- description et photos
- informations sur les «Chlauseschuppel» et sur les origines de la tradition
- données du parcours
- autres photos, vidéos, Chleusezäuerli
Le “vieux Nouvel An” à Urnäsch et Waldstatt est le dernier vestige d’une résistance affirmée contre la réforme du calendrier grégorien. Dans la région d’Appenzell, la réforme du calendrier a été introduite respectivement en 1584 et 1789. Mais les Silvesterkläuse d’Urnäsch et de Waldstatt apparaissent encore aujourd’hui le 13 janvier, en signe de protestation indépendante d’une partie de la population d’Appenzell Rhodes-Extérieures qui ne se laissait pas dicter quand elle devait célébrer ses fêtes.
Il existe trois sortes de personnages masqués: Les « Schöne » (“les Beaux”), les « Wüeschte » (“les Laids”) et les « Schö-Wüeschte » (les “Mi-Beaux” ou les “Beaux-Laids”). . Sans oublier les « d’Buebegrüppli », dans lesquels se glisse même parfois une fille. Les «beaux», comme leur nom l’indique, sont beaux et richement vêtus. Ils portent des pantalons ou robes de velours rappelant les costumes traditionnels. Leur visage est caché par un masque sobre aux joues rouges. Leur tête est coiffée de grands chapeaux plats, ornés de figurines en bois sculpté composant des scènes de la vie quotidienne, le tout rehaussé de milliers de perles de verre. Les groupes de «Chläuse», appelés «Schuppel» en appenzellois, taillent et cousent eux-mêmes les costumes et leurs ornements. Il n’est pas rare qu’ils débutent les préparatifs dès le printemps. La confection des «vilains» n’exige pas moins de travail. En plus de masques effrayants, ils portent des costumes hérissés de paille, de foin, de rameaux de sapins et d’autres éléments naturels. Les «beaux-vilains» sont un mélange des deux. Ils portent des éléments naturels, mais disposés de manière à former de beaux motifs. Et comme les «beaux», leur tête est surmontée de figurines en bois sculpté. En revanche, tous les «Chläuse» portent des cloches de formes et dimensions diverses.
Il y a deux semaines nous étions à Urnäsch pour assister au Silvesterchlauser du Neuer Silvester. Ce mardi 13 janvier nous sommes à nouveau en territoire appenzellois, du côté de Waldstatt, pour admirer les Schuppel qui défilent de ferme en ferme à l’occasion de l’Alter Silvester.
Noua avons passé la nuit à Schwellbrunn et nous sommes levés à 6 h. Nous avons pris la voiture pour nous rendre à Waldstatt (à 5 km). Nous l’avons laissée près de la gare et sommes partis à pied, dans l’obscurité, pour Oberwaldstatt. Nous avons d’abord suivi une petite route puis nous sommes montés à travers champs et dans la neige. Heureusement que le chemin était déjà partiellement tracé sinon dans la nuit, la progression aurait été difficile.
Quand, vers 6h45 nous arrivons sur la crête nous entendons les premières cloches de Schuppel. La première que nous voyons est une de “Laids”. Mais dans l’obscurité presque complète nous n’arrivons pas à voir les costumes et les masques. Un peu plus loin il y a une Schuppel de “Beaux”. Les coiffes illuminées ajoutent une magie supplémentaire aux yodels chantés.
Nous restons à Oberwaldstatt pendant presque 5 heures. C’est un ballet incessant de Schuppel qui se croisent et se recroisent. Nous en verront 7 différentes pendant tout le temps que nous passons ici. Nous voyons certaines d’entre elles plusieurs fois. Nous avons même le temps de chercher de jolis spots pour faire des photos. Un des plus prisés par les photographes présents est le champ enneigé au bord de la route que longe la crête. Cela permet de voir les Schuppel avec, en toile de fond, le Säntis !
