
Cette première semaine de septembre est annoncée bien maussade en montagne … Nous en profitons donc pour aller faire un tour en Bavière. Nous avons donc pris le train pour Munich depuis Lausanne.
Avec 10 minutes de retard sur l’horaire prévu nous arrivons en début d’après-midi dans la capitale bavaroise. Il fait beau et chaud.
Nous déposons nos bagages à la consigne de la gare et partons directement à la découverte de la ville.
Nous passons les deux premiers jours à explorer le centre de Munich et le fameux Château de Nymphenburg. Nous passons presque tout l’après-midi du deuxième jour dans celui-ci et dans son parc immense …
Le troisième jour nous avons profité des cartes journalières très avantageuses sur les trains régionaux allemands (pour le pass pour la Bavière cliquer ici) pour aller visiter Ratisbonne et Landshut, deux villes un peu au nord de Munich.
Le 4ème et dernier jour nous avons passé notre matinée à visité la résidence des seigneurs de Bavière (Residenz), un palais immense dans lequel nous passons plus de deux heures à traverser les pièces (plus de 130 réparties en trois ensembles) toutes plus somptueuses (et incroyablement décorées)es unes que les autres …
Avant de repartir pour la Suisse nous faisons encore un dernier arrêt sur la Marienplatz pour écouter et voir le carillon dans la tour du nouvel hôtel de ville.
Munich

Munich, capitale secrète de l’Allemagne ? La capitale bavaroise est incontestablement, après Berlin, la ville la plus intéressante d’Allemagne (ce que contestera tout Münchner Kindl pour qui Munich passe forcément en premier!). C’est d’ailleurs celle qui reçoit le plus de visiteurs après la capitale fédérale. Ses contradictions y sont pour quelque chose. Traditionalisme et cosmopolitisme y font bon ménage, histoire et modernisme s’y rencontrent, mode et industrie en rythment la vie, avant-garde et fête de la Bière lui donnent ses couleurs. BMW et Siemens en ont fait leur fief, mais c’est aussi la ville des espaces verts. Hitler en a hanté les rues, mais démocrates et alternatifs de tout poil s’y plaisent bien. Les anciens bureaux du Führer appartiennent désormais au nouveau quartier des musées, et un centre de documentation pour !’Histoire du national-socialisme s’élève à la place de l’ancien siège du NSDAP, le parti des travailleurs revu et corrigé par Hitler.
Ce “village” de plus de 1 million d’habitants n’oppresse jamais, comme c’est le cas d’autres capitales. En l’espace de quelques décennies, la ville s’est entièrement transformée pour se donner aux piétons. À pied ou à vélo, on y respire. Mais Munich, c’est également une cité prospère où le taux de chômage est le plus bas de toutes les grandes villes d’Allemagne. L’essor économique de Munich date de la fin des années 1960, lorsque l’annonce des Jeux olympiques de 1972 a transformé le paysage urbain et que les instituts de recherche ont commencé à s’y concentrer, créant un pôle d’attraction. Le courant hippie, avec l’étalage des corps nus sur les pelouses du “jardin anglais”, a choqué le Munichois moyen n’approuvant ni la décadence ni l’excentricité. Aujourd’hui, les nudistes sont de retour à deux pas des familles venant s’offrir un Brotzeit dans un Biergarten animé comme toujours par un orchestre qui ne fait pas dans la musique actuelle. Ainsi va Munich, une ville qu’on adore voir vivre …
photos du jour 1 du séjour :
photos du jour 2 du séjour :
photos du jour 4 du séjour :
Toutes les photos ici.
Un peu d’histoire
À l’origine du nom de la ville, le mot allemand Mönch, qui signifie «moine», en rapport évident avec l’abbaye installée à côté du village (apud Munichen, « près de chez les moines »). Depuis, la ville a gardé un petit moine comme emblème. Officiellement fondée en 1158, la ville ne devient capitale de la haute Bavière qu’au XIIIe s, lorsque Louis le Sévère y installe château, famille et cour (pendant des siècles, il exista trois duchés de Bavière voisins, et Munich était moins importante qu’lngolstadt ou Landshut). Ses descendants, les Wittelsbach, vont y prospérer, grâce au sel mais aussi en commerçant avec les villes italiennes, et enrichir la cité. L’un d’eux, Louis IV le Bavarois, est même élu empereur, attirant à sa cour seigneurs, artistes et dignitaires religieux … Même si les papes à Avignon s’abstiennent de reconnaître cette élection (il est excommunié), il a eu le mérite de faire de Munich une ville-résidence.
La dynastie des Wittelsbach va régner sans partage pendant 738 ans sur la Bavière. Chacun des héritiers apporte sa marque à la capitale : Albert V fait construire le superbe Antiquarium de la Residenz, Maximilien Ier transforme celle-ci en un somptueux palais Renaissance, Maximilien-Emmanuel s’offre le château de Schleissheim, Charles-Albert se lance dans le rococo. Parallèlement à ces ambitions architecturales, existe chez la plupart des Wittelsbach le désir de conquérir d’autres territoires et de jouer un rôle politique important, aussi bien en Allemagne qu’en Europe. Pendant la longue querelle religieuse qui enflamme le pays au XVIe s, ils prennent parti contre les idées luthériennes, transformant leur duché en bastion de la Contre-Réforme. Ils s’attirent ainsi les grâces du pouvoir (aussi bien papal qu’impérial) tout en empêchant la bourgeoisie (portée vers le protestantisme) de s’émanciper. L’autoritarisme des Wittelsbach pendant cette page importante de l’histoire allemande aura pour conséquence non négligeable de faire de la Bavière la région la plus catholique d’Allemagne !
