Sud de la Norvège (juin 2026)

18 Juin 2026 | 1 commentaire

Programme

Jour 1 : Suisse – Oslo –Tønsberg

Jour 2 : Tønsberg – Kristiansand

Jour 3 : Kristiansand – Stavanger

Jour 4 : Stavanger

Jour 5 : Stavanger

Jour 6 : Stavanger – Tyssedal

Jour 7 : Tyssedal – Bergen

Jour 8 : Bergen

Jour 9 : Bergen – Lampeland

Jour 10 : Lampeland – Oslo

Jour 11 : Oslo

Jour 12 : Oslo – Suisse

Quelques rapides informations :

Météo en Norvège

Etat des routes en Norvège

Cartes de la Norvège

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Jour 1: Suisse – Oslo – Tønsberg

Notre avion est parti avec une heure de retard de Genève. C’est donc vers 14 h que nous posons le pied sur le sol norvégien. Le temps de récupérer les bagages et la voiture, nous nous mettons en route vers 15 h. Heureusement que nous sommes déjà en juin et qu’ainsi le soleil se couche tard. A cette époque il se lève vers 4 h et se couche vers 22 h 30. Mais même pendant la période de “nuit” l’obscurité n’est jamais totale.

Nous quittons donc l’aéroport et prenons la direction d’Oslo par la E6. Nous avons décidé de ne pas nous arrêter ici et de continuer directement vers la côte sud du pays. Nous visiterons la ville 3 derniers jours de notre voyage. La E18 qui va vers Kristiansand passe en pleine ville, mais dans un tunnel. En ce dimanche il y a pas mal de circulation mais comme tout le monde roule calmement on ne ressent pas le stress que l’on peut avoir dans d’autres pays.

Un peu après Sande nous quittons la route principale pour aller chercher le petit village de Høyjord. Ici se trouve une jolie petite église en bois, une stavekirke ou “église en bois debout”. Pendant notre séjour nous en verrons encore sept autres, mais plutôt sur la fin du voyage.

Il est déjà plus de 17 h et nous ne sommes pas encore arrivé là où nous voulons dormir ce soir. Nous nous remettons en route vers Tønsberg et surtout vers Verdens ende (le “bout du monde) Ende à la pointe sud de Tjøme. Ce lieu est sans doute surtout connu pour le « Vippefyret », ce phare construit avec des pierres provenant des plages locales. Il s’agit d’une réplique érigée en 1932. Mais aussi par la belle couleur des roches qui constituent les petites îles de ce bout du monde. Un petit pont en bois permet d’aller marcher sur un îlot (Sandholmen) à marée basse. Nous avons de la chance c’est le cas quand nous sommes là.

Après avoir bien respiré l’air marin nous revenons en arrière vers Tønsberg où nous allons passer la nuit.

Tout près de notre hôtel il y a tout un quartier résidentiel avec de belles maisons soit très colorées, soit complètement blanches. En début de soirée, je ressors un moment pour aller m’y balader.

Première journée courte mais déjà avec de belles choses vues. La météo a plutôt été clémente. Nous avons eu un petit peu de pluie avant d’arriver à l’église de Høyjord mais elle s’est vite arrêtée …

Toutes les photos ici.

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

Høyjord stavkirke : La seule église en bois debout conservée dans le comté de Vestfold. La partie la plus ancienne de l’église, le chœur, date du XIIe siècle. La nef, quant à elle, date de la seconde moitié du XIIIe siècle. Outre les poteaux d’angle, l’église comporte des poteaux latéraux et un poteau central. À l’origine, l’intérieur était blanchi à la chaux et décoré, et une partie de ces décorations a été restaurée. Finn Krafft a en outre peint plusieurs nouvelles décorations. Sur le mur nord, on peut voir des dessins de navires datant du XIVe siècle. Les croix datent de la consécration d’origine.

Tønsberg : Sur l’autre rive du fjord d’Oslo, à 100 km au sud-ouest de la capitale, Tønsberg est un petit port tranquille et le plus ancien bourg de Norvège. La cité fit partie de la Ligue hanséatique. Elle s’enrichit par la suite grâce à la pêche à la baleine. L’intéressant musée de la ville, consacré au Moyen Âge, retrace la découverte de l’un des navires exposés au Vikingskipshuset d’Oslo. C’est ici (à la ferme d’Oseberg exactement) qu’il fut exhumé.

  •  Slottsfjellsmuseet (musée du Département de Vestfold)
    • La salle la plus importante contient les restes du Klåstadskip, un bateau viking de 21 m trouvé dans la région, complément des 3 embarcations que l’on peut voir à Oslo. Petite expo retraçant la découverte de l’Oseberg, en 1904, juste à côté de Tønsberg. Le musée évoque aussi l’histoire de la ville et du « héros » local, Svend Foyn, inventeur du harpon explosif, arme abominablement efficace pour la chasse à la baleine. D’ailleurs, la grande galerie consacrée à cette activité et à la pêche renferme 7 impressionnants squelettes de cétacés (baleine bleue, orque, cacha-lot…), certains de plus de 100 ans. Au sous-sol, les salles célèbrent le Moyen Âge et la christianisation de la Norvège. Très beau baptistère en pierre du XIIIe s. On trouve aussi la base de l’église primitive St Peter de la ville. Expos temporaires sur la période médiévale et le folklore local.
    • Sur les hauteurs de la colline, derrière le musée, des petits sentiers aménagés mènent à une douzaine de maisons traditionnelles des siècles passés. Au sommet, un petit plateau où l’on peut voir les ruines arasées d’un château du XIIIe s, dont il reste peu. En été, on grimpe au sommet de la Slottsfjellet, tour du XIXe s. Vue sur toute la ville.
  • Les quais au bord de l’eau sont plutôt sympas.

Verdens Ende (« le bout du monde ») : à env 30 km au sud de Tønsberg. Prendre la route 308 en direction de Tjøme et la suivre jusqu’au bout de la presqu’île. Parking (payant) devant l’école d’équitation, puis 450 m à pied. Un petit port et de charmantes criques rocheuses dont le nom décrit parfaitement l’ambiance : on se sent vraiment au bout du monde ! Endroit à visiter en toute saison, pour les baignades en été, pour le dépaysement et l’isolement en hiver. Le coucher du soleil y est particulièrement spectaculaire.

L’église de Hvasser est une petite église en bois située dans la municipalité de Færder. Elle a été construite en 1903. Depuis, elle a été agrandie avec une tour et une entrée. Le sommet de la tour porte la date de 1908. À l’occasion du centenaire en 2003, les panneaux muraux, à l’origine de couleur bois, ont été peints dans des tons vert vif et jaune. Deux nefs ornent la nef de l’église.

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Jour 2: Tønsberg – Kristiansand

La météo s’annonce très contrastée pour la journée. Encore pas mal de soleil jusqu’en début d’après-midi puis un front pluvieux va recouvrir la région. Nous n’avons de toute façon pas le choix. Il nous faut prendre la route pour Kristiansand.

Mais avant d’aller prendre le déjeuner je suis allé faire un petit tour du côté du port. Sympa mais rien de très particulier. Pas mal d’embarcations privées et pas trop de bateaux de pêche.

Après avoir quitté Tønsberg nous nous dirigeons vers Risør, une jolie bourgade de petites maisons blanches aux toits d’ardoise. Nous laissons la voiture du côté du port en flânons une petite heure dans les ruelles autour du port et de l’église. Nous sommes surpris par le peu de personnes que nous croisons. Il n’y a pas de touristes et mais également quasiment pas de “locaux” dans les rues. Etonnant …

Après avoir acheté un picnic dans le magasin du coin nous reprenons la route pour aller à Arendal. Nous nous posons sur un banc près du port pour manger notre picnic. Le vent commence à se lever et nous nous attardons pas. Pour nous réchauffer nous faisons un petit tour dans la vieille ville située autour de la Trefoldighetskirken (Trinity Church), juste derrière le port. Une fine pluie commence à tomber quand nous reprenons la voiture pour filer vers notre destination suivante: Grimstad.

Grimstad est encore une petite ville dont le centre, avec ses ruelles étroites et pavées, est rempli de petites maisons traditionnelles en bois. Elles sont pour la plupart banches, mais par-ci par-là il y a quelques maisons colorées. J’aime bien déambuler dans ces petites villes. C’est vraiment très calme et reposant. Comme précédemment à Risør, nous ne croisons quasiment personne. C’est à se demander si des gens vivent ici …

Quand nous partons de Grimstad, la pluie tombe à grosses gouttes. La météo avait vu juste. Nous roulons donc directement vers Kristiansand et laissons de côté Lillesand.

Une fois installé à l’hôtel nous prenons notre courage à deux mains et sortons sous une pluie battante pour aller faire un tour du côté du marché aux poissons et du port. Nous n’avons pas envie de rater le Kilden Performing Arts Center avec son architecture étrange et très contemporaine, ni le Kunstsilo qui est situé juste à côté. Nous commençons par admirer ces deux bâtiments depuis la rive opposée, puis revenons sur nos pas et traversons un petit pont pour aller tout près. Le Kilden Performing Arts Center est fermé. Par contre le Kunstsilo lui est ouvert. Nous pouvons nous mettre un moment à l’abri à l’intérieur. Il s’agit d’un ancien silo, qui servait de stockage d’urgence pour 15’000 tonnes de céréales. Il a ouvert ses portes en mai 2024 et est devenu la nouvelle destination artistique de la ville et un centre d’expériences culturelles. En 2025, le Kunstsilo a été nommé le plus beau musée au monde par le prestigieux Prix Versailles, qui récompense l’architecture et le design exceptionnels dans le monde entier. Lors de sa construction en 1935, il s’agissait du premier bâtiment représentant le fonctionnalisme à Kristiansand et du deuxième silo fonctionnaliste du pays, construit seulement deux mois après Vippetangen à Oslo. Deux ans après la fermeture définitive du moulin en 2008, le conseil municipal a décidé que le silo devait être conservé et qu’il fallait le transformer en musée. Une très bonne idée …

Quand nous revenons à l’hôtel nous sommes bien trempés. Ce fut difficile de se motiver pour ressortir manger quelque chose.

Toutes les photos ici.

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

Le Sud (Sørlandet) est la plus petite des 5 régions norvégiennes et aussi la plus récente, puisqu’elle n’existe en tant que telle que depuis 1902. Avant, elle faisait partie de l’Ouest (Vestlandet). En été, il règne une certaine douceur de vivre sur ce bout de Norvège aux jolies petites villes balnéaires blotties au fond de leur fjord majestueux. Profitez-en car, excepté à quelques endroits dans l’Ouest, les autres lieux d’habitat du pays sont rarement aussi attrayants. Avec sa mer qui scintille au soleil, son ciel plus souvent bleu qu’ailleurs et ses roches lisses où lézarder, c’est le petit coin de paradis caché des Norvégiens.

Sandefjord

  • Hvalfangstmuseet (musée de la Chasse à la baleine) (site) : Musée bien fait, très complet et didactique qui resitue bien la problématique de la chasse à la baleine, sans complaisance ni concession. Commentaires en norvégien, mais la brochure très complète en anglais éclaire vraiment la visite.
    • La 1ère partie (sur la gauche) présente une petite section naturaliste regroupant quelques mammifères terrestres et marins du pays et du pôle Nord : phoques, éléphant de mer, renard arctique et même un bœuf musqué, curieux mammifère aux longs poils. Noter le bébé baleine conservé dans le formol ! Au fond de la mezzanine, vitrines d’objets sculptés à base d’os de baleine et de fanons. Impressionnante reconstitution d’une baleine grandeur nature.
    • La 2ème section retrace de façon thématique toute l’histoire de la chasse à la baleine à travers les siècles. Les 1ers témoignages, les traditions anciennes de chasse, la chasse aux mammifères marins chez les Inuits. Voir l’ingénieuse organisation de la surface des kayaks : un véritable établi ! Matériel de découpe des baleines… en os de baleine. Évocation de la chasse pratiquée au Japon et en Amérique au XIXe s. Allusion – très pudique – à la chasse aux bébés phoques. Vient ensuite la chasse moderne et avec elle les sujets qui fâchent. On y apprend que dès 1864 Larvik, Tønsberg et Sandefjord furent des centres de l’activité baleinière où l’on trouvait les experts pour la construction, l’équipement et la maintenance des navires baleiniers. La dernière expédition au départ de Sandefjord eut lieu en 1967.
    • Si, aux temps héroïques du canoë inuit et du harpon à main, les cétacés avaient des chances de s’en sortir, et si la chasse constituait alors une exigence économique et sociologique, avec l’invention du harpon à charge explosive par Svend Foyn (1809-1896), considéré ici comme un héros national, on assiste à un véritable massacre qui prend, avec les années, une dimension industrielle. La bête est foudroyée à bout portant, son corps est gonflé à l’air comprimé pour éviter qu’il ne coule, tandis qu’une balise radio est fixée sur son dos pour ne pas le perdre. Maquettes de bateaux-usines qui en disent long sur le traitement de l’animal. L’équarrissage sur le pont du navire-usine est franchement peu ragoûtant. Voir encore le petit film de 20 mn sur la dernière expédition baleinière dans l’Antarctique en 1965-1966. Déprimant.

Kragerø : Cette adorable petite station balnéaire est très prisée des habitants de la capitale et des peintres, Munch le 1er. Il vint y soigner ses crises de nerfs et en profita pour planter son chevalet dans le coin. Les rues sinueuses et les mai-sons blanches aux tuiles roses ou noires, étagées sur les collines de part et d’autre d’étroits fjords aux eaux noires, donnent un aspect un peu décousu à l’ensemble, qui ne manque pourtant pas de charme.

  • Berg Kragerø Museum (site) : Dans une maison d’armateur construite au début du XIXe s, au cœur d’un vaste et beau parc surplombant un fjord de poche, une expo sur les activités traditionnelles de la région : industrie du bois, construction de bateaux, travail des champs… Intéressantes photos de Kragerø à la Belle Époque, vieille boutique, jouets, objets du quotidien et, à l’étage, outre d’antiques luges, une section sur Munch et une autre sur l’industrie navale d’aujourd’hui.

Risør : Jolie bourgade de maisons blanches aux toits d’ardoise. Port de plaisance très prisé en juillet, quand se déroule un festival de musique de chambre. La ville se fait plus tranquille en hiver, revêtant un petit air de Bretagne… Dans le secteur, on peut voir beaucoup d’anciennes maisons en bois, ainsi qu’une adorable église du XIIe s, à Søndeled. Excellent point de départ pour la multitude d’îlots des alentours, paradis des pêcheurs… ou des épicuriens.

Arendal : Bourg le plus important de la région ayant conservé ses vieilles maisons en bois du quartier historique, autrefois sillonné de canaux. Son petit port et sa vie commerciale assez développée en font un lieu très festif et animé l’été. Pour une (belle) vue d’ensemble, on pourra grimper au Glassheisen (ascenseur à 50 m de la place), un point de vue aménagé sur la colline Fløyheia qui domine la ville.

Grimstad : Rues étroites, maisons en bois, douce atmosphère. Petit musée Ibsen dans l’ancienne pharmacie où celui-ci fut préparateur.

Lillesand : Mignon petit port, beaucoup de bois, de fleurs et d’intimité. Demeures historiques des XVIIIe et XIXe s. Jolie église de 1889, édifiée sur la colline autour de laquelle la ville fut construite.

Kristiansand : Fondée en 1641 par Christian IV, la capitale du Sud est aujourd’hui un grand port et un centre industriel qui a su préserver un quartier assez charmant de maisons en bois, toutes blanches, notamment près de la cathédrale. Plan d’urbanisme à l’américaine, où les artères se coupent à angle droit, dont une jolie rue piétonne qui concentre toute l’animation. On ne séjourne pas longtemps à Kristiansand, mais on y fait une agréable étape le temps d’une promenade et de la visite du Friluftsmusem (Fylkesmuseum), musée en plein air de l’Habitat traditionnel.

  • Depuis le centre, la balade sur l’artère piétonne Markensgate conduit vers le sud-est, au port de plaisance, dont les jolies berges ont été aménagées en d’agréables jardins. Un peu au nord s’élève la Christiansholm Festning une construction trapue comprenant un rempart intact et un donjon patibulaire arrondi. Édifiée entre 1662 et 1672, cette petite forteresse défendait la cité au moyen de plusieurs pièces d’artillerie (quelques canons occupent encore les plates-formes). Pour terminer la promenade côté mer, petit détour vers le sud par Fiskebrygga, le quartier du marché aux poissons, l’un des lieux de sortie préférés des locaux. Nom-reux restos avec terrasses très sympas le long des canaux, reliés par des passerelles. Et, puisque vous êtes là, jetez un coup d’œil au Kilden Teater, architecturalement décoiffant !
  • Kristiansand Museum (site) : Ce beau musée en plein air regroupe, dans un vaste parc, près de 40 bâtiments historiques provenant du secteur. Après une halte à l’accueil (expos temporaires) et dans une annexe pour admirer une fascinante maquette de Kristiansand vers 1900, la visite débute par la reconstitution d’une rue de la ville fin XIXe s. Boutiques, ateliers et maisons bourgeoises restituent bien l’atmosphère de la cité, d’autant que certaines d’entre elles, meublées comme à l’époque, sont ouvertes au public.Tout au bout, la grande demeure d’un armateur renferme un intéressant musée sur Kristiansand et son passé maritime. Un peu à l’écart, un autre espace est dédié au monde rural, avec des fermes du XVIIe s, tout en gros rondins de bois brut, posés sur de gros blocs rocheux. Noter les portes minuscules et les toits herbus. Beaux linteaux sculptés. Rusticité étonnante dans le mode de vie, alors que le sud de l’Europe bâtissait villes et palais.
  • Gimle Gård (site) : À l’entrée d’un beau parc très bien entretenu, et précédée par un charmant jardin botanique en accès libre, cette vaste demeure bourgeoise du début du XIXe s fut construite par un riche négociant pendant l’âge d’or de la ville. La visite guidée parcourt la grande salle de bal, la chambre, les salons et la salle des peintures. On peut y voir des tableaux, du mobilier et divers autres objets accumulés par sa famille. Intéressera surtout les amateurs d’intérieurs d’époque. En revanche, le musée d’histoire naturelle voisin ne présente aucun intérêt.
  • Kilden Performing Arts Center (site) : Arriver devant ce bâtiment fait toujours son petit effet : il faut dire que l’architecture unique de ce monument culturel en jette avec ses courbes monumentales et poétiques sculptées dans le chêne. Depuis 2021, ce centre d’art abrite le théâtre régional d’Agder, l’Orchestre symphonique de Kristiansand et la compagnie Opera Sør. Les lieux sont prisés par les artistes pour leur acoustique parfaite.
  • Kunstsilo (site) : Inauguré au printemps 2024, ce centre d’art et de culture a pris ses quartiers dans un ancien silo à grains, d’où son nom. Trois collections permanentes, dont la plus grande collection d’art moderniste nordique au monde, sont à admirer. Bien plus qu’un musée, cette adresse propose aussi de nombreux événements tout au long de l’année. Un incontournable pour les fans d’ambiances brutes !

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Étape 3: Kristiansand – Stavanger

C’est sous un ciel bien gris et sous la pluie que nous quittons Kristiansand. Nous aurions encore voulu passer un moment à visiter un peu le centre de la ville puisque hier nous ne l’avons pas vraiment fait, mais commencer la journée bien mouillé ne nous a pas emballés …

Nous voilà donc partis pour une journée “petites maisons blanches en bois”. En effet à Mandal, Flekkefjord et Stavanger nous déambulerons principalement dans les ruelles bordées de ces charmantes maisons.

Peu de temps avant d’arriver à Mandal, les nuages se déchirent et commencent à laisser passer un peu de soleil et de ciel bleu. Parfait …

Mandal, qui est la ville la plus méridionale de Norvège est connue pour ses adorables rues étroites, bordées de maisons basses. Le quartier ancien, saupoudré de maisons blanches en bois sagement alignées, aux façades fleuries dès les beaux jours, est vraiment propice à la balade. Nous passons une bonne heure à flâner ici. Et comme les deux petites villes visitées hier, nous sommes presque dans une ville fantôme. Quasiment personne dans les rues.

L’étape suivante est Flekkefjord. Petit port coincé entre mer et montagne, qui doit sa fortune au hareng. Pour nous cette petite ville vaut surtout pour son quartier “hollandais” (Hollanderbyen), le petit quartier construit autrefois par les Hollandais, que la ville approvisionnait en bois. Il a conservé beaucoup de cachet avec ses rues étroites et ses maisons de pêcheurs. Ici il y a nettement plus de monde. Pas beaucoup de touristes mais pas mal d’habitants locaux. Comme lors de nos dernières visites nous nous laissons guider par notre envie de découvrir de belles petits maisons. La jolie partie de la ville se situe après le pont qui enjambe le canal reliant les deux fjords (le Grisefjorden au nord et le Byfjorden au sud). A droite de la rue principale (Brogaten) se trouve la belle partie de la ville nouvelle et à gauche, le fameux quartier hollandais avec ses vieilles maisons.

C’est ici que j’ai goûté mon premier solskinnsboller, ou « petits pains au soleil » en français. Également appelés solboller, ils sont préparés à partir d’une pâte sucrée à la cardamome, roulée avec de la cannelle et du sucre, fourrée au centre d’une crème pâtissière à la vanille et parfois nappé de glaçage sur le dessus. Pourquoi n’ai-je pas mangé ça ces derniers jours ? J’adore …

Quand nous partons de Flekkefjord, il pleut à nouveau. Nous avons passé beaucoup de temps ici mais c’était vraiment très agréable. Pour rejoindre Stavanger, là où nous allons passer les trois prochaines nuits nous suivons la route Fv44 (Fylkesvei 44). Il paraît que s’il y a une route à ne pas manquer pendant un road-trip sur la côte sud de la Norvège, c’est bien la Fv 44 entre Flekkefjord et Egersund ! Et je suis d’accord avec cette affirmation. Mais notre plaisir a été gâché d’abord par la météo exécrable sur ce parcours mais aussi (et surtout) par quelques camping-cars qui avançaient extrêmement lentement et qui avaient de la peine à croiser sur cette route très étroite et qui, ne laissaient pas passer les voitures quand ils en avaient l’occasion. Il nous a fallu 1 heure pour parcourir un peu moins de 40 km ! Je n’ose pas imaginer l’enfer que ça doit être quand tous les vans sont de sortie !

