Sigriswil Rothorn par le Schafloch (septembre 2021)

8 Sep 2021 | 0 commentaires

Montée au Sigriswil Rothorn en passant par le tunnel du Schafloch construit par l’armée suisse au siècle passé à partir d’une grotte de glace naturelle ouverte sur son versant oriental (la glace a aujourd’hui disparu). L’accès ouest en est facilité par une passerelle, de l’autre coté un sentier de vires bien taillé mais souvent aérien permet de remonter à un petit col (cordes fixes dans un passage exposé) dans les lapiaz.

 Nous avons décidé aujourd’hui d’aller faire un tour du côté du lac de Thoune. L’année passée nous étions montés au Niderhorn et j’avais bien envie de retourner dans ce coin. Après avoir bien regardé la carte je me suis rendu compte que, du côté du Sigriswil Rothorn, il y avait un truc sympa et étonnant à faire, le tunnel du Schafloch : “pendant le service actif, le passage d’environ 600 mètres de long sous le Sigriswilergrat a été aménagé en tunnel de liaison et de logistique. Aux deux extrémités – dans le Justistal et sur le côté opposé – des défenses d’entrée et des stands d’armes ont été construits, et des téléphériques ont également été utilisés pour transporter du matériel. Les vestiges qui existent encore en témoignent. Dans le cas où les troupes devraient abandonner les hauteurs de Heiligenschwendi à l’ennemi, cette galerie était destinée à assurer le ravitaillement des troupes du Justistal …”

Nous laissons la voiture au hameau de Säge, juste à la sortie de Schwanden. De là, le sentier traverse les alpages jusqu’au chalet Stampf. Viennent ensuite des pâturages encore couverts de rosée, puis des bois ombragés avant d’arriver à l’alpage «Oberi Matte». Le tronçon suivant traverse une forêt d’épicéa jusqu’à l’anticline du Zettenalp. C’est à partir de là que les chose plus pénible commence. On quitte les pâturages pour emprunter un chemin de montagne abrupt pour partir à l’assaut de l’arête de Sigriswilgrat. A une altitude de 1812 m nous quittons le chemin qui monte jusqu’au Sigriswilgrat et prenons la direction de l’entrée du tunnel. Une petite passerelle surplombant le vide permet d’arriver à la porte d’entrée sur laquelle est écrit “Passage sous sa propre responsabilité” !

Nous mettons un pull chaud. Une fois allumées nos lampes frontales nous pénétrons dans le tunnel. Le sol est très chaotique et en forte descente au départ. On s’y fait doucher de temps à autre et des galeries secondaires lui donne un petit aspect de labyrinthe… la vaste grotte de sortie est assez spectaculaire. Il nous a bien fallu une vingtaine de minutes pour traverser toute la galerie.

Une fois sortis de la grotte, un sentier des vires bien taillé mais souvent aérien permet de remonter à un petit col (cordes fixes dans un passage exposé) dans les lapiaz. Il nous faut encore une bonne demi-heure pour arriver au sommet de Rothorn à 2051 m La vue à 360° va du Säntis au Jura en passant par toutes les Alpes bernoises.

La première partie de la descente se fait sur le même chemin qu’à la montée (jusqu’à la sortie du passage exposé fait une heure plus tôt). En poursuivant la descente, on arrive d’abord à l’alpage idyllique d’Oberbergli. Juste au-dessous de cet alpage, nous suivons la direction «Bodmi Stampf Schwanden», franchissons un petit col puis continuons à descendre jusqu’au panneau «Berglischäle». À partir de ce point, la descente est abrupte jusqu’à l’alpage Bodmi, puis vient l’alpage Stampf et nous retrouvons finalement le point de départ Säge à Schwanden.

En redescendant au bord du lac de Thoune, nous faisons un petit arrêt à Sigriswil pour aller voir le pont suspendu construit en 2012. A notre grande surprise sa traversée est payante !!

Belle sortie au dessus du lac de Thoune. La traversée du tunnel apporte un petit plus à cette randonnée.

toutes les photos ici.

