La Vy aux Moines (juillet 2024)

14 Juil 2024 | 0 commentaires

La riche histoire de la Vy aux Moines remonte au Moyen-Âge, lorsque les communautés religieuses défrichaient les vals du massif jurassien. Lors de la Réforme les moines ont fui Môtiers. Au fil des siècles, la Vy devint une voie d’échange pour des marchands de sel, des contrebandiers et des réfugiés.

Nous allons faire aujourd’hui une partie seulement du parcours historique complet. D’une longueur totale de 33 km, il permet de franchir le massif jurassien, en suivant un ancien cheminement reliant le prieuré de Môtiers (Suisse) et l’abbaye de Montbenoît (France).

Nous débutons notre balade “historique” à la Brévine. En ce dimanche matin il n’y a quasiment personne dans le village. Le début de la marche se déroule au bord de la route cantonale, mais 300m après la sortie du village nous pénétrons dans un pâturage. Puis, assez rapidement nous entrons dans la forêt. Pendant toute la marche du jour cela sera ainsi : tantôt nous marchons à découvert dans un pâturage tantôt à couvert dans la forêt.

Après 45 minutes nous arrivons au bord du lac des Taillères qui, selon ce qu’une légende raconte, serait apparu en une nuit à la suite d’un affaissement de terrain qui vit disparaître la forêt qui le cachait …

Nous marchons sur presque toute la longueur du lac avant de tourner à gauche pour monter en direction de l’alpage des Bans. La fraîcheur qui règne dans la forêt est bien agréable par la chaleur qui règne aujourd’hui.

Notre itinéraire nous fait passer près de la Petite Charbonnière, puis de la Grande Charbonnière. Puis nous arrivons au point culminant du parcours à la “Citadelle”. Dans la descente vers l’alpage du Petit Pâturage nous devons traverser un champ dans lequel se trouve un troupeau de vaches et de veaux … A notre arrivée les vaches se mettent à meugler et à se déplacer en masse dans notre direction ! Elles nous font bien comprendre qu’il ne faut pas passer ici ! Nous faisons donc un petit détour en passant dans le pré d’à côté.

Balade agréable entre forêts et pâturages jurassiens. L’aspect historique de la balade n’est pas vraiment évident …

Toutes les photos ici.

carte interactive de la région

altitude de départ: 1042 m

altitude d’arrivée: 739 m

altitude minimale: 739 m

altitude maximale: 1219 m

dénivelé positif: +380 m

dénivelé négatif: -684 m

temps de parcours: 3 h 50

distance totale: 14000 m

La Vy aux Moines, parcours historique

La tradition attribue volontiers l’exploration, le défrichement et le peuplement des hautes vallées jurassiennes aux moines et date le début de cette occupation aux XIe et XIIe siècle. Cette théorie demande à être nuancée, puisque l’archéologie fait aujourd’hui remonter les premières traces de ce qui deviendra le prieuré Saint-Pierre de Môtiers au VIe, dans un Val-de-Travers exploité par des agriculteurs dès l’époque romaine. De leur côté, les recherches palynologiques effectuées dans la haute chaîne du Jura révèlent une occupation humaine très ancienne, précédant largement l’établissement des quatre sites monastiques de la région de Pontarlier, le prieuré clunisien Saint-Pierre de Morteau, l’abbaye augustine de Montbenoît, l’abbaye cistercienne de Mont-Sainte-Marie et le prieuré bénédictin Saint-Simon de Mouthe, des monastères fondés entre le XIe et le XIIIe siècle. Si les vallées jurassiennes sont habitées depuis longtemps et que les moines ne s’installent pas dans des montagnes dépeuplées, l’implantation des monastères au Moyen Âge coïncide toutefois avec un développement de l’agriculture et du pastoralisme, ainsi qu’avec le regroupement d’une population jusque-là dispersée ; leur présence participe également au développement d’activités artisanales et pastorales plus spécialisées.

À la fin du XIe siècle, deux abbayes – Cluny (Bourgogne) et La Chaise-Dieu (Auvergne) – se disputent le contrôle de la route du Val-de-Travers au travers de la possession du monastère de Môtiers. En 1107, celui-ci est finalement rattaché à l’abbaye bénédictine la Chaise-Dieu, alors que l’abbaye de Montbenoît, mentionnée pour la première fois dans les textes en 1117, obéit à la règle de saint Augustin à partir de 1150 ; elle n’a toutefois pas bénéficié à ce jour de fouilles archéologiques pouvant éclairer ses origines.

Alors que les archives ne permettent malheureusement pas d’établir la nature exacte des liens entretenus par les deux monastères, on peut sans risque affirmer que leurs occupants évoluaient dans des univers très proches et qu’ils ne devaient pas manquer d’occasions d’échanges matériels et spirituels. La Vy-aux-Moines mise à l’honneur au début du XXIe siècle témoigne également de la diversité des voies de circulation qui parcouraient la chaîne du Jura, ainsi que des intérêts culturels et commerciaux qui unissaient les habitants du massif du Jura du Moyen Âge à nos jours.

Un tracé remis au goût du jour

Le 7 juillet 2007, l’Association de la Vy-aux-Moines inaugure un sentier d’une trentaine de kilomètres qui reprend un tracé ancien, un itinéraire qui pouvait autrefois se révéler rude et dangereux selon les conditions climatiques et météorologiques. L’itinéraire de 33 km et d’un dénivelé de 940 m. peut aujourd’hui être parcouru en une ou plusieurs étapes, à pied, et même en VTT. En partant de Môtiers (Suisse), le tracé passe par Boveresse, La Citadelle, le lac des Taillères, Le Bredot (frontière franco-suisse), Les Seignes, Le Théverot, la Côte du Cerf, La Fresse, La Perdrix, Hauterive-la-Fresse pour arriver à Montbenoît (France). La version moderne de la Vy-aux-Moines franchit la montagne, évitant la cluse du Château de Joux au profit de la traversée de la vallée des Taillères, puis chemine dans l’une des régions les plus froides de la Suisse. Parcourant forêts, tourbières et combes marécageuses, le sentier comprend deux points culminant à plus de 1200 mètres: la côte du Cerf au départ de Montbenoît et la Citadelle à proximité de Môtiers. Au fil des panneaux qui balisent l’itinéraire, l’Association Vy-aux-Moines amène les randonneurs à s’intéresser à de multiples aspects de la vie d’autrefois dans les hautes vallées jurassiennes ainsi qu’aux particularités des paysages et de la nature. Depuis 2015, une variante permet également de faire un détour d’une quinzaine de kilomètres par La Brévine.

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