De Napoléon 1e r à Louis Il en passant par Lola Montez : Bien sûr, ambitions, guerres d’influence et calculs politiques entraînent invasions et carnages : les armées protestantes ravagent la Bavière pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648), les troupes suédoises occupent Munich en 1632, la peste se répand peu après (décimant les deux tiers de la population). Au début du XVIIIe s, ce sont les Autrichiens qui prennent possession de la ville. Au siècle suivant, les troupes napoléoniennes entrent dans Munich. Maximilien IV Joseph, qui choisit de s’allier à Napoléon, est en retour proclamé roi de Bavière. Munich est naturellement choisie comme capitale de ce nouveau royaume.
Louis Il de Bavière, le «roi de conte de fées», se désintéresse de la politique et passera sa vie à fuir les responsabilités, préférant la quiétude de ses châteaux de campagne à la capitale. C’est dans ses refuges qu’il se retirera à chacune des déclarations de guerre, contre la Prusse en 1866, et contre la France en 1870, guerres qui provoquèrent l’intégration de la Bavière au Reich allemand. Pendant leurs règnes successifs, Munich s’épanouit sur le plan artistique. C’est d’ailleurs dans la capitale bavaroise que se retrouvent des peintres comme le Russe Kandinsky et le Suisse Paul Klee qui, autour du groupe Der Blaue Reiter (Le Cavalier bleu), créé ici même en 1911, participent activement à la naissance de l’art abstrait et, du même coup, à celle de l’art contemporain.
Du Cavalier bleu aux Chemises brunes : Alors que les futurs grands artistes du siècle y élaborent leurs théories révolutionnaires, un autre peintre, né en Autriche, s’emmêle les pinceaux à Munich pendant
2 ans. En 1914, constatant qu’il n’a aucun génie artistique, Adolf Hitler décide de s’engager comme volontaire dans l’armée bavaroise (alors qu’il refusait de se battre pour l’État multinational qu’était l’Autriche-Hongrie !). Il revient du front des Flandres gazé et brûlé aux yeux. Ces blessures, mais peut-être plus encore l’humiliation ressentie lors de la défaite militaire, vont nourrir en lui un violent désir de revanche. m En 1919, Hitler adhère à Munich au Deutsche Arbeiterpartei, et convainc son fondateur Anton Drexler de le renommer NSDAP, parti national-socialiste des travailleurs allemands. Un parti qui n’a pas vraiment l’intention de jouer le jeu démocratique puisque 4 ans après sa création, la prise de pouvoir est déjà à l’ordre du jour, comme le prouve le fameux «putsch de Munich» … Un ratage qui va pourtant le promouvoir du statut de chef d’un groupuscule obscur à celui de personnalité « en vue » de la vie politique allemande des années 1920.
Des années noires à la prospérité : Munich va jouer un deuxième rôle pour Hitler, une fois au pouvoir : en 1933, la ville est proclamée «capitale du mouvement national-socialiste». C’est à Munich que sont signés en 1938 les accords entre Daladier, Chamberlain, Mussolini et Hitler, censés préserver la paix en Europe mais qui, depuis, symbolisent la passivité coupable des démocraties devant les revendications territoriales des dictateurs. Le Führer rêve d’entreprendre dans la ville de grands travaux à sa gloire, mais la guerre l’en empêche. Près de la moitié de l’agglomération est bombardée par les Alliés, et la plupart des monuments historiques sont détruits. Au printemps 1945, les Américains pénètrent dans Munich. La ville se repeuple peu à peu après la guerre, avec l’arrivée de réfugiés venus de l’Est et de travailleurs étrangers appelés pour reconstruire la cité et relancer l’industrie. Munich devient ainsi la troisième ville du pays après Berlin et Hambourg. Le «miracle» économique des année 1950 profite principalement à l’État bavarois et à sa capitale, qui mise sur l’industrie, mais surtout sur l’électronique, l’informatique, l’aérospatiale, etc. La mode, les médias, la finance, le tourisme et, bien sûr, la bière achèvent d’en faire une ville riche et attirante. Les Jeux olympiques de 1972, censés présenter son nouveau visage, se soldent par la mort de 11 athlètes israéliens – à la suite d’une prise d’otages menée par l’organisation palestinienne «Septembre noir» … Le temps a passé. Et la ville a bien changé : après la reconstruction, en plus «authentique», du centre-ville et la transformation des rues et places devenues piétonnes (c’est le plus grand centre piéton d’Allemagne), Munich entend peaufiner son statut de capitale en faisant du quartier des musées, à Maxvorstadt, un ensemble plus vaste que celui de Berlin.
