Aujourd’hui, dans la région de Lenk im Simmental nous allons d’abord explorer les cratères du paysage de Gryden puis nous prendrons la direction de l’Iffigsee, le petit lac aux couleurs turquoises entourés de falaises impressionnantes …
Les premiers 850 mètres de dénivelé jusqu’à la station supérieure de Leiterli sont franchis avec la télécabine de Betelberg, d’où nous démarrons tranquillement le sentier d’altitude qui traverse la région de Gryden. Sur le premier tronçon, on peut déjà apercevoir le paysage marécageux protégé de flysch alpin de Halserberg/Betelberg (voir “autres informations”). Avant que le chemin de randonnée de montagne ne se rétrécisse et que la première montée ne commence.
La légère montée qui suit longe le côté nord de la formation calcaire Stübleni. Le terme «Stübleni» («petites pièces») désigne les cratères caractéristiques du paysage de Gryden, tandis que «Gryden» renvoie au mot «Chride» (craie). Mais comment s’est donc formée cette région unique en Suisse, qui fascine aussi bien les géologues que les biologistes et les randonneurs ? La pluie dissout peu à peu le gypse presque blanc et relativement tendre. L’eau y creuse des trous, mais continue de s’écouler sous terre, créant ainsi un système de karst gypseux avec des cavités. Lorsque ces systèmes de cavités s’affaissent, les dolines d’effondrement deviennent alors apparentes en surface. Dans la région de Stübleni, ces entonnoirs sont particulièrement nombreux.
Nous faisons un aller et retour sur la crête qui va en direction du nord, puis quittons ce lieu étonnant pour continuer notre balade vers l’Iffigsee.
Il nous faut dans un premier temps redescendre vers le Stüblenipass puis, en contournant le Fürflue et le Rothhore, rejoindre, à travers les pâturages, le Tungelpass. Jusque là le chemin était assez facile et relativement plat. Mais maintenant pour rejoindre l’Iffigsee, il nous faut grimper sur 300 m pour rejoindre un petit col sans nom (pt 2381). La montée commence d’abord sur un chemin herbeux, mais très rapidement il se couvre de pierres. Par endroits, pour passer des petites barres rocheuses, il y a des câbles et des chaînes pour rassurer le marcheur. Après cette montée assez raide nous sommes récompenser de nos efforts en voyant, niché au pied d’une falaise, le joli lac aux eaux turquoises.
Nous faisons une petite pause avant d’entamer la descente vers le lac. Des nuages commencent à s’accumuler les les sommets environnants. L’ombre joue avec le soleil sur le lac, sur l’herbe des pâturages et sur les roches.
Plus nous descendons vers le lac, plus le soleil disparaît derrière les nuages. Un peu dommage, mais la météo du jour disait que quelques cumulus bourgeonnerais sur les sommets de la régions. Mais maintenant c’est quand même bien couvert …
Avant de redescendre vers Iffigenalp nous faisons une petite pause près du bord du lac en attendant une hypothétique percée du soleil à travers les nuages. Mais rien ne vient.
Nous entamons maintenant la partie finale de notre balade, la descente vers Iffigenalp où nous allons prendre le bus qui nous redescendra à Lenk. Au début, assez raide, la descente se finit sur une petite route d’alpage assez tranquille.
Comme nous sommes en avance pour notre bus, nous profitons du lieu pour boire quelque chose sur la jolie terrasse de l’auberge d’Iffigenalp.
Toutes les photos ici.
carte interactive de la région
altitude de départ: 1946 m
altitude d’arrivée: 1582 m
altitude minimale: 1582 m
altitude maximale: 2382 m
dénivelé positif: +676 m
dénivelé négatif: -1034 m
temps de parcours: 5 h
distance totale: 14700 m
Dur et tendre, lent et rapide – les paradoxes du flysch
Le terme «flysch» vient du dialecte du Simmental et désigne un mauvais terrain, un sous-sol qui tend à glisser. Premier paradoxe: le flysch est constitué d’une alternance de deux types de roches sédimentaires: un grès très dur, aux cassures anguleuses, qui est régulièrement exploité pour la production de ballast de chemin de fer d’une part, et des argilites sombres et tendres d’autre part. C’est ce dernier type qui rend le flysch très sensible à l’érosion et qui est responsable de nombreux glissements de terrain. Les propriétés imperméables des couches d’argilites sont à l’origine de la formation de nombreuses zones humides ou marais. Deuxième paradoxe: il existe dans le flysch un contraste extrême en ce qui concerne la vitesse de sédimentation. Les argilites se sont déposées très lentement – il faut compter plusieurs milliers d’années pour une couche d’un centimètre ; les couches de grès quant à elles se sont déposées lors d’avalanches de sable sous-marines provenant périodiquement d’une zone de delta proche des côtes – une couche d’environ un décimètre peut alors se déposer en quelques minutes.

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