Dimanche matin sous le brouillard en basse altitude. Soleil au-dessus de 700 m …
Pour retrouver le soleil nous partons donc en direction de la Gruyère, dans la vallée de l’Ityamon. A Enney, à l’entrée de la vallée, le soleil commence à percer la couche de brouillard. Nous montons un petit peu vers Estavannens et là nous sommes au-dessus du stratus. Il fait froid, mais au moins le temps est bien dégagé. On voit que plus loin, la vallée est complètement au soleil. Il n’y a pas de brouillard ! Parfait …
Nous commençons par faire un petit tour entre Estavannens-Dessous et Estavannens-Dessus puis nous prenons la direction de Granvillard, puis de Lessoc. Nous marchons sur une petite route très peu fréquentées. La température très fraîche et le brouillard nocturne ont “givré” les champs. Cela crée un joli contraste avec les zones au soleil …
Un peu avant Lessoc (au Buth) nous passons à côté de la jolie chapelle du Roc et une belle maison de 1688. Un banc au soleil nous fait de l’oeil et nous nous arrêtons un moment pour manger notre sandwich.
Après Lessoc nous prenons la direction du lac artificiel du même nom. Le chemin descend en pente douce jusqu’au vieux pont couvert construit sur un ancien chemin de muletier en 1667 et qui enjambe la Sarine. Il facilitait ainsi les échanges commerciaux liés au fromage au XVIIe siècle (exportation vers Lyon et Turin). Un peu plus loin trois ponts historiques surplombent la rivière Hongrin, dont un pont en pierre de 1578, un de 1837 et un plus récent de 1990.
Jusqu’à Montbovon nous longeons le lac en partie gelé.
Le train nous ramène à Enney. Il ne nous reste alors plus qu’à remonter à Estavannens où nous avons laissé la voiture.
Toutes les photos ici.
carte interactive de la région
altitude de départ: 785 m
altitude d’arrivée: 790 m
altitude minimale: 737 m
altitude maximale: 853 m
dénivelé positif: 297 m
dénivelé négatif: -285 m
temps de parcours: 4 h
distance totale: 12000 m
Chapelle du Roc
Albeuve est un gros village de l’Intyamon posé en rive gauche de la Sarine et reconstruit après l’incendie de 1876. En rive droite, au lieu-dit le Buth, le clocher si caractéristique de la chapelle du Roc ou de Notre-Dame-des-Neiges au Bu , rappellant le toit à bulbe de la fontaine de Lessoc. Elle fut fondée en 1684 sur un plan octogonal par les frères Castella : André-Joseph (curé de Neirivue), Jean (prieur de Broc) et Jacques (lieutenant), près de la maison où ils sont nés, la ferme Grange-Neuve légèrement en contre-bas.
Dans ses commentaires sur la Chapelle du Roc, P. Appolinaire Dellion, dans son Dictionnaire historique et statistique des paroisses catholiques du canton de Fribourg, vol. 7 de 1893:
“Mgr de Montenach approuva la fondation le 26 septembre 1689, et détermina le nombre de messes que le chapelain devait célébrer, etc. Il vint lui-même consacrer la chapelle le 15 juillet 1692 et accorda 40 jours d’indulgence à ceux qui assisteraient à la cérémonie ou qui visiteraient la chapelle au jour anniversaire de la consécration. Il fixa lui-même cet anniversaire au 15 juillet, à moins qu’il tombe sur un dimanche, dans ce cas il sera célébré le samedi précédent (Acte du 5 janvier 1693).
Les frais de la consécration s’élevèrent à35 écus. Monseigneur bénit la cloche à Grandvillard le 29 juillet 1690, elle avait coûté 60 écus (180 fr.). Le calice coûta 150 fr. L’autel fut construit par Jean Verdan, de Neirivue ; il a coûté 120 fr., la dorure et la peinture, 24 pistoles, c’est l’oeuvre de Brautigam, de Bulle, originaire d’Allemagne. Deux vitraux furent donnés par M. Maradan, curé, et par un M. Fracheboud,bourgeois de Fribourg et de Lessoc.”
