. Les habitants ont fait tailler dans le basalte féroïen une pierre tombale pour l’agent, dressée à quelques pas du chemin.

La stèle reprend la forme de celle des parents de Bond dans Skyfall et porte une citation de Jack London que citait déjà Ian Fleming. Elle a été dévoilée en 2022 en présence du Premier ministre féroïen de l’époque. Pour le reste, la fin de journée reste le bon créneau : les groupes redescendent vers le bateau en milieu d’après-midi, et la pointe se vide d’un coup.

Randonnée payante : le chemin traverse une propriété privée et le propriétaire perçoit un droit de passage des visiteurs étrangers, tarif affiché sur place. Le parcours est officiellement ouvert en journée. Kalsoy ne se rejoint que par bateau, sans pont ni tunnel avec les autres îles : prévoir la journée entière. Le terrain est herbeux, souvent détrempé, sans balisage ni barrière, et les abords du promontoire sont exposés.

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jour 7: îles de Borðoy et de Viðoy

Aujourd’hui c’est notre dernier jour dans l’archipel. Demain nous reprenons l’avion vers 9h. Comme hier nous partons pour Klaksvík. Nous prenons exactement la même route jusqu’à la « capitale » de l’île de Borðoy et accessoirement aussi la deuxième ville des Féroé.

Nous commençons notre exploration en faisant une petite randonnée vers le sommet du Klakkur, un sommet de 413 m à crête plate qui domine la baie de Klaksvík depuis le nord-ouest et qui offre l’un des panoramas les plus accessibles de l’archipel. La ville de Klaksvík, s’étire en contrebas entre deux fjords parallèles. Le sommet permet de saisir d’un seul regard la géographie particulière des Féroé : des îles longues et étroites séparées par des bras de mer profonds. Au nord, l’œil porte sur Kalsoy avec son phare de Kallur, sur Kunoy et sur Viðoy, les 3 îles voisines. Vers le sud, on devine Eysturoy et Streymoy par temps clair.

Pour rejoindre le sommet on peut partir du centre de la ville ou alors prendre une petite route de terre partiellement goudronnée, surnommé Ástarbreytin (le sentier de l’amour). Ce chemin de gravier mène tout droit jusqu’à Hálsur. Nous optons pour cette solution. C’est vrai que la dernière partie de la montée est un peu accidentée, mais, en faisant attention, ça passe assez aisément.  Il nous faut maintenant quand même marcher si nous voulons arriver au sommet !

Même si le sentier menant à Klakkur n’est pas bien balisé, il est très facile à trouver. Le début de la marche se fait à travers d’anciennes tourbières. Le sol est recouvert d’herbe jusqu’à Klakkur, avec à peine quelques petits cailloux. La crête s’étire ensuite sur plusieurs centaines de mètres et le meilleur panorama se trouve à l’extrémité nord, où la falaise tombe à pic dans la mer.

Cette petite randonnée facile (1h30 aller et retour) parachève notre exploration à pied de quelques endroits mythiques des Féroé.

Nous redescendons vers Klaksvík puis continuons sur la route n°70 vers l’est et l’île de Viðoy, la dernière accessible directement en voiture. En route nous faisons un petit détour par Árnafjørður connue soi-disant pour sa plage. Peut-être qu’ici elle fait rêver, mais personnellement je n’aurais pas envie d’aller m’y baigner. Pas parce que l’eau doit être froide, mais parce qu’elle n’est quand même pas très jolie…

A Haraldssund nous ne traversons pas tout de suite le pont qui mène sur l’île voisine mais montons vers le nord, sur une route non goudronnée ,la Múlaleið (10e route pittoresque ») vers les trois maisons qui composent le hameau de Múli. D’après les guides Múli est un village fantôme. Ce lieu a semble-t-il été déserté. Múli n’a plus aucun habitant depuis que les derniers villageois ont quitté le village en 1992. Bizarre parce qu’il nous semble voir de la vie là-bas …

Dans la série « Trom : les falaises, le vent et la mort » (tout un programme !), la toute première série policière se déroulant aux îles Féroé, et on y voit des scènes tournées à Múli.