Vers midi nous décidons de changer de lieu et descendons du côté de Winkfeld pour rejoindre la route principale. Nous avions initialement l’idée d’aller dans le village pour voir si nous pouvions retrouver les “Laids” que nous avions entraperçus en arrivant à Oberwaldstatt. Mais, attirés par des Schuppels de “Beaux” nous allons plutôt du côté de Brisig, sur la route qui monte vers Schwellbrunn. Là, presque seuls avec les gens du lieu, nous restons presque une heure. Deux Schuppel de “Beaux” de plus à notre tableau de chasse !
En revenant vers le centre du village, il y a plus de monde (mais absolument rien de comparable avec ce que nous avons vécu à Urnäsch le 31 décembre !) Certaines Schuppel commencent à faire une pause. Assurément bien méritée. Pour certaines cela fait plus de 6 ou 7 heures qu’elles sont en route !
Au centre du village nous nous arrêtons vers deux autres Schuppel de “Beaux”. Il est presque 14 h quand nous revenons finalement à la voiture. Au loin, du côté d’Unterwaldtstatt nous apercevons une autre Schuppel ! Alors, au lieu de prendre le chemin de Schwellbrunn pour aller nous reposer un moment, nous nous remettons en route et montons les voir. Nous arrivons à temps pour leur dernier chant avant leur pose. Ouf. nous ne sommes pas monté jusqu’ici pour rien.
Il est presque 14h30 quand finalement nous pouvons nous reposer un petit moment.
La pause fut de courte durée puisque nous sommes ressortis pour une petit balade de fin d’après-midi. Entre Schwellbrunn et Waldstatt il y une crête que nous avions repérée la dernière fois que nous étions passés par là. Avec la lumière de cette fin d’après-midi la vue sur la vallée et le massif du Säntis n’en est que plus belle.
Une fois sur la crête nous entendons les yodels et les cloches des Schuppel qui se “produisent” dans les fermes en bas de la colline. Nous hésitons à descendre mais nous sommes raisonnables et continuons notre petite balade.
Quand nous arrivons à Högg, nous entendons à nouveau des chants et des bruits de cloches ! Il y a une Schuppel un petit peu plus loin. Et sur notre trajet. Le destin nous gâte aujourd’hui. A la ferme de Stein nous assistons au dernier yodel d’une Schuppel de “Mi-Beaux”. Là il n’a y personne d’autre que les habitants de la ferme !
Pendant le reste de notre petit tour nous voyons encore deux Schuppel !
Nous avons passé une magnifique journée ! Nous avons eu, comme chaque fois, des frissons en entendant les yodels et en voyant les «Silvesterchläuse». Mais contrairement à la Silvesterchlause à laquelle nous avons assister le 31 décembre 2025 à Urnäsch (voir ici) celle-ci est plus authentique et plus “calme”. A Urnäsch il y avait vraiment beaucoup de monde. Et les gens se plaçait parfois extrêmement près des Schuppel. Certaines personnes venaient même se “coller” à un membre d’une Schuppel pour faire un selfie ! Ici on a trouvé que les spectateurs étaient très respectueux de cette tradition. Et il y avait aussi nettement moins de monde. Plusieurs fois nous étions les seuls touristes sur place.
La différence de monde s’explique aussi par les dates des deux Silvesterchlausen. Celle d’Urnäsch se déroulait le 31 décembre, un jour où beaucoup de personnes sont en vacances. Celle du 13 janvier à Waldtstatt, s’est passée un jour de semaine où même les écoles n’était pas fermées.
Si, une prochaine année, je reviens assister à cette tradition je privilégierai l’Alter Silvester à Waldstatt ! Ou alors j’irai admirer les Les groupes de «Chläuse» à Hundwil (comme ce que nous avions fait en décembre 2024 (ici)) ou à Stein. Pas dans tous les cas pas à Urnäsch !!
Winkfeld – Oberwaldstatt
Rotschwendi – Waldstatt – Unterwaldstatt
Toutes les photos ici.
Tour de l’après midi
toutes les photos ici.
À la Saint-Sylvestre et le 13 janvier, jour de l’«Alten Silvester», une impressionnante coutume hivernale est célébrée dans l’arrière-pays d’Appenzell Rhodes-Extérieures. Des groupes de Kläuse, appelés «Schuppel», visitent les fermes en suivant chacun leur propre itinéraire. Ils s’y placent en cercle, agitent leurs cloches en rythme et chantent un « Zäuerli » (une forme de yodel). Les Kläuse souhaitent une bonne année à la famille de la ferme, reçoivent un cadeau en argent et poursuivent leur chemin.
