- description et photos
- informations sur les «Chlauseschuppel» et sur les origines de la tradition
- autres photos
- Chlausezäuerli
Ce matin nous avons mis le réveil à 4h45 pour pouvoir assister au Frühklausen qui se déroule sur la place du village. Heureusement, nous n’avons pas à sortir puisque la fenêtre de notre chambre donne sur la place ! En effet, dès les premières heures du matin du Nouvel An, le 31 décembre, de nombreuses « Schuppel » d’Urnäsch se rendent au Frühklausen. À cinq heures précises les lumières autour de la place du village s’ont éteintes’éteignent et dans la nuit noire, les Kläuse – encore sans masques ni chapeaux – affluent sur la place. Puis les cloches retentissent, et les trois Zäuerli habituels pour cette occasion sont chantés ensemble. Ensuite, les Kläuse disparaissent à nouveau et commencent leur journée traditionnelle à l’aube (un audio du “Frühklausen” peut être écouté ici).
A 5h30, dans le froid glacial (-12°C), nous sortons pour chercher les Schuppel. Nous commençons par nous promener un petit peu dans le village. Nous descendons au bord de la rivière et entendons le son de cloches du côté de Hinteregg. Nous nous dirigeons donc là-bas. Il y a déjà du monde pour assister au “spectacle” d’une Schuppel de “Schöne”. Les coiffes illuminées par de petites leds rendent l’instant assez magique !
A 6h, grelottant, nous repassons rapidement à l’hôtel pour nous habiller plus chaudement. Puis nous ressortons immédiatement. D’après le site de l’office du tourisme d’Appenzell Rhodes-Extérieures il est possible de découvrir des Schuppel du côté de Chräg-Dorf ou Dorf-Dürrhalde. Nous prenons le pari d’aller du côté de Dürrhalde. Nous montons dans le froid et dans une obscurité presque totale par endroit. Juste avant d’arriver en haut de la montée nous entendons des cloches et voyons arriver sur la route et dans la nuit, une Schuppel (des ” Schöne”) composée de 8 personnes. Magique ! Nous la suivons pendant presque 45 minutes. Les « Chlausezäuerli » (yodel sans paroles) sont magnifiques. Un des membres du groupe à une voix de basse incroyable. En les écoutant on ne ressent presque plus le froid (vidéos 1 à 5 ci-dessous).
Quand le jour commence à se lever nous changeons d’endroit. Nous nous dirigeons vers Schlössli où des cloches retentissent. Là c’est une Schuppel de « Schö-Wüeschte » qui souhaite la bonne année.
Vers 8h le soleil commence à faire son apparition au-dessus de l’Alpstein. Nous redescendons dans le village pour retourner à l’hôtel aller faire nos bagages et déjeuner. Sur le chemin nous croisons trois Schuppel, une de chaque ! Cette fois nous avons la chance de voir une Schuppel de « Wüeschte » (les « Vilains »). Un des membre porte, comme masque, un crâne de chevreuil ! les autres autres ont des masques faits en papier mâché.
Un peu avant 9 h nous nous frayons un passage au milieu de la foule pour pénétrer dans l’hôtel. Une Schuppel se “produit” juste devant !
Après avoir déposer nos bagages dans la voiture nous refaisons un tour dans Urnäsch mais il y a vraiment beaucoup de monde. On “s’enfuit” vers la partie sud du village pour retrouver un peu de calme. Là nous avons la chance de voir deux Schuppel, dont une composée d’enfants. Ils sont déguisés en “vilains”.
En revenant prendre la voiture que nous avons laissée près de la gare, nous devons jouer des coudes pour avancer. Les gens s’agglutinent autour des Schuppel que se sont aventurées dans le centre du village. Certaines personnes se “collent” aux membres des Kläuse pour prendre des selfies !!! Ils n’ont même plus la place de bouger correctement … C’est triste de voir ça.
Un peu dégoutés par cette attitude nous quittons Urnäsch pour rejoindre Schwellbrunn quelques kilomètres plus loin. En route nous nous arrêtons deux fois pour admirer des « Schöne ». Là nous ne sommes q’une dizaine à profiter du spectacle.
