A travers la Raspille (juillet 2025)

5 Juil 2025 | 0 commentaires

Une paroi rocheuse qui semble indomptable, des fossés d’irrigation ancestraux ainsi que des vignobles chauffés par le soleil jalonnent cette randonnée facile de la vallée de la Dala à Sierre. L’itinéraire traverse le ruisseau de montagne Raspille et donc la frontière entre le Haut-Valais germanophone et le Bas-Valais francophone. En dehors des zones habitées, peu de revêtement dur.

Nous laissons la voiture à Sierre et prenons les transports publics pour rejoindre Inden dans la vallée de la Dala. Ce lieu était déjà important à la fin du Moyen Âge: les Romains empruntaient cet itinéraire pour rejoindre les plus grandes sources thermales des Alpes, à Loèche-les-Bains. De plus, la vallée de la Dala constitua durant des siècles l’une des plus importantes voies de commerce entre l’Oberland bernois et le Valais grâce à son sentier muletier par le col du Gemmipass.

Quand on regarde vers le bas de la vallée on voit déjà bien la falaise rocheuse de la «Schattuflüe». On aperçoit déjà une “tranchée” dans la paroi. C’est par là que passe le chemin. De l’ancienne gare, la randonnée débute en légère montée vers la vallée, le long du chemin de randonnée culturelle Dala-Raspille et du tracé de l’ancienne ligne ferroviaire Loèche-Loèche-les-Bains (1915-1967) !!

Après une petite descente on arrive au début de la montée à flanc de paroi. Johann Wolfgang von Goethe décrivit en 1779 ce passage comme suit : «un chemin d’allure très effrayante, bien qu’il ne soit pas dangereux». Près de 300 m sont exposés – le chemin est néanmoins large, techniquement facile et sécurisé par un câble d’acier aux endroits exposés. La vue sur la vallée sauvage de la Dala et son versant opposé n’en est que plus époustouflante.

A mi-chemin de cette montée on peut prendre la vire qui part à droite et qui permet d’arriver aux fameuses Varenleitern (les échelles de Varone). Elles servaient quant à elles de raccourci aux hôtes qui se rendaient à la station thermale, depuis le Bas-Valais. D’abord en bois elles ont été remplacées par des échelles métalliques. Pour emprunter ce passage il faut se munir d’un matériel de via ferrata. Depuis le chemin de randonnée une petite vire (sécurisée par un câble) amène aux deux échelles. Nous allons aux pieds de celles-ci mais nous ne montons pas !

A la sortie de la deuxième échelle une vire ramène sur le sentier de randonnée.

Arrivé au bord de la gorge «Schattuflüe», le paysage change – la vue porte au loin sur le parc naturel de Pfyn-Finges, le Rhône aux méandres sauvages et le paysage viticole idyllique. On traverse la forêt Varnerwald pour rejoindre le hameau de Taschunieru par un chemin forestier. Un peu plus haut on rejoint le bisse de Varen (Grossi Wasserleitu) que nous allons remonter sur un peu plus de 4 kilomètres. On traverse des forêts de pins. On entend les cigales qui chantent. C’est vrai qu’avec la chaleur qu’il fait aujourd’hui elles doivent se sentir très à l’aise.

Quand nous traversons la frontière linguistique (marquée par la rivière de la Raspille) à hauteur de La Proprija, nous entamons la descente (assez raide) vers le village de Miège.

Un bus nous ramène à Sierre.

Toutes les photos ici.

carte interactive de la région

altitude de départ: 1130 m

altitude d’arrivée: 703 m

altitude minimale: 703 m

altitude maximale: 1140 m

dénivelé positif: +290 m

dénivelé négatif: -722 m

temps de parcours: 3 h 30

distance totale: 18860 m

Le Chemin de fer de Loèche à Loèche-les-Bains

Aujourd’hui disparu le Chemin de fer Loèche–Loèche-les-Bains, en abrégé LLB, en allemand Leuk–Leukerbad-Bahn, a été une compagnie opérationnelle entre 1915 et 1967. C’était un chemin de fer à crémaillère et à voie étroite situé dans le canton du Valais, en Suisse. Son parcours mesurait 10,4 km, dont 5,1 km à crémaillère système ABT.

Les sources d’eau chaudes découvertes à Loèche-les-Bains attirent déjà au 15e Siècle de nombreux curistes. Le village se mue rapidement en une petite ville avec ses maisons construites en pierre, alors qu’ailleurs la majorité des constructions sont de type chalet. Son accès mal aisé constitué d’un simple chemin muletier est amélioré en 1850 avec l’ouverture d’une route, grâce à laquelle un service de diligence est créé depuis Susten, dans la vallée du Rhône ; le trajet dure alors 4 heures. La mise en service le 15 juillet 1915 d’une ligne de chemin de fer rend plus facile l’accès à la station, notamment en hiver. Le tracé étant le plus souvent établi en bordure de la route, le matériel roulant présente un gabarit plus étroit qu’à l’ordinaire, ce qui explique l’absence de couloir central à l’intérieur des voitures ; chaque compartiment dispose d’une porte d’accès latérale pour les voyageurs, tandis qu’un marchepied couvre toute la longueur de la caisse, permettant au contrôleur de passer d’un compartiment à l’autre depuis l’extérieur, et ce même lorsque le convoi est en marche… Afin d’absorber l’affluence des voyageurs en fin de semaine, des bancs sont installés dans quelques wagons marchandises ouverts, remportant un joli succès lors des journées ensoleillées. Pour la même raison quelques places 3e classe des voitures sont convertibles en 2e classe par simple retournement des placets des sièges. Le matériel roulant conserve un aspect identique de l’origine jusqu’à la fermeture de la ligne en 1967. Cédés par la compagnie, une automotrice, une voiture et six wagons marchandises constituent les premiers véhicules acquis par le Blonay-Chamby.

Matériel roulant

1915
1920
1940
1960

Le bisse de Varone (ou bisse de Varonne ou bisse de Varen ou Grossi Wasserleitu) prend sa source dans la Raspille sous le hameau de Cordona. Ce bisse coule à ciel ouvert à travers les grandes dalles de Blatte qui témoignent de l’immense éboulement préhistorique qui a vu une partie de la montagne glisser vers la plaine et former les collines de Finges et Sierre. A partir de Taschonieru, un système de canalisations distribue l’eau dans le vignoble de Varone. Le long du parcours on peut voir les effets de la présence du bisse sur la végétation. Les pentes arides sont peuplées de chênes pubescents et genévriers, tandis que sur les bords du bisses se développent de beaux pins sylvestres qui bénéficient de l’humidité apportée par le bisse.

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