Au centre du Massif chablaisien, la pointe de Bénévent constitue un objectif très peu fréquenté et peu connu malgré les magnifiques panoramas qu’elle offre. Assez difficile par endroit, cette randonnée reste plutôt accessible au plus grand nombre, à condition d’avoir le pied sûr.
Je laisse la voiture au bord du lac de Fontaine, sur la route qui mène aux Chalets de Bise à partir de Vacheresse. Puis je me mets en route dans le froid matinal : il ne fait que 5°C. Le soleil ne réchauffe pas encore le fond du vallon. Je commence par longer un tout petit moment le lac, puis, à la première bifurcation, je prends le chemin de gauche en direction de Bouaz dessous et de Chillon. Ce bon chemin fait de nombreux lacets au sein d’une forêt clairsemée, en buttant par endroits au pied de barres rocheuses ou de couloirs d’éboulis.
Au Chalet de Bouaz dessous, je poursuis à droite en direction de Bouaz dessus et de Bénevent. Le chemin s’élève raide dans les alpages, fait un grand lacet sur la gauche et gagne finalement le Chalet de Bouaz dessus. Pendant ma montée je peux observer deux gypaètes qui planent dans le ciel bleu. Même avec un téléobjectifs il est difficile de les prendre en photos. Ils sont trop haut !
A Bouaz dessus je rejoins la crête qui domine le vallon de Darbon. Finalement j’aboutis à un replat rocailleux. Le chemin “officiel” se trouve un petit peu en-dessous mais je préfère passer plus haut et ainsi profiter de la belle vue sur le vallon et les aiguilles de Darbon et aussi sur la Dent d’Oche.
Une fois passer une clôture, je suis, en légère descente, la crête en dominant à main droite un petit cirque avec un lac comblé. Pour rejoindre la Pointe de Bénévent il me faut ensuite remonter sur un sentier enherbé et, à une fourche, continuer tout droit sur la crête. Juste là, au pied du Mont Chillon, se trouve un groupe d’une dizaine de bouquetins mâles. Contrairement à la semaine passée, j’ai pris mon téléobjectif ! Je prends donc le temps de les observer et de les photographier. La semaine passée nous avions pu nous approcher relativement près des femelles. Cette fois je n’ose pas m’aventurer aussi près.
Je laisse les bouquetins et je continue à monter le sentier (peu marqué). J’arrive finalement à une intersection : à gauche le chemin qui évite la pointe de Bénévent et à droite celui qui mène au sommet. Je prends celui-là. Je longe une petite paroi rocheuse à main droite. Puis le chemin tourne à droite et butte sur une dalle inclinée qu’il faut franchir pour continuer. Pas moyen de l’éviter. Mais heureusement qu’un câble est installé ! Au sortir de la dalle, le chemin monte en lacets serrés. 50 m sous le sommet, je m’engage dans un couloir rocheux pas trop difficile. En sortie de celui-ci une nouvelle série de lacets permettent d’arriver au sommet. La pointe de Bénévent est un sommet pas très couru et ça se remarque. Le chemin n’est pas très bien marqué. Il faut parfois s’arrêter pour le chercher.
Du sommet je vois bien la suite de ma randonnée : la pointe de Fires, le col de Floray et le col de Bise, notamment. J’entame la descente en revenant sur mes pas jusqu’au couloir rocheux passé tout à l’heure. Juste après celui-ci il me faut partir à droite dans un petit goulet qui permet de rejoindre le flanc nord de la pointe de Bénévent. Je cherche le chemin à suivre … Il est très difficile à trouver. Finalement après avoir erré une ou deux minutes je l’aperçois. Il est vraiment très peu marqué et se distingue très mal dans les herbes assez hautes. Seuls les quelques bouquetins présents ici semble à l’aise dans cette pente. Comme ils sont au milieu de mon chemin je dois les contourner.
Après un petit moment de marche à flanc de coteau dans l’herbe humide j’arrive enfin au soleil. Et comme par enchantement le chemin se fait plus agréable.
Jusqu’au col de Floray le chemin est sur l’arête entre le vallon de Darbon et celui au fond duquel se trouve les Chalets de Bise. Du col de Floray il est possible de descendre directement vers les Chalets de Bise. Mais j’ai envie de prolonger ma randonnée en faisant le tour de la Pointe des Pavis. Je descends donc au bord du lac de Darbon et je remonte immédiatement au col de Pavis. Bien m’a pris de faire ce détour. Au col une vingtaine de bouquetins mâles ruminent dans l’herbe, au soleil. Cette région est vraiment incroyable pour l’observation de ces animaux. C’est la 3ème fois aujourd’hui que je peux en observer.
Du col de Pavis je rejoins ensuite le col de Bise, puis j’entame la descente vers les Chalets de Bise. Une fois au cette grande descente accomplie, il me reste encore une trentaine de minutes pour revenir à mon point de départ.
Après mon escapade de la semaine passée à la Dent d’Oche, je suis revenu avec beaucoup de plaisir dans cette région. L’observation possible des bouquetins rajoute encore intérêt supplémentaire à venir se balader ici.
toutes les photos ici.
carte interactive de la région (sur SuisseMobile la carte ne peut pas être agrandie sur la partie française !)
altitude de départ: 1032 m
altitude d’arrivée: 1032 m
altitude minimale: 1032 m
altitude maximale: 2069 m
dénivelé positif: +1032 m
dénivelé négatif: -1032 m
temps de parcours: 4 h 40
distance totale: 11940 m

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