Le 3° millénaire a vu naître la 3° pinacothèque, qui accueille les innombrables œuvres du début du XXe s dont les musées de la ville regorgent, ainsi que le musée Brandhorst, collection qui regroupe plus de 700 œuvres d’art contemporain. Autour d’eux, d’autres espaces muséographiques s’installent, dont le centre d’interprétation du national-socialisme. Les architectes contemporains inscrivent de nouveaux lieux de visite dans le paysage urbain, où les foules se ruent. On passe, assez fasciné, du BMW Welt (le Monde BMW), aux portes de l’Olympia-park, à celui des Fünf Hofe en plein cœur de Munich, un labyrinthe de luxe (cafés, brasseries, galeries, bureaux, magasins chic), d’une architecture résolument avant-gardiste où alternent le verre, le bois, le bronze et les jardins suspendus. Munich, malgré toutes ces épreuves et ces travaux colossaux, n’a jamais perdu son attrait et demeure l’une des villes les plus paisibles d’Allemagne : rires et chants continuent à remplir ses tavernes et ses Biergarten ! Ici, on trinque volontiers avec les touristes, activité de libation qui rapporte environ 3 milliards d’euros par an …
Bierkultur et Gemütlichkeit : Au pied des Alpes, la ville la plus méridionale d’Allemagne, renfermée sur elle-même en hiver, prend des allures italiennes dès les premiers beaux jours. Dans les jardins, on se dore au soleil, on rit, on boit, on se prélasse langoureusement dans les innombrables Biergarten. Il fait bon visiter Munich au printemps, mais aussi à la fin de l’automne, quand les derniers flonflons de la fête de la Bière se sont éteints, quand les rues sont encore envahies par ceux qu’on appelle encore les Schickimicki – rien à voir avec des «Mickeys» chic -, savant mélange de yuppies californiens et de bobos parisiens. «Ici, il n’y a que l’argent : l’abondance d’argent et le manque d’argent», déclarait une jeune femme dans une pièce de théâtre actuelle. Dans cette ville d’histoire devenue un centre de la haute technologie, bon nombre de Schickimicki, si élégants et si sûrs d’eux, roulant en Porsche ou – bien sûr- en BMW dernier modèle, sont des Bavarois de fraîche date qui ont répondu à l’appel de l’argent, du soleil et de la qualité de vie : magasins de luxe, restaurants renommés, théâtres, musées … Bierkultur et Gemütlichkeit sont deux mots qui résument pourtant bien la Munich éternelle, ville agréable à vivre (c’est le sens du second mot), où l’on refait volontiers le monde tout en buvant jusqu’à plus soif. Mais il n’y a pas qu’à travers la bière que l’on peut parler de Munich comme d’une ville de Kultur ! Richard Strauss y est né, Einstein y a usé ses fonds de culotte à l’école … On y trouve pas moins d’une soixantaine de théâtres, dont trois opéras, 62 musées et autour de 300 maisons d’édition ! Elle possède même sa Cinecittà à elle, la Bavaria Filmstadt, que l’on peut visiter et où une bonne partie des films et téléfilms allemands sont réalisés … Ville étudiante enfin, Munich a deux quartiers bien vivants de part et d’autre de la Ludwigstrasse : Maxvorstadt, près du quartier des musées, et Schwabing, où pullulent petits cafés et restos pas chers, ainsi que ses nouveaux arrondissements branchés, où, loin des tavernes touristiques du vieux centre-ville, on découvre les artistes de demain.
A voir :
Le centre historique a été lourdement bombardé en 1945, mais il faut prendre le temps de découvrir et faire parler ce témoin muet, ou du moins discret, d’une histoire pleine de fureur et de drames. Aménagé pour laisser la place aux piétons et aux vélos, de plus en plus nombreux, il demande une lecture attentive du paysage urbain. Derrière ses façades de grands magasins, ses églises, ses Biergarten et une apparence de ville policée, Munich cache nombre de lieux qui ont non pas une, mais plusieurs histoires à raconter. À commencer par ce qu’on appelle désormais, comme à Berlin, le quartier des musées, auquel il vous faudra consacrer au moins une journée, après une première approche de Altstadt, la vieille ville, où il reste quand même quelques édifices anciens à visiter, puisque les autres ont été reconstruits à l’identique. Munich est aussi à l’avant-garde des réalisations architecturales modernes, comme en témoignent la Pinakothek der Moderne, le Museum Brandhorst, le Jüdisches Museum…
- Marienplatz (place de la Vierge-Marie) : au centre de la vieille ville. Cœur historique et centre de gravité de la cité, avec ses deux hôtels de ville. Au Moyen Age s’y tenait le marché. Les fêtes traditionnelles y ont encore lieu, comme le féerique marché de Noël. Au centre de la place, la Mariensäule (colonne de la Vierge, patronne de la Bavière), du XVIIe s, commémore la fin du rançonnement dont fut victime Munich lors de l’occupation par les troupes suédoises (1632). À côté, une Fischbrunnen (fontaine aux Poissons) détruite et reconstruite après-guerre.
- Neues Rathaus (nouvel hôtel de ville): le plus bel édifice de la Marienplatz, avec sa façade sculptée et son beffroi de 85 m de haut. Un petit air de famille avec Bruxelles. L’ensemble, de style néogothique, ne date que du XIXe s. Au sommet, le fameux Münchner Kindl (moinillon), symbole de la ville. Mais l’attraction principale est l’étonnant Glockenspiel (carillon), dont les petits personnages s’animent régulièrement à 11 h et à 12h (également à 17h de mars à fin octobre). Les figurines représentent deux scènes historiques : le tournoi donné en l’honneur du mariage du duc Guillaume V au XVIe s et la danse des tonneliers célébrant la fin d’une épidémie de peste.
- Altes Rathaus (ancien hôtel de ville): sur la place, en retrait. Plus discret que son voisin, il a pourtant plus de charme, avec sa belle façade gothique du XVe s, son clocher à tourelles et son élégante voûte en berceau.
