
Hier en fin d’après-midi nous sommes montés sur la Griesalp pour dormir à l’hôtel “historique” Waldrand-Pochternalp. Nous avons laissé la voiture à Reichenbach im Kandertal et avons pris le fameux car postal qui monte jusqu’à Griesalp. Mais nous sommes descendu à l’arrêt “Alpenruhe” et avons rejoint l’hôtel Waldrand en longeant le Tschingelsee et en montant les gorges. Nous avons profité de la montée pour voir passer le car sur les pentes maximum (jusqu’à 28% à certains endroits !)
Après une bonne nuit et bon petit déjeuner nous nous mettons en route pour une longue journée de marche. Nous voulons rejoindre Mürren en suivant partiellement le tracé de l’étape 12 de la Via Alpina.
Il y a deux chemins qui conduisent au Sefinafurgga, le col qui permet de passer du Kiental au Lauterbrunnental. Le plus direct (celui emprunté la la Via Alpina) va de Griesalp au col par le Dürreberg et le second, plus long, passe par Gamchi. Nous avons opté pour le second itinéraire.
Après une heure à peine, on emprunte une étroite piste taillée dans la roche glissante et caillouteuse, au-dessus du torrent qui coule en contrebas, à travers les gorges impressionnantes de la Gamchischlucht. Mais bientôt ce resserrement s’ouvre à nouveau, et on fait soudain face à la large vallée encaissée de la Gamchialp, dominée part les parois abruptes de la Wildi Frau et du Morgenhorn recouvert partiellement de glaciers. Le sentier taillé dans la roche au-dessus du Gamchi est unique en son genre, surtout après des précipitations importantes ou à la fonte des neiges, car il passe derrière un large rideau d’eau. Des parapluies sont à disposition pour ceux qui ne veulent pas se mouiller ! …
Quand on rejoint le chemin qui travers le Gamchigletscher (au point 2106) on prend le sentier qui monte à gauche en lacets dans la caillasse. La montée est rude.
Au point 2330, sur un petit plateau, après une petite pause bien méritée après cette longue montée depuis Gamchi, nous tournons le dos à la Gaspaltenhornhütte et continuons sur le sentier étroit et relativement vertigineux (mais bien sécurisé) qui contourne l’arête de la Bütlassa. Arrivé dans le vallon derrière l’arête nous voyons le chemin qui mène au Sefinafurgga. Petit coup au moral ….
Pour parvenir au dos d’âne de Vordere Bütlassa on marche sur beaucoup d’éboulis et quelques névés. La dernière partie de cette montée est “facilitée” par un ensemble de marches qui chauffent bien les cuisses !
Arrivés en hauts de cet “escalier” nous ne sommes pas encore au col. Coup au moral ! Il faut encore marcher une quinzaine de minutes pour y arriver. En fait on arrive au dessus du col. Il nous faut descendre une vingtaine de pour l’atteindre.
Là nous faisons une pause picnic, assis sur un rocher, faces aux majestueux 4000 bernois (Eiger, Mönch et Jungfrau).
Puis nous nous remettons en route pour rejoindre Mürren. La première partie de la descente est très raide. Des escaliers ont même été installés pour permettre de passer plus facilement la zone juste sous le col. Arrivé au niveau du Hundssee le chemin se fait nettement plus tranquille. On rejoint la Rotstockhütte en traversant des pâturages. Pendant quasiment toute la descente on a devant nous les trois sommets les plus célèbres de Suisse.
De la cabane Rotstockhütte jusqu à Bryndli nous marchons à flanc de montagne sur un chemin d’altitude de la vallée du Sefinental. Après cette partie tranquille, le chemin plonge vers Spilboden.
Il ne nous reste alors plus qu’à marcher jusqu’à la gare de Mürren, cette ancienne colonie Walser se trouve au pied du Schilthorn (mondialement connu grâce au film de James Bond «Au service secret de Sa Majesté»)et qui constitue le village habité en permanence à l’attitude la plus élevée (1650 m d’altitude) du canton de Berne. C’est là que s’achève cette randonnée panoramique exigeante de la vallée de Kiental à celle Lauterbrunnen.
Il ne nous reste maintenant plus qu’à prendre les transports en communs pour revenir à Reichenbach im Kandertal.
Magnifique mais très longue randonnée dans un paysage incroyable. Le détour par Gamchi vaut vraiment la peine !