A Hauge, nous quittons cette route et tournons à gauche vers le bord de la mer pour aller à Sogndalstrand. Là nous trouvons, comme presque partout sur la côte sud de la Norvège, de petites maisons blanches mais surtout (et c’est pour ça que Sogndalstrand est reconnu), des entrepôts en bois du 16e et 17e s. peints en blanc, orange ou rouge, dont les façades donnant sur le fleuve rivalisent de beauté. Sogndalstrand est le seul village de Norvège où sont classés à la fois les bâtiments en bois datant des XVIIIe et XIXe siècles et le paysage culturel environnant. Autrefois, c’était un port important et une commune à part entière jusqu’en 1944. C’est vraiment incroyablement beau. Et en plus nous avons la chance d’avoir retrouvé le ciel bleu et le soleil.

Nous devons être à Stavanger pour récupérer les clés de notre logement dans un peu moins de deux heures. Google Maps nous indique qu’en suivant l’itinéraire le plus rapide nous devrions y être dans 1 h 45. Donc ça va, mais nous n’avons pas vraiment de marge. Idéalement nous aurions voulu continuer sur la Fv44, mais là c’est sûr que nous arriverions en retard. Surtout si on retrouve les fameux camping-cars.

Pendant les trois nuits que nous allons passer à Stavanger, nous logeons dans le centre historique de la ville (Gamle Stavanger), dans une petite maison de deux étages. Très joli !

Le problème que nous avons ici (et que nous aurons chaque fois que nous séjournerons plus d’une nuit dans une ville) c’est de trouver un endroit pour garer la voiture. Pendant la nuit ce n’est pas trop difficile puisque la plupart des zones tarifaires proposent un parking gratuit la nuit sur les places marquées (à Stavanger c’est gratuit entre 18h et 8 h). Par contre le jour, les tarifs prohibitifs pratiqués ne nous laisse pas vraiment le choix que de mettre la voiture dans un parking couvert. Mais il faut absolument laisser la voiture 24 h de suite sinon on doit payer à l’heure ! Par exemple cela coûte 20 couronnes (environ 1,70 fr) par période de 30 minutes et 310 NOK (environ 26 CHF) pour une place occupée 24 heures consécutivement. Pour la première nuit nous laisserons la voiture dans la rue et demain matin j’irai la mettre au parking couvert.

Une fois installés nous allons nous balader dans la vieille ville et du côté du port.

Toutes les photos ici.

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

Mandal : À 42 km à l’ouest de Kristiansand. La ville la plus méridionale de Norvège est connue pour ses adorables rues étroites, bordées de maisons basses, et sa belle plage de sable. Une étape pleine de charme et d’animation en été mais beaucoup moins vivante dès septembre. La petite bourgade balnéaire s’étend gentiment le long du port. Le quartier ancien, saupoudré de maisons blanches en bois sagement alignées, aux façades fleuries dès les beaux jours, est vraiment propice à la balade. Au centre, une petite fontaine. De l’autre côté du pont, un quartier résidentiel dont les bâtisses se perdent dans la verdure.

  • Mandal Museum (site) : Ce musée occupe la riche, très vaste et blanche maison d’un marchand du XIXe s. Ce dernier mourut en prison, endetté à cause du blocus de l’époque : la faute à qui donc ? La faute à Napoléon ! Section sur le monde de la mer (matériel de pêche, maquettes de bateaux, peintures marines…) au rez-de-chaussée, tandis qu’une autre aile, à l’étage, est dédiée à l’art, avec des œuvres d’Amaldus Nielsen (peintre paysagiste natif de Mandal), de Tidemand, d’Isaachsen, et même quelques sculptures de Gustav Vigeland.La visite se poursuit à 5 mn à pied de là, dans la maison natale de Gustav Vigeland (même billet). On y découvre les origines modestes de l’artiste, et les différentes pièces toujours meublées de la demeure de famille, commentées avec force détails par des guides passionnés et passionnants.

Le phare de Lindesnes : Après avoir longé le superbe fjord, la végétation se raréfie. Sur un promontoire rocheux impressionnant se dresse le phare le plus au sud de la Norvège, défendu par un vieux réseau de tranchées et de bunkers dans lesquels on peut se balader (en courbant la tête !). En haut de la colline, le petit phare rouge et blanc. On y grimpe pour profiter du sommet fouetté par le vent et les embruns, d’un panorama remarquable sur les îlots rocheux avec la mer grise en toile de fond. Lumière superbe et atmosphère sauvage.

Flekkefjord : Petit port coincé entre mer et montagne, qui doit sa fortune au hareng. Ne manquez pas Hollanderbyen, le petit quartier construit autrefois par les Hollandais, que la ville approvisionnait en bois. Il a conservé beaucoup de cachet avec ses rues étroites et ses maisons de pêcheurs.

  • Le quartier hollandais : il n’a plus grand-chose de hollandais en dehors du nom, car les maisons d’origine ont été remplacées depuis longtemps… Ce vieux quartier très homogène sur le plan architectural garde cependant tout son charme, avec ses ravissantes maisons du XVIIIe s en bois blanc. Certaines sont même désormais ornées de fresques, façon street art. Calme total et atmosphère villageoise.
  • Flekkefjord Vestagdermuseet (site) : Dans le vieux quartier hollandais, cette belle demeure du début du XVIIIe s restitue le mode de vie de l’époque. Mobilier du XIXe et vieux objets alimentent une bien agréable atmosphère de vieille Norvège.
  • dans les environs de Flekkefjord :
    • L’île de Hidra : À 10 km au sud de Flekkefjord par la route 44, puis la 469 (fléché). Bacs ttes les 30 mn env 6h30-23h30 (moins fréquents le w-e) ; traversée de 7 mn. Cette toute petite île dont les 2 villages tout blancs qui bordent l’eau comptent à peine 600 âmes. Rasvåg est sans doute le plus attachant avec ses ruelles étroites et ses maisons étincelantes. Mais le 2ème, Kirkehavn, mérite aussi le coup d’œil, d’autant qu’il se trouve au pied du plus beau point de vue de l’île, Hågåsen, où subsistent quelques vestiges de l’occupation allemande pendant la guerre.

Sogndalstrand : Pittoresques maisons et entrepôts en bois du 16e et 17e s. Peintes en blanc, orange ou rouge, les façades donnant sur le fleuve rivalisent de beauté. Sogndalstrand est le seul village de Norvège où sont classés à la fois les bâtiments en bois datant des XVIIIe et XIXe siècles et le paysage culturel environnant. Un essor économique en plein essor. Autrefois, c’était un port important et une commune à part entière jusqu’en 1944. Ces dernières années, il a connu un véritable essor avec la création d’un hôtel culturel, d’une galerie, d’un parcours de golf, d’un magasin de village, d’un amphithéâtre en plein air (Sogndalstrand Amfi), d’une jetée de sculptures, d’activités de rafting en mer, d’un musée de la pêche et bien plus encore. Plusieurs grands concerts sont organisés au Sogndalstrand Amfi pendant l’été. La Sokna, une rivière à saumon, se jette dans le fjord près de Sogndalstrand et est très prisée pour la pêche.

Egersund : ville pleine de charme avec ses bâtiments colorés abrite le plus grand port de pêche de Norvège.

La route 44 ou la Nasjonal turistveg Jæren : les paysages se font de plus en plus austères en allant vers le nord-ouest. Finies, les plaines du Sud et les douces collines. Si l’E39 suit les méandres de la nature de l’intérieur, la route 44 est plus spectaculaire et longe la côte d’assez près. Sinusoïdes asphaltées agréables à négocier au milieu d’éboulis rocheux offrant de temps en temps une échappée vers la mer.

À 17 km de Flekkefjord, effectuer 3 km vers la côte puis retour. On peut s’offrir une belle rando de 3h A/R jusqu’aux Brufjellhålene, d’impressionnantes cavités naturelles creusées à même la côte rocheuse, 15 m au-dessus de la mer. Sentier balisé mais attention, la descente finale, où il faut s’agripper à des échelons métalliques fixés dans la roche, pourra en effrayer certains (sujets au vertige, s’abstenir).

Une quinzaine de kilomètres plus loin, la route 44 perfore le cœur granitique de la montagne qui serre le Jøssingfjord entre ses sombres mâchoires d’anorthosite. Késako ? Une roche magmatique intrusive (sic) plus fréquente sur la lune que sur terre ! On est en plein dans le Géopark Magma, inscrit au Patrimoine mondial par l’Unesco, qui court de Flekkefjord à Egersund et jusqu’en limite du Lysefjord au nord. Vue superbe et dantesque depuis le sommet des lacets. Mais revenons sur terre : une quarantaine de kilomètres plus loin, après Egersund, on traverse une rivière à saumons réputée : à Tengs, après le pont, prendre en direction de Bjerkreim sur 800 m, stationner en bord de route à droite pour rejoindre une échelle à saumons très intimiste et non signalée : l’aventure, c’est aussi ça !

35 km plus loin (on est revenu à la route 44), adorable cimetière marin de Varhaug, dont les âmes sont chouchoutées par une croquignolette chapelle de poche en bois blanc. Au-delà, le tracé quitte le bord de mer, mais cette route 44 mérite qu’on y use ses pneus. Compter quand même 3-4h de voiture de Flekkefjord à Stavanger lors-qu’on choisit ce détour.

pour les informations pour Stavanger voir l’étape 4 ou simplement cliquer ici.

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Étape 4: Stavanger

De nouveau un début de journée pluvieux. Mais il paraît que le ciel va se dégager en partie durant la matinée. L’après-midi devrait voir une alternance de moments ensoleillés et d’épisodes de pluie.

Comme la météo est assez incertaine pour demain, nous envisageons de faire la croisière sur le Lysefjord en milieu de journée aujourd’hui. Nous n’avons pas encore pris nos billets. Nous nous déciderons au dernier moment. Il y a des bateaux qui partent à 11h30 et à 13h30. Pour passer le début de matinée nous descendons sur le port et allons dans le quartier en face du vieux Stavanger, celui de Fargaten. C’est un quartier qui a été reconstruit après un incendie et qui contient un admirable ensemble de maisons en bois desservies par des ruelles pavées. Le charme opère en particulier sur Øvre Holmegate dont les bicoques sont mises en valeur par de jolies couleurs vives. Même sous la pluie battante c’est très sympa à voir.

A 10h nous nous rendons au musée du pétrole (Norsk Oljemuseum). Assez bien fait, il permet de bien comprendre comment se fait l’exploitation du pétrole en mer, mais aussi comment la Norvège a gérer cette manne financière et quels sont les enjeux pour les années futures. S’il n’avait pas plu nous ne serions certainement pas venus ici mais nous avons quand même appris un certains nombre de choses …

Quand nous ressortons le ciel se dégage et le soleil commence à percer. En passant devant les bateaux qui proposent la croisière sur le fjord nous consultons une dernière fois la météo et nous décidons pour la croisière de 11h30. Nous avons 30 minutes pour retourner à l’appartement chercher des habits chauds et pour nous acheter un picnic pour midi. Heureusement que nous “habitons” à deux pas du port !

C’est sous un ciel presque dégagé que le bateau quitte le port. Nous voilà partis pour 3h30 de croisière. Il faut un peu plus d’une heure pour arriver à l’entrée du Lysefjord. C’est quand on passe sous le pont (le Lysefjordbrua) que nous entrons vraiment dans ce fjord. Comme presque tous les fjords, celui-ci a été creusé par l’action de glaciers au cours des périodes glaciaires et la mer s’y est engouffrée une fois dégagé. Au total, le fjord mesure 42 kilomètres de long, avec des parois qui s’élèvent jusqu’à 1000 m au-dessus de l’eau.

Nous ne le reparcourirons pas complètement mais seulement sur le premier tiers. Le bateau passe près des falaises qui tombent à pic sur la gauche. Nous passons sous le Preikestolen (en français : « la chaire », car, comme celles des églises, elle domine) est une étonnante falaise taillée dans le roc, surplombant du haut de ses 604 m (2 fois la tour Eiffel !) les eaux du Lysefjord. Une longue et large fissure à la base du Preikestolen semble présager qu’à tout instant cette table de granit risque de se détacher de sa falaise. Selon la légende, lorsque 7 sœurs de la région épouseront 7 frères, le rocher tombera dans le Lysefjord et provoquera un tsunami qui détruira tous les environs. Pas de panique, le taux de fertilité actuel en Norvège (1,41 enfant par femme) amoindrit les risques ! Nous apercevons quelques silhouettes placées tout là haut. Peut-être que demain c’est nous qui seront là-haut. Mais pour ça il faut absolument que la météo soit presque parfaite ce qui ne semble pas être le cas pour le moment. A suivre …

Le bateau va jusqu’aux chutes impressionnantes d’Hengjanefossen. Il s’approche même si près qu’on est un petit peu arrosés. Puis c’est le retour vers Stavanger. Un front de pluie arrive sur nous et nous rincera pendant une partie du retour. Mais heureusement nous avons pu faire tout l’aller sans la moindre goutte.

Revenu à l’appartement nous nous reposons un moment et ressortons pour découvrir un autre quartier de Stavanger, celui de Blåsenborg, derrière la cathédrale. Ici on est loin de l’agitation qui règne du côté du port et de la vieille ville. Bien que plus récent, les maisons qui le composent sont relativement petites et aussi construites en bois. En fait il y a très peu de bâtiments à plusieurs étages dans cette ville. A l’extérieur du centre il y en a un peu plus mais ce n’est pas la norme ici.

Une belle journée passée entre ville et fjord, entre pluie et soleil …

Toutes les photos ici.

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

Le Vestlandet, comme on dit en norvégien (« l’ouest du pays »), est probablement la région la plus touristique de Norvège, et pour cause : ses fameux fjords (dont le Geirangerfjord et le Nærøyfjord, tous 2 inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco) offrent des paysages découpés d’une majesté époustouflante. Ajoutez à cela des montagnes dominées par des glaciers, dont le Jostedalsbreen, le plus grand d’Europe continentale, et 2 grandes villes dignes d’intérêt, Stavanger et Bergen, et vous comprendrez pourquoi ces terres sont à ce point fréquentées par l’homo touristicus.

La région Ouest englobe 4 départements, dont le Sogn og Fjordane (le « Sogn et les fjords ») est l’un des hauts lieux du tourisme norvégien. Sa faible population très éparse s’égrène tout au long des fjords qui le composent : le Sognefjord, le Nordfjord et le Sunnfjord.Plein nord, le Møre og Romsdal compte 3 villes d’une relative importance : Ålesund, Molde et Kristiansund.

Si Stavanger et Bergen sont respectivement les 4e et 2e villes du pays, la région demeure aujourd’hui encore très agricole. En passant d’est en ouest, votre oreille avisée notera peut-être aussi des différences linguistiques. On ne va pas vous faire la revue de détail des « r » plus ou moins gutturaux, mais toujours est-il que ce territoire est le fief du nynorsk (le néo-norvégien, la 2e langue écrite officielle en Norvège). C’est pourquoi, pour une église, vous y verrez plus souvent écrit kyrkje que kirke comme ailleurs dans le pays.

Stavanger : 4e ville de Norvège, dont l’importance s’est fortement accrue grâce à la découverte du pétrole en mer du Nord, au large de ses côtes, dans les années 1970. Les quartiers anciens ont ravalé leurs façades, les hôtels se sont multipliés, les boutiques chics ont envahi le centre, les prix ont flambé… Bref, la ville s’est modernisée, tout en conservant un charmant cachet et son atmosphère portuaire. À la différence de Bergen, Stavanger n’a pas connu d’incendie depuis le XVIIe s, si bien qu’elle a gardé son vieux centre historique aux maisons en bois, l’un des plus pittoresques d’Europe du Nord. En outre, la ville possède d’intéressants musées, dont celui, emblématique, du pétrole.Mais Stavanger, c’est aussi le point de départ pour le superbe Lysefjord où les randonneurs auront à cœur de grimper jusqu’au Preikestolen (une plate-forme naturelle surplombant le fjord de plus de 600 m !), voire jusqu’au Kjeragbolten pour les plus audacieux. Enfin, la ville est aussi l’une des portes d’entrée du Hardangerfjord et de toute sa belle région.

De la sardine à l’or noir : Entre la bourgade tranquille et puritaine des années 1970 et la coquette ville qui ne cesse aujourd’hui de bomber le torse, bien du chemin a été parcouru. Grâce à quoi ? À l’or noir, bien sûr ! Aux XVIIIe s et XIXe s, la sardine et sa mise en conserve faisaient vivre la ville. Mais la découverte du gisement pétrolier Ekofisk fin 1969 a bouleversé Stavanger. D’autres, gigantesques, ont été repérés depuis, et cette extraordinaire manne garantit la prospérité de la ville. Dans les années 1970, la Norvège avait fait appel à de grandes compagnies pétrolières étrangères car elle manquait de compétences dans ce domaine. Néanmoins, le pays a toujours veillé à garder le contrôle de ses ressources. Du reste, le pétrole n’est pas tout, et le gaz a aussi été allègrement exploité dans la région.

  • Le vieux Stavanger (Gamle Stavanger) : Cet ensemble ravissant et homogène de 173 maisons en bois vieilles de 2 siècles, borde les ruelles pavées et pentues au-dessus du port. Certaines de ces maisons blanches et basses sont dotées d’un bout de jardin. On parcourt avec plaisir ce charmant quartier tranquille, sans boutique ni resto, où pas mal d’artistes ont élu domicile. Une vraie réussite architecturale où règnent une grande qualité de vie et une paix royale, à 3 mn de l’animation des quais.
  • Hermetikkmuseet (musée de la Conserve) (site) : Ce musée insolite est le témoin pittoresque de ce qui fut l’une des principales sources d’emplois de la ville jusque dans les années 1960. On déambule parmi les différents postes de travail, pour découvrir tout le système de mise en boîte de la sardine (inventé en 1810 par un Français, Nicolas Appert). Toutes les étapes sont passées en revue : pêche, salage, fumage, découpe des têtes, mise en boîte, huilage, passage du matériel en machine autoclave…
  • Un musée de la Presse à l’étage supérieur ravira les typographes en herbe. L’univers de l’imprimerie y est développé, avec pour stars de vieilles bécanes, réactivées le mercredi par d’anciens imprimeurs passionnés.
  • Stavanger Maritime Museum (musée de la Marine) (site) : Un musée sur l’histoire maritime de la ville, installé dans un ensemble de vieilles habitations et d’anciens entrepôts du XIXe s. À l’intérieur, plusieurs étages de maquettes de navires de toutes les époques, affiches, figures de proue, instruments de navigation, matériel de construction navale, scaphandre avec chaussures de plomb et pompe à air manuelle (façon Tintin dans Rackham le Rouge)… ainsi que des reconstitutions, comme le bureau d’un armateur, le fumoir d’un paquebot, l’appartement de riches marchands et un atelier de voilerie. Également une section sur les industries du hareng et du pétrole, qui ont fait la prospérité de Stavanger.
  • Domkirke (cathédrale) : composée de 3 nefs, elle fut d’abord édifiée dans le plus pur style roman. Après un incendie au XIIIe s, le chœur fut reconstruit en gothique. L’intérieur, quant à lui, est de style baroque plutôt discret. Rien de remarquable, on se contentera de jeter un œil aux quelques tableaux entourés de cadres particulièrement tarabiscotés et exubérants, la plupart du XVIIe s. La chaire (XVIIe s aussi), couverte de scènes bibliques, est soutenue par Samson.
  • Fargegaten : en plein centre-ville, ce quartier reconstruit au XIXe s après un incendie (à ne pas confondre avec Gamle Stavanger, sur l’autre rive du port), contient un admirable ensemble de maisons en bois desservies par des ruelles pavées. Le charme opère en particulier sur Øvre Holmegate dont les bicoques sont mises en valeur par de jolies couleurs vives. Sur sa colline, la Valbergtårnet domine l’ensemble de ses 26,66 m (c’est précis !). Elle a dressé ici sa forme octogonale en 1850 en guise de tour de guet contre les attaques anglaises et les incendies.
  • Norsk Oljemuseum (musée norvégien du Pétrole) (site) : Vous avez toujours rêvé d’affronter les embruns du haut d’une plate-forme en pleine mer ? Ce musée est fait pour vous ! Pour tout comprendre sur l’industrie pétrolière, il distille des explications pédagogiques sur l’or noir et tout ce qui gravite autour de son exploitation. Petite brochure en français et explications en anglais, avec, dès le début de la visite, un docu-fiction (« The Oil Kid ») sur l’évolution du pays à travers le boom de l’industrie pétrolière. Puis, au gré du parcours, sont soulevées les questions suivantes : que doit-on faire de cette manne financière ? Comment gérer la prospérité ? Quel impact environnemental ? Quel avenir dans l’après-pétrole ? L’aspect ludique n’est pas oublié : maquettes de différentes plateformes (dont celles en béton de conception norvégienne) et de supertankers, vitrines d’explications du champ pétrolifère offshore d’Ekofisk (qui date de 1969 et était à l’époque le plus grand du monde), expo de matériel (impressionnantes têtes de forage), étonnantes capsules sous-marines pour les plongées en eaux profondes, combinaisons de survie… Il y a même une séquence frisson, avec un module simulant un espace fermé pris dans un incendie (claustrophobes, s’abstenir !). Mais le must, c’est la visite des 3 petites plateformes les pieds dans l’eau, accessibles par une passerelle. La 1re est entièrement équipée comme celles en haute mer : on s’y croirait ! Dans les 2 autres, expos et films sur les pionniers de la plongée en eaux profondes (au scaphandre, pour installer des composants à des profondeurs allant jusqu’à 180 m), ainsi que sur le changement climatique et les énergies renouvelables (comment concilier l’exploitation du pétrole et les exigences d’un développement durable ?). Enfin, à l’extérieur, super aire de jeux pour les enfants : une excellente façon de les initier aux énergies fossiles !
  • Stavanger Kunstmuseum (site) : Musée des Beaux-Arts présentant des collections permanente et temporaire, témoignages de la peinture norvégienne de la 2de moitié du XIXe s jusqu’à aujourd’hui. Outre les bonnes expos du moment, on y verra les œuvres des plus grands du pays, et surtout celles de Lars Hertervig (1830-1902), peintre du Rogaland, qui réalisa essentiellement des paysages lumineux et classiques. Aussi des toiles d’Arne Ekeland, Kai Fjell, Kitty Kielland et même 2 œuvres de Munch. Section photos, sculpture et vidéo. Sans oublier les tapis muraux de Frida Hansen.
  • Breidablikk (site) : Imposante villa du XIXe s, édifiée par un riche armateur dans le style « suisse ». Pour ceux qui aiment le mobilier classique et bourgeois, visite très agréable dans les différentes pièces, de la cave (où il y a même un abri antiaérien !) aux chambres, en passant par les salles de réception. Collection de traîneaux et calèches dans les dépendances (mais pas toujours ouvertes).
  • Ledaal (site) : Manoir d’été édifié au XIXe s pour les loisirs piscicoles d’une riche famille. Aujourd’hui propriété du royaume, le manoir sert de salle de réception pour la mairie et de lieu de villégiature à la famille royale. Dans ces 2 cas, le musée ferme, et vous ne pourrez voir ni l’enfilade de salons simples et de bon goût, aux sols recouverts de parquets bruts, ni l’étonnant poêle-statue de la salle de bal, dont le corps de jeune fille doit rougir quand on le chauffe, ni les chambres de la famille et des serviteurs. Jolie petite collection de porcelaines et de faïences au 2e étage.
  • Arkeologisk Museum i Stavanger (Musée archéologique et muséothèque) : Pour les amateurs d’histoire, petite mais belle expo d’objets de la vie quotidienne et de cultes religieux, poterie, armes, instruments de musique, bijoux, ornements… retrouvés dans le Rogaland. On y apprend que les Vikings, loin de n’utiliser que des drakkars, se déplaçaient aussi avec les moyens locaux dans leurs pérégrinations lointaines, y compris à dos de chameau ! Le billet d’entrée permet de visiter aussi une reconstitution de ferme de l’âge du fer, au sud-ouest de la ville (Jernaldergården, de mi-juin à mi-août, tlj 11h-16h ; sinon, w-e 11h-15h – 16h dim). On peut y voir, entre autres (démonstration à l’appui), comment les gens de l’époque faisaient du feu avec du silex ou confectionnaient des vêtements (il fallait un an pour tisser une robe de laine et pas moins de 10 km de fil !).