- Alter Pater (église Saint Pierre) : la vue depuis l’église Saint Pierre ou “Alter Pater” comme la surnomment les locaux, se mérite. Il faut gravir plus de 300 marches pour arriver sur la plasteforme, 91 m plus haut. D’en haut on a une belle vue sur Munich.
- Viktualienmarkt: au sud de Marienplatz. LE marché de Munich, transféré ici en 1807 par décret du roi Maximilien 1er. Échoppes et petites maisons charmantes. Un grand mât de cocagne offert par les brasseurs bavarois (le Maibaum) se dresse au centre, couvert de figurines sculptées.
- Frauenkirche (cathédrale Notre-Dame): sur Frauenplatz, à l’ouest de Marienplatz. Immense édifice de brique rouge, construit au XVe s dans le style gothique tardif, reconnaissable de loin à ses deux tours couronnées de bulbes. C’est un miracle si ces deux tours n’ont pas été détruites durant la guerre. Voici donc l’une des plus grandes églises d’Allemagne du Sud (109 m de long pour 40 m de large), dont la sobriété jure avec le baroque habituel de la région. Lors de sa construction, la nef pouvait accueillir les habitants de la ville, qui comptait alors 13000 âmes. On trouve au centre du chœur le mausolée de l’empereur Louis IV (XIVe s). La tour sud, haute de 99 m, offre une vue panoramique sur la ville.
- Michaelskirche (église Saint-Michel): Construite à la fin du XVIe s, c’est la plus grande église Renaissance de Bavière. Les proportions sont belles. Sa voûte, impressionnante, est, paraît-il, la plus large du monde après celle de Saint-Pierre de Rome! Sous le chœur, dans la crypte, ne pas manquer les tombeaux (une vingtaine) des rois de Bavière, de la dynastie des Wittelsbach. Le tombeau de Louis II est le plus fleuri. Eugène de Beauharnais, fils adoptif de Napoléon, y repose aussi. Mort à Munich, il avait épousé Augusta-Amélie de Bavière.
- Asamkirche (église des Frères-Asam): Avant d’entrer, remarquez à gauche la maison ornée de stucs, qui fut la demeure des frères Asam. Cette église privée du XVIIIe s appartenait à ces deux riches architectes (l’un également sculpteur, l’autre peintre), qui en firent don à la Ville. Elle est inspirée du baroque italien et doublement incontournable puisque fondue dans la masse des immeubles. En façade, rochers symbolisant les pierres sur lesquelles l’Église catholique fut fondée («Tu es pierre et sur cette pierre …»). Cette église symbolise assez bien les folies du baroque allemand. Décoration d’un luxe inouï : colonnes torsadées, stucs dorés, voûte peinte, autel argenté, foison de statues, angelots, moulures, etc. “On ne sait où donner de la tête ni reconnaître ce qui est vrai de ce qui est faux. Les deux frères ont marié aux raffinements de la technique les débordements de l’imagination”, écrit Dominique Fernandez. En effet, voici une mise en scène étonnante, qui pourtant ne choque pas tant l’unité de l’ensemble est cohérente et le travail soigné.
- Sendlinger Tor: à l’angle de Sendlinger Str. et de Sonnen-str. L’une des plus belles portes de la ville et l’un des vestiges de l’ancien mur d’enceinte de la cité, construit au XIVe s. Deux autres portes existent, l’une à l’est du centre (lsartor), l’autre à l’ouest (Karlstor), que l’on peut voir en remontant Sonnenstrasse.
- Maximiliansplatz et Promenadeplatz : en remontant la Sonnenstrasse, puis en passant par la Karlsplatz (Stachus), on parvient à ces luxueuses places, symboles de la richesse de la ville. Savoureux hommage à Michael Jackson devant le Bayerischer Hof, l’un des hôtels les plus célèbres de la ville, idéalement situé sur la Promenadeplatz.
- Theatinerkirche : Bel édifice du XVIIe s, de type italien. C’est la plus ancienne église baroque d’Allemagne du Sud; elle influença d’ailleurs la construction de bien des églises bavaroises. À l’intérieur, remarquer la blancheur limpide du décor qui ignore la couleur, la superbe chaire en bois noir et la crypte princière (ouverte en milieu de journée).
- Residenz (palais des Wittelsbach) (site): La résidence des seigneurs de Bavière a remplacé l’ancien château fort et devint au fil du temps un vaste palais où se mêlèrent successivement tous les styles. Chacun des occupants (ducs, princes, puis rois de Bavière) y apporta sa touche, en fonction des modes architecturales et artistiques, mais aussi de ses fantasmes et de ses ambitions. La Residenz fut gravement endommagée lors des bombardements en 1944, mais le mobilier et les intérieurs avaient été mis à l’abri, et sa reconstruction commença peu après la guerre !
