Nous venons de passer deux jours dans la région de Zermatt. L’itinéraire que nous avons suivi parcourt, sur de bons chemins faciles, la combe rocheuse au pied de l’Obergabelhorn et du Zinalrothorn. Le deuxième sur le Höhbalmen, on a découvert un panorama superbe sur les 4000 entourant Zermatt ainsi qu’un rofil inhabituel du Cervin. C’est peut-être le plus bel itinéraire de la contée, puisqu’il se passe dans le paysage intact à l’ouest de Zermatt, épargné par les pistes de ski et les remontées mécaniques et qu’il permet tout de même la vue classique sur le “Horu” (nom donné au Cervin par les habitants de la région).
Pour rejoindre le Berggasthaus Trift où nous allons passer la nuit, nous ne suivons pas l’itinéraire classique qui consiste à cheminer à travers la gorge du Triftbach, mais prendre le sentier qui monte sur le flanc du Wisshorn. Il est plus long mais nous avons le temps. Ce sentier dégagé permet d’admirer la vue sur la vallée. Et plus on s’élève en altitude plus les 4000 entourant Zermatt se “montrent”.
Passé le point 2503, le sentier descend enfin, en pente douce, en direction du Berggasthaus Trift.
L’agencement et l’organisation du lieu s’apparentent à ceux d’une cabane CAS avec des rayonnages à pantoufles, des repas en communs et le couvre-feu à 22 h (y compris extinction des feux, puisque le générateur fait lui aussi la pause). En plus des dortoirs, il y a aussi 8 chambres. Pour avoir plus de calme, nous avons pris une chambre double. Une ancienne gravure du Cervin et une carte de la région encadrée confère à la salle commune un charme désuet.
Après le repas du soir, bien emmitouflés dans plusieurs couches de pulls (il fait 5°C et en plus le vent souffle fort !) nous sortons prendre un petit peu l’air. Les nuages dans le ciel ont pris des formes étranges …
Comme les chambres ne sont pas chauffées nous nous mettons rapidement au lit, dans le fameux “sac à viande” et sous une bonne couche de couverture.
Le deuxième jour, nous marchons jusqu’à la terrasse panoramique unique de Höhbalmen avec une vue dégagée sur les 4000 valaisans, du massif des Mischabel jusqu’au Cervin en passant par le Mont Rose et plus loin encore vers le bassin du glacier sous la Dent d’Hérens. A Arben, le chemin redescend vers le fond de la vallée et retourne en direction de Zermatt.
A Zmutt, nous faisons un petit arrêt pour nous désaltérer sur une des nombreuses terrasses du hameau.
De Zmutt, nous ne redescendons pas directement sur Zermatt, mais traversons le Zmuttbach pour rejoindre d’abord Furi, puis Zum See et Blatten (deux petits hameaux typiques de la région).
C’est ensuite la descente jusqu’à la gare de Zermatt.
Magnifique balade avec très peu de monde. Le rêve …
Toutes les photos ici.
jour 1 :
carte interactive de la région
altitude de départ: 1604 m
altitude d’arrivée: 2337 m
altitude minimale: 1604 m
altitude maximale: 2506 m
dénivelé positif: +918 m
dénivelé négatif: -186 m
temps de parcours: 3 h 30
distance totale: 6350 m
jour 2 :
carte interactive de la région
altitude de départ: 2337 m
altitude d’arrivée: 1604 m
altitude minimale: 1604 m
altitude maximale: 2744 m
dénivelé positif: +596 m
dénivelé négatif: -1324 m
temps de parcours: 6 h
distance totale: 17970 m
Histoire du Berggasthaus Trift
En 1887, Peter Aufdenblatten a construit le premier hôtel du Trift sur un site situé environ 70 mètres plus haut que l’actuel Berggasthaus Trift. Comme l’actuel hôtel du Trift, il offrait des possibilités d’hébergement et servait de lieu de repos sur la route menant à l’Ober Gabelhorn et au Zinal Rothorn, qui culminent à quatre mille mètres d’altitude.
En 1898, une énorme avalanche s’est abattue sur Platthorn, Trift et Zermatt. Elle a complètement détruit l’hôtel du Trift. L’histoire raconte qu’au cours de ce printemps, des bouteilles intactes de vin parfaitement bon ont été retrouvées dans les pâturages de Zermatt.
En 1900, Peter Aufdenblatten ouvrit le deuxième hôtel du Trift, construit exactement dans le même style que le premier. Une chapelle a été érigée derrière l’hôtel. Elle est encore ouverte au public aujourd’hui. Le Berggasthaus Trift est resté en activité pendant les périodes difficiles des deux guerres mondiales, ainsi que pendant la dépression. Des problèmes sont apparus en 1949 lorsque le district d’Oberaargau du CAS a construit une nouvelle cabane (Rothornhütte) à 3198 mètres d’altitude, en dessous de l’Eseltschuggen, ce qui a réduit les excursions en montagne à moins d’une heure et demie. Les moyens de subsistance de la famille Aufdenblatten n’étant plus garantis, l’hôtel du Trift fut contraint de survivre par ses propres moyens.
À la fin des années 1970, Stefan Julen, l’arrière-petit-fils de Peter Aufdenblatten, est venu à Trift avec quelques amis, l’a rénové et a poursuivi l’exploitation du refuge pendant les mois d’été.
Depuis 1995, le Berggasthaus Trift est dirigé par Hugo et Fabienne Biner. Fabienne est l’arrière-petite-fille du constructeur. Les Biner ont poursuivi les travaux de rénovation initiaux en y apportant une grande part de travail personnel et en adaptant avec tact le bâtiment pour qu’il réponde aux exigences actuelles. L’établissement est de plus en plus apprécié par les alpinistes de passage et les hôtes de Suisse et de l’étranger.
Le Berggasthaus Trift est entouré de vestiges de murs qui servaient autrefois de bergeries. Trift a toujours été une région d’élevage de moutons. Toutes les deux semaines, les bergers rassemblaient leurs bêtes dans les régions de Schweifinen, Triftkumme et Hohliecht. Chaque berger avait son propre enclos et pouvait ainsi vérifier si son troupeau était complet. A cette occasion, les bergers nourrissaient leurs moutons avec du “Gläkk”, un mélange de sel et de farine, et sélectionnaient les jeunes. Ces réunions avaient également une fonction sociale, de discussion et d’échange de nouvelles.
Inventaire des transports de montagne en été





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