A Schwellbrunn nous trouvons une petite place pour nous garer et partons à la découverte du village. Il est presque 14h et il y a encore deux Schuppel qui font sonner leurs cloches et qui chantent leur yodel. Là nous pouvons voir un autre type de « Schöne ». Les « Rollewiiber » ou « Rolli » (ceux avec un harnais portant des cloches rondes en fendues) ne portent pas de grandes coiffes mais des “chapeaux” décorés comme les autres membre de la Schuppel.
Cette tradition appenzelloise est vraiment incroyable. On sent que ce n’est pas quelque chose d’artificiel et mais quelque chose d’ancrer dans les gênes des habitants du lieu. La chose que je regrette c’est la surmédiatisation et l’envahissement des rues d’Urnäsch. Il faut absolument aller assister à cette traditions dans d’autres lieux !
Photos prise à Urnäsch
Photos prises entre Urnäsch et Schwellbrunn
Toutes les photos ici.
Quelques vidéos
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À la Saint-Sylvestre et le 13 janvier, jour de l’«Alten Silvester», une impressionnante coutume hivernale est célébrée dans l’arrière-pays d’Appenzell Rhodes-Extérieures. Des groupes de Kläuse, appelés «Schuppel», visitent les fermes en suivant chacun leur propre itinéraire. Ils s’y placent en cercle, agitent leurs cloches en rythme et chantent un « Zäuerli » (une forme de yodel). Les Kläuse souhaitent une bonne année à la famille de la ferme, reçoivent un cadeau en argent et poursuivent leur chemin.
Aujourd’hui, on distingue trois groupes de Kläuse lors du Silvesterchlausen : les « Schöne » (les « Beaux »), les « Schö-Wüeschte » (les « Beaux-Vilains ») et les « Wüeschte » (les « Vilains »). Les « Schöne » portent des costumes traditionnels en velours ornés de galons argentés et des coiffes et chapeaux décorés de perles de verre, de feuilles métalliques et de cordons, sur lesquels sont sculptées des scènes de la vie quotidienne. Les « Wüeschte » sont vêtus de robes hirsutes recouvertes de brindilles, de feuilles ou de paille et se couvrent le visage avec des masques de démons en papier mâché. Les « Schö-Wüeschte » utilisent également des matériaux naturels pour leurs vêtements, mais ceux-ci sont soigneusement confectionnés, comme pour les « Schönen ». La plupart des membres des groupes sont des « Schellenkläuse » avec une cloche de vache suspendue ou deux cloches de vaches sur la poitrine et dans le dos, et représentent des personnages masculins. Cependant, tous les groupes comptent au moins deux personnages féminins, appelés « Rollenweiber », qui portent jusqu’à treize « Rollen » (cloches rondes fendues) sur le haut du corps. Seuls les groupes d’enfants comptent parfois quelques filles, ce qui est une coutume typiquement masculine.
«Chlauseschuppel»
Les Silvesterchläuse se réunissent en groupes sans structure associative ni autres obligations contraignantes. Le mot appenzellois pour « groupe » est « Schuppel » ou sa forme diminutive « Schüppeli ». Très souvent, le groupe tire son nom du lieu-dit de la région où il s’est formé à l’origine. À Urnäsch, le « Bindli-Schuppel » a été marqué par la famille Fässler, originaire de « Bindli », et le « Waisehuus-Schuppel » est principalement composé des frères Frick, qui ont grandi dans l’exploitation agricole de l’ancien orphelinat d’Urnäsch. Parfois, les groupes sont nommés d’après l’association dont ils sont issus, c’est-à-dire le club de ski, le club de gymnastique ou le chœur de yodel. Il en va de même à Herisau, Stein, Waldstatt ou Hundwil.
Les « Chlausenschuppel » comptent généralement entre six et douze membres, rarement plus. Un « Goofeschüppeli » est composé d’enfants et d’adolescents. Dans le dialecte local, « Goof » n’est pas un mot péjoratif. C’est le terme couramment utilisé pour désigner les enfants des deux sexes.

Tous, petits et grands, ont répété les « Chlausezäuerli », ces magnifiques yodels naturels sans paroles, et portent des cloches forgées et laitonnées ou des « rouleaux ronds fendus, que l’on connaît grâce aux cartes de jass.