Aujourd’hui, on distingue trois groupes de Kläuse lors du Silvesterchlausen : les « Schöne » (les « Beaux »), les « Schö-Wüeschte » (les « Beaux-Vilains ») et les « Wüeschte » (les « Vilains »). Les « Schöne » portent des costumes traditionnels en velours ornés de galons argentés et des coiffes et chapeaux décorés de perles de verre, de feuilles métalliques et de cordons, sur lesquels sont sculptées des scènes de la vie quotidienne. Les « Wüeschte » sont vêtus de robes hirsutes recouvertes de brindilles, de feuilles ou de paille et se couvrent le visage avec des masques de démons en papier mâché. Les « Schö-Wüeschte » utilisent également des matériaux naturels pour leurs vêtements, mais ceux-ci sont soigneusement confectionnés, comme pour les « Schönen ». La plupart des membres des groupes sont des « Schellenkläuse » avec une cloche de vache suspendue ou deux cloches de vaches sur la poitrine et dans le dos, et représentent des personnages masculins. Cependant, tous les groupes comptent au moins deux personnages féminins, appelés « Rollenweiber », qui portent jusqu’à treize « Rollen » (cloches rondes fendues) sur le haut du corps. Seuls les groupes d’enfants comptent parfois quelques filles, ce qui est une coutume typiquement masculine.
«Chlauseschuppel»
Les Silvesterchläuse se réunissent en groupes sans structure associative ni autres obligations contraignantes. Le mot appenzellois pour « groupe » est « Schuppel » ou sa forme diminutive « Schüppeli ». Très souvent, le groupe tire son nom du lieu-dit de la région où il s’est formé à l’origine. À Urnäsch, le « Bindli-Schuppel » a été marqué par la famille Fässler, originaire de « Bindli », et le « Waisehuus-Schuppel » est principalement composé des frères Frick, qui ont grandi dans l’exploitation agricole de l’ancien orphelinat d’Urnäsch. Parfois, les groupes sont nommés d’après l’association dont ils sont issus, c’est-à-dire le club de ski, le club de gymnastique ou le chœur de yodel. Il en va de même à Herisau, Stein, Waldstatt ou Hundwil.
Les « Chlausenschuppel » comptent généralement entre six et douze membres, rarement plus. Un « Goofeschüppeli » est composé d’enfants et d’adolescents. Dans le dialecte local, « Goof » n’est pas un mot péjoratif. C’est le terme couramment utilisé pour désigner les enfants des deux sexes.

Tous, petits et grands, ont répété les « Chlausezäuerli », ces magnifiques yodels naturels sans paroles, et portent des cloches forgées et laitonnées ou des « rouleaux ronds fendus, que l’on connaît grâce aux cartes de jass.
Certains Chläuse portent une ou deux cloches et représentent des « Mannevölcher ». On les appelle plus souvent « Schelli » ou Schellenklaus d’après leur instrument. Les autres sont les « Rollewiiber » ou « Rolli », avec un harnais portant des cloches rondes en fendues. Bien que les Rolleweiber portent clairement des vêtements féminins, c’est un garçon qui se cache sous le masque. Le Klausen est encore une coutume exclusivement masculine, seules les « Goofeschüppeli » acceptent parfois la participation de filles.
Deux dates pour le réveillon
À Urnäsch, Hundwil et Stein, et depuis quelque temps également à Waldstatt, on fête deux fois le Nouvel An, le 31 décembre et le 13 janvier selon le calendrier julien. Dans le canton réformé d’Appenzell Rhodes-Extérieures, on a longtemps hésité à adopter le calendrier grégorien introduit par le pape Grégoire XIII en 1582. Ce n’est qu’en 1798, au début de la République helvétique, que l’Appenzell a été intégré au canton de Säntis jusqu’en 1803. À un moment donné, probablement au XIXe siècle, le Nouvel An a été célébré selon les deux calendriers.