De l’autre côté du fjord on voit notre prochaine étape et dernière : Viðareiði sur l’île de Viðoy. Pour y aller, il nous faut d’abord revenir à Haraldssund puis, cette fois, prendre le pont. Pour aller au bout de l’île on peut passer soit en longeant le fjord sur une route non dénégée en hiver, soit prendre la route « principale » qui passe sous le Malinsfjall. Pour aller à Viðareiði nous prenons d’abord la principale et reviendrons par l’autre. A la sortie du tunnel on voit devant nous l’île de Fugloy. Une île à découvrir à la journée …

Viðareiði est le village le plus septentrional des Îles Féroé. Il se trouve entre deux montagnes impressionnantes qui, ensemble, forment le relief sur lequel sont nichées toutes les maisons de l’agglomération.

Nous sommes étonnés par l’animation qui règne dans le village. D’habitude on ne voit quasiment personne dans les petites rues. D’accord c’est dimanche mais quand même. Autant de monde c’est surprenant. En consultant un peu le web nous voyons que ce weekend c’est le Norð Festival qui propose une journée entière de musique, du matin jusqu’au soir, avec un espace réservé aux enfants, un camping, des tentes, de délicieux plats et bien plus encore ! Tout s’explique alors …

En revenant vers Tórshavn nous faisons encore trois petites visites sur l’île d’Eysturoy : Fuglafjørður, Norðragøta et Nes.

Fuglafjørður (« le fjord aux oiseaux ») est un port de pêche important avec des usines de transformations du poisson. La « ville » n’a rien d’exceptionnel. C’est plutôt sa situation géographique qui vaut le détour. Elle est nichée au fond d’un fjord abrité et entouré de sept montagnes. Et quand nous y sommes le soleil brille à nouveau. Ce n’est pas le grand ciel bleu mais c’est nettement meilleur que ce matin.

Norðragøta, souvent appelée simplement « Gøta », est chargée d’un riche héritage historique qui remonte à l’époque viking. Elle fut autrefois la demeure du légendaire chef viking Tróndur í Gøtu, figure centrale des sagas des Îles Féroé. Rien que ça … Le centre du village, près de l’église en bois, est un concentré des Féroé : maisons noires et rouges, certaines avec un toit herbeux. Le tout au pied d’une montagne au pentes abruptes.

Juste avant de reprendre l’Eysturoyartunnilin à Runavík, nous faisons le dernier détour du séjour. Je ne pouvais quand même pas partir d’ici sans parcourir le dernier et onzième itinéraire « bouton d’or ». C’est celui nommé Runt Agnið.  Il permet de découvrir un autre aspect de l’île. Ici pas de sommets au pentes raides, mais une sorte de lande vallonée qui descend en pente douce vers la mer. C’est sympa de voir un autre type de paysage pour finir notre périple.

Les îles de Borðoy et de Viðoy mériteraient peut-être qu’on y passe un peu plus de temps. Mais voilà … Plutôt que d’avoir comme camp de base la capitale et de rayonner depuis là, il faudrait peut-être répartir un peu les lieux de séjour et passer 2 ou trois nuits à Klaksvík. Cela permettrait de gagner un peu de temps de trajet le matin et le soir et d’avoir ainsi plus de temps à consacrer à visiter les îles du nord (Norðoyggjar) que sont Borðoy, Fugloy, Kalsoy, Kunoy, Svínoy et Viðoy. Mais c’était aussi très agréable de ne pas avoir à changer de lieu pour la nuit …

Toutes les photos ici.

ÁRNAFJØRĐUR

Árnafjørður abrite la seule plage des Îles du Nord, un havre de paix estival et le point de départ de randonnées historiques au cœur d’une nature sauvage. Située au cœur des Îles du Nord, vous y trouverez la plus belle (et unique) plage de la région. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la crainte que des mines ne s’échouent sur le rivage était constante. Aujourd’hui, la baie est un refuge estival idyllique.

