Sentier du vitrail (février 2023)

17 Fév 2023 | 0 commentaires

La région de Romont offre la possibilité d’admirer des vitraux dans leur environnement : de nombreux sanctuaires accueillent des œuvres anciennes ou contemporaines de qualité. Une randonnée pédestre emmène les visiteurs à travers la campagne, les villages et les forêts à la rencontre d’églises imposantes ou de modestes chapelles. Le paysage préservé de la région fournit un écrin de choix aux vitraux d’artistes d’ici et d’ailleurs. Historiques, figuratives ou abstraites : les verrières dessinent un bel échantillon de cet art lumineux.

Aujourd’hui nous nous sommes décidés pour une longue balade dans la région de Romont. Il y a un certain temps, lors d’un passage à Romont, nous avions repéré cet itinéraire pédestre qui serpente dans la campagne de la région et qui permet de découvrir de belles églises. Il nous restait à trouver le moment idéal pour le parcourir. Les conditions météo de ce mois de février sont idéales pour le faire …

Nous laissons la voiture à l’Abbaye cistercienne de la Fille-Dieu puis entamons la boucle du parcours dans le sens contraire des aiguilles de la montre. Nous commençons par monter à flanc de colline pour rejoindre la vieille ville de Romont. Puis nous redescendons pour rejoindre Mézières en traversant la vallée de la Glâne.

C’est à Mézières que nous faisons notre premier arrêt, dans l’église Saint-Pierre-aux-liens. Cette construction est récente (1939). Une des caractéristiques principales du lieu c’est que le verre habille tout l’intérieur : autels, table de communion, chaire, lustres ! Les 34 fenêtres de la nef sont ornées de vitraux de Yoki qui forment ensemble un grand vitrage coloré.

Nous reprenons notre chemin en direction de l’église St-Maurice de Grangettes. Il nous faut continuer à monter pour atteindre finalement le point culminant de la balade dans la forêt des Brévires. C’est ensuite la descente vers le hameau de la Neirigue (où nous faisons un tout petit détour pour aller voir la chapelle). La Neirigue traversée nous empruntons un chemin creux pour monter au village des Grangettes-près-Romont. Pour atteindre l’église, l’itinéraire nous fait passer dans un champ bien détrempé. Nous arrivons donc au but les chaussures remplies de terre … Avant d’entrer dans l’église, nous devons passer un moment à les nettoyer dans les tas de neige qui subsistent encore par endroit.

A l’intérieur de l’édifice se trouve le fameux Calvaire de pierre vénéré à Grangettes depuis la fin du Moyen Age. Cette pièce majeure a inspiré au peintre italien Anselmo Francesconi les vitraux qu’il a réalisés en 1984 sur le thème de la Passion. Figuratifs, ils peignent la violence de la Passion : le Jardin des Oliviers, la Flagellation, le Couronnement d’épines, le Portement de croix.

La visite terminée, il nous faut revenir (presque par le même chemin) jusqu’à Neirigue. C’est ensuite une belle montée en direction de Berlens. Ici que la vue sur les sommets des préalpes fribourgeoises est superbe. Les sommets enneigés se détachent sur le fond bleu …

A Berlens il y a deux églises : la chapelle de Notre Dame de l’Épine à Berlens, vers laquelle des pèlerinages ont lieu depuis le Moyen-Age et l’église de Berlens, très moderne.

Nous visitons les deux. La première est petite. Elle est ornée de de vitraux inspirés par le buisson épineux dans lequel la Vierge serait apparue. Dans les quatre fenêtres de la nef, on peut lire les couleurs des temps liturgiques, des saisons ou des Mystères du Rosaire.

La seconde église est beaucoup plus grande et a été inaugurée en 1962. C’est l’augmentation de la population de la paroisse qui a contraint les autorités à construire ce nouveau bâtiment, la chapelle de Notre-Dame de l’Épine étant devenue trop petite.

De Berlens nous reprenons le chemin en direction de l’abbaye cistercienne. C’est à travers champs et en suivant un tout petit moment la route que nous arrivons finalement à destination. Nous avons juste le temps de pénétrer dans l’église avant les vêpres et d’admirer les vitraux de Brian Clarke.

Sur le chemin du retour nous profitons de faire en petit arrêt Curtilles (près de Lucens) pour visiter sa petite église, une des plus anciennes du Pays de Vaud, avec son clocher en arcade.