Certains Chläuse portent une ou deux cloches et représentent des « Mannevölcher ». On les appelle plus souvent « Schelli » ou Schellenklaus d’après leur instrument. Les autres sont les « Rollewiiber » ou « Rolli », avec un harnais portant des cloches rondes en fendues. Bien que les Rolleweiber portent clairement des vêtements féminins, c’est un garçon qui se cache sous le masque. Le Klausen est encore une coutume exclusivement masculine, seules les « Goofeschüppeli » acceptent parfois la participation de filles.
Deux dates pour le réveillon
À Urnäsch, Hundwil et Stein, et depuis quelque temps également à Waldstatt, on fête deux fois le Nouvel An, le 31 décembre et le 13 janvier selon le calendrier julien. Dans le canton réformé d’Appenzell Rhodes-Extérieures, on a longtemps hésité à adopter le calendrier grégorien introduit par le pape Grégoire XIII en 1582. Ce n’est qu’en 1798, au début de la République helvétique, que l’Appenzell a été intégré au canton de Säntis jusqu’en 1803. À un moment donné, probablement au XIXe siècle, le Nouvel An a été célébré selon les deux calendriers.
Si le jour du Nouvel An tombe aujourd’hui un dimanche, le Klausen est avancé au samedi précédent – une dernière trace des anciens conflits avec l’Église. Il arrive néanmoins que certains Schuppel se réunissent pour le Spaßklausen à la date prévue, loin du village, surtout lors du Nouvel An.
Une journée
Dès les premières heures du matin du Nouvel An, le 31 décembre, de nombreux « Schuppel » d’Urnäsch se rendent au Frühklausen. Chez un ami ou un membre du groupe, ils font du « gchlauset » et du « zauret », mais sans masque ni coiffe. Depuis plusieurs années, il est également de coutume qu’un grand nombre de Kläuse d’Urnäsch se retrouvent sur la place du village pour le Frühklausen (“bande sonore” enregistrée sur place). À cinq heures précises du matin, le 31 décembre, les lumières autour de la place du village sont éteintes. Dans la nuit noire, les Kläuse – encore sans masques ni chapeaux – affluent sur la place. Puis un énorme tintement et un roulement retentissent, et les trois Zäuerli habituels pour cette occasion sont chantés ensemble. Ensuite, les Kläuse disparaissent à nouveau et commencent leur journée traditionnelle à l’aube.
Les Kläuse vont de maison en maison, en groupe, avec le « Vorrolli » en tête, suivi des « Schelli » et enfin du « Noerolli » (Nachrolli). Devant chaque maison, ils se placent en cercle, font sonner leurs cloches, puis se calment et entonnent un Zäuerli. Ils répètent généralement cette opération trois fois. Les Kläuse souhaitent ensuite une bonne année au maître de maison et à sa famille en leur serrant vigoureusement la main, puis reçoivent du vin chaud, du vin blanc ou du cidre bouilli ainsi qu’un don en argent. Ils passent ensuite à la maison suivante dans le même ordre que celui dans lequel ils sont arrivés. Le cadeau que les Kläuse reçoivent à la fin de leur visite indique que le Klausen s’inscrit dans le contexte des coutumes de quête au moment du passage à la nouvelle année. La quête était particulièrement répandue en période de famine. À Herisau, il existe des témoignages datant des années de famine 1816/17.
Le Klausen est une activité très exigeante physiquement. Cela signifie qu’un Klausschuppel doit faire plusieurs pauses pour se reposer, car le jour de la Saint-Sylvestre est long, commence tôt et se termine tard, car le soir, il faut encore se rendre dans les auberges du village et de la vallée. Contrairement au Nouvel An, à Urnäsch, lors du Vieux Nouvel An, parmi les nombreux groupes de Kläuse, certains viennent d’autres villages d’Appenzell Rhodes-Extérieures.
Trois types de Kläuse
Un groupe de « beaux » Kläuse se compose aujourd’hui de six à huit garçons, deux « Rolli » et le reste « Schelli ». Les femmes « Rollenweiber » portent d’énormes coiffes en forme de roue et sont vêtues d’une sorte de costume traditionnel féminin. Les « Schellenkläuse » portent sur le dos et la poitrine une cloche de berger, qui est attachée aux épaules par des lanières de cuir décorées. Les Schellenkläuse portent sur la tête des chapeaux plats dont les côtés et la partie inférieure sont décorés de la même manière que les coiffes des « Rolli », avec des milliers de petites billes de verre, des cordons colorés, des feuilles métalliques et du papier argenté. Dans les niches des coiffes et sur la surface supérieure des chapeaux, des figurines soigneusement sculptées représentent généralement des scènes de la vie rurale, comme la montée à l’alpage ou des artisans et des paysans au travail. Un costume en velours uni orné de galons argentés, des chaussettes blanches et des chaussures lourdes complètent la tenue.