Si le jour du Nouvel An tombe aujourd’hui un dimanche, le Klausen est avancé au samedi précédent – une dernière trace des anciens conflits avec l’Église. Il arrive néanmoins que certains Schuppel se réunissent pour le Spaßklausen à la date prévue, loin du village, surtout lors du Nouvel An.
Une journée
Dès les premières heures du matin du Nouvel An, le 31 décembre, de nombreux « Schuppel » d’Urnäsch se rendent au Frühklausen. Chez un ami ou un membre du groupe, ils font du « gchlauset » et du « zauret », mais sans masque ni coiffe. Depuis plusieurs années, il est également de coutume qu’un grand nombre de Kläuse d’Urnäsch se retrouvent sur la place du village pour le Frühklausen (“bande sonore” enregistrée sur place). À cinq heures précises du matin, le 31 décembre, les lumières autour de la place du village sont éteintes. Dans la nuit noire, les Kläuse – encore sans masques ni chapeaux – affluent sur la place. Puis un énorme tintement et un roulement retentissent, et les trois Zäuerli habituels pour cette occasion sont chantés ensemble. Ensuite, les Kläuse disparaissent à nouveau et commencent leur journée traditionnelle à l’aube.
Les Kläuse vont de maison en maison, en groupe, avec le « Vorrolli » en tête, suivi des « Schelli » et enfin du « Noerolli » (Nachrolli). Devant chaque maison, ils se placent en cercle, font sonner leurs cloches, puis se calment et entonnent un Zäuerli. Ils répètent généralement cette opération trois fois. Les Kläuse souhaitent ensuite une bonne année au maître de maison et à sa famille en leur serrant vigoureusement la main, puis reçoivent du vin chaud, du vin blanc ou du cidre bouilli ainsi qu’un don en argent. Ils passent ensuite à la maison suivante dans le même ordre que celui dans lequel ils sont arrivés. Le cadeau que les Kläuse reçoivent à la fin de leur visite indique que le Klausen s’inscrit dans le contexte des coutumes de quête au moment du passage à la nouvelle année. La quête était particulièrement répandue en période de famine. À Herisau, il existe des témoignages datant des années de famine 1816/17.
Le Klausen est une activité très exigeante physiquement. Cela signifie qu’un Klausschuppel doit faire plusieurs pauses pour se reposer, car le jour de la Saint-Sylvestre est long, commence tôt et se termine tard, car le soir, il faut encore se rendre dans les auberges du village et de la vallée. Contrairement au Nouvel An, à Urnäsch, lors du Vieux Nouvel An, parmi les nombreux groupes de Kläuse, certains viennent d’autres villages d’Appenzell Rhodes-Extérieures.
Trois types de Kläuse
Un groupe de « beaux » Kläuse se compose aujourd’hui de six à huit garçons, deux « Rolli » et le reste « Schelli ». Les femmes « Rollenweiber » portent d’énormes coiffes en forme de roue et sont vêtues d’une sorte de costume traditionnel féminin. Les « Schellenkläuse » portent sur le dos et la poitrine une cloche de berger, qui est attachée aux épaules par des lanières de cuir décorées. Les Schellenkläuse portent sur la tête des chapeaux plats dont les côtés et la partie inférieure sont décorés de la même manière que les coiffes des « Rolli », avec des milliers de petites billes de verre, des cordons colorés, des feuilles métalliques et du papier argenté. Dans les niches des coiffes et sur la surface supérieure des chapeaux, des figurines soigneusement sculptées représentent généralement des scènes de la vie rurale, comme la montée à l’alpage ou des artisans et des paysans au travail. Un costume en velours uni orné de galons argentés, des chaussettes blanches et des chaussures lourdes complètent la tenue.
Les « Wüeschte » Kläuse portent souvent des masques effrayants, fabriqués à partir de papier mâché, de dents de porc ou de bovins, d’os et d’autres matériaux naturels. Les pantalons, les couvre-chefs et les manteaux sont ornés de foin, de paille, de brindilles de sapin, de branches de houx ou d’autres éléments similaires. Sous leur manteau, à moitié visibles, les « Mannevölcher » portent une cloche attachée à une corde sur une épaule. Les Kläuse avec leurs masques en papier mâché ont été créés dans les années 1950 par l’enseignant Hans Schläpfer, avec le soutien de folkloristes, comme alternative aux « Spasskläuse », souvent déguisés de manière vulgaire à l’époque.
