Nous parquons la voiture au centre du village de Fiez pour une balade dans le vignoble de l’appellation Bonvillars.
Pour nous rendre à Champagne, nous allons longer l’Arnon. Nous descendons au Clos du Pont, puis empruntons le chemin qui serpente au bord de la rivière., d’abord dans la forêt, puis à découvert à l’approche de Champagne.
Nous traversons le village et continuons notre chemin jusqu’à Bonvillars. A l’entrée du village nous faisons un tout petit détour pour passer dans la cour du château de la Cour, puis continuons jusqu’à l’église qui, avec son clocher en pierre, domine le village.
Pour revenir à Fiez, nous restons un peu en hauteur et traversons ainsi les vignes de la région jusqu’à Champagne.
Après un petit détour à l’église St-Maurice, nous continuons notre marche, toujours dans les vignes jusqu’à Fiez.
Sur le chemin du retour vers la maison, nous empruntons a route du pied du Jura, qui passe notamment par Vugelles-la-Mothe, Vuiteboeuf et Baulmes.
Toues les photos ici.
carte interactive de la région
altitude de départ: 520 m
altitude d’arrivée: 520 m
altitude minimale: 520 m
altitude maximale: 451 m
dénivelé positif: +184 m
dénivelé négatif: -184 m
temps de parcours: 3 h
distance totale: 11280 m
Temple de Fiez :
L’église de Fiez, citée en 1179, est paroissiale avant 1228; mentionnée sous le vocable de Saint-Clément dès 1502; affectée au culte réformé dès 1532.
1716-1717: reconstruction, au même emplacement.
Édifice représentatif des temples réformés vaudois du XVIIIe siècle. Contemporain de la première étape de Saint-Laurent à Lausanne et construit selon le même plan. Imposant clocher-porche.
Nef rectangulaire se terminant par un chevet à trois pans, percé à l’origine d’une seule fenêtre, axiale. Clocher-porche flanqué d’œils-de-bœuf redoublés verticalement sur la façade. Porte latérale liée à une fenêtre en plein cintre, d’inspiration bernoise, de même que les baies du clocher, en plein cintre à clef et impostes saillantes. Architecte Jean-Gaspard Martin, d’Yverdon, mais Bernois d’origine.
Table de communion de 1717 (?).
Vitrail du pan axial de 1958, par F. Ribas.
Orgue de 1975, par la manufacture Joseph Neidhart et Georges Lhôte, à Chézard-Saint -Martin (Neuchâtel).
Deux cloches fondues à l’atelier de Cernier, en 1861, par François Humbert de Morteau, baptisées “Union” et “Harmonie” et ornées de nombreux décors liés à la nature et à la chasse.
Restaurations en 1958; 1977 (toiture du clocher).
Temple de Bonvillars :
Il est des endroits magiques qui nous séduisent instantanément, tant par leur aspect attachant que par leur situation bucolique. Dans le cas du temple de Bonvillars à la silhouette si particulière, idéalement située entre vignobles et lac, on peut ajouter une bonne dose d’histoire. Dédiée à St Nicolas, cette filiale du prieuré de Baulmes figurait en 1148 déjà dans les possessions du couvent de Payerne. Il en fut ainsi jusqu’à la Réforme. Si de nombreuses églises recèlent des éléments architecturaux de différentes époques, il est rare de trouver une telle continuité au sein d’une seule et même édifice. L’élément le plus ancien est sans nul doute la colonne romaine (1er ou 2e siècle ap JC) soutenant le portail ogival de la chapelle nord. Côté sud, on trouve d’intéressants ornements du XIIe siècle, dont certains ont malheureusement été abîmés à la Réforme. Le chœur remonte aux XIIIe et XIVe siècles. Après sa reconversion en lieu de culte protestant, le temple subit encore bien des travaux, dont l’agrandissement de la nef au sud. C’est ce qui donne aujourd’hui encore cette asymétrie des plus plaisantes à ce vénérable édifice.
Le clocher, à cheval sur le transept, semble dater du XVe ou du XVIe siècle. Si sa flèche de pierre rappelle irrésistiblement le style de la vallée du Rhône, ses 4 pignons nous font penser au temple d’Yverdon-les-Bains, distant de quelques kilomètres seulement. Enveloppé de zinc et pourvu de clochetons – sans doute à la Belle-Epoque – le couronnement a perdu son aspect heimatstil lors de la restauration d’envergure dans les années 1970. Ont ainsi été remises au jour les petites gargouilles représentant les symboles des 4 évangélistes : l’homme pour Mathieu, le lion pour Marc, le taureau pour Luc et l’aigle pour Jean. Derrière les baies géminées se cachent 2 cloches gothiques d’une grande valeur historique. La plus petite, à la pince fortement abîmée, porte la date de 1524. La plus grande, qui tinte les heures et sonne en volée à midi, semble dater du XVe siècle. Le campanologue bernois Matthias Walter – qui l’a vue en photo – estime qu’il n’est pas impossible que cette cloche soit l’œuvre de la dynastie Follare, qui a engendré les premiers représentants d’une longue lignée de fondeurs fribourgeois.