Croisières sur le Lysefjord : départ du port de Stavanger. Un fjord de 40 km de long que l’on parcourt pour observer d’en bas le Preikestolen, cette imposante falaise monolithique qui domine le fjord de plus de 600 m de haut.

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Étape 5: Stavanger

Aujourd’hui le soleil et la pluie vont se partager la journée. Nous avions, dans un premier temps, envie d’aller faire une marche pour aller au Preikestolen, mais les conditions météo ne sont pas vraiment favorables et nous n’avons pas envie de devoir marcher sous la pluie pendant une partie de la marche.

Nous reprenons la voiture pour aller nous balader sur les îles un peu au nord de Stavanger. Sur l’île de Mosterøy il y a un monastère qui date du Moyen-Âge. Le trajet se passe entre longs tunnels et petits ponts. Sur ces îles il y a beaucoup de moutons. On se dirait en Écosse ou en Islande.

Le Utstein Kloster, tout blanc, est nichée dans un joli parc bien arborisé et proche de la mer. Nous en faisons le tour avant qu’un car déverse d’autres visiteurs.

Puis nous continuons notre montée vers le nord pour aller voir d’autres îles. Notamment celles de Rennesøy et de Finnøy. Nous sommes un peu déçus. Ces îles n’ont rien de particulier. Les villages traversés ne sont pas très jolis et les paysages non plus. Et de plus, la pluie se met à tomber …

Nous repartons donc en direction de Stavanger et décidons de poursuivre encore un peu vers le sud pour aller faire un tour dans le Géopark Magma, inscrit au Patrimoine mondial par l’Unesco, qui court de Flekkefjord à Egersund et jusqu’en limite du Lysefjord au nord. Nous voulons faire une petit “road trip” dans une partie de ce Géopark. Au niveau d’Ålgård, nous quittons le E39 pour partir vers l’est sur la 450. Le soleil est revenu depuis un petit moment. C’est parfait puisque nous longeons de jolis lacs bordés de forêts et de collines. La route 450 continue vers l’est jusqu’au Frafjord. Là elle redescend un peu vers le sud-est jusqu’à Byrkjedal.

La pluie s’est remise à tomber … Mais l’éclaircie n’est pas loin …

La route 503 nous conduit jusqu’au Gloppedalsura,le plus grand éboulis d’Europe du Nord. Il est constitué d’énormes blocs rocheux posés sur une moraine terminale. Il y a plus de 10000 ans, les glaciers de la région ont fondu, et une grande moraine terminale a endigué la rivière Hunnedalselva en direction de Veen et Vikeså, formant ainsi un lac à Byrkjedalsgryta. La période de glaciation suivante a provoqué une avalanche d’énormes blocs de pierre sur le versant sud de la montagne. On ne peut qu’imaginer la puissance des forces en jeu à ce moment-là. Les rochers gigantesques qui se sont déversés lors de cette avalanche massive se sont immobilisés dans la vallée, formant un éboulis de pierres de 100 mètres d’épaisseur au sommet de la moraine. La rivière Hunnedalselva et les eaux de Byrkjedalsgryta ont alors dû trouver un nouvel exutoire et ont creusé un ravin depuis Byrkjedal en direction de Gilja et Giljajuvet.

Le site est vraiment impressionnant et très photogénique. On se sent tout petit au milieu de ces gros rochers. Heureusement que le soleil a recommencé le bout des ses rayons que nous sommes arrivés sur place. Nous passons un joli moment ici. Nous profitons du lieu que nous avons presque que pour nous.

Le retour vers Stavanger se fait d’abord par de petites routes à voie unique qui longe de petits lacs dans lesquels se reflètent la collines verdoyantes et les forêts qui les entourent, puis par la E39 que nous retrouvons à Bue.

De retour à Stavanger nous profitons encore de cette fin d’après midi ensoleillée pour retourner nous balader dans le quartier au-dessus du port, là où se trouvent les maisons colorées. Sous le soleil c’est quand même plus joli …

Toutes les photos ici.

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

Utstein Kloster (site) : Ce monastère est l’un des très rares vestiges du Moyen Âge en Norvège. Il fut occupé par l’ordre des Augustins jusqu’à la Réforme, puis laissé à l’abandon. Il abrite aujourd’hui un musée et un centre de conférences. L’intérieur ne mérite peut-être pas le prix d’entrée, en revanche le paysage alentour réjouit l’œil : de vertes prairies où paissent des moutons alternent avec l’eau aux couleurs bleutées.

Le Preikestolen : À 40 km à l’est de Stavanger, le Preikestolen est l’un des sites naturels les plus impressionnants de Norvège. D’autant plus spectaculaire qu’il faut pas mal grimper pour y accéder. Le Preikestolen (en français : « la chaire », car, comme celles des églises, elle domine) est une étonnante falaise taillée dans le roc, surplombant du haut de ses 604 m (2 fois la tour Eiffel !) les eaux du Lysefjord. Quelle vue ! Allez-y et admirez par vous-même, c’est tout ce qu’on a à vous dire. Le climat local changeant à une vitesse incroyable, sachez attendre l’éclaircie qui vous permettra de jouir du spectacle.

Une longue et large fissure à la base du Preikestolen semble présager qu’à tout instant cette table de granit risque de se détacher de sa falaise. Selon la légende, lorsque 7 sœurs de la région épouseront 7 frères, le rocher tombera dans le Lysefjord et provoquera un tsu-nami qui détruira tous les environs. Pas de panique, le taux de fertilité actuel en Norvège (1,41 enfant par femme) amoindrit les risques !

La route de Sinnes à Lysebotn : Fascinante route de montagne sinueuse entre les massifs rocheux et les petits lacs à moitié gelés. Univers minéral désertique, hors du temps, où la caillasse est reine, ponctué de tas de petits monticules de pierres, semblables à des cairns, élevés par les Norvégiens pour formuler un vœu.

À partir du Øygardstol (balcon-panorama à 640 m au-dessus du fjord, cafétéria, parking payant), la descente se fait vertigineuse. 27 virages en épingles à cheveux jouent à saute-mouton avec un torrent et se terminent en tunnel-toboggan qui décrit une boucle sur lui-même au cœur de la montagne, pour arriver au fond du fjord. Ouf ! On a dévalé de 932 m d’altitude au niveau de la mer en moins de 15 km.

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Étape 6. Stavanger – Tyssedal

Nous voilà partis, sous la pluie, pour Bergen. Pour y aller nous prenons la route n°13 qui passe un peu à l’intérieur des terres. Dès la sortie de Stavanger, la route se fait “remarquer” en empruntant un long tunnel (Ryfylketunnelen) : 14,3 km pour prendre conscience qu’on parcourt le tunnel routier sous-marin le plus long au monde.

A la sortie du tunnel , la route prend la direction de l’intérieur du pays. Tout au long du parcours de la journée, nous traverserons un nombre incalculable de tunnels, longerons de très nombreux lacs et fjords. Mais tout au long de la route, il y a peu d’endroits où on peut s’arrêter pour admirer calmement le paysage et, accessoirement, faire des photos. Parce que, même sous la pluie, le paysage est magnifique.

A Hjelmelandsvågen nous embarquons sur un ferry, pour une petite traversée du Jøsenfjorden. Il ne faut qu’une dizaine de minutes pour arriver à Nesvik. Comme pour de très nombreux ferrys en Norvège, il n’est pas possible de réserver sa traversée. En cette saison il n’y a pas d’attente. Heureusement … C’est la compagnie NORLED qui gère les traversées dans cette région.

Jusqu’à Røldal nous continuons d’avancer dans des tunnels, sur des ponts, au bord de lacs et de fjords. Et en passant de petits cols. Parfois entre les nuages on distingue quelques sommets encore enneigés.

A Røldal nous faisons un arrêt un peu plus long pour piqueniquer surtout pour visiter la petite église en “bois debout” (stavekirke). L’église en bois debout de Røldal a été construite au XIIIe siècle, mais elle a été agrandie à plusieurs reprises depuis. L’église d’origine se composait d’une nef rectangulaire et d’un chœur, tous deux construits selon la technique du bois debout. Après une restauration complète entre 1913 et 1917, les murs d’origine de l’église ont été protégés par de nouveaux murs extérieurs et une galerie à l’extérieur des anciens murs. Malheureusement nous ne pouvons pas visiter l’intérieur, malgré le fait qu’elle est sensée être ouverte.

Il nous reste encore une soixante de kilomètres pour rejoindre Tyssedal où nous allons passer la nuit. Nous y serons assez tôt aujourd’hui. Mais avant d’y arriver nous allons passer un moment au bord des impressionnantes chutes de Låtefossen, une spectaculaire cascade jumelée, d’une hauteur d’environ 165 mètres. Les eaux de la cascade s’écoulent sous le pont en arc de pierre caractéristique. Quand on passe en voiture sur ce pont (ou quand on marche sur celui-ci) on est rapidement bien mouillé par les embruns produits par la puissance de la chute.

Odda (le principale centre de la région) se niche au fond du Sørfjorden, une branche du spectaculaire Hardangerfjord. En fait cette petite ville (tout comme Tyssedal) montre tout son passé et son présent industriels. Devant la ville, sur une presqu’île se trouve l’usine du leader européen dans la production de fluorure d’aluminium.

Si on met de côté le fait qu’on a affaire à une usine, l’ensemble est assez photogénique.

A Tyssedal, nous dormons cette nuit au Tyssedal Hotel, connu pour les nombreuses peintures qui garnissent la salle du restaurant.

Nous profitons d’une petite accalmie pour aller faire un tour dans le coin. Rien de très folichon !

Toutes les photos ici.

Vidéo des Låtefossen

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

La Nasjonal Turistveg Ryfylke

Plutôt que de rejoindre Bergen par la façade maritime, qui offre un intérêt limité, on conseille de remonter cette magnifique route 13 en direction de Røldal.

Dès la sortie de Stavanger, la route se fait remarquer en empruntant un tunnel : 14,3 km pour prendre conscience qu’on parcourt le tunnel routier sous-marin le plus long au monde. À la sortie, le regard s’extirpe de la pénombre pour s’éblouir de l’incroyable Preikestolen ! Commence ensuite une saga de douces plaines agricoles et de crêtes déchirées, de lacs et de fjords, dans lesquels les fermes piscicoles font des ronds dans l’eau, mais pas que. Scrutez bien la surface des eaux tantôt noires, tantôt vertes, tantôt bleues : il n’est pas rare d’y voir ondoyer des ailerons de mammifères marins en chasse.

Entre Sand et Røldal : la route longe de beaux fjords et perce plusieurs fois le cœur de la montagne. On peut aussi, de la rive en face de Sand, rejoindre Røldal par la route 520 qui longe le fjord et traverse ensuite des paysages de haute mon-tagne rafraîchis par des lacs encore à moitié gelés en juin.

Le Hardanger (site) : Vous entrez dans le verger de la Norvège ; historiquement, l’une des provinces les plus touristiques du pays. Il n’est pas une brochure qui ne mentionne ses paysages merveilleusement fleuris au printemps et son fjord, le Hardangerfjord, qui, avec ses différents bras, s’enfonce de 180 km à l’intérieur des terres. Cette vaste embouchure est bordée de pentes douces couvertes d’arbres fruitiers et de prairies. Aux abords des contreforts montagneux, il se rétrécit et offre des paysages de plus en plus sauvages. Chutes d’eau vertigineuses et forêts profondes forment alors le décor d’une région peu peuplée, dont les habitants ont gardé des traditions très vivaces. À l’est du fjord, les imposantes crêtes enneigées du plateau montagneux du Hardangervidda culminent à plus de 1700 m et forment une toile de fond austère et désolée. Ses contrées désertiques sont arpentées par des milliers de rennes encore sauvages, rejoints en été par les troupeaux de moutons et de chèvres.Les visiteurs de mai jouiront de ces paysages aux arbres somptueusement fleuris et ceux de juillet à septembre en recueilleront les fruits : en été, des étals de pommes, cerises, fraises, prunes et poires surgissent un peu partout au bord des routes.

Le Hardanger a lui aussi droit à sa Nasjonal turistveg et celle-ci a même la particularité d’être composée de plusieurs tronçons pas toujours liés les uns aux autres : la route 55 entre Jondal et Utne, la route 13 entre Tyssedal et Kinsarvik et la 7 entre Halne et Steinsdalsfossen.

Røldal : Petit village bien situé à la croisée de routes toutes plus belles et sauvages les unes que les autres, Røldal est l’une des portes d’entrée du plateau du Hardanger et un bon point de départ pour l’explorer. Le village, un grand espace vert où les maisons sont dispersées dans un charmant désordre, est aussi célèbre pour sa petite église en « bois debout » ceinturée de son cimetière tout simple. C’est enfin une station de ski, au centre d’un immense cirque montagneux, avec juste ce qu’il faut d’équipements pour passer du bon temps à l’écart des flux touristiques.

  • Røldal stavkirke : Petite église en « bois debout » à l’architecture parfaitement équilibrée. Sa partie la plus ancienne remonte au XIIIe s, mais l’extérieur, qui était blanc jusqu’en 1917, a été restauré et les fresques à l’intérieur datent des années 1960. Noter le crucifix de 1250 qui, dit-on, a pleuré sur les pèlerins pendant des siècles… Aujourd’hui encore, l’église reste le 2e lieu de pèlerinage du pays, après la cathédrale de Trondheim.
  • Entre Skare et Odda, les Låtefossen, 2 impressionnantes chutes d’eau en bord de route, sur la droite, s’écoulent dans des torrents furieux ; 3 km plus loin, autre belle chute sur la gauche.

Odda et Tyssedal

À 175 km de Stavanger, « capitale » du district du Hardanger, Odda est, à première vue, le genre d’endroit où l’on ne voudrait pas passer sa jeunesse : ancienne ville industrielle, plutôt morne et morte en soirée. Et pourtant… à y regarder de plus près, on découvre une bourgade au cœur de l’histoire économique de la Norvège, qu’évoque d’ailleurs le Norsk Vasskraft og Industrimuseum de Tyssedal. Mais surtout, Odda et Tyssedal, distantes de 7 km, sont environnées d’une nature superbe et constituent le point de départ idéal pour la découverte de 2 parcs nationaux : le plateau du Hardangervidda et le glacier Folgefonna (3e glacier de Norvège), sans oublier le spectaculaire éperon rocheux du Trolltunga. Ce dernier, éminemment « instagramable », encore peu fréquenté jusqu’au début des années 2010, est devenu l’un des sites naturels les plus visités du pays !

La fin du XIXe s est une période de misère noire en Norvège, ce qui entraine une très importante migration vers les États-Unis. À cette même époque, Odda est une ville touristique qui compte pas moins de 11 hôtels. Pour la seule année 1904, 37 bateaux de croisière amènent quelque 8 000 visiteurs. La moitié des touristes visitant la Norvège, majoritairement des Anglais, passent à Odda pour découvrir son extraordinaire nature et ses impressionnantes cascades, dont on découvre ensuite le potentiel hydroélectrique : la construction de barrages lancée, l’arrivée des industries amorcée… et la fuite des touristes consommée ! Les rives d’Odda présentent aussi l’avantage de constituer un bon port pour les bateaux. La ville devient alors le point d’arrivée et de départ pour l’importation et l’exportation des matières premières transformées (zinc, aluminium) grâce à de nouvelles usines fonctionnant à l’hydroélectricité. Odda et Tyssedal prospèrent, leur population s’accroît et ces 2 villes vont écrire les débuts de l’histoire de l’hydroélectricité norvégienne. Bien avant le pétrole, l’eau, abondante, constitue la première source de richesse de la Norvège. Le pays attire alors les capitaux étrangers, tout en veillant à garder le contrôle de cette ressource. Une révolution industrielle qui a permis à la Norvège de se développer au début du XXe s. Aujourd’hui, la plupart des installations sont fermées, comme en témoignent les friches industrielles de la zone qui s’efforce, non sans succès, de se reconvertir. Pour cela, elle peut notamment compter sur le secteur touristique, porté par un patrimoine naturel unique.

  • Kraftmuseet (site) : Sur le site de la centrale hydroélectrique de Tyssedal, voici un musée sur l’industrialisation de la région et, par là même, de la Norvège. Dans l’ancien bâtiment administratif, petite expo (un peu fouillis) et film sur l’histoire de Tyssedal et d’Odda. Prenez les feuilles d’explication en anglais pour vous y retrouver. La partie la plus intéressante est la visite guidée, pédagogique et instructive, de la centrale elle-même, un magnifique bâtiment construit sur le modèle d’un palais de Florence en Italie. La salle de contrôle est vraiment impressionnante, notamment toute la partie en marbre. Le tout se niche dans un site naturel gran-diose ! Si vous avez raté le guide, possibilité de visiter seul la centrale, qui contient aussi des panneaux explicatifs (en anglais).
  • Les peintures du Tyssedal Hotel : À défaut d’y dormir ou d’y manger, vous pouvez librement jeter un coup d’œil aux 35 tableaux de l’hôtel appartenant au groupe industriel de Tyssedal. Au fond, dans le salon, se trouve l’œuvre principale, le magnifique Garnbinder (Le Réparateur de filets de pêche), signé Christian Krohg, qui à lui seul vaut plus cher que l’hôtel ! Juste à côté, le petit bonhomme malicieux qui vous regarde fixement et tourne les épaules quand vous vous déplacez est l’œuvre de Knut Bergslien. Dans le hall voisin, sur les murs, voir les œuvres allégoriques d’un artiste qui a réglé son séjour sur le papier peint de l’hôtel ! Enfin, à côté et au resto, amusez-vous des délires trollesques de Nils Bergslien, le neveu de Knut, dont le buste trône sur la pelouse.
  • Les randonnées sont nombreuses autour d’Odda et de Tyssedal. L’office de tourisme vend une brochure bien faite qui les détaille, plans à l’appui. Également à la vente, de bonnes cartes de randos (au 1/50 000) permettant d’explorer le glacier du Folgefonna, le 3e glacier de Norvège, ainsi que le plateau du Hardanger. 
    • Le glacier de Buar Nedre Buerbreen : Depuis le parking, 3 – 4 heures de marche jusqu’au pied du glacier et retour. Le Buar est un bras du glacier Folgefonna.
    • Trolltunga : Une des plus belles randos de Norvège, hélas victime de son succès. « La langue du troll », tel est le nom de cette fameuse plate-forme rocheuse en suspension au-dessus du très beau lac de Ringedal… situé quelque 700 m plus bas ! Méconnu il y a moins d’une décennie, le site est devenu hyper fréquenté et, les jours les plus chargés, il voit passer jusqu’à 2000 visiteurs ! Autant dire qu’au cœur de l’été, vous n’y serez pas seul… Compter 10-12h de marche assez sportive (et parfois boueuse) aller-retour (28 km). Notre conseil est de l’aborder dès le lever du soleil. Sachez aussi que la randonnée, avec ses 700 m de dénivelée, est ardue. Être équipé comme il faut et, surtout, prendre toutes les infos pratiques et de sécurité à l’office de tourisme d’Odda avant de partir.

Odda

Les débuts

Le nom « Odda » vient d’une ancienne ferme qui se trouvait près de l’emplacement actuel de l’église d’Odda. À l’époque, les églises étaient construites sur les plus grandes fermes, ce qui était un signe de richesse. Jusqu’au XIXe siècle, Odda était une petite communauté agricole. En 1801, Odda comptait 10 maisons et une population totale de 59 habitants.

Le tourisme au XIXe siècle

La croissance d’Odda commence avec le tourisme. En Norvège, le tourisme fait son apparition au XIXe siècle. De nombreuses villes des fjords (par exemple Flåm et Geiranger) se sont imposées comme de véritables villes et non plus comme de simples communautés isolées. Il en a été de même pour Odda : des bateaux de croisière ont commencé à remonter le Sørfjorden et à accoster à Odda. Une fois à terre, des agriculteurs à cheval accueillaient les touristes et les emmenaient découvrir les attractions des environs.

