Aujourd’hui nous partons pour une longue journée de marche à travers l’Alpstein. Nous allons traverser le massif du Nord au Sud.
Nous laissons la voiture à Jakobsbad et prenons le téléphérique de 9h qui monte au Kronberg. Arrivés en haut, nous pouvons admirer au Sud les premiers contreforts de l’Alpstein, avec notamment le Säntis et au Nord le plateau appenzellois avec au loin le Bodensee (lac de Constance).
A 9h15 nous voilà partis pour la première étape de notre randonnée. Nous allons rejoindre Schwägalp en traversant d’abord des alpages dans lesquels broutent vaches et chèvres, puis la forêt de Bruggerwald, puis une zone marécageuse et finalement de nouveau des alpages. Tout le long de cette étape nous marchons face à la paroi presque verticale du massif.
A Schwägalp nous prenons le téléphérique qui permet de rejoindre en quelques minutes le Säntis. La montée en téléphérique de Schwägalp au Säntis offre une vue saisissante sur de fascinantes formations calcaires. Les falaises imposantes défilent en continu durant cette progression aérienne. Le massif de l’Alpstein n’est apparu qu’à la fin du plissement alpin, il y a quelques millions d’années. Du point de vue géologique, c’est un massif jeune.
Du sommet du Säntis on jouit d’une vue panoramique grandiose sur les sommets et chaînes montagneuses de six pays. La vue s’étend du lac de Constance, qui de là ressemble à un large fleuve, à la Forêt Noire, aux Vosges, le long de l’Arc jurassien jusqu’aux Alpes savoyardes, ainsi que sur les Alpes valaisannes, bernoises, de Suisse centrale, grisonnes, du Vorarlberg, et au retour sur les Alpes de l’Allgäu.
Après avoir bien profité de la vue exceptionnelle que l’on a depuis le sommet nous descendons en direction la Berggasthaus Alter Säntis pour aller chercher le début du fameux “chemin” taillé dans l’arête du Lisengrat.
Le Lisengrat se compose de couches de calcaire superposées abruptement et trace la frontière entre les cantons d’Appenzell Rhodes-Intérieures et St-Gall. Grâce à des cordes fixes, le sentier n’est pas dangereux, mais il ne faut pas être sujet au vertige et le pas doit être sûr afin d’en apprécier le tracé. On a besoin des deux mains libres pour se tenir aux câbles ou au rocher. Le long des vires étroites, on marche tantôt sur des dalles rocheuses qui forment des escaliers, tantôt sur des promontoires taillés à l’explosif.
A partir du point 2310 (le point le plus haut de cette arête), il ne reste qu’un sentier au milieu de pâturages plus ou moins raides pour atteindre le. Rotsteinpass et la cabane du même nom.
Notre randonnée se poursuit en direction de l’Altmann. Depuis le col on n’arrive pas encore à reconnaître le type de l’itinéraire. S’agit-il d’une via ferrata ou d’un sentier sécurisé ? Au départ pas de panneau, mais à l’arrivée il y en a un. En Suisse allemande c’est un Kletterweg, et en Suisse romande nous dirions un sentier sécurisé. Sur celui-ci le câble de sécurité est présent sur tout le trajet jusqu’à l’Altmann Sattel (point 2334). Juste sous l’Altmann Sattel il y a un couloir très raide (équipé de chaînes et de sortes d’échelons plantés dans la roche). Ce tronçon doit être sujet aux chutes de pierres déclenchées par les randonneurs qui vous précédent. Mais heureusement pour nous il n’y a personne au-dessus …
Finalement après trente minutes de montée nous arrivons à l’Altmann Sattel. Heureusement que nous avons fait ce “chemin” à la montée. A la descente ça doit être un calvaire …
Depuis l’Altmann Sattel nous continuons à monter pour arriver au pied de l’Altmann. Au col la vue est incroyable. Mais ce qui l’est encore plus c’est la colonie de bouquetins qui s’y trouvent. Il y a une vingtaine de mâles qui se “reposent” dans le pierrier. Il paraît que tous les bouquetins présents ici sont des descendants des spécimens issus du zoo de St-Gall qui avaient été réintroduits en 1956 dans l’Alpstein.
Depuis l’Altmann Sattel il nous reste encore 3 h de marche jusqu’à Wildhaus et il est déjà 15 h. Pas trop le temps de traîner …
Pour arriver au Zwinglipass nous passons au pied de l’Altmann, dans une zone karstique, en descendant d’environ 300 m. La vue depuis le col est sympa mais elle ne vaut pas celle depuis le col au pied de l’Altmann. Au fond on aperçoit le Fählensee, là où on était il y a deux jours.
Depuis la Zwinglipasshütte c’est ensuite un longue descente en direction Treselalp. Là on retrouve une route d’alpage qui fini par nous mener au haut plateau de Gamplüt. D’ici, on peut descendre à Widhaus soit en téléphérique, soit à pieds tout en jouissant d’une vue sur les Churfisten. Mais comme il est presque 18h nous n’avons que la deuxième option …
Finalement à 18h20 nous posons nos sacs à l’arrêt de bus de Wildhaus. Il ne reste plus qu’à revenir à Jakobsbad en transports publics.
C’est à 20h15 que nous reprenons la voiture pour retourner à l’hôtel. Grosse mais magnifique journée !
Toutes les photos ici.
1ère étape :
carte interactive de la région
altitude de départ: 1658 m
altitude d’arrivée: 1304 m
altitude minimale: 1304 m
altitude maximale: 1658 m
dénivelé positif: +185 m
dénivelé négatif: -489 m
temps de parcours: 1 h 45
distance totale: 5910 m
2ème étape :
carte interactive de la région
altitude de départ: 2502 m
altitude d’arrivée: 1090 m
altitude minimale: 1090 m
altitude maximale: 2502 m
dénivelé positif: +428 m
dénivelé négatif: -1835 m
temps de parcours: 6 h
distance totale: 12820 m
résumé du jour :
dénivelé positif: +613 m
dénivelé négatif: -2324 m
temps de parcours: 7 h 50
distance totale: 18730 m
Meurtre sur le Säntis : Sur le banc devant l’ancienne petite station météorologique, des touristes du monde entier prennent le soleil. Peu d’entre eux savent que cet endroit paisible a été autrefois le théâtre d’un effroyable double meurtre. La première station météorologique et télégraphique construite en 1882 sur le Säntis était gardiennée toute l’année avant l’instauration de l’automatisation en 1969. Durant l’hiver 1922, son couple de gardiens a été assassiné par l’un des candidats non retenu pour le poste. En raison de conditions neigeuses extrêmes, les cadavres n’ont été retrouvés que quatre jours après le meurtre. L’auteur a, quant à lui, été retrouvé deux semaines plus tard. Il s’était pendu dans une grange abandonnée, en dessous de la Schwägalp. Le réalisateur Markus Imhof (More than Honey) s’est d’ailleurs inspiré de cette histoire pour son film noir Der Berg.

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