Montbovon
Le village de Montbovon est le carrefour historique de la vallée de l’Intyamon pour l’exportation tous azimuts du Gruyère et de l’Etivaz. Cela est attesté aujourd’hui par la présence de pas moins de 10 ponts sur le territoire de la commune.
Mentionnée pour la première fois en 1255, la localité de Montbovon, située à la jonction des vallées de l’Hongrin et de la Sarine, a longtemps été un lieu de passage bien fréquenté. Elle réunit trois univers différents dans la région de la Sarine: La Gruyère, le Pays-d’Enhaut et le Bassin lémanique. Son caractère de carrefour se traduit aussi à travers la réunion de deux lignes ferroviaires, la MOB (1903) et les TF (1904). Elles ont apporté la modernité dans les vallées montagneuses.
Parmi ses huit ponts routiers et deux ponts ferroviaires on retrouve quelques-uns des ponts historiques les plus intéressants du canton de Fribourg: Un pont muletier de 1667 franchit la Sarine encaissée dans les gorges de Lessoc, qui de nos jours sont équipées de barrages; Le pont couvert en bois est le mieux préservé du canton. Plus en aval, ces trois ponts qui enjambent l’Hongrin près des Basses Ciernes, un pont ferroviaire moderne, un pont routier érigé en 1837 ainsi que le pittoresque «Pont du moulin». Légèrement incliné, ce pont à arche en pierre remonte au 16ème siècle et fait partie des plus anciens ouvrages du canton.
Mentionnons aussi, en aval de l’Hongrin, le pont en treillis d’acier de la MOB de 1902 et sur le chemin du col de Jaman le pont d’Allières (ou pont du Pontet) au plus ancien point de passage attesté du canton (1578).
Lac artificiel de Lessoc


Pont couvert sur la Sarine
Construit sur un ancien chemin de muletier en 1667, le pont couvert permet de relier Lessoc à Montbovon et Albeuve. Enjambant les gorges de la Sarine, il facilitait les échanges commerciaux liés au fromage au XVIIe siècle (exportation vers Lyon et Turin).
C’est en 1666, par décision du tribunal, le dimanche 16 mai, que les montants que chaque commune doit payer pour les frais de la construction du pont en bois couvert sur La Sarine entre Lessoc et Montbovon sont fixés. Le coût de la construction est partagé selon un barème fixé par le Bailli de Gruyères.
« Coût du Pont de bois couvert jeté sur la Sarine entre Lessoc et Montbovon, partage des frais de la construction en les communes de L’Intyamont.
Le coût de ce pont s’élève à 950 florins bons (écus) dont la répartition est la suivante :
- Lessoc 300 fl
- Albeuve 200 fl
- Grandvillard 200 fl
- Estavanens 50 fl
- Eney 20 fl
- Villars-sous-Mont 30 fl
- Neirivue 50 fl….. »
Puis, en 1667, le pont est construit.
1767 et 1772 sont deux années dédiées à la rénovations de l’ouvrage.
En 1847 le pont couvert a été surnommé le Pont des femmes car ces dernières devaient le surveiller durant la guerre du Sonderbund, avec l’ordre d’y mettre le feu si les troupes bernoises tentaient de le traverser. Mais il n’en fut rien. Une fois la guerre terminée, les Lessocoises ont obtenu le privilège, jusqu’à lors dévolu aux hommes, de s’asseoir sur les bancs de droite dans l’église, pour les remercier de leur surveillance.
L’année 1976 est celle du remplissage du lac artificiel de Lessoc, le pont demeure.
Enfin, en 1995, la rénovation de la toiture a été effectuée.
Pont couvert de Lessoc, descriptif de l’ouvrage
Matériau : bois de chêne
Portée : 13,8 m entre falaises
Aplomb : 16 m à sa construction, 6 m aujourd’hui
Couverture : en bardeaux (anseilles).

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