Église de Vugelles-la-Mothe :
Aujourd’hui, l’église de Vugelles-la Mothe appartient aux communes de Novalles et de Vugelles.
L’église de Vugelles, sous le vocable de St-Maurice, mentionnée en 1228, a vraisemblablement entièrement disparu et fait place, au commencement du quinzième siècle, à un nouveau sanctuaire dont nous avons aujourd’hui les vestiges transformés et remaniés.
L’église fut, dès la Réformation, l’annexe de Fiez. En 1805, le clocher de bois fut remanié. En 1878, la voûte du chœur fut démolie avec son arc d’entrée et ses pieds-droits, et le plafond en lambris, cintré, ainsi que la galerie, prolongé d’autant, transformant la gracieuse église en on local banal et vide. Elle n’a conservé que la fenêtre gothique extrême du choeur, du quinzième ou du commencement du 16ème siècle et dont le meneau et le remplage ont disparu. C’est pour cette fenêtre que le peintre Clément créa ce magnifique vitrail de la nativité (thème très rarement développé en Suisse), en 1941. Elle a conservé aussi une fenêtre sur la façade sud avec ses pieds-droits ornés de moulures du 16ème siècle.
Le portail d’entrée, en plein cintre, avec son chanfrein, semble dater de la fin du 16ème siècle. Une peinture décorative, bien effacée, exécutée par M. Ernest Correvon, au-dessus de la petite porte d’entrée, égayait la façade ouest. Elle représente le Christ debout, dans une mandorle. Il est encadré par deux groupes de paysans. Deux enfants soutiennent une guirlande à ses pieds. C’est tout ce que les différentes restaurations ont laissé de notre petite église.
Le clocher, supporté par le mur et par deux grosses colonnes de chêne datant probablement de la fin du 16ème siècle, a été remanié probablement au commencement du 19ème siècle, car la boule qui en couronnait le poinçon était datée de 1805. Les clochers en bois sont des éléments architecturaux à relever. Des deux cloches, l’une de la fin du 15ème siècle, porte l’inscription en minuscules gothiques et en abrégé : « Ihus Ave Maria gracia plena Dominus tecum benedict » fréquente à cette époque ; elle est ornée de quatre cachets rectangulaires, dont deux représentent le Christ, et les deux autres la Vierge et l’Enfant, et d’une petite bande composée d’une suite de fleurons. Elle mesure environ 65 cm de hauteur et son diamètre à la base est de 63 cm. L’autre cloche, de 1868, fut fondue à Vevey.
La table de communion, en granit, porte la date de 1642. La plus ancienne table datée de ce type élémentaire est peut-être celle de Vugelles, avec une dalle ovale.
La chaire, en chêne, porte la date de 1742 sur l’intérieur de sa porte. A noter que la galerie est accessible depuis l’extérieur. Il y a une niche extérieure carrée, fort ancienne, qui a probablement abrité une statuette. Différents travaux ont été exécutés dans l’Eglise : réfections des murs intérieurs, sol recouvert d’un enduit, installation du chauffage électrique en 1984. Une restauration intérieure et extérieure de l’Eglise a été décidée en 1977. Notre église a été classée monument historique en 1959 par l’Etat de Vaud. Une bible, datée de M.DCC.LXXII. (1772), imprimée à Neuchâtel, par l’imprimerie de la Société typographique, a été inscrite dans l’inventaire établi par le Département des cultes, monuments historiques. C’est un livre magnifique et rare, assez bien conservé et d’une valeur inestimable étant donné que c’est la quatrième édition, soigneusement revue et corrigée sur le texte hébreu et grec par les pasteurs de l’Eglise de Genève, et avec les arguments et les réflexions de J.F. Ostervald, pasteur de l’Eglise de Neuchâtel. Elle est soigneusement conservée aux archives de Vugelles-La Mothe. Cette église a gardé un charme rustique qui réside, pour beaucoup, dans ses proportions trapues, ses murs blancs déversés qu’étayent de larges contreforts, son clocher de bois, très villageois.

0 commentaires