Les Kläuse de la nature ou de la forêt, souvent appelés « Schö-Wüeschte » dans le langage populaire, sont, comme leur deuxième nom l’indique, une forme intermédiaire entre les « beaux » et les « laids » Kläuse. Vers 1965, un groupe d’Urnäsch a fait sa première apparition sous cette forme. Des matériaux naturels sont utilisés pour les manteaux et les chapeaux, avec un grand sens de l’effet décoratif. De plus, on trouve sur les coiffes et dans les niches des manteaux des scènes similaires à celles des « beaux » Kläuse.
Controverse autour du quatrième type, les Spasskläuse
Les Spasskläuse mentionnés étaient à l’origine des personnages déguisés pour le carnaval, souvent vêtus de haillons, le visage recouvert d’un morceau de tissu en guise de masque. Ils se comportaient souvent de manière indisciplinée, parfois grossière, et s’adonnaient souvent à une consommation excessive d’alcool. Les premières descriptions des Kläuse font référence à ce type de comportement. Les sources les plus anciennes, qui ne contiennent toutefois aucune représentation des Kläuse, rapportent toutes la lutte des autorités contre cette coutume indésirable, jugée indécente.
Le réveillon de la Saint-Sylvestre 2004 a été marqué par des conditions météorologiques épouvantables. Il y avait de la tempête et il pleuvait à verse. Comme les « beaux » Urnäscher Schuppel ne voulaient pas abîmer leur précieux équipement, ils se sont présentés sous la forme de « Wüeschte » Kläuse. Un Schuppel a toutefois décidé de se déguiser en très sympathique Spasskläuse : les « Mannevölcher » ont revêtu des chemises Edelweiss et le costume du dimanche brun, avec autour du cou le morceau de tissu rouge obligatoire (Nastuch), le masque barbu devant le visage et sur la tête la casquette noire à pointe répandue dans la région d’Appenzell. Les Rolli étaient déguisées en « Beierwiiber » (cueilleuses de baies), avec un « Beierchratte » (panier à baies) suspendu devant elles, le masque habituel des femmes et un foulard sur la tête. Pour se protéger de la pluie, tous les membres du groupe avaient déployé un grand « Tach » (parapluie) noir à l’ancienne.
Une apparition similaire avait déclenché une controverse en 1978, avec des lettres de lecteurs dans le journal Appenzeller Zeitung. Un tel costume ne risquait-il pas de gâcher cette belle coutume ? Les auteurs des lettres inquiets ignoraient que les Spasskläuse sont probablement la forme la plus ancienne des Kläuse. Depuis les années 1980, les Spasskläuse font à nouveau des apparitions régulières.
Premières traces en 1663 : protestation de l’Église
Il est impossible de répondre de manière concluante à la question de l’ancienneté de la coutume du Silvesterklausen ; les chroniqueurs ne mentionnaient les coutumes populaires que dans des cas exceptionnels. Les premières traces écrites que l’on trouve dans la région d’Appenzell sont des interdictions officielles, appelées « Sittenmandate » (mandats de coutumes). Lors du synode de l’Église réformée du 29 avril 1663, il a été décidé d’interdire « St.Niclaussen an dem H. Wiehnacht-fest …mit Herumblauffen, Polderen und Schellen beÿ der Nacht » (la Saint-Nicolas à la fête de Noël … avec des cris, des claquements et des cloches pendant la nuit).
Cette mention, la plus ancienne connue à ce jour, montre qu’au XVIIe siècle, le Klausen n’avait pas lieu à la Saint-Sylvestre, mais à Noël. De plus, il semble que des cloches étaient déjà utilisées à l’époque. Les autorités réformées s’opposaient fondamentalement au culte des saints, et donc aussi à Saint Nicolas, et soulignaient l’importance de la Sainte Cène et de l’Enfant Jésus.