Depuis Árnafjørður, une randonnée aller-retour de 2 h 30 vous mènera à Katlarnir, l’ancien lieu de réunion local situé au centre géographique des Îles du Nord. C’est là que les jugements étaient rendus et les litiges réglés. Ce parcours n’est recommandé qu’aux randonneurs expérimentés ne souffrant pas de vertige.

Svartidalurfoss

DEPIL

Depil entretient un lien fort avec son passé. L’ancienne ferme du village est classée monument historique. Elle témoigne de l’agriculture traditionnelle et de la vie rurale des Îles Féroé. Cette ferme préservée permet aux visiteurs de découvrir comment les gens vivaient et travaillaient autrefois dans les petites communautés insulaires. Elle met également en évidence l’importance de l’agriculture dans le développement du village. La vie à Depil est simple et paisible. Le village est entouré de paysages ouverts, de montagnes et de la mer. Il offre ainsi une atmosphère sereine et un lien étroit avec la nature.

Bien que Depil soit petit, il représente une partie importante du patrimoine culturel féroïen. Il montre comment de petites communautés continuent d’exister et de perpétuer leurs traditions à l’époque moderne.

KLAKSVÍK

Avec ses 4 900 habitants, c’est la seconde ville de l’archipel. Elle est enclavée le long du port qui se déploie sur les deux rives d’un isthme étroit, d’où son nom : klakkur qui signifie « falaise » et vík la « baie ». C’est le plus grand port de pêche des Féroé et un centre industriel qui a grandi de façon exponentielle tout au long du XXe siècle (la population a été multipliée par huit en 80 ans), avant d’être durement touché par la crise de la pêche des années 1990. Incontournable à Klaksvík, la brasserie familiale Föroya Bjór fondée en 1888 avec pour emblème un bélier. La route en boucle lui confère une étrange géographie.

ÉGLISE SAINT-CHRISTIAN (CHRISTIANSKIRKJAN)

Un beau mélange d’architecture à la fois audacieuse et traditionnelle. Cette église, dédiée au roi Christian X (mort en 1947) et à tous les marins disparus durant la Seconde Guerre mondiale, fut inaugurée par son fils Frederik IX en 1963. Le bâtiment s’inspire des églises en bois féroïennes, très sobres. Les murs extérieurs sont faits de blocs de basalte. Sur les côtés, cinq pignons sont revêtus de bois noir et blanc. Le clocher se dresse un peu à l’écart de l’édifice. Le chœur s’articule autour de l’imposante peinture de 7 mètres de haut illustrant des scènes de la vie du Christ. Cette fresque avait été réalisée par l’artiste danois Joakim Skovgaard (en 1901) pour la cathédrale de Viborg. En raison de l’humidité des murs, l’œuvre risquant de s’endommager, elle fut transférée sur toile, placée au Musée national du Danemark, puis mise à la disposition de l’architecte Peter Koch pour son projet. Le vitrail de la rosace, de l’artiste danoise Ulrikke Marseen, représente le Christ porteur du poids du monde. Quant aux fonts baptismaux en granit, datés d’environ 4 000 ans, ils servaient à l’origine de vase d’offrande païen dans une église du nord de la Zélande au Danemark. Sous la charpente de la nef, suspendu, un áttamannafar (bateau spécifique aux îles Féroé), dernier construit pour le presbytère de Viðareiði. Il fit partie du naufrage en mer, la veille de Noël 1913. Plusieurs bateaux disparurent, dont ceux de Skarð. Tous les hommes adultes de ce village périrent cette nuit-là.

Pour avoir un aperçu de cette situation particulière, c’est très simple. Il suffit de prendre de la hauteur jusqu’au point de vue de Klakkur. On peut s’y rendre à pied depuis le centre ville ou tricher un peu en se garant au démarrage du sentier. Quand ce n’est pas un bout de Bordoy, c’est Kalsoy ou Kunoy qui créent des fjords splendides. Dans l’eau, des enfilades de cercles marquent l’emplacement des élevages de poissons. Plus on grimpe et plus la situation de Klaksvik est claire, mais mon regard est hypnotisé par le duel silencieux entre Kalsoy et Kunoy qui se font face, l’une et l’autre se disputant la lumière.

