Situé dans le massif des Fiz, entouré par les vallées du Giffre et de l’Arve, le désert de Platé fait face au massif du Mont-Blanc. Plateau calcaire de 1980 hectares, il est composé en majorité de lapiaz creusés par les glaciers et les eaux de fonte. Reconnu comme l’un des plus grands lapiaz d’Europe, ce plateau est accessible seulement à pied, ce qui lui vaut son surnom de désert.
Aujourd’hui nous prenons la direction de Flaine en Haute-Savoie pour aller nous balader dans un paysage lunaire face au Mont-Blanc, dans le désert de Platé.
Le téléphérique des Grandes Platières (qui n’est en fonction en été qu’entre fin juin et début septembre) permet d’arriver facilement à 2480 m. La sortie du téléphérique plante directement le décor de la journée: Mont-Blanc devant nous avec comme premier plan le désert de Platé, le plateau calcaire composé principalement de lapiaz. Nous allons passé toute la journée avec devant nous le plus haut sommet des Alpes. Magnifique !
Après nous être promené un petit peu dans les lapiaz qui se trouvent à la sortie du téléphérique nous nous nous mettons en route pour la Tête des Lindars, un petit sommet entre la Tête du Colonney et le col du même nom. Le chemin nous fait d’abord traverser en alternance des lapiaz et des zones plus herbeuses.
Depuis la Tête des Lindars nous descendons ensuite vers les Chalets de Platé, en marchant en bordure des Forts de Platé (champ de lapiaz). Pendant la descente nous perdons progressivement la vue sur le Mont-Blanc. Mais nous le retrouverons bientôt.
Depuis les Chalets de Platé le chemin part soit en direction du col de la Portette soit il remonte vers celui de Colonney. Initialement nous avions envisagé de pousser jusqu’au col de la Portette mais il est déjà 14h30 et la dernière cabine redescend à 17h et en plus il fait vraiment chaud …
Nous remontons donc vers le col de Colonney et 35 minutes plus tard nous retrouvons le chemin que nous avons pris pour aller à la Tête des Lindars.
De retour à la station supérieure du téléphérique nous continuons un petit moment en direction du col de Platé. La vue est incroyable : au premier plan les blocs de lapiaz et au second plan toute la chaîne des 4000m au-dessus de Chamonix (cela va, de gauche à droite, de l’Aiguille Verte au Dôme de Miage en passant par les Grandes Jorasses, la Dent du Géant, l’Aiguille du Midi, le Mont-Blanc de Tacul, le Mont-Maudit, le Mont-Blanc, le Dôme du Goûter).
Un peu avant 17h nous reprenons le téléphérique pour redescendre à Flaine.
Comme la journée est encore bien ensoleillée nous faisons un petit détour dans le village “Bauhaus” de “Flaine Front-de-Neige”. Soit on aime, soit on n’aime pas mais cela ne laisse pas indifférent ! (pour plus de détail, voir “autres informations”.
Si on cherche une vue sur le Mont-Blanc je pense que c’est ici qu’il faut venir. Le cadre est incroyable ! Par contre si on n’aime pas la caillasse il faut peut-être s’abstenir …
Toutes les photos ici.
carte interactive de la région (carte indicative sur SuisseMobile ! Ne peut pas être agrandie)
altitude de départ: 2480 m
altitude d’arrivée: 2480 m
altitude minimale: 2034 m
altitude maximale: 2560 m
dénivelé positif: +822 m
dénivelé négatif: -822 m
temps de parcours: 4 h 15
distance totale: 11000 m

Le karst est un paysage façonné dans des roches solubles carbonatées (principalement calcaire, mais aussi marbre, dolomie, craie ou même sel). Les paysages karstiques sont caractérisés par des formes de corrosion de surface, mais aussi par le développement de cavités creusées par les circulations d’eaux souterraines.
Petit lexique des formes du karst de surface …
| lapiaz | ensemble de roches ciselées de cannelures |
| doline | dépression circulaire, creux |
| perte | ruisseau s’engouffrant sous terre |
| ouvala, poljé | bassin fermé |
| reculée | cirque rocheux entourant une source importante |
| vallée sèche | vallée sans cours d’eau de surface |
… des formes du karst souterrain:
| grotte | caverne dont l’orifice est plutôt horizontal |
| gouffre | caverne dont l’orifice est vertical |
| puits | galerie fortement inclinée, voire absolument verticale |
| galerie fossile | couloir sec |
| méandre | couloir haut, étroit et tortueux |
| rivière souterraine | galerie parcourue par un ruisseau souterrain |
| siphon | galerie totalement noyée |
| concrétions | stalactites, stalagmites, draperies, colonnes, … |