- Englischer Garten (Jardin anglais): à l’est du quartier des musées. Traversé par divers cours d’eau et long de 5 km, c’est l’un des plus grands parcs urbains d’Europe. Avec une superficie de 3,7 km2, il est plus grand que Central Park et Hyde Park. On y trouve de fabuleux Biergarten, des curiosités comme la célèbre rotonde (Monopteros) ou la Japanisches Teehaus, un lac, des aires sportives … C’est le rendez-vous favori des jeunes Munichois, après avoir été celui des hippies. A la grande époque baba, une centaine d’entre eux avaient inventé un petit jeu rigolo : ils traversaient le parc à la nage, puis prenaient le métro (tout nus !) pour revenir chercher leurs vêtements … Rien de bien révolutionnaire outre-Rhin : le naturisme (FKK pour Freikörperkultur, culture du corps libre) est une tradition bien ancrée dans les mœurs germaniques. Située au cœur de la ville, la zone FKK de l’Englischer Garten, attribuée aux nudistes, témoigne de l’ouverture d’esprit munichoise. Aujourd’hui, ce sont les jeunes nageurs et nageuses qui surgissent en maillot de bain dans le tram pour remonter chercher leurs fringues un peu plus haut, sur les berges. Et si vous voyez un attroupement près d’un pont, inutile de vous affoler. Approchez-vous plutôt de l’attraction numéro un ici, hiver comme été, d’ailleurs. Eh oui, les surfeurs ont toujours la cote: on les photographie, en combinaison Néoprène, en équilibre sur leur planche, luttant contre le courant de l’Eisbach. Surprenant et spectaculaire !
- Königsplatz : un coin d’Antiquité au coeur de Munich. Alors prince héritier, le futur roi LouisI a fait construire la Place Royale au début du 19e s., s’inspirant notamment de l’Acropole d’Athènes. La place est encadrée de trois somptueuses constructions : le propylée, la glyphotèque et la collection nationale d’antiquités.
- Schloss Nymphenburg (château de Nymphenburg) (site) : Construit au XVIIe s (puis réaménagé jusqu’au XIXe s), c’était la résidence d’été de la famille Wittelsbach (la lignée des princes et rois de Bavière). À ne pas manquer, ne serait-ce que pour son gigantesque parc, superbe (c’est une imitation de celui de Versailles), ses jardins très soignés, ses nombreux canaux où barbotent cygnes et canards, ses différents pavillons et les musées attenants (dont celui des Carrosses). L’arrivée sur le parc vaut vraiment le coup d’œil: les élégantes façades du plus grand château baroque d’Allemagne semblent se reflé-ter dans un étang pour le moins ravissant, soigneusement bordé de haies et de contre-allées romantiques.
- Le château. La visite de l’intérieur révèle quelques splendeurs, dont la plus réputée est la Steinerner Saal (salle des fêtes). Une grande finesse dans la luxueuse décoration. Beaux plafonds peints, chapiteaux dorés et fioritures blanches, le tout éclatant grâce à la lumière projetée par d’élégantes fenêtres à voûtes se faisant face. Autres attractions des lieux : la chambre où naquit Louis II de Bavière, mais surtout la galerie des Beautés (Schönheitengalerie), avec sa collection de 36 portraits commandés par le roi Louis 1er au peintre Stieler. Parmi les plus belles femmes de l’époque, on retrouve l’influente maîtresse officielle du vieux roi Lola Montez (1821-1861). Leur liaison dura pendant 2 ans (1846-1848). Si Louis 1er la vénérait, le peuple la détestait. L’anoblissement de cette aventurière comme «comtesse de Landsfeld» déclencha des émeutes, qui furent à l’origine de la révolution de 1848, entraînant l’abdication du roi.
- Les pavillons : disséminés dans le parc. On en trouve quatre. Le plus remarquable est Amalienburg, un pavillon de chasse d’un luxe inouï, chef-d’œuvre de l’art rococo bavarois. Niché dans un bouquet d’arbres, à proximité du grand parterre, ce bijou – qui n’a pas été touché durant la dernière guerre – a été conçu par l’architecte François de Cuvilliés sur commande de Charles-Albert en cadeau pour son épouse, la princesse électrice Marie-Amélie. Décor d’un raffinement extrême, à la française. La pièce la plus somptueuse est la salle des Glaces, dans les bleu et blanc délicats. Voir aussi la cuisine avec ses carreaux de faïence hollandaise et ses motifs chinois. Un peu plus loin, le pavillon de Bains (Badenburg) est une maison de plaisir dont le salon est décoré de fontaines en forme de coquillages! Achevé en 1721 pour Maximilien-Emmanuel, Badenburg est inspiré par le faste des bains turcs. Ses murs sont revêtus de carreaux de faïence hollandaise. La piscine est surmontée d’une galerie couverte de faux marbre rouge d’où les visiteurs observaient les baigneurs. À l’époque, un système alimentait la piscine en eau chaude. La plus belle pièce du Badenburg est le cabinet aux singes, richement décoré. Les autres pavillons du parc sont un ermitage du XVIIIe s (Magdalenenklause) et Pagodenburg au nord du canal central. Il n’a d’asiatique que la décoration intérieure (peintures en laque rouge, tapisseries chinoises de soie peinte).
- Le parc : A la fois jardin à l’anglaise et à la française, il propose parterres de fleurs, allées, bosquets, sculptures et canaux, bien sûr, dont le plus grand se termine en cascade. Serres avec plantes tropicales, dont des nénuphars géants, dans le jardin botanique, tout à côté.
- Olympiapark (parc olympique) : Cette petite ville vouée au sport fut élevée sur les décombres de Munich, rassemblés ici après la Seconde Guerre mondiale ! On trouve d’ailleurs un monument élevé à la paix au sommet de la colline olympique. Ce parc de 3 km2 , construit pour les Jeux de 1972, est une prouesse technique : le stade (62250 places), le complexe nautique et le hall (pouvant contenir 14 000 personnes) sont recouverts d’une vaste toile d’araignée synthétique ! Ses immenses pelouses en font également l’endroit idéal pour un pique-nique au soleil. Au centre, l’Olympiaturm (tour de télévision), haute de 291 met surmontée d’une coupole qui tourne sur elle-même en 53 min : la vue sur Munich et les Alpes y est évidemment assez fantastique.