Grâce au tourisme, Odda connaît une croissance rapide. En 1900, la population s’élevait à 383 habitants. L’hôtel Hardanger ouvre ses portes pour répondre à l’afflux de touristes. Malheureusement, il est ravagé par un incendie majeur en 1895 ; c’est un événement que les habitants d’Odda considèrent comme l’un des plus dévastateurs de leur histoire. Cependant, à peine dix mois plus tard, un nouvel hôtel Hardanger est déjà debout.

Les touristes à Odda

Qui venait à Odda ? De nombreux visiteurs étaient anglais, mais on comptait également quelques personnalités. La plus célèbre est l’empereur allemand Guillaume II. Il passait régulièrement ses vacances en Norvège et se rendait à Odda chaque année entre 1891 et 1914. Il fit don à la ville de son premier hôpital et de nombreuses bornes hydrantes. L’empereur Guillaume II est célèbre dans toute la Norvège car c’est lui qui a aidé à reconstruire Ålesund après son incendie dévastateur. Peut-être ne voulait-il pas que la même chose se produise à Odda !

La nouvelle église d’Odda date de 1870, un an après la démolition de l’église historique. L’ancienne église remontait à 1250, mais elle était trop petite pour la communauté en pleine expansion. La nouvelle église d’Odda peut accueillir 500 personnes.

Essor industriel

Peu après l’arrivée des bateaux de croisière à Odda, des industriels ont commencé à s’y rendre. Ils ont vu le potentiel d’une industrie de la construction ici. Après tout, Odda possède de nombreuses cascades et cours d’eau pouvant produire de l’électricité. À l’époque, des « acheteurs de cascades » (oui, cela existait) parcouraient la Norvège pour acquérir des cascades. La plupart des acheteurs venaient de l’étranger, et 75 % des cascades exploitées l’étaient par des étrangers. Il est important de noter que la Norvège était à l’époque un pays pauvre disposant de peu de compétences techniques. Les entreprises étrangères n’ont pas gardé ce savoir-faire pour elles seules ; elles ont enseigné aux Norvégiens comment s’y prendre. Il en va de même pour l’industrie pétrolière dans les années 1960. Le port libre de glace ne fait que renforcer l’intérêt pour le développement d’Odda.

Albert Petersson

Le professeur Albert Petersson est venu en Norvège depuis la Suède afin de trouver un emplacement pour construire une usine produisant du carbure et du cyanamide. Honnêtement, expliquer ce que sont ces substances dépasse mes compétences, vous pouvez donc cliquer sur les liens pour en savoir plus. Quoi qu’il en soit, il a découvert Odda et ses cascades. L’usine a été construite en un temps record et a créé des centaines de nouveaux emplois. C’était la plus grande au monde à l’époque. En dix ans, la population est passée de 383 à 3 077 habitants.

Mais surtout, Odda Fabrikkane emploie environ 1 000 personnes. Le salaire journalier est de 4 à 5 NOK pour 10 heures de travail, bien au-dessus du salaire habituel de l’époque ; un beau costume coûte 15 NOK. L’entreprise construit des maisons et des appartements pour ses ouvriers, dont certains sont encore visibles aujourd’hui.

Pendant ce temps, la ville voisine de Tyssedal connaît la même croissance rapide. Une centrale hydroélectrique est construite en l’espace de deux ans et commence à fournir de l’électricité le 4 mai 1908. Odda est l’une des premières villes de Norvège à être alimentée en électricité pour l’éclairage et les appareils simples dès 1913.

Déclin du tourisme

Bien sûr, l’essor rapide de l’industrie a des répercussions sur le tourisme. Ce qui était autrefois une destination idyllique, naturelle et propre pour les voyageurs est désormais surpeuplée et polluée. L’hôtel Hardanger noircit à cause des émissions, et le smog recouvre le fjord. L’hôtel tente de poursuivre l’usine en justice pour obtenir des dommages-intérêts, mais il ne sera indemnisé qu’en 1922. À ce moment-là, l’hôtel est déjà en faillite.

Les bateaux de croisière continuent de venir à Odda jusqu’à la Première Guerre mondiale, mais les passagers restent à bord plutôt que de descendre à l’hôtel.

Première Guerre mondiale

Plus important encore, Odda s’arrête net lorsque la Première Guerre mondiale éclate. Bien que la Norvège soit restée neutre tout au long de la guerre, celle-ci a eu un impact considérable sur l’industrie du pays. 1 000 hommes sont licenciés en une seule journée, et quelques jours plus tard, il ne reste plus que 700 hommes à Odda. Par ailleurs, le Dr Albert Petersson disparaît ; il se rendait en Angleterre à bord d’un navire lorsque, au milieu de la nuit, personne ne l’a vu tomber par-dessus bord.

La construction de la route entre Odda et Tyssedal débute en 1916 ; on y emploie principalement des ouvriers d’usine qui ont été licenciés.

Tout n’est cependant pas noir pour Odda. Les usines d’Odda produisent du cyanamide calcique, un engrais chimique. Jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, c’était la principale alternative aux engrais à base de nitrate. Il sert également de matière première dans des compositions chimiques, par exemple dans les explosifs.

Les années 1920

D’une part, la guerre et la fumée ont mis un terme au tourisme, et Odda compte trop d’hôtels. La plupart restent vides toute l’année. En conséquence, l’hôtel Hardanger est vendu à la municipalité et transformé en mairie.

D’autre part, l’industrie chimique d’Odda repose sur la production de guerre. Après la guerre, on constate une forte surproduction et d’importants stocks. Odda Fabrikkane fait faillite et ferme ses portes en 1921. À Tyssedal, l’usine Nitriden – l’un des plus grands producteurs mondiaux d’aluminium brut – fait faillite et ferme ses portes quelques semaines plus tard. La fermeture de ces deux usines entraîne la mise au chômage de 1 000 personnes.

Malgré cela, le travail forcé des années 1920 et 1930 permet à Odda de se doter de 103 km de nouvelles routes.

En 1924, les usines fusionnent sous le nom d’Odda Smelteverk. Leur objectif est d’exploiter des usines et de commercialiser des produits chimiques et métallurgiques. De nombreux chômeurs retrouvent leur emploi, mais cela ne dure pas très longtemps.

Cinq ans plus tard, la crise économique de 1929 entraîne un chômage record à Odda. En 1935, environ 15 % de l’ensemble des Norvégiens dépendent de l’aide sociale pour joindre les deux bouts. À Odda, 900 personnes sont au chômage. Ce chômage massif alourdit trop les dépenses sociales et la commune fait faillite en 1932.

La Seconde Guerre mondiale

Le premier signe annonciateur de l’arrivée de la Seconde Guerre mondiale à Odda remonte au 3 avril 1940 (six jours avant l’invasion de la Norvège par l’Allemagne). Un avion allemand largua une bombe sur un tas de pierres à flanc de colline, puis d’autres avions allemands larguèrent des bombes pour semer la terreur. L’une d’elles frappa une maison et la réduisit en ruines, tandis qu’une autre toucha un café.

Les Allemands n’arrivèrent à Odda que le 15 mai, plus d’un mois après l’invasion initiale. Lors de la première réunion du NS (le parti nazi norvégien) à Odda, peu de personnes y assistèrent tandis que des centaines de personnes manifestaient à l’extérieur. Un mouvement de résistance actif est présent à Odda tout au long de la guerre. Le 1er mars 1943, neuf habitants sont exécutés dans un camp d’internement à Oslo.

Les Allemands sont attirés par Odda en raison de ses nombreuses usines ; ils commencent à exploiter l’usine d’aluminium et à construire la leur. Cependant, le développement est trop lent et ils abandonnent leurs projets en 1943. Ils construisent sur des terres agricoles, qui sont désormais détruites.

Les années 1950

Les choses s’améliorent pour Odda dans les années 1950. Un nouvel hôpital, une mairie et une école sont achevés grâce aux impôts prélevés sur les usines.

De plus, en 1961, la route entre Odda et Tyssedal est (enfin) achevée. En 1968, l’autoroute européenne 134 est enfin ouverte elle aussi – il s’agit de la plus ancienne liaison routière ouverte en hiver entre l’est et l’ouest de la Norvège.

Les années 1970

En 1970, Odda compte 10 000 habitants. Pour faire place à des logements modernes, des bâtiments historiques sont démolis. C’est notamment le cas de l’historique Hôtel Hardanger.

Lutter contre la pollution

Dans les années 1970, on accorde davantage d’attention et de soin à l’ampleur de la pollution causée par ces usines. Et Odda pollue, ça ne fait aucun doute.

Tout commence lorsque l’État norvégien adopte une loi obligeant les entreprises norvégiennes à déclarer leurs rejets en mer. À elle seule, une usine d’Odda déverse 600 tonnes de déchets par jour dans le fjord.

Le Sørfjord est déclaré l’une des zones aquatiques les plus polluées par les métaux au monde, et la pollution s’étend jusqu’au Hardangerfjord.

L’usine de zinc met en place la première mesure d’épuration. Elle construit une usine d’épuration du mercure. Sa méthode finit par devenir un exemple majeur d’innovation technologique environnementale permettant de réduire la pollution mondiale par le mercure. Une autre usine construit des galeries souterraines dans la montagne pour stocker les déchets. À la fin des années 1980, les rejets dans le fjord sont réduits de 99 %.

Les efforts pour réduire la pollution se poursuivent à Odda, avec le développement constant de nouvelles méthodes de recyclage et de réduction.

Préserver l’histoire d’Odda

Dans les années 1990, la situation d’Odda Smelteverk s’assombrit. L’usine fait faillite en 2002.

Dans les années 1990, la fermeture d’une usine à Odda n’entraîne pas de chômage massif. De nouvelles industries se développent à Odda, et la dépendance vis-à-vis des usines s’atténue. Parallèlement, l’histoire d’Odda et de son industrie revêt une grande importance, ce qui donne lieu à la publication de plusieurs ouvrages. Un mouvement voit le jour à Odda pour que la ville soit inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Surtout, le conseil municipal y est favorable, mais les habitants s’y opposent. Odda Smelteverk est classée site du patrimoine national en 2011.

Le tunnel de Folgefonn a été inauguré en 2002, permettant aux automobilistes de parcourir 11 km sous le glacier. Cela réduit considérablement le temps de trajet jusqu’à Bergen.

En 2020, Odda fusionne avec les communes voisines d’Ullensvang et de Jondal pour former une nouvelle commune appelée Ullensvang. Enfin, en 2024, les travaux vont débuter pour la construction d’une nouvelle route d’hiver plus sûre reliant l’est et l’ouest de la Norvège.

Odda aujourd’hui

L’histoire d’Odda s’achève en bouclant presque la boucle. Aujourd’hui, de nombreux habitants d’Odda comptent encore sur les usines pour gagner leur vie, mais beaucoup travaillent désormais dans de nouveaux secteurs, notamment les services médicaux et sociaux. Cependant, le tourisme connaît une croissance rapide dans la région, grâce à la beauté naturelle qui attirait déjà les touristes il y a 170 ans. L’Odda Smelteverk est désormais un musée que l’on peut visiter. La prochaine fois que je me rendrai à Odda, je ne manquerai pas de vous faire découvrir cette partie fascinante de la ville.

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Étape 7: Tyssedal – Bergen

Il a plu toute la nuit. Et ce matin encore un peu. Mais visiblement ça devrait s’arrêter pendant la matinée et le ciel se dégager progressivement.

Nous continuons notre remontée vers le nord, toujours sur la route 13. Nous longeons le Sørfjorden sur une quarantaine de kilomètres jusqu’à Kinsarvik. Pendant cette partie du trajet nous faisons de nombreux arrêts pour contempler les nuages et les montagnes qui se reflètent dans le fjord. A Kinsarvik nous laissons la voiture sur le port, près du débarquadère du ferry, et faisons un petit dégourdissement de jambes en faisant le tour de l’église, la plus ancienne de la région, recouverte de crépi blanc.

C’est ici que nous pourrions prendre un ferry pour rejoindre Kvanndal, de l’autre côté du fameux Hardangerfjord, mais les horaires ne sont pas très favorables et cela nécessite un changement à Utne. C’est la compagnie SKYSS qui gère ces traversées.

Nous renonçons à cette solution et continuons sur la 13 jusqu’au pont qui traverse le fjord (Hardangerbrua). Un long tunnel permet de traverser sous la montagne et de ressortir près de Kjerland.

C’est là que nous quittons la route 13 pour poursuivre sur la 7 (Fv 7 : la route du Hardanger). Jusqu’à Norheimsund la route longe le Hardangerfjord tantôt en hauteur, tantôt au ras de l’eau. Vues renversantes, hautes chutes de plus en plus impressionnantes à mesure que l’on prend de l’altitude… et toujours des emplacements prévus pour s’arrêter et admirer le tableau tranquillement (ils sont bien, ces Norvégiens !).

C’est près de Norheimsund que se trouve la Steinsdalsfossen, une belle cascade d’une cinquantaine de mètres de haut. Mais ce qui la rend surtout intéressante c’est qu’un chemin a été aménagé et permet de passer derrière et d’atteindre un belvédère de l’autre côté.

La route 7 continue ensuite vers l’ouest et rejoint la E16 au niveau de Trengereid.A partir de maintenant il va devenir de plus en plus difficile de s’arrêter au bord de la route parce q’il y a de moins en moins d’endroits prévus à cet effet et que la circulation va aller en augmentant au fur et à mesure que nous approchons de Bergen.

C’est finalement vers 16 h que nous récupérons les clés de l’appartement que nous avons loué pour les deux nuits que nous passerons ici.

Le temps de décharger les bagages, de trouver une place de parc, nous ressortons, sous un ciel menaçant, mais sans pluie, pour visiter un peu le quartier du port et notamment les fameux quartier de Bryggen et ses belles maisons en bois aux façades colorées.

Comme c’est samedi, l’endroit est très animé. Il y a beaucoup de monde assis sur les terrasses et qui se promène sur les quais. Mais malgré ça c’est très agréable de se promener par ici. Demain matin je reviendrais pour être un peu plus seul.

Après le repas du soir je fais une longue balade dans le quartier de Nordnes, là où nous logeons. Par endroit on se dirait dans un des petits villages que nous avons visités sur la côté sud au début de notre voyage. C’est, par endroit, un lacis de venelles en pente et de vieilles maisons colorées, fleuries d’hortensias et de rosiers grimpants. Je vais jusqu’au bout de cette petite presqu’île et reviens ensuite vers le centre en longeant au plus près de la baie (Vågen) du port de Bergen.

C’est vraiment une chouette ville dans laquelle il fait bon se balader. Je recommande chaudement …

Toutes les photos ici.

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

Lofthus : À 32 km au nord d’Odda, sur la rive est du Sørfjord, c’est notre village préféré dans le coin, avec ses jolies maisons en bois au milieu des vergers, au bord du fjord gentiment dominé par les montagnes et le glacier. Le compositeur Edvard Grieg avait son chalet par ici (dans l’enceinte de l’hôtel Ullensvang aujourd’hui, où l’on peut admirer une Buick de 1926) et on comprend pourquoi ! Avec ses faux airs danubiens, l’endroit est idéal pour faire une halte et sillonner les alentours.

Kinsarvik : D’Odda, la route qui y mène longe le Sørfjord et sinue au gré de la côte déchirée.

L’église : En crépi blanc, cette église, presque cubique, qui aurait été construite par des Écossais, est la plus ancienne du Hardanger. Du XIIe s, elle fut main-tes fois restaurée. Il reste néanmoins un bout de fresque d’origine sur un mur de la nef. Le mobilier en bois sculpté et peint date du XVIIe s.

Randonnée : Kinsarvik est le départ d’une belle rando d’environ 5-6h aller-retour, qui passe par 4 magnifiques chutes d’eau (dont la Tveitafossen et la Nyastølfossen) et permet parfois de croiser des bœufs musqués. Très facile jus-qu’à la 1re chute, ensuite il faut de bonnes chaussures et un peu plus de courage. Pour l’itinéraire exact, le plus simple et le plus prudent est de s’adresser à l’office de tourisme.

La magnifique route 7 longe le Hardangerfjord tantôt en hauteur, tantôt au ras de l’eau. Vues renversantes, hautes chutes de plus en plus impressionnantes à mesure que l’on prend de l’altitude… et toujours des emplacements prévus pour s’arrêter et admirer le tableau tranquillement (ils sont bien, ces Norvégiens !). Bref, rien d’étonnant à ce que cette route ait gagné l’appellation de « Nasjonal turistveg ».

Norheimsund : petite ville de bord de fjord qui abrite un site intéressant, le Hardanger Fartøyvernsenter (Centre de sauvegarde du navire en bois) (site). À l’origine, en 1984, ce centre avait 2 objectifs : restaurer des bateaux et venir en aide à des jeunes en difficulté. Depuis, il est devenu une référence en matière de restauration de bateaux anciens, ainsi qu’un centre de formation. Chaque été, il se transforme aussi en musée. La visite permet de voir de vieux rafiots déjà retapés, mais aussi ceux sur lesquels les ouvriers travaillent du lundi au vendredi (ce qui rend la visite encore plus intéressante). Chapeau aussi pour le guide de visite, bien fait et traduit en français. Possibilité de louer des embarcations traditionnelles du Hardanger pour faire un petit tour sur le fjord.

  • Steinsdalsfossen : Steinsdalsfossen est une cascade spectaculaire, car il est possible de marcher derrière elle en empruntant le sentier qui part du parking sans se mouiller. En longeant la rive, le sentier passe derrière la cascade et mène au belvédère situé de l’autre côté. De là, vous pourrez admirer Steinsdalsfossen, ainsi qu’une magnifique vue sur Norheimsund et sur toute la vallée de Steinsdalen.

Bergen

2e ville et 2e port de Norvège, Bergen est une cité des plus agréable, avec ses quais animés, ses fières maisons en bois, ses collines au petit air califor-nien et son caractère plutôt cosmopolite. Prise entre 7 montagnes, elle se love autour d’un petit port bien protégé. Ravagée plusieurs fois par des incen-dies, elle n’en a pas moins conservé de vénérables quartiers superbement restaurés, notamment le plus ancien, Bryggen, qui figure au Patrimoine mon-dial de l’Unesco. Le charme de la ville tient aussi à son énergie : dès la fin de l’après-midi, on mesure à quel point Bergen est jeune, avec ses bars animés jusque tard dans la nuit. Ici, ce sont les étudiants qui donnent le ton.

Ce dynamisme est aussi culturel, grâce à la qualité de ses musées. Ce n’est probablement pas un hasard si, chaque année depuis 1953, à la fin mai, la ville natale du compositeur Edvard Grieg et du violoniste Ole Bull accueille un festival très réputé dans toute la Scandinavie : le Festspillene i Bergen. Théâtre, opéra, concerts et expos en tout genre font alors vibrer Bergen pendant 15 jours.Sinon, et c’est une distinction qui a son importance, Bergen est classée depuis 2015 « Ville créative de la gastronomie » par l’Unesco. On y célèbre toutes les traditions culinaires, et pas seulement l’institution qu’est ici la soupe de poisson.

Autre curiosité dont elle s’honore : abriter le plus célèbre des détectives privés norvégiens : Varg Veum, dont le bureau se situe au 1er étage de l’hôtel Scandic, sur Strandkaien, au-dessus de l’agence Forex. Héros de la série écrite par Gunnar Staalesen, il a sa statue à l’entrée de l’hôtel. Au risque d’agacer ses habitants, un peu las de voir sans cesse cette par-ticularité associée à leur ville, précisons enfin que Bergen est réputée pour être particulièrement arrosée, « le seul élément liquide entièrement gra-tuit » s’amuse-t-on à préciser. Au centre d’un « microclimat », comme disent pudiquement les Berguénois, elle est en effet une des villes à la météo la plus capricieuse du pays. Ici, on peut changer de saison en quelques minutes. Encore plus qu’ailleurs, accessoires indispensables pour une visite réussie de la ville : lunettes de soleil et imperméable, en même temps.

La ville fut créée au XIe s. Port de pêche et résidence élue des rois jusqu’au XIIIe s, Bergen se devait d’attirer la puissante Ligue hanséatique de Lübeck. C’est ainsi que le quartier de Bryggen fut transformé en « ghetto » germanique. On y installa des conserveries. Une barrière fut érigée autour du quartier réservé à ces curieux marchands ; leur pouvoir était tel que certaines lois locales ne pouvaient pas leur être imposées. Durant 4 siècles, l’hégémonie allemande fut sans partage. Puis les Danois prirent le dessus. Ultime témoignage du prestige de la Ligue hanséatique, une soixantaine de maisons datant du début du XVIIIe s.

À la fin du XIXe s, dans le nord de la Norvège, les liaisons routières étaient inexis-tantes et il fallait pas moins de 3 semaines en été et… 5 mois en hiver pour faire parvenir une lettre de Trondheim à Hammerfest ! Lorsque l’idée d’une ligne maritime entre ces 2 villes fut lancée en 1891, la plupart des compagnies décli-nèrent l’offre, objectant qu’il était impossible de naviguer durant l’hiver au large d’une côte équipée de 28 phares seulement. Un capitaine de marine marchande, Richard With, releva cependant le défi en armant une jeune compagnie qui signa en mai 1893 un contrat de 4 ans pour organiser, avec l’aide de l’État, un service hebdomadaire comportant 9 escales. Le 2 juillet 1893, le vapeur Vesterålen leva l’ancre pour Hammerfest. Le succès de l’entreprise représenta une véritable révolution. Partout, le navire et son équipage furent accueillis par des fêtes populaires : une institution nationale venait de naître – la ligne maritime de l’Express côtier (Hurtigruten) devint aussitôt partie intégrante du patrimoine national. La voie était ouverte : bientôt, été comme hiver, les habitants des villages les plus reculés virent leur isolement rompu.