Aujourd’hui, ceux qui voient dans le Klausen un sortilège de fertilité et un exorcisme datant de l’époque païenne oublient que les Kläuse tirent leur nom de Saint Nicolas et s’inscrivent ainsi dans le vaste cadre des coutumes nicolaïques largement répandues en Europe.
Saint Nicolas, le patron de la coutume
Saint Nicolas, qui a donné son nom à la coutume, est un personnage haut en couleur qui incarne d’une part la charité chrétienne, l’amour du prochain et le don, et qui d’autre part se glisse dans le costume des Silvesterkläuse, ce qui ne correspond pas à l’image d’un saint.
Les événements traditionnels liés à Saint-Nicolas se déroulent entre l’Avent et la première quinzaine de janvier. Ils sont marqués à la fois par le recueillement chrétien et par le bruit nocturne, les « cloches et les tambours » et l’exubérance du carnaval. Les Kläuse de la région d’Appenzell sont donc à plusieurs égards de véritables frontaliers. Comme d’autres coutumes liées à Saint-Nicolas, leur origine remonte aux écoles monastiques du nord de la France. Les élèves pouvaient y élire un évêque Saint-Nicolas pour une journée, car le saint était vénéré comme le patron des jeunes en âge d’apprendre. Dès le XIVe siècle, des plaintes indiquent que les garçons abusaient de la fête de la Saint-Nicolas pour faire des farces grossières. Un peu plus tard, divers rapports mentionnent qu’ils apparaissaient d’abord déguisés, puis complètement méconnaissables « in larvis ».
En Appenzell, un mandat de 1744 mentionne pour la première fois le déguisement des Kläuse. Tout comme le décret de 1663 mentionné plus haut, ce document indique que les Kläuse apparaissent pendant la période de Noël. Il fait également référence à la date du Nouvel An et donc à la coutume que nous appelons aujourd’hui Silvesterklausen. Dans le récit du grand incendie du village de Herisau en 1812, il est rapporté que les Silvesterkläuse ont défilé comme d’habitude. C’est donc entre 1744 et 1812 que les Kläuse ont dû choisir la date de fin d’année. La coutume a ainsi disparu de la période critique de l’Avent et de Noël, ce qui a probablement rendu caduc un argument de poids de l’Église contre le Klausen. Et pourtant, au XIXe siècle, le Klausen était soit totalement ignoré en dehors d’Urnäsch, soit considéré comme barbare. Cette attitude est attestée à plusieurs reprises dans des articles de journaux.
La composante musicale
Werner Mezger, professeur d’ethnologie à Fribourg-en-Brisgau, qui a assisté plusieurs fois au Klausen et compte parmi les meilleurs connaisseurs des coutumes européennes, souligne que les Silvesterkläuse sont certes très beaux, mais qu’il existe d’autres costumes tout aussi beaux, par exemple au Tyrol lors du « Schleicherlaufen » à Telfs ou du « Schemenlaufen » à Imst.
Mais il n’existe aucune autre coutume qui se rapproche ne serait-ce qu’un peu des qualités acoustiques du Klausen. Il fait bien sûr principalement référence au « Zauren », mais le Chlausen lui-même, c’est-à-dire le tintement des cloches et le roulement des tambours, en fait également partie.
Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, et de manière accrue ces dernières années, que le Klausen, événement traditionnel du Nouvel An, est devenu si célèbre que des visiteurs et des journalistes viennent de près ou de loin à Urnäsch, et que des trains spéciaux et de longues files de voitures se dirigent vers la même destination.
D’autres informations :
Silvesterchlausen: des masques beaux et vilains
Silvesterchlausen (par Johannes Schläpfer) (en allemand)
différents parcours proposés par l’office du tourisme pour voir des Schuppels
notre balade de l’après-midi
carte interactive de la région
altitude de départ: 962 m
altitude d’arrivée: 962 m
altitude minimale: 962 m
altitude maximale: 1035 m
dénivelé positif: +155 m
dénivelé négatif: -155 m
temps de parcours: 1 h 30
distance totale: 4200 m

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