Regensburg (Ratisbonne)

Traversée par le Danube (pas encore très large mais déjà majestueux), Regensburg est une fausse grande ville, classée au Patrimoine mondial par l’Unesco, où près de 1200 monuments historiques sont aujourd’hui protégés. Difficile de ne pas succomber à son charme. Le centre historique se découvre facilement à pied, ce qui incite à la flânerie. Vieille de 2000 ans, elle fut la première capitale de la Bavière et le cœur géopolitique du Saint Empire romain germanique du temps de sa plus grande expansion. Rien d’étonnant donc à ce qu’on y trouve l’auberge la plus vieille d’Allemagne, où l’on déguste des saucisses grillées depuis 850 ans !
Toutes les photos ici.
Une balade à travers les ruelles sinueuses équivaut à une remontée dans le temps, doublée d’une leçon d’histoire. On y croise Charles Quint, qui y engendra Don Juan d’Autriche (l’un des vainqueurs de la bataille de Lépante), ou l’astronome Kepler, qui y mourut seul et oublié de tous. La cité est hérissée d’une quarantaine de tours datant du Moyen Âge et prend des airs de cité toscane, voilà pourquoi on l’a surnommée “ville la plus septentrionale de l’Italie”.
Un peu d’histoire : En l’an 179, l’empereur romain Marc Aurèle fonde Ratisbona à la limite nord de l’Empire romain. 6000 légionnaires y stationnent. Charlemagne l’inclut dans l’Empire carolingien. Le pont de pierre sur le Danube date de 1046. Sur la route des croisades, via le Danube et Constantinople, elle prospère, et devient la première capitale de la Bavière avant d’être élevée, en 1245, au rang de ville libre impériale par l’empereur Frédéric II. Au XIVe s, la mode vient d’Italie, et les tours patriciennes s’érigent, à l’instar de San Gimignano. En 1542, Ratisbonne passe à la religion réformée, mais reste en même temps le siège de l’évêché catholique, de sorte que les deux confessions coexistent. En 1663, elle retrouve un certain prestige comme siège permanent des Diètes impériales.
La Diète de Ratisbonne : cerveau de l’Empire. La Diète est une assemblée politique du Saint Empire romain germanique régulièrement réunie à Ratisbonne du XVIIe s jusqu’au début du XIXe s. Elle convoquait les représentants de 51 villes franches, les 37 princes de l’Église, les 63 princes de l’Empire, et enfin les 7 princes-électeurs: les archevêques de Cologne, Mayence et Trèves, le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg, les comtes du Palatinat et enfin le roi de Bohême. Ces derniers étaient chargés d’élire l’empereur qui n’assistait pas à ces réunions mais se faisait représenter par le prince Thurn und Taxis. Pour préserver leur indépendance, les États du Saint Empire préféraient supporter le coût de l’entretien du représentant de l’empereur plutôt que de renoncer à leurs droits. En 1803, la Diète sanctionne, sous la pression de Napoléon, la réorganisation territoriale de l’Empire germanique.
Napoléon offre Regensburg à l’archevêque de Mayence et la ville connaît la décadence au XIXe s. Ensuite, intégrée au royaume de Bavière, elle est évincée au profit de Munich.
Peu industrialisée, c’est l’une des rares villes de Bavière à avoir peu souffert de la Seconde Guerre mondiale (13 % de la ville ont été détruits), d’où son authenticité préservée. En 2006, le centre historique a été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.
La famille Thurn und Taxis : D’origine italienne, les Thurn und Taxis sont l’une des plus anciennes et puissantes familles princières d’Allemagne. Le patronyme Taxi vient de tasso (le blaireau) qui figure dans le blason familial. Leur ancêtre inventa un service postal, rapide pour l’époque. Les coursiers à cheval mettaient à peine 6 jours pour relier Innsbruck à Bruxelles, chevauchant jour et nuit. L’empereur chargea ce pionnier d’étendre son organisation à l’Empire. Anoblis, les descendants montèrent en grade jusqu’au titre de prince. Au fil des siècles la famille a accumulé une fortune considérable et possède 30000 ha de forêt en Bavière. Aujourd’hui, leur château est habité par la princesse Gloria von Thurn und Taxis. Née en 1960, elle défraya la chronique mondaine dans les années 1980, avec ses tenues extravagantes et ses coiffures flashy. On lui donna le sobriquet de “Princesse TNT” ou “princesse punk”· A la mort de son mari en 1990, elle se retrouva à la tête d’une immense fortune mais aussi avec des dettes colossales … Assagie aujourd’hui, catholique fervente et toujours aussi médiatique, la princesse continue d’avoir une influence sur la ville et sur l’économie de la Bavière.