  •  Bryggen (site 1, site 2) : Bryggen signifie « quai » et c’est là que l’on invite le voyageur à embarquer pour un voyage dans le temps ! Imaginez-le, bordé de hautes maisons en bois, blotties les unes contre les autres, ne laissant que d’étroits passages entre elles. Ces superbes bâtisses à pignons constituaient les entrepôts et les logements des célèbres marchands de la Hanse. Tout ce quartier a brûlé maintes fois, notamment en 1476, en 1702 mais aussi, plus récemment, en 1955. À la suite de quoi, la soixantaine de maisons subsistantes fut restaurée dans un style proche du plan médiéval original. Les 4 maisons de couleur rouge que l’on voit aujourd’hui ne sont pas d’époque, il s’agit de reconstitutions. Bryg-gen est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979. Ce qui n’a pas empêché les boutiques d’investir les pas-de-porte… N’hésitez pas à vous engager dans les étroites coursives, pour rejoindre les cours communes (gård).
  • Bryggens Museum (site) : Ce musée est édifé sur les restes de vieilles demeures du XIIe s, dont on peut encore voir les vestiges calcinés au sous-sol. À ce niveau toujours, quelques fouilles, ossements et présen-tation de l’habitat au Moyen Âge. Au 1er étage, expos temporaires sur des thèmes particuliers en rapport avec l’histoire de la ville.
  • Mariakirken est l’une des églises les plus remarquables du pays, de style roman, bâtie en pierre au XIIe s.
  • Bergenhus Festning (forteresse) (site) : Au bout de Bryggen se profilent les massifs restes de la citadelle de Bergen. Ouvrage défensif dont l’existence remonte à la fondation de la cité et dont les plus anciens bâtiments encore debout datent de 1240. En avril 1944, un navire néerlandais chargé de 120 t d’explosifs éclate contre la forteresse, provoquant d’importants dégâts. Les jardins qui dominent le port sont accessibles en dehors de la visite du château, dont il reste peu à voir.
  • Le Håkonshallen (site) : Bâti par le roi Haakon au XIIIe s, puis abandonné par la cour au XVIe s pour devenir un entrepôt, il brûla en majeure partie en 1944 et fut entièrement rebâti tel qu’on le voit actuellement. Certains banquets sont encore aujourd’hui organisés ici par la couronne norvégienne. Jeter un coup d’œil à la belle char-pente de la salle gothique. On peut aussi monter les 160 marches qui conduisent en haut de la tour Rosenkrantz, mais rien de bien spectaculaire.
  • Bergenhus Festningsmuseum (musée de la Forteresse) (site) : Petit musée militaire évoquant l’histoire de la citadelle comme celle de l’armée à Bergen. Sur 3 niveaux, on passe en revue la 2de Guerre mondiale, la Résistance, l’engagement des femmes militaires et les théâtres d’opérations extérieures au sein de l’ONU.
  • Hanseatiske Museum (Musée hanséatique) (site) : Cette fameuse Ligue hanséatique possédait de nombreux comptoirs et étendait son hégémonie sur toute la mer du Nord et la Baltique. Les villes majeures étaient Bruges, Hambourg, Bergen, Dantzig (Gdansk), Londres et Novgorod. La Ligue hanséatique y avait établi ses propres règles et institutions politiques, souvent prééminentes sur celles des villes, voire des États. Sur les armes des marchands de la Hanse figuraient l’aigle allemand et la morue royale. Les maisons s’organisaient par groupes de 6. Les marchands accédaient au quai depuis n’importe quelle demeure, par un couloir qui traversait les ensembles d’habitations.
    • Au rez-de-chaussée, on peut voir de la morue séchée disposée un peu partout, débarquée des bateaux situés à quelques mètres et tous les outils utilisés pour la préparer, histoire de se mettre dans le bain. L’huile de poisson servait pour l’éclairage.
    • À l’étage logeait le marchand : office et chambres à coucher, mais aussi un petit bureau où l’on tenait les comptes. Notez le petit placard dans un coin : une porte à l’intérieur donne sur un escalier secret par où s’échappaient les maîtresses. Les lits minuscules étaient clos, conçus dans des sortes de placards, pour préserver du froid. En effet, la maison n’était pas chauffée, par crainte des incendies !Dans une pièce du 2e étage, plusieurs petits lits où logeaient les enfants qu’on envoyait d’Allemagne pour servir d’apprentis ou de commis. Dès 11 ans, ils étaient bons à la tâche. Une dizaine d’enfants s’entassaient dans de malheureux lits aux matelas de varech. Remarquez, ils ne se gênaient pas longtemps, puisqu’ils ne dormaient que de 21h à 2h. On voit encore plusieurs pièces : bureau, cuisine, chambre, nécessaire pour la toilette.
  • Lepramuseet (musée de la Lèpre) (site) : Ce musée émouvant occupe une ancienne léproserie du XVIIIe s. Il faut savoir que la lèpre frappa le pays entre 1820 et 1890 et toucha environ 8 000 personnes. Armauer Hansen, natif de Bergen, découvrit le bacille en 1873. Près de 180 pensionnaires occupaient ce bâtiment en bois vert pâle, dont on visite l’église et la galerie des malades, enfilade de cellules, certaines reconstituées, d’autres exposant des documents, photos et gravures assez abominables. Au fond à gauche, on accède, par le chevet, à l’église et ses bancs compartimentés.
  • Lille Lungegårdsvannet : ce « petit lac de Lunge », du nom d’un riche propriétaire qui possédait jadis un domaine ici, marque le plan de Bergen de sa forme octogonale autour de laquelle tournent inlassablement promeneurs du dimanche et joggeurs de fin d’après-midi. Un jet d’eau multiple l’anime en son centre. À proximité de la rive ouest, un joli kiosque à musique (1888) de style mauresque occupe le centre d’un parterre fleuri.
  • Kode Bergen (Bergen Kunstmuseene i Bergen ; musées d’Art de Bergen) (site) : Ce musée est constitué de 4 bâtiments alignés le long du Lille Lungegårdsvannet, chacun ayant son architecture et son identité propre. Tous présentent un nombre d’œuvres restreint, mais de qualité. Kode 1 et Kode 2 accueillent des expos temporaires.
    • Kode 3 abrite la Rasmus Meyers Samlinger. Rasmus Meyer était un grand amateur et critique d’art et c’est sa collection qui est à l’origine de ce musée. Remarquable sélection de toiles de peintres norvégiens essentiellement, depuis le milieu du XIXe s jusqu’aux années 1920, témoignant bien de l’évolution de l’art pictural et de l’influence allemande d’abord, française ensuite, sur la peinture nordique au tournant du XXe s. Les toiles de Munch justifient à elles seules le détour…Le rez-de-chaussée présente principalement le XIXe s, avec une salle consacrée aux bestiaires, des toiles romantiques et, surtout, une profusion de paysages, dont ceux de J. C. Dahl (XIXe s) où l’on sent l’importance du travail sur la lumière. Du même artiste, une très belle étude des nuages qui s’étend sur 30 ans. Certaines salles offrent de jolis décors comme la chambre Blumenthal, couverte de scènes champêtres et fleuries ou une salle à manger de style Renaissance. À l’étage, la peinture du XXe s, dégagée du carcan du romantisme et du style académique. Le trait est plus libre, on n’hésite pas à mettre à mal les conventions, à chercher de nouvelles voies. Influence de l’impressionnisme, mais aussi naissance de l’expressionnisme. Plusieurs salles reflètent le travail des artistes norvégiens de la fin du XIXe s ou du début du XXe s : toiles de Christian Krohg et de Harriet Backer, intéressantes scènes de vie, intérieurs, paysages étranges, presque effrayants d’Astrup. Munch avec ses 1res toiles où se révèle une technique particulière (Sitting young woman, Andreas by the window). Un peu plus loin, son art s’affirme nettement. On est au cœur de l’expressionnisme : Winter et Jealousy sont parmi les toiles les plus frappantes.
    • Kode 4 (Lysverket) est en rénovation depuis plusieurs années (pas de date de réouverture annoncée). Durant le temps des travaux, on y voit seulement des expos temporaires. En temps normal, il présente à travers un musée passionnant et didactique une large collection d’art pictural national et international, du Moyen Âge jusqu’à l’art contemporain.
  • Nordnes : loin de la frénésie touristique de Bryggen, cette longue colline en surplomb de la ville ne manque pas d’attrait avec ses petits airs de San Francisco. La balade commence par des maisons colorées juste derrière l’opéra. Par la rue Markeveien, on rejoint ensuite le haut de la Østre Muralmenning, dont les lacets pentus ne sont pas sans rappeler Lombard Street à… San Francisco, encore. À 2 pas, entre Klosteret Lille et Nøstegaten se blottit un lacis de venelles en pente et de vieilles maisons colorées, fleuries d’hortensias et de rosiers grimpants. Ces allures de village feraient presque oublier qu’on est dans la 2e ville du pays. Au débouché sur la crête (Klosteret Lille), une bordée de maisons dominant le port évoque les Painted Ladies de… (on vous laisse deviner). Un peu plus bas, la chouette rue Ytre Markeveien mène à la 2e « Lombard Street » de la ville, la tortueuse Nykirkeallmenningen. En bas, joli clocher à bulbe de la Nykirken (XVIIe-XVIIIe s). Plus loin, la rue Tollbodallmenningen, 3e « Lombard Street » de Bergen, rap-proche de l’extrémité de la péninsule où se dresse le Heksestein : un étonnant monument aux mort(e)s, dédié aux 350 supposées sorcières exécutées en Norvège entre 1550 et 1700. Il manque juste le manoir de Charmed : des relents de Frisco, on vous dit !

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Étape 8 : Bergen

Le soleil brille ce matin. Nous en avons terminé avec les perturbations. Normalement, jusqu’à la fin de notre voyage, nous devrions avoir le beau…

Ce matin tôt nous sortons nous promener du côté du port et de Bryggen, le quartier portuaire historique de Bergen, une des plus anciennes cités portuaires d’Europe du Nord, un centre de commerce établi au XIIe siècle. En 1350, la Ligue hanséatique a créé un « bureau hanséatique » à Bergen. Celui-ci est progressivement devenu le propriétaire de Bryggen et a contrôlé le commerce du stockfisch en provenance du Nord de la Norvège grâce à un privilège accordé par la Couronne. Au total, la Ligue hanséatique a établi quatre bureaux hanséatiques, Bryggen est à ce jour le seul qui ait été conservé.

Contrairement à hier en fin d’après-midi, il n’y a quasiment personne. C’est sympa de pouvoir se balader en toute tranquillité. Cependant, les petites ruelles entre les maisons en bois sont bouclées. Nous ne pouvons les observer qu’à travers les barrières qui en empêchent l’entrée. Nous sommes un peu déçus, mais la fermeture nocturne de ce lieu complètement en bois se comprend aisément…

Nous repassons un moment à l’appartement pour manger quelques choses et pour nous habiller un peu plus légèrement et nous remettons en route.  Ce matin nous prenons le funiculaire de Fløyen pour aller admirer Bergen depuis les hauteurs. Au sommet, une vaste plateforme est aménagée pour admirer le port et les environs. Il faut, si possible, venir ici le matin pour éviter d’avoir le soleil dans la figure.

Une fois en haut nous nous promenons une petite heure sur les sentiers aménagés dans la forêt. Cette balade est agréable, mais n’apporte rien de particulier. Si on veut avoir d’autre points de vue intéressants sur la régions il faut s’éloigner de Fløyen et marcher assez longtemps.

Pour redescendre à Bergen, nous prenons un des chemins marqué « senter ». Il est facile et zigzague dans la forêt. De temps en temps une trouée dans celle-ci nous permet de voir la ville. Il nous faut une petite heure pour rejoindre le port. Sur la fin de la descente nous traversons un joli quartier coincé entre le bas de la forêt qui tapisse la partie supérieur de la « montagne » et le port. Nous arrivons en fait juste derrière Bryggen, près de la Mariakirken.

Après cette matinée commencée très tôt et cette assez longue balade du côté de Fløyen. Nous retournons à l’appartement. Pour nous reposer un instant et pour décider de ce que nous allons faire cette après-midi.

Comme le temps est au beau fixe, nous optons pour Gamle Bergen, un peu à la périphérie de la ville. C’est un musée en plein air où on peut se rendre compte de ce qu’était la vie à Bergen au XIXe s. On peut jeter un coup d’œil dans les maisons et, parfois discuter avec les « habitants » de l’époque qui vivaient ici. Des « comédiens » jouent le rôle des habitants.

Nous rejoignons Gamle Bergen en bus. Il y a plusieurs lignes qui y vont et qui partent du centre. Pour acheter un billet, il faut juste télécharger l’application des bus locaux, s’inscrire et payer. Simple …

Nous passons un moment très agréable à parcours les ruelles et à « visiter » les maisons de ce musée à ciel ouvert. C’est vrai aussi que nous aimons bien ce type de musée.

En retournant à Bergen, toujours en bus, nous nous arrêtons en chemin dans le quartier de Skutevik. Niché juste au coin du terminal de croisière de Bergen, il y a ici une sorte de réplique moderne de Bryggen, le Skuteviken Brygge sur le bord de mer. Mais il y a aussi, de l’autre côté de la route, du côté montagne, un joli petit quartier de maisons centenaires en bois, principalement blanche.

À mes yeux, Skuteviken est tout aussi beau, voire plus, que les célèbres bâtiments du front de mer de Bryggen. C’est surtout nettement plus calme.

Nous rentrons à pied jusqu’à l’appartement.

En début de soirée, je profite du fait de devoir déplacer la voiture du parking public (où nous l’avons laissée un peu plus de 24 heures consécutives) pour refaire un petit tour dans notre quartier. C’est toujours aussi calme et agréable.

Bergen est vraiment une ville agréable à vivre et à visiter. Pour le moment c’est notre coup de cœur !

Toutes les photos ici.

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

Bryggen est un quartier portuaire historique de Bergen, une des plus anciennes cités portuaires d’Europe du nord, sur la côte occidentale de la Norvège, un centre de commerce établi au XIIe siècle. En 1350, la Ligue hanséatique a créé un « bureau hanséatique » à Bergen. Celui-ci est progressivement devenu le propriétaire de Bryggen et a contrôlé le commerce du stockfisch en provenance du Nord de la Norvège grâce à un privilège accordé par la Couronne. Au total, la Ligue hanséatique a établi quatre bureaux hanséatiques, Bryggen est à ce jour le seul qui ait été conservé.

Au cours des siècles, Bryggen a été ravagé par un certain nombre d’incendies et a été, à chaque fois, reconstruit, en se conformant avec précision à la structure, aux techniques de construction et aux plans antérieurs. L’aspect actuel de Bryggen est semblable à celui du quartier après l’incendie de 1702. Les bâtiments sont en bois et sont construits selon des traditions vernaculaires. La structure urbaine compacte d’origine médiévale est conservée avec ses longues rangées étroites de bâtiments qui font face au port, séparées par d’étroits passages en bois. À ce jour, 62 édifices de ce paysage urbain ancien demeurent et ils conservent suffisamment d’éléments pour témoigner de la façon dont cette colonie de marchands allemands, tous célibataires, vivait et travaillait et de l’utilisation de l’espace dans ce district. Cet espace se caractérise par une construction de bâtiments le long de passages étroits parallèles aux docks. Les unités urbaines sont des rangées de bâtiments de deux à trois étages désignées par le nom médiéval de « gård ». Ces bâtiments ont des façades à pignon qui font face au port et ils sont répartis soit d’un seul côté soit des deux côtés de passages étroits qui font office de cour privée. Les maisons sont bâties selon diverses constructions traditionnelles en rondins de bois et les galeries sont constituées de colonnes et de poutres avec un habillage de panneaux horizontaux en bois. Les toits sont recouverts de leurs tuiles d’origine ou de tôle, suite à des réparations rapidement exécutées après une explosion au cours de la Seconde Guerre mondiale. Au fond du « gård », se trouvent de petits entrepôts ou de petites réserves (kjellere) résistant au feu, construits en pierre, afin de protéger les marchandises particulières ou de valeur contre les risques d’incendie. La structure répétitive des constructions était bien adaptée aux conditions de vie du comptoir de commerce hanséatique. Les marchands allemands prenaient leur quartier d’hiver dans les petites résidences individuelles en bois et les réserves étaient alors utilisées comme entrepôt individuel ou collectif. Bryggen était une véritable colonie, elle jouissait d’une quasi extraterritorialité qui s’est perpétuée au delà du départ des marchands hanséatiques jusqu’à la création du comptoir commercial norvégien en 1754, sous l’impulsion des pêcheurs et armateurs d’origine allemande. Aujourd’hui, Bryggen constitue une partie significative de la ville historique de Bergen, construite en bois.

Fløibanen (funiculaire de Fløyen) : Le mont Floyen surplombe la ville à 320 m d’altitude. On en atteint le sommet en 7 mn par un funiculaire moderne. Placez-vous à l’arrière de la cabine, vers la vitre. Jolies vues garanties, notamment depuis chacun des 3 arrêts ; 1 trajet sur 2 fait halte, 1 sur 2 est direct.

  • Le mont Fløyen : du sommet, vaste panorama sur le port et les environs, entre 2 nuages. Tout dépend de la météo, évidemment… mais s’il fait beau, n’hésitez pas ! C’est encore plus beau le matin que l’après-midi (on est alors à contre-jour). Là-haut, plusieurs sentiers balisés jalonnent des randos pédestres dans la forêt. On y passe facilement la journée. D’autant plus qu’un café centenaire très agréable vous attend. La descente à pied vers le centre de Bergen, dans la forêt, est facile et agréable : compter 1h (et un peu moins de 2h pour monter). Suivre le chemin marqué « senter », après la gare du funiculaire, en arpentant le lacis de ruelles jusqu’au superbe point de vue. On tourne ensuite à droite, avant de gagner un petit lac par des chemins forestiers.

Gamle Bergen : Musée en plein air. Reconstitution du Bergen au XVIIIe s. et XIXe s, avec une quarantaine de maisons et quelques boutiques.

Troldhaugen (musée d’Edvard Grieg) (site) : Edvard Grieg, le plus célèbre des musiciens norvégiens, vit le jour à Bergen en 1843. Après 18 ans de vie commune et de voyages (sauf à Paris où il refusa de jouer après la condamnation de Dreyfus), Edvard et Nina Grieg s’installèrent, de 1885 à 1907, date de la mort du compositeur, dans cette adorable retraite estivale sur le lac. Le reste du temps, Edvard dirigeait des orchestres de par le monde. Aujourd’hui, un bâtiment dont l’architecture moderne s’harmonise bien avec le site marque l’entrée de la propriété, dans laquelle un bel auditorium a été édié : ne pas manquer le concert, si vous en avez la possibilité. L’édifice moderne abrite une boutique et une expo retraçant la vie et l’œuvre du compositeur. Au sous-sol, on peut demander à voir une vidéo qui est la mise en image des musiques de Grieg. On visite ensuite la maison des Grieg, de style victorien, meublée XIXe s : tableaux, instruments, mobilier, partitions originales, objets de voyages, photos du musicien. Du reconstitué, avec des plantes en plastique aux fenêtres. En contrebas, le compositeur s’était fait construire un chalet pour travailler. Grieg y composa sa célèbre Sonate pour violon en do mineur. Les spécialistes apprécieront. Ils pourront ensuite constater que le grand homme mesurait 1,53 m (statue à taille réelle) et que sa tombe dans la falaise relève de la mégalomanie !

Fantoft stavkirke (église en « bois debout » de Fantoft) : Transférée en 1883 de la région du Sogn, où elle fut édifiée au XIIe s, à la banlieue de Bergen, l’église fut ravagée par un incendie criminel le 6 juin 1992. Un mouvement satanique brûla à cette époque une dizaine d’églises en Norvège, dont une seule stavkirke (celle-ci). Malgré tous les efforts pour la reconstruire à l’identique, il lui manque la patine des années.

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Étape 9 : Bergen – Lampeland

Nous entamons aujourd’hui notre retour en direction d’Oslo. Sous un soleil radieux nous quittons donc Bergen assez tôt. Nous avons passablement de route à faire. C’est le jour où nous parcourrons le plus de distance. Les derniers jours de déplacement nous faisions entre 200 et 250 km par jour. Aujourd’hui c’est un petit peu moins de 400 km. Et comme nous avons une tendance à nous arrêter souvent cela risque de prendre du temps. Pas très grave, personne ne nous attend à Lanpeland et le soleil se couche très tard à cette période.

Jusqu’à Trengereid nous reprenons la E16 que nous avions emprunter il y a deux jours. Mais là, au lieu de repasser par la n°7 nous restons sur la E16 qui monte un petit peu vers le Nord en longeant le Veafjorden. Le ciel est clair, le soleil brille et les montagnes se reflètent sur les eaux du fjord. Magnifique. On est tenté par s’arrêter presque tout le temps. Heureusement (ou malheureusement) il n’y a que très peu d’endroits où se garer au bord de cette route. Mais presque chaque fois que nous pouvons le faire, nous le faisons.

Au bord de Seimvatnet, une dizaine de kilomètres avant d’arriver à Voss, nous tombons sous le charme de ce petit lac. Les maisons colorées sur l’autre rive et une église sur la même rive se reflètent dans les eaux presque transparentes. Trop beau …

Voss n’est pas une ville qui mérite le détour. En fait c’est une station de skis en hiver. Mais c’est la seule ville d’une relative importance à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde. Nous en profitons donc pour nous arrêter pour acheter de quoi pique-niquer aujourd’hui.

Nous continuons ensuite, toujours sur la E13. A Kjerland, là où il y a deux jours nous avions bifurquer sur la n°7, nous entrons dans le long tunnel qui débouche directement sur le Hardangerbrua et quittons la E13 pour continuer sur la 7 en direction de l’est. Il y a deux jours nous avions déjà été impressionner par ces deux ouvrages routiers.

Au bord de la route, il y a un point de vue sur le pont. Ni une ni deux nous nous arrêtons. Surprise ? Non pas vraiment nous connaissant.

La 7 (la Hardangervidda) longe alors l’Eidfjorden. C’est toujours aussi somptueux. On ne peut pas se lasser de ces paysages : montagnes, fjords, …

A Eidfjord, un relativement gros bateau de croisière déverse quantité de touristes. Que viennent-ils faire ici ? Je ne sais pas. Surtout qu’il n’y a pas de cars qui les attendent pour les mener quelque part.

Entre Eidfjord et notre prochaine étape, les chutes de Vøringfossen la route prend de l’altitude et entre dans la vallée étroite, escarpée et sauvage de Måbødalen. La route doit alors faire, vue l’exigüité de celles-ci, et ça dans des tunnels hélicoïdaux, des 360° (ou plus) pour pouvoir prendre de l’altitude.