Jolie et longue balade dans la campagne romontoise, bien agrémentée de visites intéressantes.

toutes les photos ici.

carte interactive de la région

altitude de départ: 689 m

altitude d’arrivée: 689 m

altitude minimale: 689 m

altitude maximale: 852 m

dénivelé positif: +487 m

dénivelé négatif: -487 m

temps de parcours: 4 h 30

distance totale: 16290 m

Itinéraire SuisseMobile n°271 : le sentier du vitrail de Romont

Romont: informations pratiques

Églises de Romont et sa région

Yoki : Emile Aebischer – Yoki – (1922-2012) est né à Romont où, dessinateur dans le bureau de l’architecte Fernand Dumas dans l’entre-deux guerres, il fréquente des artistes participant au renouveau de l’art religieux qui vont déterminer sa vocation de peintre.
Artiste attiré par la lumière, il chérit les doux paysages glânois où naît sa passion pour le vitrail. Ses nombreux vitraux se trouvent en Suisse
(Fribourg, région de Romont, Zoug, Bâle,…) et à l’étranger (France, Italie, Israël, Allemagne). Yoki
est aussi l’un des fondateurs du Vitromusée de Romont.

Alexandre Cingria : Vers 1930, Romont connaît une intense vie culturelle qui attire Alexandre Cingria (1879-1945) né à Genève. Peintre, verrier, mosaïste, décorateur et écrivain, il est l’un des chefs de file du Groupe de St-Luc voué au renouveau de l’art sacré. L’œuvre de cet artiste généreux se caractérise par une grande fantaisie et des couleurs exubérantes.
Il est le pionnier de la renaissance du vitrail en Suisse romande. Il a créé plus de 200 vitraux pour une trentaine d’églises (Genève, Valais, région de Romont). On retrouve aussi ses travaux dans des bâtiments civils.

ÉGLISE SAINT-PIERRE-AUX-LIENS : MÉZIÈRES
L’église paroissiale de Mézières est une construction de l’architecte romontois Fernand Dumas de 1939. Le verre habille tout l’intérieur : autels, table de communion, chaire, lustres.
Derrière l’autel se trouve une immense peinture sous verre d’Emilio Beretta représentant un ange délivrant l’apôtre Pierre, la plus grande qu’il y ait au monde, paraît-il.
Dans la nef, les 34 fenêtres sont ornées de vitraux de Yoki qui forment ensemble un grand vitrage coloré. Dans cette église riche en éléments figuratifs, l’artiste a choisi pour ses vitraux le genre abstrait, destiné à créer une ambiance favorable à la méditation et à la prière.

ÉGLISE SAINT-MAURICE : GRANGETTES
Une solide colonne de granit haute de 2 mètres portant un calvaire double-face du XVIe siècle occupe le centre de l’église St-Maurice de Grangettes reconstruite en 1773 après un incendie. Cette croix inspire les vitraux (1984), les premiers réalisés par le peintre italien Anselmo Francesconi. Figuratifs, ils peignent la violence de la Passion : le Jardin des Oliviers, la Flagellation, le Couronnement d’épines, le Portement de croix.

CHAPELLE NOTRE-DAME DE L’ÉPINE : BERLENS
Depuis le Moyen Age, des pèlerins se rendent à Berlens pour implorer la Vierge miraculeuse de guérir leurs yeux malades. La chapelle repose sur des fondations romanes et a été reconstruite au 14e siècle. Jean Bazaine, l’un des maîtres français de l’abstraction lyrique, l’a ornée en 1980 de vitraux inspirés par le buisson épineux dans lequel la Vierge serait apparue. Dans les quatre fenêtres de la nef, on peut lire les couleurs des temps liturgiques, des saisons ou des Mystères du Rosaire.

L’oratoire de Saint Joseph, attenant au vieux sanctuaire, a bénéficié en 1987 de l’apport de trois petits vitraux créés par Jean Le Moal.

ÉGLISE DE LA FILLE-DIEU : ROMONT
L’église de l’abbaye cistercienne de la Fille-Dieu à Romont date du XIVe siècle. Restaurée dans les années 1990, elle a été dotée de nouveaux vitaux à cette occasion. Les quatorze fenêtres imaginées par l’artiste britannique Brian Clarke ont été posées en 1996. Vigoureusement colorées, elles complètent l’espace beige-ocre. Non figuratifs, ces vitraux s’adaptent à la lumière changeante, et s’ajustent à la tradition monastique.

Église de Curtilles-Lucens

C’est l’une des belles églises anciennes du Pays de Vaud. A la suite de la destruction du village
de Curtilles, elle a remplacé, en 1231, une église qui avait été édifiée le siècle précédent. De la
construction de 1231 subsiste la nef avec deux baies romanes. Le choeur gothique a été
reconstruit au 16e siècle. Le clocher arcade est également une caractéristique de cet important
témoin de notre passé religieux.

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