Après le Colomby de Gex l’année passée nous allons nous balader aujourd’hui sur les deux plus hauts sommets du massif du Jura : le Crêt de la Neige (1720 m) et le Reculet (1718 m).
Nous laissons la voiture à Lélex et empruntons la télécabine la Catheline (qui ne fonctionne, en été, qu’en fin de semaine et pendant les mois de juillet et août) qui nous permet d’arriver sans effort à 1450 m.
C’est ensuite, à travers des pâturages boisés, une montée tranquille jusqu’à la crête entre le Grand Crêt et le Crêt de la Neige. Là, les épicéas commencent à laisser la place aux pins à crochets (ou pins de Briançon). Toutes la région supérieure du Crêt de la Neige, façonnée de canyons et de crevasses, est couverte de ces arbressouvent sculptés par le vent. C’est en fait le seul endroit dans le Jura où l’on retrouve ces arbres !
Une fois monté jusqu’au Crêt de la Neige, nous continuons notre parcours jusqu’au sommet du Reculet, perché à 1718m. Le sentier qui relie les deux sommets est bien balisé. De là, on peut profiter d’une vue magnifique sur Genève, le lac Léman, les Alpes.
La croix du Reculet est une grande structure métallique. Elle a été implantée à l’initiative de l’abbé Monnet, curé de Thoiry, qui tenait à réaffirmer la foi catholique face aux protestants et anticléricaux de Genève. Elle a été fabriquée par un forgeron à Thoiry, puis acheminée pièce par pièce par quatre habitants du village. Elle fût inaugurée le 25 juillet 1892.
Pour revenir à notre point de départ nous ne prenons pas tout à fait le même itinéraire. Depuis le Reculet nous descendons un petit peu en direction de l’alpage de Thoiry devant avant de bifurquer vers celui de Curson. De là nous remontons vers le sommet du Crêt de la Neige.
Un petit peu avant le Grand Crêt nous retrouvons le chemin de montée. Nous ne l’empruntons pas mais continuons sur la crête. Avant d’aborder la montée sur Montoisey, nous continuons sur le chemin qui contourne cette “colline” et qui passe dans la Combe à Fournier.
Au niveau de Montoiseau nous retrouvons les pistes de skis du domaine. Nous en descendons une jusqu’à la station supérieure de la télécabine.
Cette balade jurassienne est de nouveau une belle découverte pour nous. Hormis le secteur du Crêt de la Neige qui est recouvert de pins, le reste de la balade (hormis les 30 premières minutes) s’est faite dans un décor dépourvu d’arbres ! Nous avions déjà vécu cette situation au Colomby de Gex.
Toutes les photos ici.
carte interactive de la région
altitude de départ: 1445 m
altitude d’arrivée: 1445 m
altitude minimale: 1445 m
altitude maximale: 1720 m
dénivelé positif: +640 m
dénivelé négatif: -640 m
temps de parcours: 5 h
distance totale: 14000 m
Le Top 10 des sommets du MASSIF du JURA
1 720 m : Crêt de la Neige (Ain)
1 718 m : Le Reculet (Ain)
1 688 m : Colomby de Gex (Ain)
1 679 m : Mont Tendre (Suisse)
1 677 m : La Dôle (Suisse)
1 628 m : Pointe de Poêle Chaud (Suisse)
1 621 m : Grand Crêt d’Eau et Crêt de la Goutte (Ain)
1 614 m : Mont Rond (Ain)
1 567 m : Le Noirmont (Suisse)
1 540 m : Crêt de Chalam (Ain)
1 534 m : Grand Colombier (Ain)
Né il y a 200 millions d’années, le Jura et la diversité de ses paysages révèlent un passé pour le moins mouvementé : monts, combes, plaines, reculées (vallées spectaculaires et inattendues, nées de l’effondrement progressif de rivières coulant en leur milieu), grottes, sources, cascades et lapiaz sont autant de témoignages d’un histoire géologique incroyablement riche qui a laissé une multitude d’empreintes étonnantes.
De -250 à -100 millions d’années
Pendant une bonne partie de l’ère secondaire (époques du Trias, du Jurassique et du début du Crétacé), le Jura était une mer peu profonde parsemée d’îles, en bordure de l’océan Thétys, qui occupait l’espace des Alpes actuelles. Ses marges étaient parcourues par les reptiles géants de l’époque : les dinosaures ! Des traces de leurs passages ont été exceptionnellement conservées et sont visibles sur les sites de Loulle ou Coisia. Puis les fonds sableux de cette mer paradisiaque et le sel qu’elle contenait (voir plus bas) se sont peu à peu sédimentés sur des centaines de mètres d’épaisseur, pour former le calcaire qui constitue l’essentiel du Massif jurassien. Les couches ont été parfois entrecoupées de dépôts de marne, une matière friable et grise. Calcaire et marne regorgent de magnifiques fossiles d’animaux marins – ammonites, gastéropodes, oursins, bélemnites, carapaces de tortues… Témoins du passé marin du Jura.
De -30 à -2 millions d’années : Les couches se déforment
À l’ère tertiaire, la poussée de la plaque tectonique africaine vers le nord et son rapprochement de la plaque européenne a écrasé l’océan Thétys et provoqué l’érection des Alpes. Puis, en conséquence, l’effondrement de la Bresse et, plus tard, les plissements du Jura. Le Jura marin est devenu Jura continent et les premiers reliefs ont fait leur apparition.

De -2 millions d’années -20 000 ans : les glaciations envahissent le Jura à plusieurs reprises
Depuis 2 millions d’années (ère quaternaire), la Terre alterne des périodes de glaciation et des épisodes interglaciaires. La dernière – glaciation de Würm – a créé un immense glacier qui a raboté une partie du massif du Jura. Lors de la fonte, l’eau a été retenue dans certaines zones sur-creusées : c’est ainsi que sont nés les lacs du Jura et la plupart des zones humides et tourbières du territoire.
De -20 000 ans à nos jours : des reliefs façonnés par l’érosion
L’eau de pluie, acide et corrosive, attaque depuis des millions d’années les roches calcaires et contribue activement à dessiner ses paysages originaux. Elle sculpte les montagnes, creuse les sous-sols et les gorges, forme les lapiaz (des roches « trouées » ou « zébrées ») et ressort sous forme de cascades ou résurgences, très nombreuses dans le Jura.

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