A voir :
- Dom (cathédrale) : Construite du XIIIe au XVIe s (de 1273 à 1525), c’est l’une des plus importantes de Bavière. Curieusement les dernières pierres des flèches ont été posées en … 1872. Dimensions assez étonnantes (tours de plus de 100 m de haut), intérieur un brin austère, mais beaux vitraux du XIII-XIVe s. C’est l’édifice qui compte la plus grande surface de vitraux en Allemagne, plus même que la cathédrale de Cologne ! Une certaine pénombre y est maintenue pour mettre ceux-ci en valeur. Voir le tabernacle, les autels, les dalles et le puits à droite de l’entrée. L’orgue de 37 t est suspendu à quatre câbles, et l’organiste est installé dans une nacelle en verre. Le cloître est intéressant pour sa chapelle funéraire du XIIe s (Allerheiligenkapelle), couverte de fresques. Beaux jardins également. Dans la crypte, la tombe du prêtre Johann Maier, jugé et pendu comme traître par les nazis le 24 avril 1945 pour avoir préconisé la capitulation alors que les troupes américaines se trouvaient sur l’autre rive du Danube.
- L’église Saint-Ulrich : derrière la cathédrale. D’inspiration française, construite sur le modèle de l’église de Laon, elle possède un intérieur très curieux, avec des loggias sculptées et peintes. Elle abrite un intéressant musée religieux aux objets liturgiques rares et précieux.
- Alte Kapelle : sur le Kornmarkt. Ancienne basilique carolingienne, complètement « rocoquisée » au XVIIIe s. L’intérieur peut se voir à travers une grille : retables, plafonds peints et stucs dorés forment un ensemble harmonieux. Les habitants s’y pressent pour la messe de Noël le 24 décembre à 18h30.
- Alte Rathaus : Un des plus anciens hôtels de ville médiévaux d’Allemagne. La visite permet d’admirer notamment la grande salle impériale (Reichssaal) dans laquelle siégea à partir de 1963 la Diète (assemblée) perpétuelle de l’Empire. Les quelque 150 délégations d’États extérieurs menaient ici un train de vie fastueux . En 1803, la Diète est dissoute, sous la pression de Napoléon ; c’est la fin du Saint Empire, Regensburg perd l’institution qui avait fait son prestige et sa puissance. Aujourd’hui, beaucoup d’historiens pensent que la Diète fut l’ancêtre du Bundestag actuel, symbole de la démocratie représentative allemande.
- Dans la salle du Collège Princier, remarquable avec ses tapisseries de Bruxelles du XVIe s, jetez un œil, au plancher, sur la trappe carrée en bois qui servait au chauffage. La visite s’achève avec la série des cachots et une salle des tortures digne d’un feuilleton de série B.
- À proximité, sur une placette à l’est, statue en pied de Don Juan d’Autriche, qui tient sous le pied une tête de Turc. Elle fut érigée en 1978, pour les 400 ans de la mort de ce fils bâtard de l’empereur Charles Quint et de Barbara Blomberg, une fille de notable de 19 ans. Don Juan d’Autriche fut reconnu par son père, vécut à Bruxelles à la cour de Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint, élevé comme demi-frère de Philippe Il d’Espagne et nommé chef de la flotte chrétienne qui mit les Ottomans en déroute à Lépante en 1570.
- Haidplatz : à 200 m à l’ouest du Rathaus, magnifique place monumentale qui rappelle celles d’Italie du Nord. Le bâtiment le plus intéressant (au n° 7 de la place) est un château princier du XIIIe s flanqué d’une tour et crénelé. Il abrite l’hôtel Goldenes Kreuz, où Charles Quint aurait eu en 1546 son idylle avec la belle Barbara Blomberg … Une inscription en vers rappelle leurs amours. De nombreuses têtes couronnées, rois, reines, princes et princesse y dormirent : Metternich, l’empereur François-Joseph, Napoléon III, le Kaiser Guillaume Ier … Aujourd’hui, la tradition hôtelière se maintient 500 ans après! Au centre de la place, la fontaine de Justice date de 1655.
- Bismarckplatz : aux limites de la ville médiévale, où trônent le Stadttheater et, en face, le palais présidentiel et son portique à colonnes, construit pour accueillir la délégation des plénipotentiaires français en 1805.
- Steinerne Brücke : sur 310 m de long, ses élégantes arches enjambent le Danube. Construit dans la première moitié du XIIe s, il est considéré comme un exploit architectural. Il servit de modèle pour la construction du pont Saint-Charles à Prague. On remarque qu’il est bombé au milieu. Du pont, jolie vue sur la ville et le fleuve. Pour accéder au pont, on passe par l’une des dernières portes de la ville abritant un petit musée, le Brückturmmuseum.
- l’Historische Wurstkuchl : le plus vieux restaurant d’Allemagne. Minuscule maison verte toute de guingois, construite au … XIIe s, pour servir de cantine aux ouvriers du vieux pont. Il s’agit là d’un des plus vieux restaurants de Bavière, et la carte n’a pas changé au fil du temps. On mange à de grandes tables en bois, sur le vieux pavé du quai, ou près de la cuisine les jours de pluie.