Vøringsfossen est l’une des attractions touristiques les plus connues de Norvège. Mais malgré cela on ne se sent pas écrasés par la foule. Peut-être  que plus tard dans la saison cela peut devenir insupportable.

La transition spectaculaire entre le fjord et le plateau montagneux est particulièrement impressionnante ici. D’énormes quantités d’eau se précipitent ici depuis le plateau de Hardangervidda jusqu’à la vallée de Måbødalen, sur une hauteur de 182 mètres. La cascade peut être très bruyante, surtout lorsque le débit est élevé. L’ensemble du site comprend plus d’un kilomètre de sentiers bien sécurisés. Plusieurs points de vue ont été aménagés, ainsi que des ponts de différentes tailles.  La partie supérieure, à Fossli, et le plateau inférieur, à Fossatromma, sont reliés par le spectaculaire pont à paliers qui enjambe la rivière Bjoreio et l’ancienne route caravanière. L’ensemble de ces constructions ne dénature pas trop le site.

Ces chutes sont quand même impressionnantes. En fait surtout une qui a un gros débit. L’autre n’est pas à proprement parlé une chute. C’est plutôt une petite rivière qui serpente entre des rochers qui sont presque à la verticale.

Avec le soleil qui brille dans notre dos, un petit arc-en-ciel se forme au fond de la gorge. Un petit plus …

Bon ! Là on est bientôt à mi-parcours et il est déjà plus de 13h. Il faut qu’on y aille.

Entre Vøringsfossen et Geilo la route n°7 prend de l’altitude jusqu’au point culminant à Skiftessjøen (joli petit lac dans lequel flottent encore quelques plaques de glace). Ici nous sommes presque au point culminant de notre périple norvégien : 1236 m. Ici il n’y a plus d’arbres mais plus que de la roches et une maigre végétation. Par endroit je retrouve ces paysages islandais que j’aime tant.

Puis jusqu’à Geilo (une autre station de skis de la région à 800 m d’altitude) la route redescend en pente douce.

C’est là que nous quittons la route la belle route n°7 pour emprunter la 40 (tout aussi belle d’ailleurs, mais dans un autre registre). Celle-ci va nous conduire, à travers des forêts parfois assez denses, vers la Numedal une des plus pittoresques vallées de la région. Une de ses caractéristiques principales, c’est ses belles fermes anciennes de couleur rouge, souvent construites sur des hauteurs, ses staburs, les fameux greniers surélevés en bois rouge et ses églises en bois debout uniques.

D’Uvdal à Lampeland, nous visitons cinq églises. 4 en bois debout et une également en bois, mais plus récente.

A Uvdal il y a deux églises une stavkirke qui n’est pas au bord de la 40 mais un peu sur les hauteurs et une plus grande et plus moderne, mais très belle aussi. L’église en bois debout date d’environ 1170 et fut étendue et réaménagée aux XIVe, XVIIe et XVIIIe s. Pour voir l’intérieur, il faut payer. Mais comme nous sommes déjà hors de la plage d’ouverture nous ne verrons pas l’intérieur.

Nous continuons ensuite vers le sud pour nous rendre à Nore, puis à Rollag et finalement à Flesberg pour voir les trois autres stavkirke de la Numedal. Je ne sais pas si c’est la fatigue qui s’est installée au fur et à mesure que nous voyons ces églises en bois mais nous les trouvons de moins en moins pittoresques. C’est peut-être une combinaison des deux.

Une (trop ?) longue journée. Nous avons vu de superbes choses. J’ai beaucoup aimé la variété des paysages traversés.

et les églises en bois sur le trajet :

Toutes les photos ici.

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

Voss: À 55 m d’altitude et 100 km de Bergen, la bourgade de Voss, un peu trop bétonnée, ne brille pas vraiment par son charme. Elle n’en demeure pas moins l’une des stations de ski les plus fréquentées du pays et déborde d’activité en hiver. Pourtant, il est loin le temps où Voss offrait un tableau que l’on croyait immortel : le grand lac, ceinturé de neiges éternelles, se transformait en patinoire naturelle, pendant que les pêcheurs faisaient des trous dans la glace pour leurs lignes. Depuis quelques années, la neige se raréfie et la glace se fait de plus en plus mince…Seule ville d’une relative importance à des dizaines de kilomètres à la ronde, on trouve à Voss tous les services. En été, elle constitue même une base intéressante pour ceux qui ne sont pas motorisés puisqu’elle est plutôt bien desservie par les transports en commun.

  • Vangskyrkja (église) : Cette église en pierre du XIIIe s affiche fièrement son clocher en bois et son retable de la fin du Moyen Âge. Plafond assez amusant, couvert de nuages et d’angelots rigolards. Mignonne petite chaire, face à une longue tribune latérale soutenue par des colonnes torses. Le chœur est quant à lui entouré d’un soubassement peint de religieux et de saints de facture naïve.
  • Folkemuseum (site) : Disséminée dans les bâtiments de cet ancien corps de ferme, la collection retrace l’histoire de Voss sur quelque 5 siècles. Artisanat, parures, costumes et photos se donnent en spectacle, enrichis de contenus multimédias attrayants.

Eidfjord : Village blotti au bord du fjord éponyme. On ne dira pas qu’il présente un intérêt extraordinaire, mais comme il se trouve à la croisée des routes entre l’est et l’ouest du pays, il constitue souvent une étape (notamment pour les groupes ou les énormes bateaux de croisière). Son intéressante petite église du XIe s, qui ressemble à celle de Kinsarvik, est malheureusement fermée aux visiteurs individuels, pour protéger son plancher fragile.

Vøringfossen : la rivière Bjoreio, régulée pour la production électrique, y chute sur une hauteur totale de 183 m, dont un saut continu de 145 m. Un chemin de crête avec de très nombreuses plates-formes permet de voir la chute sous tous les angles. Ou presque …

La vallée de Numedal : Entre Oslo à Bergen, en prenant la route 40 entre Geilo et Kongsberg, on traverse la vallée de Numedal, longue de 160 km, encadrée de paysages tantôt ouverts et verdoyants, tantôt encaissés et désolés, au pied des monts Hardangervidda. On la surnomme la « vallée du Moyen Âge » en raison de l’abondance des vestiges qu’on y trouve. On passe au niveau de Vasstudal, sur un haut plateau désertique, à 1 100 m d’altitude, vaste zone désolée composée de landes, cours d’eau tumultueux et forêts denses. Tout simplement superbe ! Cette route mérite d’être empruntée, non seulement pour ses paysages, mais aussi pour les 4 églises en « bois debout » qui la jalonnent et la multitude de magnifiques stabbur, les fameux greniers surélevés en bois rouge, qui ponctuent joliment le paysage. Autant de témoignages d’un savoir-faire remontant au Moyen Âge.

  •  Uvdal stavkirke et Bygdetun : Attention, il ne s’agit pas de l’église au bord de la route 40 (beaucoup de gens font la confusion), mais d’une église à l’écart de celle-ci, sur une colline. L’église en « bois debout » est conservée dans un petit musée des tra-ditions populaires en plein air. Elle est entourée de quelques anciens bâtiments pittoresques (petite ferme d’été avec bergerie et étable, école, etc.). L’église date d’environ 1170 et fut étendue et réaménagée aux XIVe, XVIIe et XVIIIe s. Si son extérieur n’est pas des plus impressionnants, l’intérieur est richement décoré et témoigne d’un art populaire très affirmé (motifs floraux, masques…). L’intérieur mérite vraiment la visite, à condition qu’il soit éclairé !
  • Nore stavkirke : Église du début du XIIIe s, transformée aux XVIIe et XVIIIe s et abandonnée à la fin du XIXe s. Porte principale ornée de 2 lions. À l’intérieur, belles colonnes. Le pilier central, très épais, tient le clocher. Déco florale et citations bibliques ornent les parois. Petit texte de présentation en français. 
  • Rollag stavkirke : Du XIIIe s. Peut-être la moins intéressante du lot, mais sa situation perdue en pleine campagne permet de découvrir des paysages variés. Environnement agréable. Peintures polychromes à l’intérieur
  • Flesberg stavkirke : Note explicative en français bien faite à l’entrée de l’église.

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Étape 10: Lampeland – Oslo

Départ pour Oslo ce matin. Mais avant d’y aller, nous faisons un détour pour aller voir la stavkirke d’Heddal, la plus grande église en « bois debout » du pays (sur les 28 encore existantes), mais aussi l’une des plus belles et des plus visitées. Avec ses 3 nefs, on la surnomme d’ailleurs « cathédrale des stavkirker ». Fondée au XIIe s, elle est dédiée à la Vierge. Si son imposant extérieur mérite assurément le détour, l’intérieur demeure assez simple. Cloisons couvertes de peintures florales (censées chasser les mauvais esprits) du XVIIe s. Tout autour du chœur, scènes bibliques. Remarquable chaire sculptée du XIIIe s, dont les personnages sont issus d’une ancienne saga. En faisant le tour du déambulatoire, on découvre 3 portes joliment sculptées de serpents et de personnages (au niveau des chapiteaux).

Nous arrivons sur place au moment où on peut visiter l’intérieur. Nous voulions être tôt ici parce que nous avions la crainte d’avoir pleins de cars de touristes sur place et aussi parce que nous ne voulons pas arriver trop tard à Oslo.

Si on la compare aux quatre églises en bois debout que nous avons vues hier, elle n’a rien à voir. Hier c’était des toutes petites églises. Là on est vraiment sur quelque chose de nettement plus imposant. Ce qui est frappant quand on déambule autour des ces églises en bois c’est l’odeur qui en émane. En effet les parties extérieures doivent être régulièrement traitées au goudron. Le procédé est le même depuis des siècles. Le goudron de bois est un liquide sombre et visqueux obtenu par distillation à sec de bois de pin dans un four. La distillation à sec consiste à chauffer le bois dans un environnement à oxygène limité, ce qui permet d’extraire un liquide contenant des terpènes et de la résine.

Cette fois nous pouvons aller à l’intérieur. Les cloisons sont couvertes de peintures florales (censées chasser les mauvais esprits) du XVIIe s. Tout autour du chœur, sont peintes des scènes bibliques. Remarquable chaire sculptée du XIIIe s, dont les personnages sont issus d’une ancienne saga. En faisant le tour du déambulatoire, on découvre 3 portes joliment sculptées de serpents et de personnages (au niveau des chapiteaux).

Difficile de quitter les lieu. Nous sommes vraiment contents d’avoir fait ce détour. Et d’avoir « perdu un peu de temps » sur la visite d’Oslo.

Vers midi nous arrivons à la périphérie d’Oslo. Comme nous sommes en voiture nous commençons par aller sur la presqu’île de Bygdøy pour découvrir le musée folklorique norvégien. C’est un vrai conservatoire de la culture populaire norvégienne. Provenant des quatre coins du pays, près de 160 maisons ou bâtiments ont été démontés et rassemblés ici. Ils illustrent les différents modes de vie des diverses régions.

Un des édifices les plus remarquables est forcément la stavkirke de Gol (l’originale est ici et sa reconstitution à Gol… un comble, non ?)

Pendant presque deux heures nous nous promenons dans ce grand parc. Nous avions bien aimé celui de Bergen, mais celui-ci est incontournable. A condition bien entendu d’aimer ce type de musée.

Pour rejoindre le centre d’Oslo où nous avons loué un petit appartement, il nous faut un temps presque infini. J’exagère bien sûr, mais pour parcourir les 7 kilomètres il nous a fallu un petit peu moins d’une heure. Il y a beaucoup de circulation et Oslo est un dédale de rue à sens unique !

Après avoir récupérer les clés, parquer la voiture, nous montons nos bagages au cinquième étage d’un petit bâtiment de la rue Prinsens Gate.

Puis nous ressortons presque immédiatement. Nous sommes à 10 minutes de l’opéra. Nous commençons donc par y aller faire un tour. Nous le regardons d’abord depuis l’autre côté de la baie de Bjørvika, puis allons sur et dans l’opéra lui-même.

Normalement, quand on marche sur le toit d’un bâtiment public, on risque fort de se faire arrêter. Pourtant ce bâtiment novateur, au cœur de la capitale de Norvège, lance aux touristes un défi contraire de l’habituel « Veuillez ne rien toucher » – trop souvent affiché dans le monde entier. Les subtiles inclinaisons dans la structure du toit de marbre signées par des artistes norvégiens Kristian Blystad, Kalle Grude et Jorunn Sannes, forment une sublime surface destinée aux piétons. Cette structure faite pour marcher dessus, permet aussi de s’asseoir ici et là, dans une ambiance décontractée.

Avant de retourner à l’appartement nous continuons un petit moment notre exploration de la ville en nous dirigeant vers le musée de la défense, puis vers l’hôtel de ville.

Le soir, après avoir mangé, je ressors un long moment dans le quartier de l’opéra. Je remonte encore une fois sur le toit, redescend puis me diriger vers le bâtiment du musée Munch. Mais je passe pas mal de temps dans les quartiers nouvellement construits derrière l’opéra et le « Munch ». L’architecture est assez particulière et offre de belles perspectives très photogéniques.

En revenant à l’appartement je passe entre les hauts bâtiments du « Projet Barecode ». Le Barcode à Bjørvika se compose de 12 immeubles de différentes hauteurs et largeurs. Les immeubles sont séparés de bandes de terrain, si bien qu’à distance l’ensemble ressemble à un code-barres.

Barcode se compose d’une rangée de hauts immeubles de différentes fonctions, dessinés par plusieurs cabinets d’architecture. Tous les bâtiments sont hauts et étroits, avec un peu d’espace entre eux. Les bâtiments sont très différents, pas seulement par leur forme globale, et possèdent de nombreux détails et spécificités architectoniques intéressants.

Barcode est aujourd’hui considéré comme la nouvelle skyline d’Oslo.

Toutes les photos ici.

En italique les choses que nous aurions pu voir, mais nous avons dû faire des choix, souvent liés à la météo et au temps de trajet …

Kongsberg : À environ 80 km à l’ouest d’Oslo. La ville en elle-même n’est pas par-ticulièrement exaltante malgré le tumultueux torrent qui la traverse. Elle fut longtemps un centre d’extraction d’argent et c’est toujours le siège de l’hôtel des Monnaies où sont frappées toutes les pièces norvégiennes. Après sa période minière, la ville s’est intelligemment transformée en cité industrielle, très en pointe dans différents domaines : moteurs d’avions, industrie off-shore, armement, machines-outils… Ce qui explique qu’elle est surtout fréquentée par une clientèle d’affaires et que les prix y sont relativement élevés.La ville est constituée de 2 parties : à l’est de la rivière, un quartier commercial animé, sans grand charme, et à l’ouest, un ravissant quartier ancien, tranquille, composé de vénérables maisons en bois.

  • Kongsberg Kirke : Datant de 1761, c’est la plus grande église baroque de Norvège, et l’une des plus grandes de toute la Scandinavie. Elle peut accueillir 2 400 personnes. Sa façade en brique, très simple, voire austère, contraste avec son intérieur rococo. Surprenante décoration où tous les éléments de bois ont été peints pour imiter le marbre. Balustrades, plafond, buffet d’orgue (de plus de 2 000 tuyaux), tout est en trompe-l’œil. Peinture d’une pépite d’argent de 95 kg, voilà le Veau… d’or ! Noter l’organisation sociale de l’espace autour du chœur. En face, la loggia royale et celle des directeurs (tous danois, à l’époque) qui dominent les travées réservées aux bourgeois et employés des mines. Les mineurs étaient relégués sur les hau-teurs, obligés de s’asseoir du bout des fesses sur des banquettes étroites aux dossiers raides (pour éviter qu’ils ne s’endorment). Dans le cimetière tout autour de l’église, beaucoup de tombes portent des noms d’origine allemande : ce sont ceux des ingénieurs venus apprendre les techniques d’extraction aux paysans norvégiens.

Heddal Stavkirke (site) : Dans un environnement vallonné, c’est la plus grande église en « bois debout » du pays (sur les 28 encore existantes), mais aussi l’une des plus belles et des plus visitées. Avec ses 3 nefs, on la surnomme d’ailleurs « cathédrale des stavkirker ». Fondée au XIIe s, elle est dédiée à la Vierge. Si son imposant extérieur mérite assurément le détour, l’intérieur demeure assez simple. Cloisons couvertes de peintures florales (censées chasser les mauvais esprits) du XVIIe s. Tout autour du chœur, scènes bibliques. Remarquable chaire sculptée du XIIIe s, dont les personnages sont issus d’une ancienne saga. En faisant le tour du déambulatoire, on découvre 3 portes joliment sculptées de serpents et de personnages (au niveau des chapiteaux).

L’église se compose de trois parties : la galerie extérieure, la nef destinée aux fidèles et le chœur où se trouve l’autel. Cette conception s’inspire du temple biblique de Jérusalem. Au sommet des piliers (staves), on peut apercevoir des visages sculptés. Nous en ignorons la signification symbolique, mais peut-être représentent-ils leurs ancêtres de l’au-delà ?

L’église a été restaurée à plusieurs reprises. La théologie de la Réforme a entraîné des modifications à l’intérieur. Au XVIIe siècle, des bancs d’église et une tribune ont été construits, et un nouvel autel a été installé en 1667. Vers 1850, un nouveau réaménagement complet a été réalisé par l’architecte J. H. Nebelong. En 1950, il a été décidé de restaurer à nouveau l’église, cette fois-ci dans le but de retrouver autant que possible l’intérieur d’origine datant du Moyen Âge.

Les parties extérieures de l’église à colombages doivent être régulièrement traitées au goudron. Le procédé est le même depuis des siècles. Le goudron de bois est un liquide sombre et visqueux obtenu par distillation à sec de bois de pin dans un four. La distillation à sec consiste à chauffer le bois dans un environnement à oxygène limité, ce qui permet d’extraire un liquide contenant des terpènes et de la résine.

Le moment choisi pour l’application du goudron a une incidence sur son efficacité et sa durabilité ; cette opération est souvent effectuée à la fin de l’automne. Du charbon de bois est ajouté lors du traitement du goudron afin d’en prolonger la durée de vie.

OSLO

De toutes les capitales européennes, Oslo est l’une de celles subissant le plus de mutations. Son hypercentre est largement piéton, sa population connaît la croissance démographique la plus rapide d’Europe depuis 20 ans et de grands projets urbanistiques ont redessiné sa façade maritime, pour le meilleur mais surtout pour le pire tant l’urbanisme global manque d’harmonie. Le superbe opéra inauguré en 2018 s’impose en emblème de la ville tan-dis qu’un building ultracontemporain assez mastoc abrite le musée Munch. Sur l’autre rive du port, Aker Brygge, un vieil ensemble d’entrepôts joliment réhabilité voisine avec le moderne Musée national regorgeant de riches collections allant de l’Antiquité au design scandinave et de Cranach l’Ancien à Picasso.

Oslo prend progressivement l’allure d’une cité dynamique dont on fait aisément le tour à pied ou à vélo. Attrait complété par les longues soirées d’été, en fin de semaine, où le centre est noir de monde. À l’instar du soleil, qui peine à se coucher en été, on profite de la douceur de la météo pour prolonger la promenade vespérale. Évidemment, cette insouciance et cette légèreté estivales disparaissent une fois l’hiver venu. La ville se pare alors d’un blanc manteau ou, souvent, gris et moins seyant, d’autant que les nuits s’allongent.

Si la présence humaine remonte ici à plusieurs millénaires, le développement réel de la ville fut très lent. C’est vers le XIe s que le demi-frère du roi Olav agrandit son royaume et fit d’Oslo un port important, sur la route du sanctuaire de Nidaros (Trondheim). À la fin du XIIIe s, Haakon V choisit Oslo comme résidence principale, délaissant Bergen. C’est à lui qu’on doit la forteresse d’Akershus. La ville connut alors un important essor économique qui devait retomber après sa mort, et ce pour plusieurs siècles. Nombre d’incendies, épidémies de peste et conflits religieux ralentirent le développement de la ville et il fallut attendre le XVIIe s pour que le roi du Danemark décide de créer une ville nouvelle : Christiania.

Le début du XIXe s fut une période faste pour Oslo qui, libérée du joug danois, obtint une certaine autonomie de la part de son nouveau souverain, le roi de Suède. En 1905, l’indépendance du pays fut proclamée et Oslo prit le sta-tut de capitale. Mais cette grosse bourgade n’affermira ce statut qu’à partir des années 1960, grâce à la richesse provenant de la manne pétrolière de la mer du Nord.

Oslo est traditionnellement divisée en 2 :  le Vestkant, à l’ouest, et l’Østkant, à l’est, délimités par la rivière Aker qui traverse la ville.

Le Vestkant rassemble les banlieues et quartiers bourgeois, chics et aisés. C’est dans cette zone que s’étend l’avenue Karl Johansgate, l’artère principale de la capitale, piétonne dans sa partie basse, terminée par le Slottsparken, un grand parc, idéal pour une pause.

On y trouve aussi Aker Brygge, les quais près de l’hôtel de ville : cet ancien quartier des docks autrefois mal famé, passé par les crayons d’architectes talentueux alimentés par les pétrodollars norvégiens est devenu un lieu chic et branché. Ses boutiques, bureaux, restos et cafés attirent la foule aux beaux jours. L’imposant Musée national y a posé sa massive silhouette grise et ses merveilleuses collections en 2022. Ce quartier est la continuité de celui qui a vu le jour en 2012, sur la presqu’île de Tjubvhol, autour du musée Astrup-Fearnley (collections d’art moderne). L’urbanisme qui en résulte, décousu, échevelé même, ne plaira pas à tout le monde. Du quai devant le Musée national partent les bateaux vers la presqu’île de Bygdøy. À environ 3 km à l’ouest du centre, elle abrite d’importants musées et des villas cossues.

Plus à l’ouest encore, mais toujours à distance raisonnable du centre, les quartiers derrière le palais royal, notamment Majorstuen et Frogner, abritent de nombreuses ambassades qui ont élu domicile dans les résidences huppées, et la Bogstadveien, 2e grande rue commerçante de la capitale.

À l’est de la ville, l’Østkant accueillait autrefois les populations ouvrières, pauvres ou immigrées. Mais sa mutation est impressionnante. Sur les rives de l’Aker, de nombreuses usines désaffectées sont peu à peu récupérées par les mondes de l’art et de la musique, devenus très dynamiques.