Toutes les photos ici.
une vidéo du car postal
carte interactive de la région
altitude de départ: 1363 m
altitude d’arrivée: 1638 m
altitude minimale: 1523 m
altitude maximale: 2668 m
dénivelé positif: +1543 m
dénivelé négatif: -1269 m
temps de parcours: 7 h 45
distance totale: 19660 m
Inventaire des transports de montagne en été
L’hôtel Waldrand est un témoin authentique du boom de la construction hôtelière qui, au tournant des années 1900, a touché de nombreuses vallées alpines, dont le Kandertal et ses vallées latérales. A la fin des années 1880, il n’y avait encore aucun hôtel dans le Kiental, mais en 1901, la fièvre de la construction hôtelière s’est emparée de cette région. Christian Bettschen, originaire de Kien, ouvre alors la “Blüemlisalp”, la première maison d’hôtes sur la Griesalp, posant ainsi la première pierre du futur complexe hôtelier. Une dizaine d’années plus tard commence l’histoire de l’hôtel Waldrand sur la Pochtenalp. Il est un exemple du style “chalet” ou “maison suisse”, très en vogue à l’époque, qui se voulait une alternative aux grands hôtels.
Les premiers clients de l’hôtel étaient surtout des voyageurs aisés, qui partaient le plus souvent vers des régions lointaines du monde par des chemins aventureux et avec des récits de voyage dans leurs bagages. Autrefois, on venait en Suisse avant tout pour les Alpes, puis plus tard aussi pour les cures et le repos. De nombreuses personnes vivaient dans des villes et travaillaient dans le secteur industriel et des services. Ils n’avaient pas seulement le besoin, mais aussi le temps et les moyens de se rendre dans les Alpes.
Le tourisme en plein essor promettait du travail et des revenus aux destinations de vacances. La publicité s’est professionnalisée et les régions alpines ont été déclarées comme un monde opposé à la ville. Ces développements ont stimulé la construction d’hôtels, et la “fin de siècle” a offert aux gens un âge d’or, qui a toutefois été stoppé par le début de la Première Guerre mondiale.
Histoire de l’hôtel Waldrand-Pochtenalp
En 1910, les quatre frères et sœurs Lädrach ont acheté un pâturage dans le Kiental : le Pochtenweide. La même année, ils déposèrent auprès de la commune une demande de permis de construire pour un hôtel-pension de style chalet. Au début de l’été 1911, la “Pension Pochtenfall” accueille ses premiers hôtes. Immédiatement après l’ouverture, les Lädrach sont confrontés à des difficultés financières et ce n’est qu’en 1913 que des temps plus calmes commencent, lorsque Christian Bettschen reprend la pension. En quelques années, il fit agrandir la “Pension Pochtenfall” pour en faire l'”Hôtel Waldrand” que nous connaissons aujourd’hui. Après la mort de Christian Bettschen en 1921, sa veuve Margaritha a repris l’établissement de la Pochtenalp et l’a dirigé avec son deuxième mari, Karl Sommer, pendant près d’un quart de siècle, jusqu’en 1939.
À partir de 1939, l’hôtel Waldrand est la propriété de la famille Graber – entre-temps la troisième génération. Depuis mai 2016, Bruno Sieber est le propriétaire de l’hôtel.
Tschingelsee :
Le 18 juillet 1972, après une violente averse de grêle, une coulée de débris descendit de l’Ärmighorn vers la vallée de Kientalet en inondant le Tschingelalp par des mètres de décombres. Derrière cette masse de décombres, les rivières de montagne furent endiguées en créant un lac pendant la nuit. La route pour Griesalp disparut dans les inondations. Elle fut reconstruite plus tard plus en haut. Avec le lac Tschingel, comme on l’appelait, le scenario devint même plus attractif. La région du delta de la rivière de Gornere offrit un refuge pour les oiseux d’eau, et une flore exceptionnelle colonisa rapidement la zone. Dès 1987, le lac et ses alentours furent protégés légalement. Mais ce petit paradis n’est que transitoire. Vu que le glacier de Gamchi recule rapidement, la rivière de Gorner emporte avec elle beaucoup de débris qui se déposent dans le lac Tschingel. Aujourd’hui le lac est principalement rempli de sable. Plusieurs affluents serpentent entre les graviers et les bancs de sable. Cela offre une vue très attractive, tandis que les étangs et les ruisseaux n’ont rien à voir avec le lac. Dans un future proche, le lac Tschingel disparaitra complètement.








0 commentaires