Les « Wüeschte » Kläuse portent souvent des masques effrayants, fabriqués à partir de papier mâché, de dents de porc ou de bovins, d’os et d’autres matériaux naturels. Les pantalons, les couvre-chefs et les manteaux sont ornés de foin, de paille, de brindilles de sapin, de branches de houx ou d’autres éléments similaires. Sous leur manteau, à moitié visibles, les « Mannevölcher » portent une cloche attachée à une corde sur une épaule. Les Kläuse avec leurs masques en papier mâché ont été créés dans les années 1950 par l’enseignant Hans Schläpfer, avec le soutien de folkloristes, comme alternative aux « Spasskläuse », souvent déguisés de manière vulgaire à l’époque.
Les Kläuse de la nature ou de la forêt, souvent appelés « Schö-Wüeschte » dans le langage populaire, sont, comme leur deuxième nom l’indique, une forme intermédiaire entre les « beaux » et les « laids » Kläuse. Vers 1965, un groupe d’Urnäsch a fait sa première apparition sous cette forme. Des matériaux naturels sont utilisés pour les manteaux et les chapeaux, avec un grand sens de l’effet décoratif. De plus, on trouve sur les coiffes et dans les niches des manteaux des scènes similaires à celles des « beaux » Kläuse.
Controverse autour du quatrième type, les Spasskläuse
Les Spasskläuse mentionnés étaient à l’origine des personnages déguisés pour le carnaval, souvent vêtus de haillons, le visage recouvert d’un morceau de tissu en guise de masque. Ils se comportaient souvent de manière indisciplinée, parfois grossière, et s’adonnaient souvent à une consommation excessive d’alcool. Les premières descriptions des Kläuse font référence à ce type de comportement. Les sources les plus anciennes, qui ne contiennent toutefois aucune représentation des Kläuse, rapportent toutes la lutte des autorités contre cette coutume indésirable, jugée indécente.
Le réveillon de la Saint-Sylvestre 2004 a été marqué par des conditions météorologiques épouvantables. Il y avait de la tempête et il pleuvait à verse. Comme les « beaux » Urnäscher Schuppel ne voulaient pas abîmer leur précieux équipement, ils se sont présentés sous la forme de « Wüeschte » Kläuse. Un Schuppel a toutefois décidé de se déguiser en très sympathique Spasskläuse : les « Mannevölcher » ont revêtu des chemises Edelweiss et le costume du dimanche brun, avec autour du cou le morceau de tissu rouge obligatoire (Nastuch), le masque barbu devant le visage et sur la tête la casquette noire à pointe répandue dans la région d’Appenzell. Les Rolli étaient déguisées en « Beierwiiber » (cueilleuses de baies), avec un « Beierchratte » (panier à baies) suspendu devant elles, le masque habituel des femmes et un foulard sur la tête. Pour se protéger de la pluie, tous les membres du groupe avaient déployé un grand « Tach » (parapluie) noir à l’ancienne.
Une apparition similaire avait déclenché une controverse en 1978, avec des lettres de lecteurs dans le journal Appenzeller Zeitung. Un tel costume ne risquait-il pas de gâcher cette belle coutume ? Les auteurs des lettres inquiets ignoraient que les Spasskläuse sont probablement la forme la plus ancienne des Kläuse. Depuis les années 1980, les Spasskläuse font à nouveau des apparitions régulières.
Premières traces en 1663 : protestation de l’Église
Il est impossible de répondre de manière concluante à la question de l’ancienneté de la coutume du Silvesterklausen ; les chroniqueurs ne mentionnaient les coutumes populaires que dans des cas exceptionnels. Les premières traces écrites que l’on trouve dans la région d’Appenzell sont des interdictions officielles, appelées « Sittenmandate » (mandats de coutumes). Lors du synode de l’Église réformée du 29 avril 1663, il a été décidé d’interdire « St.Niclaussen an dem H. Wiehnacht-fest …mit Herumblauffen, Polderen und Schellen beÿ der Nacht » (la Saint-Nicolas à la fête de Noël … avec des cris, des claquements et des cloches pendant la nuit).