Si cette division est-ouest reste présente dans l’esprit de la capitale, les quartiers jadis défavorisés de l’est attirent maintenant les populations branchées : Grünerløkka, quartier ouvrier type, est désormais tendance, et l’on y trouvera sans difficulté un petit café sympa, un endroit pour écouter de la musique ou danser. Son artère principale est la Thorvald Meyersgate.

Quant à Grønland, il suit la même voie : celle d’un quartier longtemps délaissé devenu aujourd’hui couru. Les étals de légumes y débordent sur les trottoirs, les boutiques de tissus pailletés et chatoyants y supplantent les traditionnels Hennes & Mauritz…

La banlieue, assez étendue, s’adosse aux collines boisées sillonnées de dizaines de kilomètres de pistes de ski de fond.

Dans le centre

  • Le Musée national (Nasjonalmuseet) (site) :
    • Le bâtiment : Ce monolithe gris massif, de style brutaliste, emploie la pierre naturelle, l’ardoise, l’acier recyclé, le béton et le bois pour s’inscrire dans le temps. Résultat, une réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre. Le budget de construction faramineux (650 millions d’euros), supporté à 90 % par l’État, a accouché de ce mastodonte de 54600 m2. En taille, il s’impose comme le 3e plus grand musée d’Europe, après le Louvre et l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Cette grosse huître quasiment aveugle est dimensionnée pour accueillir la plus belle des rivières de perles. Sur 2 étages, au fil de quelque 90 salles, l’expo permanente déroule 6 500 objets issus d’un fonds d’environ 400000 pièces et couvrant 13000 m2.
    • L’expo permanente :
      • Au rez-de-chaussée, la trentaine de salles offre une magnifique plongée dans l’histoire de l’humanité, qu’on (re)découvre de façon chronologique. La luminosité des salles va crescendo au fil de la visite, de la semi-pénombre de l’Antiquité jusqu’à la lumière crue du présent. De la tenue copte (500-700 av. J.-C.) aux paillettes et plumes de la haute couture contemporaine, on passe en revue les dentelles allemandes du XVIe s, les faïences du XVIIIe s, le style Empire à la française ou l’Art nouveau, les mobiliers design du XXe s… On s’attarde ici ou là, selon sa sensibilité : sur la tapisserie de Baldishol (XIe-XIIe s), un dessus d’une table du XVIIe s, une salle de bal reconstituée et mise en musique, une corbeille à fruits en forme de drakkar emblématique du nationalisme norvégien, une mise en perspective de maquettes de sièges contemporains… Autant d’ambiances et de scénographies que de salles, ce qui évite tout sentiment d’ennui.
      • Au 1er étage, place à l’art dans une cinquantaine de salles qui ne se mélangent pas les pinceaux, mettant avec intelligence en parallèle les styles, les influences, les artistes. On explore les grands thèmes de la peinture (le portrait, la nature morte, le paysage), mais aussi ses grands mouvements (clair-obscur, orientalisme, impressionnisme, expressionnisme…). En salle 33, on aime la mise en vis-à-vis de Cranach l’Ancien, si pieux, avec Cranach le Jeune aux nus particulièrement suggestifs. De Goya, on retiendra une belle et triste Scène de nuit de l’Inquisition (salle 38). Salle 41, une des incontournables Vague de Corot. La salle 42, elle, est entièrement dédiée à Johan Christian Dahl, inlassable troubadour du paysage norvégien au XVIIIe s. Du romantisme norvégien au XIXe s, ne pas manquer l’iconique Brudeferdi i hardanger d’Adolph Tidemand et Hans Gude, en salle 45. Salle 51, Harriet Backer marque la transition avec le modernisme et effectue un superbe travail sur la lumière. On découvre ensuite l’influence de Paris sur les artistes norvégiens, salle 53, avec Rodin versus Vigeland ou Munch peignant la rue Lafayette. À suivre dans la salle 54, en vrac si l’on peut dire, les 3 M (Manet, Morisot, Monet), Degas, Cézanne, Van Gogh, Puvis de Chavannes, Delacroix… Puis, salle 55, Christian et Oda Krohg, peintres du social en Norvège à la fin du XIXe s offrent un touchant et emblématique Kampen for Tilværelsen, sous-titré « Lutte pour la survie », tout est dit. Les salles 59-60 regroupent un bel échantillon des œuvres de Munch, dont on explore les inspirations, depuis ses débuts jusqu’à l’un de ses fameux Cri. La salle 61 célèbre Harald Sohlberg, chantre du néoromantisme dont les couleurs confinent à l’irréel. Noter, dans la même salle, un magnifique haut-relief en bronze de Vigeland : L’Enfer. À suivre (rien à voir avec l’enfer !) Picasso et La Fatigue de Mathilde tout droit sortie de sa période bleue. Dans la même salle 67, Albert Marquet croqué par Matisse. La suite de l’expo explore le champ du contemporain, avec un focus en salle 77 sur l’architecture de Sverre Fehn, auteur du pavillon nordique de la biennale de Venise de 1962. Un petit coup de cœur au passage pour les œuvres quasi hypnotiques présentées salle 78. L’expo file ensuite jusqu’au post-modernisme en salle 85 et s’achève par la « Revolusjon » en salle 86 !
  •  Karl Johansgate :  la grande artère d’Oslo, longue de 1 km et large de 300 m, particulièrement animée les soirs d’été, est bordée par de nombreuses terrasses de cafés. Après la fermeture des boîtes, c’est là que continuent à déambuler les fêtards en titubant gentiment, à la recherche d’un kiosque à saucisses ou d’un taxi. À l’extrémité ouest s’étendent les séduisants jardins du Slott-sparken, dominés par l’imposant Slottet, la résidence royale construite au XIXe s pour Karl Johan. La famille royale y réside encore régulièrement (le drapeau est alors hissé pour signaler leur présence), et la relève de la garde en musique attire de nombreux spectateurs tous les jours à 13h30. Pour la balade au départ du parc du château, voir plus loin « À l’ouest du centre ». 
  • Domkirke (cathédrale) : Elle date du XVIIe s et fut entièrement restaurée au XIXe s. On peut y jeter un œil, ne fusse que pour son retable, décoré de personnages en relief. Noter le buffet d’orgues sculpté de feuilles d’acanthe, la loggia royale et la chaire d’autel du XVIIe s. Vitraux d’Emmanuel Vigeland, le frère de Gustav. Le plafond est orné de fresques modernes (1 500 m2 de surface !) s’inspirant de la Bible. On peut parachever cette thématique des Testaments, à 200 m, par la visite du musée nordique de la Bible (Nordisk bibelmuseum) : https://nobimu.no/fr/page-daccueil/. Pas moins de 3 000 livres saints, dont la plus petite bible jamais imprimée et une page de la bible originale de Gutenberg.
  • Basarhallene (les bazars) : derrière le chevet de la cathédrale, bâtiment plutôt harmonieux en brique rouge disposé en arc de cercle et devancé d’une galerie à arcades. Bâti au milieu du XIXe s, cet ensemble offrait aux bouchers des stands de vente respectant les règles d’hygiène d’alors. À l’extrémité sud, la Brannvakten était une tour de guet pour prévenir les incendies.
  • Historiskmuseum (Musée historique) (site) :  Un vaste musée un tantinet fourre-tout, mais très intéressant pour la richesse de ses collections qui traitent aussi bien de la préhistoire, de l’époque viking et du Moyen Âge en Norvège, que de l’Antiquité égyptienne ou de l’art asiatique.
    • Le rez-de-chaussée déroule un voyage à travers l’histoire norvégienne, dès la période glaciaire. Sont exposées toutes les trouvailles faites par les archéologues, comme des bifaces, des pierres polies, des haches, des armes en bronze et des poteries… La section d’art médiéval est fascinante : calices, autels portatifs, crucifix, retables, pierres runiques (dont la pierre de Tune, du Xe s) ou encore des sculptures sur bois, comprenant de remarquables portails d’églises en « bois debout » (les stavkyrker), aux riches entrelacs. Dans une petite pièce, noter l’exceptionnel plafond d’une église médiévale, peint vers 1300, et l’expressivité des figures (on est en avance sur Duccio et les peintres italiens d’avant la Renaissance !)
    • Au 1er étage, section ethnographique consacrée au mode de vie arctique : reconstitution d’un igloo, habitat, kayaks, vêtements polaires de tous les jours mais aussi tenues de cérémonies. Présentation des techniques de pêche, parures. Section sur les Samis. Dans un tout autre registre, petites collections d’objets amérindiens et d’Antiquité égyptienne (momies). La dernière salle retrace l’épopée du trésor norvégien, que les soldats ont évacué de justesse pendant l’invasion allemande en 1940.
    • Au 2e étage, en principe, expos temporaires
    • Le 3e étage présente des sections superbes sur l’Asie en général : statues, instruments de musique, porcelaine chinoise, palanquin, tenue de samouraï….
  • Rådhuset (hôtel de ville) : Construit dans les années 1930 (mais inauguré en 1950) dans un style « fonctionnaliste », très classique, sobre, voire brutal. Toute la décoration rend hommage à l’histoire du pays, au travail et à la culture norvégienne, avec un rien de « engagez-vous, rengagez-vous ».Tout autour de la place avec la fontaine qui précède l’entrée, des tableaux de bois sculpté illustrent des scènes de la mythologie nordique. Intérieur couvert de fresques commandées à des artistes norvégiens à la fin des années 1940 sur des thèmes historiques. On y voit les grandes légendes classiques du pays, notamment celle de saint Hallvard (le saint patron de la ville d’Oslo). La fresque de la partie basse du grand hall (en face en entrant) est sans doute la plus importante, retraçant l’histoire de la Norvège durant la 2de Guerre mondiale, depuis l’Occupa-tion jusqu’à la libération du pays. Chaque 10 décembre, le grand hall accueille la cérémonie d’attribution du prix Nobel de la paix. À l’étage, autour du grand hall, la Ceremonial galleri donne sur le port à travers d’immenses baies vitrées. Sur la droite, jeter un œil à la salle Munch (avec une toile mineure du maître), puis sur la salle des banquets, décorée de portraits des 3 rois de Norvège depuis l’indépendance. Noter le style particulièrement moderne de certaines toiles, pas du tout académique. Au fond de la salle, grand tableau lumineux, véritable ode à la vie, plein de soleil, de familles, de gamins et de nature, tout le monde revêtu de son costume de naissance. La galerie ouest porte encore des témoignages d’épisodes historiques.
  • La place du Rådhuset : côté port, cette belle place avec fontaine abrite des sculptures, notamment de Vigeland.
  • Nobels Fredssenter (Centre du prix Nobel de la paix) (site) : Un centre dédié au prix Nobel de la paix. Une bonne idée pour la ville qui décerne ce prix si particulier. Muséographie moderne, flirtant sans doute un peu trop avec le conceptuel. Le rez-de-chaussée abrite une expo temporaire systématiquement consacrée au dernier Nobel. Toujours d’excellente qualité, très émouvante et pédagogique. L’étage, outre une section photo, présente la Nobel Chamber, un livre animé qui passe en revue la vie de l’inventeur de la dynamite, ainsi que le Nobel Field, « jardin » des Nobel où une série de petits écrans se dressent au bout de tiges optiques, retraçant chacun un bref historique des nobélisés au fil des années, depuis la création du prix.

Oslo côté fjord

  • Deichman Bjørvika (bibliothèque municipale) : La capitale dispose d’une bibliothèque à l’architecture remarquable, riche de l’important fonds d’ouvrages de Carl Deichman (son fondateur en 1785) mais aussi d’une salle de cinéma, d’ateliers sur les médias, de zones de jeux, de halls et d’un restaurant. Le sommet du bâtiment est en porte-à-faux afin d’annoncer sa présence aux visiteurs en provenance de la gare centrale. Des entailles dans la façade marquent les entrées à l’est, à l’ouest et au sud, invitant les visiteurs à rentrer de tous les côtés. Des puits de lumière obliques transpercent le bâtiment et relient les espaces intérieurs aux rues extérieures et à l’Opéra voisin. À la tombée de la nuit, il est illuminé et change d’aspect, selon les activités et manifestations qui s’y déroulent.
  • Den Norske Opera (Opéra de Norvège) (site) : Un chef-d’œuvre de pureté, de sobriété et d’intelligence architecturale, rompant avec les canons de la salle d’opéra classique. On oserait presque dire que l’Opéra d’Oslo travaille les angles lorsque celui de Sydney est à la recherche des courbes. Avec ses allures de grand navire furtif en marbre de Carrare blanc comme neige, il plonge doucement dans les eaux noires de la baie. Ses lignes épurées donnent un nouvel élan à ce quartier entièrement reconstruit. À quelques encablures, baignée par les eaux du fjord, une sculpture abstraite en verre et métal joue habilement avec la lumière et la transparence. On gravit à l’envi les pentes doucement inclinées de la façade pour observer la manière avec laquelle l’architecte joue en permanence avec les lignes, excluant la symétrie et les angles droits, réduisant à sa plus simple expression la notion de toit. La partie supérieure est couverte de panneaux d’aluminium dotés d’alvéoles concaves et convexes. De gigantesques baies vitrées sur 3 côtés accueillent la lumière. À l’intérieur, le grand hall fait un choc : une énorme spirale de bois à lamelles y abrite les 3 scènes hyper modernes, dont la plus grande peut accueillir 1360 personnes. Même les toilettes du grand hall sont à découvrir !

Au sud-est du centre

  • Le Barcode, nouveau quartier de Bjørvika, rassemble 12 immeubles de différents gabarits, séparés par des bandes de terrain, qui, à distance, font ressembler l’ensemble à un code-barres. Ces hauts bâtiments, très différents les uns des autres, sont sortis des crayons de plusieurs cabinets d’architecture. Le concept favorise l’ouverture sur le fjord, dont ils ont radicalement modifié la skyline ! Le projet a d’ailleurs suscité un émoi sans précédent chez les habitants d’Oslo qui l’ont accueilli avec scepticisme. On peut les comprendre…
  • Munch Museet (musée Munch) (site) : Ce musée consacré à l’artiste national élève à une centaine de mètres de l’Opéra sa massive façade essentiellement en verre, derrière laquelle ne se trouvent pas moins de 28000 œuvres du maître. Le peintre, dont la renommée mondiale n’est plus à faire, a en effet légué à la municipalité d’Oslo toutes ses œuvres qui étaient encore en sa possession : tableaux, dessins, photographies et sculptures.

La presqu’île de Bygdøy

  • Norsk Folkemuseet (musée folklorique norvégien) (site) : Dans la catégorie musée en plein air, c’est l’un des plus anciens du monde et le plus grand de Norvège : un vrai conservatoire de la culture populaire norvégienne ! Provenant des 4 coins du pays, près de 160 maisons ou bâtiments en bois ont été démontés pour être rassemblés dans ce beau et vaste parc, et illustrent les modes de vie des diverses régions depuis le Moyen Âge jusqu’au début du XXe s. Plan en main, on parcourt de jolis sentiers, de hameau en hameau, car les maisons sont groupées par région. Chaque fois, un style particulier prédomine. La plupart ne sont visibles que de l’extérieur, mais plusieurs se visitent (surtout l’été) et sont meublées comme à l’époque. En saison, on y rencontre même des guides en costume ou des artisans. Parmi les édifices les plus remarquables, ne manquez surtout pas la stavkirke de Gol, l’une des plus belles églises en « bois debout » du pays, superbement décorée de fresques sur bois à l’intérieur (l’originale est ici et sa reconstitution à Gol… un comble, non ?). Ne pas rater non plus la maison ancienne avec des murs peints et, dans la zone plus contemporaine, face à une vieille pompe à essence, l’immeuble du centre d’Oslo reconstitué, dont on a reproduit tous les appartements et qui représente un condensé de l’histoire sociologique du XXe s : de l’avocat au jeune étudiant (tout petit studio) en passant par l’immigré pakistanais… À notre connaissance, cet immeuble est unique en son genre, parmi tous les musées de plein air de Scandinavie et des Pays baltes. Enfn, les grands bâtiments à l’entrée du site abritent 2 musées : le 1er dédié à l’art religieux et aux Samis (tout sur leur quotidien, leurs croyances, costumes traditionnels, mode de subsistance, artisanat…), le 2d à l’art populaire norvégien (objets décoratifs, meubles, coffres peints, armes, traîneaux…). Enfin, une expo revient sur l’évolution de la haute société norvégienne entre les XVIe et XIXe s.
  • Frammuseet (musée du Fram) (site) : Ce vaste et impressionnant musée se divise en 2 structures jumelles reliées par un tunnel. La 1ère est construite autour de l’énorme navire polaire, le Fram, qui servit au fameux explorateur Amundsen (1872-1928) pour ses expéditions au pôle Sud en 1910-1912. La 2ème structure abrite le Gjøa, 1er bateau qui parvint à se frayer un chemin dans le passage du Nord-Ouest (entre Atlantique et Pacifique au nord du Canada). Dans chaque édifice, nom-breuses expos très visuelles et pédagogiques.
    • Le Fram : cet incroyable bateau de 39 m sur 11 m fut conçu pour être soulevé par les glaces de la banquise sans être écrasé par leur pression. Fridtjof Nansen (1861-1930), à l’origine du projet, entreprit un voyage en direction du pôle Nord en 1893. Son objectif était de se laisser prendre par la banquise, puis de dériver pendant 3 ans. Il dut finalement renoncer à gagner le pôle en traîneau. Son collègue Amundsen utilisa cette même goélette à 3 mats pour s’offrir le luxe, lui, d’être le 1er à atteindre le pôle Sud, en 1911. Une passerelle permet d’accéder au pont supérieur du Fram, dont on peut mesurer les dimensions avant de s’enfoncer dans ses entrailles, où l’on découvre tour à tour les cuisines, le mess, les cabines, la salle des machines et même les latrines. Sur le pont, un simulateur projetant des images sur les murs nous plonge tour à tour dans une tempête et dans une navigation plus tranquille entre les icebergs… Tout autour, des galeries accueillent sur 2 niveaux des expos qui retracent de manière chronologique l’épopée des expéditions polaires : photos, objets de bord, instruments et ustensiles liés au quotidien, petits films, ainsi que des commentaires des aventures d’Amundsen et de Nansen. Ce dernier fut très impliqué dans les entreprises humanitaires de la SDN. Intéressant parallèle entre Amundsen et Scott, qui menèrent une course enragée pour gagner le pôle Sud en 1er. Amundsen y parvint 33 jours avant Scott, qui y laissa sa peau. Hommage à d’autres explorateurs, moins connus. À l’étage supérieur, d’autres aventures vous attendent : traversée du Groenland par Nansen, construction du Fram, évocation de la recherche scientifique liée aux expéditions, dioramas du bateau dans différentes postures, notamment pris dans les glaces…
    • Le Gjøa : on rejoint ce 2ème édifice par un tunnel où sont évoqués les échecs des différentes expéditions. Le Gjøa est un ancien bateau de pêche au hareng de la côte nord de Norvège. Plus petit (21 m) que ceux qui avaient tenté auparavant la même traversée, il permit à Amundsen d’être le 1er à emprunter le célèbre passage du Nord-Ouest entre 1903 et 1906, avec 6 hommes à bord. On y évoque aussi le crash de l’explorateur en 1928 dans l’hydravion Latham 47, au sud du Spitzberg, alors qu’il participait à des recherches pour retrouver l’Italien Nobile disparu avec son ballon dirigeable (de vraies têtes brûlées, ces gens-là).
    • Une autre section se consacre au jeune Astrup, compagnon de l’explorateur Peary, ainsi qu’à une intéressante expo sur les Inuits. Enfin, salle de projection diffusant des films et documents sur différentes expéditions.
  • Kon-Tiki Museet (site) : Le musée renferme 2 stars : le mythique radeau Kon-Tiki, dont l’épopée fait toujours rêver, et le bateau Râ II, fait de roseaux selon les techniques en vigueur dans l’Antiquité égyptienne, qui réalisa d’étonnantes traversées, jugées impossibles auparavant.
    • Le Kon-Tiki : un radeau en bois de balsa, copie de ceux utilisés par les populations pré-incas. En 1947, Thor Heyerdahl (1914-2002) et ses 5 compagnons, poussés par les vents et les courants à travers le Pacifique parcoururent 8 000 km à son bord pour se rendre du Pérou jusqu’en Polynésie française. Sur la voile trône le Kon-Tiki, divinité du Soleil. Avec cette expédition, qui dura 101 jours, l’ethnologue voulait démontrer que les 1ers habitants de la Polynésie étaient originaires du Pérou. Mais, malgré sa traversée réussie, Heyerdahl avait tort : les analyses ADN ont démontré depuis que les peuples autochtones de l’île de Pâques viennent de… Polynésie et que les Polynésiens viennent d’Asie ! Tout autour du bateau, intéressantes photos prises lors de la traversée. Faites aussi un tour au sous-sol, sous le radeau, pour y découvrir la vie sous-marine. Dans un renfoncement, reconstitution d’une caverne funéraire de l’île de Pâques. À côté, une petite salle de projection diffuse des extraits des films tournés par Heyerdahl et ses camarades lors de leurs différents périples, notamment celui qui reçut un oscar en 1951.
    • Le  Râ II :  après un 1er échec, ce nouveau bateau en papyrus permit à Heyerdahl de traverser l’Atlantique en 1970, du Maroc à la Barbade. L’objet de la traversée était de démontrer que ce type d’embarcation pouvait traverser l’Atlantique depuis déjà fort longtemps. Structure étonnante s’inspirant des barques de l’Antiquité égyptienne et des bateaux des Indiens aymaras du lac Titicaca (fabriqués en osier et avec d’énormes gouvernails, toujours utilisés aujourd’hui). – Des panneaux évoquent également le Tigris, bateau construit en Irak selon des techniques proches des précédentes, qui navigua dans le golfe Persique et l’océan Indien pour apporter, lui, la preuve que les civilisations mésopotamienne, égyptienne et de l’Indus communiquaient par des échanges maritimes. Heyerdahl entreprit cette ultime expédition en 1977-1978, puis brûla son bateau en signe de protestation contre les conflits du Proche-Orient.
  • Norsk Maritimt Museet (musée de la Marine norvégienne) (site) : Beau musée qui regroupe des témoignages du passé comme du présent sur la navigation en Norvège depuis la période viking, et même avant puisqu’on peut y voir une pirogue au bois racorni qui serait le plus vieux bateau de Norvège (2200 ans). Au gré des étages, on découvre des panneaux explicatifs, des peintures et, surtout, un nombre étonnant de maquettes de bateaux de toutes les époques, des drakkars aux cargos et supertankers en passant par les galions, les caravelles, les paquebots et les car-ferries… Les amateurs seront comblés ! Reconstitutions d’intérieurs de bateaux, et des sections sur la construction navale et le transport maritime actuel, où son impact sur l’environnement est évoqué… Le dernier étage déborde d’inventivité pour intéresser les plus jeunes à l’univers marin. En face, un bâtiment abrite une section sur la vie côtière, la pêche, la construction navale et l’archéologie sous-marine. On passe ici de la maquette aux véritables barques et bateaux grandeur réelle.
  • Vikingskipshuset (musée des Navires vikings) (site) : Ce musée est peut-être le plus fascinant de tous et le plus visité. Il renferme les 3 seuls bateaux vikings à peu près complets qui furent retrouvés en Norvège. On reste sans voix devant la pureté de leurs lignes. Ils étaient utilisés pour les funérailles et furent enterrés avec tout leur mobilier funéraire, il y a plus de 1000 ans. Si on les a retrouvés dans des conditions de conservation si exceptionnelles, c’est qu’à l’endroit des fouilles le sol est argileux. Le bois et les textiles ont ainsi été parfai-tement conservés ! Ces bateaux contenaient des quantités considérables de bijoux en or, objets usuels, chaussures, avant d’être enterrés. Les 3 drakkars présentés étaient équipés de chambres funéraires. De petits escaliers conduisent à des balcons offrant une vue plongeante sur les bateaux.
    • L’Oseberg (dans l’allée centrale) fut trouvé au début du XXe s près de la ville de Tønsberg, au sud-ouest d’Oslo. Conçu pour voguer à la rame ou à la voile, il fut construit vers 815-820 et mesure 22 m. Quelque 30 hommes étaient nécessaires pour le mettre en branle.
    • Le Gokstad (dans l’aile gauche), trouvé en 1880 dans le Vestfold et long de 24 m (pour un poids de 4 t), contenait les restes d’un homme d’une quarantaine d’années (qu’on peut d’ailleurs voir derrière le bateau). Il daterait à peu près de 890. Plus fruste que l’Oseberg, il était à la fois plus solide et tenait mieux la mer. Pour prouver sa stabilité et sa résistance, une copie fut utilisée en 1893 pour traverser l’Atlantique. Sur le côté de ce bateau sont exposés les modestes restes des 2 femmes de haut rang retrouvées sur l’Oseberg.
    • Quant au bateau Tune, construit vers 910 (dans l’aile droite), il fut retrouvé en 1867 dans un état tel que sa reconstitution fut impossible. Rien ne subsista dans la barque. On en voit donc les vestiges du fond. Derrière le bateau, la chambre funéraire du Gokstad et 2 barques qui l’accompagnaient.
    • Au fond du musée, des vitrines exposent quelques superbes objets appartenant à la culture viking, trouvés avec les embarcations. Incroyables chariots funéraires aux flancs ornés d’étranges figures et de têtes de dragons de toute beauté, sculptées d’entrelacs et décorées de clous. L’un des chariots est sur roues, les 3 autres construits pour glisser sur la neige. Sur l’un d’eux apparaissent des visages humains, chose rare dans l’art viking. Dans d’autres vitrines, coffres, chaussures de cuir, outils agraires et tissus sur lesquels on distingue encore les motifs.
  • HL Senteret  – Holocaust Center (site) : La résidence de Quisling, 1er ministre norvégien à la botte des Allemands durant la 2de Guerre mondiale, accueille un centre de recherche et d’information sur l’Holocauste. Il comprend un musée, certes modeste, mais qui a le mérite d’exister sachant que le sujet n’avait quasiment jamais été abordé avant la fin des années 1990 ! L’expo reprend donc la genèse de la notion de races, du nationalisme et du racisme latent au XIXe s, jusqu’à l’éclosion de ces terribles théories au cours de la 1re moitié du XXe s. L’accent est également mis sur le sort des 2 100 juifs norvégiens, dont 772 furent déportés par la police norvégienne. Seuls 34 reviendront des camps.