- Le château princier Thurn und Taxis et l’église St. Emmeram : Les princes Thum und Taxis étaient basés à Francfort-sur-le-Main et se sont fixés à Regensburg au XVIIIe s. Ils représentaient l’empereur dans la fonction de commissaire principal à la Diète permanente (de 1623 à 1803). Même après la dissolution du Saint Empire romain germanique, ils ont gardé leur prestige, leur fortune et leurs habitudes fastueuses. Au début du XIXe s, en compensation de la perte du monopole qu’ils avaient sur le service postal, ils reçoivent l’ancienne abbaye bénédictine qu’ils transforment en château, ouvert en partie à la visite (salles d’apparat, salons, jardin d’hiver, chapelle privée, écuries, cloître). Ce château est aujourd’hui encore habité par la famille. Il abrite de magnifiques salles d’apparat. Il compte 500 pièces et 14 escaliers, c’est le plus grand château privé d’Allemagne. La plus imposante pièce est la salle de Bal, dite « Blanche», en style rococo. Celle-ci fut démontée du palais d’origine à Francfort puis remontée à Regensburg. On peut s’étonner de la modernité des équipements (distribution d’eau, chauffage, éclairage), installés dès la fin du XIXe s. Le parcours inclut aussi la salle des Glaces (buste de Joséphine de Beauharnais), le salon Vert (avec le lit aux cygnes de style français), le salon Madeleine (insolite montage numérisé des visages de la famille princière actuelle, avec les yeux qui clignent), la chapelle privée, le jardin d’hiver, les écuries avec leur parc à voitures (collection de calèches, cabriolets, landaus, berlines … ) et le manège de 600 m2.
- l’église St. Emmeram : basilique du XIe s aux superbes porche et portail. Le cloître de style roman se distingue par sa profusion de détails architecturaux. A l’intérieur (style plus baroque que roman), nombreux tombeaux de saints et de seigneurs. Les cryptes remarquables ne sont visibles que lors des visites guidées. Y sont enterrés les membres de la lignée Thurn und Taxis, soit une trentaine de tombeaux.
- Kepler-Gedächtnishaus : C’est ici que Johannes Kepler (1571-1630), astronome et mathématicien, est vraisemblablement mort le 15 novembre 1630. Cette maison a été transformée en musée à la mémoire de ce grand astronome. Il soutint contre le dogme de l’Église que la Terre n’était pas au centre de l’univers. On peut y voir des instruments astronomiques, des cartes du ciel et un précieux exemplaire de Opera Omnia, œuvre de son rival, l’astronome danois Tycho Brahé. Malheureux dans la vie, Kepler n’a été reconnu que bien plus tard. Des scientifiques du XXe s ont donné son nom à un astéroïde et à une supernova …
Landshut

Petit détour sur le chemin de Ratisbonne pour découvrir la capitale de la Basse-Bavière. Du haut de son éperon rocheux, le château fort de Trausnitz domine cette charmante ville baignée par l’lsar. Qui pourrait imaginer un décor de ville bavaroise aussi homogène et authentique, avec en son centre deux places jumelles, tout en longueur, bordées d’une série de superbes mai-sons aux façades colorées, coiffées de pignons remarquables? En 1945, Landshut n’a souffert d’aucun bombardement, hormis la gare. La ville actuelle est fortement marquée dans son style architectural par les trois classes sociales alors en présence : noblesse, bourgeoisie et clergé.
Toutes les photos ici.
A voir :
- Altstadt: magnifique place principale de 600 m de long, réservée aux piétons, avec ses maisons à pignon élégamment alignées, certaines couvertes de sgraffites (espèce de camaïeu qui se fait en couvrant d’une couche foncée l’enduit d’un mur, et en écorchant cet enduit avec une pointe de manière à produire ainsi les clairs d’un dessin à l’imitation d’un bas-relief). C’est dans cette rue que se concentre l’essentiel des curiosités:
- le Rathaus et sa salle des cérémonies, où a été représenté sur les murs en 1880 le fameux mariage de Landshut (dont on célèbre, depuis 1903, l’anniversaire tous les 4 ans sous forme de fête historique), la façade de la Landschaftshaus (maison située face au porche de Saint-Martin), sur laquelle est peint l’arbre généalogique de la famille Wittelsbach depuis 1598.
- St. Martin (église Saint-Martin): Impossible de la manquer, son clocher mesure 131 m de haut ! C’est d’ailleurs la plus haute tour du monde édifiée en brique. Construite entre 1389 et 1500, l’église est un chef-d’oeuvre d’art gothique. A l’intérieur, on est d’abord frappé par la hauteur de la nef et la finesse des piliers. La grande croix suspendue est impressionnante. Elle date de la fin du XVe s et mesure 8 m de haut.
- Stadtrezidenz : Première résidence Renaissance construite au nord des Alpes, le palais fut érigé entre 1536 et 1543 par Louis X de Bavière, lassé de sa forteresse médiévale trop haut perchée. C’est aujourd’hui le musée de la Ville (au 2e étage). Une grande partie du mobilier a disparu lors du pillage par les troupes de Gustave-Adolphe au XVIIe s. Admirez les plafonds et les marbres. De la salle des dieux où trône une superbe armoire de voyage, on passe à la salle des fêtes, avec les médaillons des 12 travaux d’Hercule, puis à celle des étoiles, à celle des 12 mois de l’année et du jour et, enfin, à celle de la nuit et des plaisirs. On peut terminer avec une partie à la déco plus récente (1780), lorsque la famille des Birkenfeld en fit sa résidence : papiers peints remarquables d’inspiration pompéienne.
- Burg Trausnitz : Ancienne résidence des Wittelsbach, le château (1204) est perché au sommet d’un éperon rocheux. De 1255 à 1503, les ducs de Basse-Bavière y résidèrent. Il renferme des collections de meubles, tapis et peintures. L’escalier des Bouffons (Narrentreppe) est décoré de belles fresques d’inspiration italienne (commedia dell’arte). Depuis l’incendie en 1961, ce n’est plus la richesse de l’intérieur qui attire les visiteurs mais principalement le panorama et la Burgschanke (dans la cour, terrasse sur les remparts).

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