Cette mention, la plus ancienne connue à ce jour, montre qu’au XVIIe siècle, le Klausen n’avait pas lieu à la Saint-Sylvestre, mais à Noël. De plus, il semble que des cloches étaient déjà utilisées à l’époque. Les autorités réformées s’opposaient fondamentalement au culte des saints, et donc aussi à Saint Nicolas, et soulignaient l’importance de la Sainte Cène et de l’Enfant Jésus.
Aujourd’hui, ceux qui voient dans le Klausen un sortilège de fertilité et un exorcisme datant de l’époque païenne oublient que les Kläuse tirent leur nom de Saint Nicolas et s’inscrivent ainsi dans le vaste cadre des coutumes nicolaïques largement répandues en Europe.
Saint Nicolas, le patron de la coutume
Saint Nicolas, qui a donné son nom à la coutume, est un personnage haut en couleur qui incarne d’une part la charité chrétienne, l’amour du prochain et le don, et qui d’autre part se glisse dans le costume des Silvesterkläuse, ce qui ne correspond pas à l’image d’un saint.
Les événements traditionnels liés à Saint-Nicolas se déroulent entre l’Avent et la première quinzaine de janvier. Ils sont marqués à la fois par le recueillement chrétien et par le bruit nocturne, les « cloches et les tambours » et l’exubérance du carnaval. Les Kläuse de la région d’Appenzell sont donc à plusieurs égards de véritables frontaliers. Comme d’autres coutumes liées à Saint-Nicolas, leur origine remonte aux écoles monastiques du nord de la France. Les élèves pouvaient y élire un évêque Saint-Nicolas pour une journée, car le saint était vénéré comme le patron des jeunes en âge d’apprendre. Dès le XIVe siècle, des plaintes indiquent que les garçons abusaient de la fête de la Saint-Nicolas pour faire des farces grossières. Un peu plus tard, divers rapports mentionnent qu’ils apparaissaient d’abord déguisés, puis complètement méconnaissables « in larvis ».
En Appenzell, un mandat de 1744 mentionne pour la première fois le déguisement des Kläuse. Tout comme le décret de 1663 mentionné plus haut, ce document indique que les Kläuse apparaissent pendant la période de Noël. Il fait également référence à la date du Nouvel An et donc à la coutume que nous appelons aujourd’hui Silvesterklausen. Dans le récit du grand incendie du village de Herisau en 1812, il est rapporté que les Silvesterkläuse ont défilé comme d’habitude. C’est donc entre 1744 et 1812 que les Kläuse ont dû choisir la date de fin d’année. La coutume a ainsi disparu de la période critique de l’Avent et de Noël, ce qui a probablement rendu caduc un argument de poids de l’Église contre le Klausen. Et pourtant, au XIXe siècle, le Klausen était soit totalement ignoré en dehors d’Urnäsch, soit considéré comme barbare. Cette attitude est attestée à plusieurs reprises dans des articles de journaux.
La composante musicale
Werner Mezger, professeur d’ethnologie à Fribourg-en-Brisgau, qui a assisté plusieurs fois au Klausen et compte parmi les meilleurs connaisseurs des coutumes européennes, souligne que les Silvesterkläuse sont certes très beaux, mais qu’il existe d’autres costumes tout aussi beaux, par exemple au Tyrol lors du « Schleicherlaufen » à Telfs ou du « Schemenlaufen » à Imst.
Mais il n’existe aucune autre coutume qui se rapproche ne serait-ce qu’un peu des qualités acoustiques du Klausen. Il fait bien sûr principalement référence au « Zauren », mais le Chlausen lui-même, c’est-à-dire le tintement des cloches et le roulement des tambours, en fait également partie.
Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, et de manière accrue ces dernières années, que le Klausen, événement traditionnel du Nouvel An, est devenu si célèbre que des visiteurs et des journalistes viennent de près ou de loin à Urnäsch, et que des trains spéciaux et de longues files de voitures se dirigent vers la même destination.
D’autres informations :
Silvesterchlausen: des masques beaux et vilains
Silvesterchlausen (par Johannes Schläpfer) (en allemand)
Chlausezäuerli
Enregistrements faits le 31-12-2025 pendant la Silvesterchlausen d’Urnäsch

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