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Étape 11: Oslo

Ce matin nous partons explorer quelques quartiers d’Oslo. Pour changer de l’architecture moderne du centre-ville nous nous dirigeons, à pied, vers les petites rues de Damstredet et de Telthusbakken, où sont nichées de charmantes maisons en bois du 18e s. A une centaine de mètres.

Puis nous continuons notre exploration en nous dirigeant dans le quartier de Grünerløkka, Ce quartier qui était réservé à la classe ouvrière dans les années 1800 et maintenant le quartier « branché » de la ville.

Pour revenir vers le centre-ville, nous faisons encore un petit détour le quartier de Vulkan et les Halles de Mathallen. Vulcan est cité comme l’un des projets d’urbanisme les plus intéressants d’Oslo. Autrefois c’était un important site industriel, il est devenu l’un des plus durables de la capitale.

Après cette balade dans les quartiers nord d’Oslo, nous revenons vers le centre en passant par la cathédrale d’Oslo et l’hôtel de ville. Ce bâtiment a été construit dans les années 1930 (mais inauguré en 1950) dans un style « fonctionnaliste », très classique, sobre, voire brutal. Toute la décoration rend hommage à l’histoire du pays, au travail et à la culture norvégienne. C’est dans ce bâtiment que, chaque 10 décembre, a lieu la cérémonie d’attribution du prix Nobel de la paix.

Hier nous nous étions arrêtés ici avant de revenir à l’appartement. Aujourd’hui nous allons plus loin, dans le nouveau quartier de Tjuvholmen, avec ses complexes d’habitation contemporains et ses canaux. J’aime notamment bien l’architecture du musée d’Art Moderne Astrup-Fearnley.

C’est ici, dans ce quartier que nous nous asseyons à la terrasse du restaurant « The Salmon » pour profiter du cadre et surtout pour déguster d’excellents plats à base de saumon.

Après cet excellent repas, nous nous remettons en route pour le musée Munch. Nous passons une bonne partie de l’après-midi à admirer les œuvres d’Evard Munch. Les principales sont bien entendu les 3 versons du « Cri « , « L’Enfant malade », … Mais il y a aussi une salle avec des peintures monumentales de l’artiste.

Depuis les étages supérieurs du musée, nous avons une magnifique vue sur l’opéra d’Oslo en contre-bas, mais aussi sur les nouveaux bâtiments du quartier de Bjørvika.

En fin d’après-midi je dois déplacer la voiture parce que le parking dans laquelle nous l’avons laissée est extrêmement cher (comme tous les parking du centre-ville). Le seul moyen de s’en tirer à un tarif un peu raisonnable c’est de laisser le véhicule 24 h de suite. Les 24 heures sont passées depuis quelques minutes quand nous sortons du musée Much. Je la déplace vers un quartier un peu plus loin du centre et irait la reprendre avant 9 h demain matin. La nuit, dans certaines rues, le parking est gratuit. Sinon c’est presque 10 francs de l’heure …

Toutes les photos ici.

Damstredet et Telthusbakken : dans la petite rue de Damstredet sont nichées de charmantes maisons en bois du 18e s. Même chose à Teltusbakken, juste en-dessous de l’église médiévale Gamle Aket kirke.

Oslo côté fjord

  • Du nouveau quartier de Tjuvholmen, dans le prolongement d’Aker Brygge, à l’ouest, au quartier de Sorenga, à l’est du nouvel Opéra et du musée Munch, avec ses complexes d’habitation contemporains et ses canaux, c’est le nouveau visage maritime d’Oslo que l’on découvre, en traversant des quartiers naguère malfamés que la piétonisation ouvre à un autre destin. Défiant le temps, au milieu de la balade, la forteresse demeure un repère.
  • Astrup Fearnley Museet (musée d’Art moderne Astrup-Fearnley) (site) :
    • Le bâtiment : On ne peut qu’admirer le formidable écrin offert à ces œuvres contemporaines par Renzo Piano. Répondant parfaitement à la structure de l’Opéra, sur l’autre rive, il se distingue par son toit triangulaire et courbe, supporté par de fines poutrelles tubulaires d’acier, par des poutres en bois stratifié et une immense surface de verre semblant plonger dans le fjord. Séparé en 2 par un canal et prolongé par une vaste pelouse où quelques sculptures font durer le plaisir de la découverte, le bâtiment constitue un contenant parfaitement adapté à son contenu.
    • Les expos permanentes : Les descendants du célèbre armateur Thomas Fearnley (1841-1927) ont constitué au fil des décennies une belle collection d’art contemporain dont le fonds (plus de 1500 pièces) est présenté par roulement. Une centaine d’œuvres sont proposées selon la thématique du moment, avec quand même la présence quasi systématique de quelques artistes phares. Parmi ceux-là, Jeff Koons (Michael Jackson avec son singe) ; la photographe Cindy Sherman et son travail décoiffant ; l’Anglais Damien Hirst aux installations tantôt décalées, tantôt comiques ; Anselm Kiefer, artiste plasticien allemand. Parmi les Norvégiens, Michael Elmgren et Ingar Dragseth s’associent pour concocter leurs installations, flirtant toujours avec la provoc’. Citons encore Gardar Eide Einarsson, qui ne fait pas non plus dans la dentelle. Tout est là pour interpeller le visiteur, le faire rire ou sourire, le bousculer, le choquer et déranger ses certitudes.
  • Akershus Festning (forteresse) : Cette grande forteresse forme un bouclier autour du vieux château et possède quelques édifices intéressants. Elle abrite aujourd’hui des écoles militaires, le ministère de la Défense et l’état-major de l’armée. Les vastes espaces qu’elle renferme ont été aménagés en un parc agréable avec bassins et sentiers de promenade. Aux beaux jours, les pelouses se couvrent d’employés du coin venus s’exposer aux rayons du soleil. À certains endroits, superbes points de vue sur le port et les énormes bateaux de croisière qui y font escale.
  • Hjemmefrontmuseum (musée de la Résistance) (site) : Bien que s’étant déclarée neutre (comme pendant la 1re Guerre mondiale), la Norvège fut envahie par les troupes nazies en avril 1940. Le gouvernement et le roi refusant publiquement et officiellement de laisser la place à l’autorité allemande, ils s’enfuirent en Angleterre avec l’or des caisses, d’où ils purent financer la résistance et continuer à diriger le pays. Quelque 400000 Allemands occupèrent pendant 5 ans une Norvège qui ne fut libérée que par la capitulation allemande en mai 1945 ! Cet intéressant musée, à travers ses archives, rappelle ce que fut la guerre clandestine contre le nazisme.
  • Akershus Slott (château) (site) : Édifié au début du XIVe s par Haakon V, puis transformé en château Renaissance au cours du XVIIe s, l’Akershus Slott fut habité jusqu’au XVIIIe s, servit de QG aux nazis pendant la guerre et est actuellement utilisé pour des réceptions officielles. Les pièces sont meublées simplement. On y voit le mausolée des rois de Norvège et la chapelle royale.
  • Forsvarsmuseet (musée des Forces armées) (site) : À l’extérieur, quelques pièces d’artillerie et un char donnent la mesure de ce musée vaste et bien conçu. On y trouve une revue de détail de l’armement norvégien, depuis les Vikings jusqu’à nos jours. Belles maquettes de navires en mer, torpilles, chars, armements divers, hélicos, avions, uniformes impeccables… et quelques curiosités locales comme des canons du XVIIIe s montés sur traîneau ! Très intéressante section sur la 2de Guerre mondiale et la guerre froide.

Au sud-est du centre

  • Munch Museet (musée Munch) (site) : Ce musée consacré à l’artiste national élève à une centaine de mètres de l’Opéra sa massive façade essentiellement en verre, derrière laquelle ne se trouvent pas moins de 28000 œuvres du maître. Le peintre, dont la renommée mondiale n’est plus à faire, a en effet légué à la municipalité d’Oslo toutes ses œuvres qui étaient encore en sa possession : tableaux, dessins, photographies et sculptures.
    • Le bâtiment : Un concours international a désigné comme lauréat l’architecte espagnol Juan Herreros et son projet Lambda, qui arracha un « Cri » aux Osloïtes, notamment pour sa forme imposante. Un bâtiment de 12 étages, haut de 58 m, posé sur une fondation de 3 niveaux. Sa façade en verre est censée intégrer le paysage de fjord environnant aux espaces intérieurs.
    • Munch, ou l’expressionnisme poussé à bout : Edvard Munch (1863-1944) est sans conteste le plus célèbre des peintres norvégiens, et l’un des précurseurs du mouvement expressionniste qui se développa par la suite en Allemagne et dans toute la Scandinavie. Il commença sa carrière avec des toiles somme toute classiques, puis son style évolua vite vers le fauvisme français, avec l’utilisation de couleurs vives, plus franches, directement sorties du tube. Longtemps son travail suscita l’incompréhension et il eut du mal à exposer. On lui reprocha sa subjectivité, sa violence, son hypersensibilité et la trop grande présence de l’émotion à l’état brut, bref, son « expressionnisme ». Sa peinture faisait peur et fut même souvent qualifiée de vulgaire. Après quelques voyages à l’étranger, Munch acquit rapidement une grande notoriété internationale et son travail devint le sujet de plusieurs importantes expos en Europe. Il y gagna le statut assez rare de « peintre d’influence » sur son époque, et ce de son vivant. L’expressionnisme cherche à ramener le fond de l’âme à la surface, mettant à nu les sentiments les plus angoissants. C’est une sorte de contre-pied à l’impressionnisme et à ses tendances esthétisantes. La technique picturale est particulière : absence du détail, importance du contour noir qui cerne les personnages. Des couleurs sombres et franches, souvent sauvages (référence au mouvement fauve). Des visages déformés, des expressions accentuées. La hantise de l’agonie, la maladie, la mélancolie, la décrépitude et la solitude sont des thèmes récurrents dans les œuvres de Munch. Désespoir, jalousie, angoisse du néant sont exprimés avec force, au point que certaines de ses œuvres sont proprement insoutenables. On ne veut pas vous filer le bourdon, car au final, c’est atrocement beau.
    • L‘exposition : Parmi les œuvres exposées, on remarque entre autres La Mort de Marat ou Amour et Psyché, des interprétations du motif de la jalousie révolutionnaires et radicales tant pour le travail sur la couleur que sur son traitement. La contribution de Munch à la peinture « vitaliste » de l’époque se ressent aussi dans plusieurs peintures de grande taille où les corps sont irradiés de soleil, comme dans Hommes se baignant ou dans le paysage saturé de lumière du Soleil. Une grande générosité émane de ces œuvres. Des peintures comme Maçons et Mécaniciens, L’Homme dans le champ de choux, ou Cheval au galop illustrent, chacune à sa façon, le travail de Munch lorsqu’il vivait en Norvège et travaillait sur des motifs liés à la vie agricole, aux paysages ruraux, aux animaux, mais aussi aux simples travailleurs. À cette même période, Munch retravaillera d’une façon nouvelle de célèbres toiles comme Le Cri, L’Enfant malade (2 versions), Jeunes filles sur le pont, ou encore La Danse de la vie. Autant d’œuvres où l’exploration des tréfonds de l’âme humaine est ramenée à la surface.
    • Sa propriété d’Ekely l’inspira profondément, tant pour ses recherches personnelles que pour réaliser des travaux plus classiques, comme Modèle à côté d’un fauteuil en rotin (côté maison) ou Nuit étoilée (côté jardin). Côté introspection, certains autoportraits de ces années-là sont des œuvres marquantes, voire violentes : Autoportrait avec la grippe espagnole, Le Noctambule ou encore Autoportrait entre l’horloge et le lit.

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Étape 12: Oslo – Suisse

Voilà arrivé notre dernier jour en Norvège. C’est le moment de boucler nos valises. Nous avons fait tout ce qui nous intéressait dans le centre d’Oslo. Hier nous avions hésité à prendre un transport public pour aller dans le Vigelandsparken (l’installation Vigeland) qui se trouve à 5 km à l’Ouest du centre. Mais comme nous ne pouvions pas laisser la voiture parquée en plein centre nous avons reporté cette visite à aujourd’hui.

Vers 8 h 30 je vais, à pied chercher la voiture. Je marche une petite demi-heure et enfin j’y arrive. Il me faudra quasiment le même temps pour revenir chercher les bagages. Et autant de temps pour parcourir les 5 kilomètres jusqu’au Vigelandspaken ! D’avoir une voiture en ville d’Oslo n’est vraiment pas une bonne solution. Nous aurions peut-être dû rendre notre voiture de location il y a deux jours quand nous sommes arrivés ici …

Le parc de sculptures de Gustav Vigeland. Il rassemble les œuvres d’une vie de travail du sculpteur Gustav Vigeland (1869-1943) avec plus de 200 sculptures en bronze, granit et fer forgé. Vigeland a également imaginé et dessiné l’architecture du parc.

Nous passons beaucoup de temps du côté du « Monolythe ». Le pilier central du Monolithe (121 figures humaines enchevêtrées et grimpant vers le ciel pour symboliser la résurrection et l’aspiration spirituelle de l’humanité) est entouré sur son plateau surélevé par 36 statues en granite disposées en cercle. Ces sculptures explorent les différents âges de la vie et les relations humaines. Je photographie presque chaque statue. Les expressions des personnages est incroyablement réaliste. Ici mère qui console sa fille, là d’espiègles enfants chevauchent leur maman, une natte en guise de mors. Ici encore Un vieil homme avec ses petits-enfants, et là 2 veuves semblant désabusées de la vie, des amants enlacés, pétris d’amour…

Le temps avançant il nous faut continuer notre découverte du parc. Nous traversons le pont sur lequel, de chaque côté se trouvent un grand nombre de statues en bronze.

Entre le Monolithe et le pont il y a aussi une belle fontaine entourée de bas-reliefs de bronze.

Il est midi passé de quelques minutes quand nous quittons le par cet prenons la direction de l’aéroport. En route nous nous arrêtons encore dans un magasin pour faire nos derniers achats et finalement, vers 14 h, nous rendons la voiture.  Notre avion décolle dans trois heures …

Il devait décoller dans 3 h mais ça sera presque 4 en fin de compte. Il a du retard …

Toutes les photos ici.

À l’ouest du centre, balade  dans les « beaux quartiers »

  • Oslo Bymuseet  (musée municipal) (site) : Ce musée historique de la ville a pris ses quartiers dans le superbe manoir Frogner. Chronologie de l’évolution de la cité, de son économie et de sa culture depuis 1 000 ans. Intéressant pour comprendre l’évolution de la ville, mais dommage que les textes soient aussi peu traduits.
    • Derrière le palais royal (voir plus haut) se cache un Oslo plus secret, plus discret, à découvrir si on a le temps, entre une balade dans le parc du château et celle, plus passionnante, autour du musée Vigeland, drainant, aux beaux jours de nombreux admirateurs du célèbre sculpteur.
    • Kunstnernes Hus (Maison des artistes) : kunstnerneshus.no. La maison en elle-même est un des plus beaux exemples du style « fonctionnaliste » norvégien, qui a fait fureur au début du XXe s. Dépouillé, design, simple, très simple. Expo permanente d’art contemporain. Parfois squattée pour des mariages
  • Museet (musée Ibsen) (site) : C’est ici qu’a vécu 11 ans durant le dramaturge Henrik Ibsen. Il y a écrit ses 2 dernières pièces.
  • Vigelandsparken (ou Frognerparken) (site) : Une fois passées les superbes grilles Art déco, on admire dans ce parc les statues colossales de Gustav Vigeland (1869-1943). On a laissé toute latitude à l’artiste pour aménager cet espace monumental. Le parc fut achevé en 1944, 1 an après sa mort. Une force exceptionnelle semble habiter ces œuvres de pierre, images d’une humanité puissante : totalement nus, des hommes, des femmes, des enfants, rarement seuls, s’embrassent, se parlent, jouent, s’aiment, ou se battent. Ici, rien n’est statique. Les corps sont en mouvement perpétuel. Et c’est une sensation forte que de pouvoir détailler longuement ces images de la vie que nous connaissons tous pour les avoir vécues, chez des êtres si différents de la plupart d’entre nous. Car chez Vigeland, les hommes sont taillés en Hercule, les corps et les membres sont épais, presque mal dégrossis. La grande majorité des sculptures de bronze s’ordonnent de chaque côté du pont central. Repérez ce bout de chou piquant sa colère. Il s’appelle Sinnataggen. Inspiré par le propre fils de Vigeland, il est devenu l’emblème de la capitale norvégienne, fier et indépendant. Plus loin, la grande fontaine est entourée de beaux bas-reliefs de bronze. Plus loin, l’obélisque de 14 m de haut, constitué d’un enchevêtrement de 121 corps entouré d’un grand nombre de statues de groupes. Sur les marches, une mère console sa fille, d’espiègles enfants chevauchent leur maman, une natte en guise de mors. Un vieil homme avec ses petits-enfants, 2 veuves semblant désabusées de la vie, des amants enlacés, pétris d’amour… On ne se lasse pas d’observer ce jeu de la vie. Le pilier central du Monolithe (121 figures humaines enchevêtrées et grimpant vers le ciel pour symboliser la résurrection et l’aspiration spirituelle de l’humanité) est entouré sur son plateau surélevé par 36 statues en granite disposées en cercle. Ces sculptures explorent les différents âges de la vie et les relations humaines.
  • Vigelandmuseet (musée Vigeland) (site) : On y suit la démarche du sculpteur grâce à de nombreux dessins, modèles, études et plâtres des sculptures que l’on voit dans le parc. Vigeland fut pendant 40 ans un artiste officiel, appointé par la ville dont il recevait gîte, couvert et matériaux de travail. Ce qui n’enlève rien à la force de son œuvre. La visite de ce musée revêt encore plus d’intérêt après la balade dans le parc.

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1 Commentaire

  1. Isenring

    Merci pour cette belle escapade au sud de la Norvège. Richesse de couleurs et contrastes que tu sais mettre en valeur avec ton coup d’œil.
    Un véritable dossier de voyage avec les informations détaillées, quel boulot! Bravo!

    Marc

    Réponse

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