Les calcaires se sont formés (et se forment encore actuellement !) dans les mers et les océans. La lente accumulation de différentes particules calcaires présentes dans l’eau, notamment des coquilles calcaires qui entourent de nombreux organismes marins, forment des sédiments au cours des millions d’années. Les calcaires de nos montagnes se sont formés il y a 45 à 240 millions d’années, comme l’attestent, par exemple, les empreintes de dinosaures trouvées dans différents sites.
Le mouvement des plaques tectoniques (« dérive des continents») a poussé les calcaires hors des mers, parfois jusqu’à former des chaînes de montagnes, dont les matériaux, par l’attaque de l’érosion, s’en retournent peu à peu vers la mer…
La karstification est le mode particulier qu’ont certaines roches de se faire éroder par dissolution dans l’eau de pluie.
L’absence presque totale de rivières est certainement la particularité la plus spectaculaire des régions karstiques. Et pourtant, il y pleut autant qu’ailleurs !
En fait, à la faveur d’un réseau de milliers d’interstices et de fissures, l’eau s’infiltre directement dans le sol et s’écoule à l’intérieur du karst. Indépendamment du relief de la surface, cette eau est alors drainée vers des collecteurs qui peuvent former de véritables rivières souterraines (que les spéléologues adorent découvrir !). Finalement, l’eau retrouve la lumière du jour au niveau des sources karstiques.
En région karstique, il n’est pas rare qu’une rivière s’engouffre sous terre en un lieu précis (on appelle cela une perte), poursuive son chemin en s’enfonçant profondément sous terre, pour réapparaître ensuite à l’extérieur, quelques kilomètres plus loin, et reprendre son parcours en surface. Des expériences menées à l’aide de colorants permettent de prouver ces liaisons. Mais les écoulements souterrains dans le karst peuvent encore révéler d’autres surprises. En effet, il est fréquent que l’eau de pluie tombée sur le versant d’une montagne ressorte au pied du versant opposé !

La légende parle d’un géant qui, exténué de franchir monts et vallées, serait venu se reposer dans nos montagnes, nichant sa tête au creux de ce vallon que les anciennes cartes dénomment «Flainoz», terme signifiant «oreiller» en patois savoyard… La légende s’arrête là, perdue avec les rêves du géant. Flainoz devint Flainaz, puis Flaine.
Architecture : Classée monument historique, cette station a été créée en 1968 par le géophysicien Éric Boissonnas, au cœur d’un grand cirque naturel à 1600 m d’altitude, et conçue comme « station intégrée », skis aux pieds et sans voiture. La station est construite sur trois niveaux : « Flaine-Forêt » (1 700 m), « Flaine-Forum » (1 600 m) , « Flaine-Front de neige » (1 500 m), reliés par deux ascenseurs extérieurs et deux chemins piétonniers. Avec l’architecte suisse Gérard Chervaz, Eric Boissonnas a fait le pari d’y créer un exemple d’urbanisme, d’architecture et de design, pour lequel la rentabilité immédiate serait subordonnée aux choix esthétiques et au respect de l’environnement. Il a été fait appel à Marcel Breuer, architecte mondialement connu du Bauhaus et ses associés dont Daniel Chiquet, architecte et ingénieur mondialement reconnu ainsi que Laurent Chappis, Gérard Chervaz, André Gaillard, Denys Pradelle, La ligne directrice de la conception architecturale a été le respect de la nature : les lignes du plan masse sont donc harmonisées avec celles de la morphologie du site. Le béton est volontairement présent, fondu par sa couleur avec le calcaire environnant. La volonté de ses promoteurs était de réaliser «un prototype d’architecture, d’urbanisme et de design à la montagne». Aujourd’hui cette volonté a été reconnue avec le classement de l’Hôtel Le Flaine et de l’immeuble Bételgeuse aux monuments historiques. L’esthétique en barres d’immeubles des années 1960 de la station lui vaut également d’être citée parmi les sites les plus moches de France.

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