MÚLI

Découvrez Múli, un village isolé des îles Féroé, entouré de montagnes escarpées et offrant une vue imprenable sur l’océan, riche en histoire et en folklore. Niché sur la côte nord-est de Borðoy, Múli donne l’impression de faire un bond dans le passé. Autrefois l’un des villages les plus reculés des îles Féroé, il fut le dernier à être électrifié en 1970, puis fut abandonné, même si quelques maisons reprennent vie en été. Entouré de montagnes escarpées et offrant une vue imprenable sur l’océan, Múli recèle des légendes de sorciers et de créatures mystérieuses, conférant au paysage un caractère sauvage et surnaturel. Les randonneurs et les vagabonds qui s’y aventurent sont récompensés par le silence, le folklore et le sentiment persistant d’une vie autrefois à la limite de l’insupportable.

VIDAREIÐI

Il faut arriver à Viðareiði en fin de journée. Depuis le chemin de randonnée, on se situe à 800 mètres d’altitude, et, pour peu que le temps soit gris, on aura l’impression d’être dans les nuages et que le ciel vous tombe sur la tête tant le plafond nuageux est bas. Une crainte terrible connue par les Vikings, d’où leurs casques à cornes !

Pourtant, du côté de l’océan, à l’ouest, le soleil se couche dans un ciel dégagé. Mais quelle que soit la météo du jour, la première rencontre avec ce petit village traditionnel reste inoubliable : église blanche et maisonnettes aux toits de gazon agglutinées au pied du géant, le mont Villingdalsfjall qui culmine à 844 mètres d’altitude, troisième plus haut sommet de l’archipel.

À l’arrière-plan, dans cette étrange vallée, au milieu de laquelle coule un torrent et qui abrite 300 âmes, s’éparpillent des maisons modernes. Presque toutes ces habitations de bois, recouvertes de tôles, sont bâties à la perpendiculaire de la mer, pour mieux lutter contre le vent l’hiver. Les distances entre les maisons sont plutôt étendues, et loin de la côte, les rues droites bordées de fils électriques et de lampadaires semblent rejoindre très loin la ligne d’horizon, sous une lumière particulière, un peu métallique. C’est l’agglomération la plus septentrionale de l’archipel. Dans ce village presque irréel, on se sentira au bout du monde.

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jour 8: Sørvágur (Îles Féroé) – Suisse

Ce matin nous décollons à 8h55 pour Paris où nous ferons escale avant de reprendre un vol pour Genève. Ce n’est pas la grosse foule à l’aéroport, il n’y a qu’un avion qui décolle avant le nôtre. Aujourd’hui il n’y a que 11 vols au départ des Féroé …

Un petit peu avant l’heure prévue, et sous la pluie nous quittons les îles Féroé …

Un voyage d’accord, mais surtout une expérience visuelle et émotionnelle. J’ai ressenti ici la même chose que lors de mes premiers voyages en Islande. Une nature puissante et quasiment souveraine. Ici on se sent petit face aux éléments. Des villages perdus au mileu de nulle part, coincés entre la mer et les montagnes, très longtemps isolés du monde. Des points de vues à couper le souffle : lac suspendu, promontoire rocheux, …

Nous avons eu de la chance avec la météo. Pas de pluie pendant une semaine cela ne doit pas être courant ici. Parfois de longs moments de soleil, mais aussi des journées souvent grises. Parfois du brouillard bas, parfois du brouillard uniquement sur les reliefs. Souvent quand même presque toutes les conditions météo sur la même journée...

A refaire certainement, mais peut-être au début de l’été et ainsi avoir des journées plus longues et pouvoir voir aussi les macareux …

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