La randonnée qui part de Wasserauen offre de nombreuses variantes en termes de longueur et de difficultés. La descente de l’Ebenalp (que l’on rejoint aisément en téléphérique) au lac de Seealp, par les célèbres grottes de Wildkirchli, est courte et facile. On peut ensuite rejoindre Wasserauen. Ceux qui préfèrent marcher plus longtemps monteront de l’Ebenalp au Schäfler pour rejoindre le lac de Seealp par la route de l’Ebenalp ou par l’Altenalp (raide) avant de descendre à Wasserauen. L’itinéraire le plus long et le plus difficile va de l’Ebenalp au Mesmer, en passant par le Schäfler, puis retourne au lac de Seealp et à Wasserauen. C’est la randonnée que nous avons choisi de faire …
La randonnée parcourt une boucle, ce qui permet de profiter de l’impressionnant panorama depuis tous les côtés. Depuis la station supérieure d’Ebenalp, on emprunte un chemin bien aménagé qui descend vers la célèbre Wildkirchli. Cette suite de grottes préhistoriques se compose d’une caverne transformée en 1657 en chapelle, où se dresse un autel, de la «Kellerhöhle», où vécurent des ermites entre le XVII et le XIXe siècles et enfin de la grotte transformée aujourd’hui en un restaurant. Ces grottes ne furent jamais habitées par l’homme, mais par des ours des cavernes, jusque vers 90 000 avant J.-C. Ces ours étaient si grands que les hommes qui découvrirent leurs ossements au Moyen Age pensèrent d’abord qu’il s’agissait de vestiges de dragons. A voir le paysage, on pourrait presque le croire.
En 1658, le prêtre Ulmann fut le premier ermite à s’installer dans l’ermitage du Wildkirchli. Depuis lors, ce lieu exerce une fascination qui s’est transmise de génération en génération. Des légendes racontent que de petits êtres sauvages vivaient autrefois dans les grottes du Wildkirchli et aidaient les fromagers d’alpage.

Après la traversée des grottes nous nous arrêtons devant le lieu incontournable de la région, le Berggasthaus Aescher. Cette construction particulièrement osée a été collée au pied d’une falaise haute de plus de 100 mètres ! L’auberge, telle qu’elle se présente aujourd’hui, existe depuis 1860 et compte parmi les plus anciennes auberges de montagne de Suisse.
Nous pouvons maintenant affronter la montée assez raide vers le Schäfler. Là-haut, au cœur du somptueux décor de l’Alpstein se trouve une auberge isolée, qui accueille depuis près de 100 ans des hôtes assoiffés et affamés. Nous profitons de la vue incroyable que l’on a depuis ici. En direction du Säntis, les pointes acérées du Lötzliälpli se découpent dans le ciel. On voit aussi nettement le chemin que nous allons emprunter tout à l’heure. Le début a l’air assez aérien ! Mais c’est un chemin coté “rouge-blanc-rouge” donc ça devrait aller !
Pendant que nous profitons de la terrasse en buvant quelque chose avant de reprendre notre balade, une nappe de brouillard vient recouvrir la région. Heureusement elle se dissipe relativement vite et quand nous nous remettons en route elle a presque complètement disparu. Par contre le ciel se charge de plus en plus en nuages. La météo a bien annoncé une augmentation de la couverture nuageuse à partir de la fin de la matinée, mais il n’a pas de pluie prévue. On croise les doigts …
Depuis Schäfler, la marche se poursuit de manière spectaculaire sur la crête, entre le Schäfler et Lötzlisälpli. Par endroits il y a des chaînes et de petits escaliers pour sécuriser la progression. On est d’abord sur une crête, puis le chemin suit le flanc du Lötzlisälpli en descendant tranquillement en direction du petit col à droite du Steckenberg. A partir d’ici la descente se fait plus abrupte. Le chemin contourne une barre rocheuse et remonte sur une centaine de mètres avant de redescendre à nouveau en direction du Berggasthaus Messmer.
Le ciel est toujours bien chargé et assez menaçant. Nous ne nous arrêtons pas ici et attaquons la descente, sur un chemin en zig-zag, vers le Seealpsee. 500 mètres plus bas nous arrivons enfin au fond de la cuvette où se trouve le lac.
Ici il y a plus de monde, mais ce n’est pas la foule que je craignait. Nous longeons le lac sur la droite. Le ciel très gris accentue la couleur verte du lac. De temps en temps, quelques rayons de soleil viennent éclairer les zones herbeuses qui entourent le lac. Ce qui renforce encore les nuances de vert du lac.
Pour revenir à Wasserauen où nous allons reprendre le train pour Appenzell, nous descendons sur la “route”. C’est, semble-t-il, le chemin le plus facile ! Mais par endroit la pente est très forte et il faut bien faire travailler les cuisses pour ne pas se laisser emporter par la pente.
Une longue et spectaculaire randonnée dans le massif de l’Alpstein. En 2021 j’avais déjà fait le trajet entre Ebenalp et Messmer. Mais je n’étais pas redescendu vers le lac. J’avais continué ma randonnée vers Meglisalp, puis vers le Säntis (voir ici).
Toutes les photos ici.
carte interactive de la région
altitude de départ: 1590 m
altitude d’arrivée: 865 m
altitude minimale: 865 m
altitude maximale: 1919 m
dénivelé positif: +675 m
dénivelé négatif: -1401 m
temps de parcours: 5 h
distance totale: 13700 m

Une toute belle découverte dans cette région si verdoyante, même par ces périodes de sécheresse.
Vues et chemins spectaculaires pour redescendre vers le Seealpsee.
Merci pour ce partage et ces itinéraires plus beaux les uns que les autres en Appenzell.