carte interactive de la région

altitude de départ: 1075 m

altitude d’arrivée: 1075 m

altitude minimale: 1075 m

altitude maximale: 2050 m

dénivelé positif: +1200 m

dénivelé négatif: -1200 m

temps de parcours: 5 h 30

distance totale: 13000 m

Inventaire des ponts suspendus de Suisse

Schafloch : Cette grotte de glace naturelle dans le Sigriswilergrat vous permet de passer sous le Sigriswiler Rothorn. La grotte de glace originale a toujours un climat humide, mais plus de glace. Pendant le service actif, le passage d’environ 600 mètres de long sous le Sigriswilergrat a été aménagé en tunnel de liaison et de logistique, selon des sources orales. Aux deux extrémités – dans le Justistal et sur le côté opposé – des défenses d’entrée et des stands d’armes ont été construits, et des téléphériques ont également été utilisés pour transporter du matériel. Les vestiges qui existent encore en témoignent. Dans le cas où les troupes devraient abandonner les hauteurs de Heiligenschwendi à l’ennemi, cette galerie était destinée à assurer le ravitaillement des troupes du Justistal, c’était aussi une dernière chance d’évasion pour les unités (celles-ci ne me sont pas connues à l’heure actuelle). L’élargissement des ouvertures par l’armée a considérablement augmenté le courant d’air, et en plus, comme le nom le suggère, les moutons ont trouvé un endroit pour s’abriter. Ce sont apparemment les deux principales raisons pour lesquelles la célèbre et rare grotte de glace n’a plus de glace. L’installation a été rendue au propriétaire (la municipalité de Sigriswil) et les entrées sont désormais sécurisées afin que les moutons ne puissent plus y pénétrer. Le passage dure environ 20 minutes, et est “à vos risques et périls” pour les randonneurs.

Le Schafloch était autrefois une grotte de glace. La particularité du Schafloch était connue depuis longtemps, comme le montre un rapport de la Naturforschende Gesellschaft Zürich de 1839 (Merci N. Chlus) : “La plus belle de toutes les grottes de glace connues est probablement le Schafloch du lac de Thoune. Elle a été visitée il y a quelques années par M. Regierungsrath Hirzel à Zurich. Nous regrettons que cet excellent explorateur des montagnes nous ait caché la suite de ses randonnées alpines, mais nous avons inclus la description suivante du Schafloch, tirée d’une description de la chaîne du Rothhorn qu’il a présentée à la Société d’histoire naturelle de Zurich : “Sur le versant oriental, en pente raide, du Rothhorn, à plusieurs centaines de pieds au-dessous du sommet, se trouve l’entrée de l’étrange grotte rocheuse du Schafloch, qui est décrite dans le 21e volume de la Bibliothèque. Il a été décrit dans le 21e volume de la Bibliothèque universelle par Obrist Dufour de Genève. – Le début du temps pluvieux ne m’a pas empêché de me rendre au refuge le plus proche, où l’on m’avait fourni un guide et des torches prêtes à l’emploi, et de me lancer sur la route non sans danger qui mène à la grotte. L’escalade de la paroi rocheuse de 1500 pieds de haut n’est pas un travail facile et nécessite une tête exempte de vertiges. L’entrée de la grotte, comme me l’a montré le baromètre, se trouve à 5604 pieds français au-dessus du niveau de la mer.

Selon le rapport d’Obrist Dufour, par beau temps, on jouit ici d’une vue magnifique sur les plus hautes montagnes de l’Oberland bernois, notamment la Jungfrau et les deux Eiger. La bouche de la grotte est d’environ 50′ de large et 25′ de haut, et jusqu’à une profondeur de 100 pieds sert de refuge en cas de tempête ou de chaleur brûlante du soleil pour un certain nombre de 800 à 1000 moutons qui paissent sur les Alpes voisines. Après 30 pas de l’entrée, la grotte quitte sa direction initiale vers le nord et se transforme en direction de l’ouest : en même temps, elle s’élargit considérablement et descend. De gros blocs de calcaire aux arêtes vives, tombés du plafond voûté, rendent la progression à la lueur des torches très difficile. À soixante pas de l’entrée, on peut entendre le faible écho des gouttes d’eau qui tombent, et aux endroits où elles touchent le sol, on remarque d’abord de petites plaques de glace, mais plus loin dans la grotte, elles s’étendent si loin qu’à la fin, seuls les plus gros blocs rocheux dépassent entre eux. Une fois que vous avez avancé de 200 pas, la lumière terne de la torche n’éclaire plus le hall de 80-100 pieds de large et de 50-60 pieds de haut. Ici, la surface de la glace commence à s’élever au-dessus du sol dans des formations en forme de gouttes qui émergent de l’obscurité avec une lueur plus claire, comme des fantômes. La plupart de ces figures de glace sont coniques, de 2′ à 6′ de haut et de ½ à 3 pieds de diamètre. Sur la pointe émoussée de ceux-ci, sur laquelle se trouve une dépression en forme de cuvette remplie de l’eau la plus pure, la goutte qui entretient la formation de la glace tombe du plafond fissuré de la grotte à intervalles de 5 à 10 secondes.

La partie de la goutte qui éclabousse sert à élargir la colonne, la partie restante remplit la coquille. Parmi les différentes formes de glace, une en particulier a attiré mon attention. Un dôme reposait sur plusieurs piliers de glace et s’élevait jusqu’au plafond de la grotte, où il était gelé. Dans l’obscurité de la grotte, le fait de tenir plusieurs torches dans la voûte verdâtre et translucide de ce petit temple, dans lequel il y avait de la place pour environ 4 – 5 hommes en position voûtée, avait un effet merveilleux. À trois cents pas de l’embouchure, on se retrouve sur un plancher de glace très glissant qui descend vers la profondeur sombre de la grotte, où il faut se protéger de la glissade en frappant constamment les bâtons alpins. À chaque pas, le nombre de figures de glace grotesques augmente, et bientôt on atteint le bord d’une marche dans le plancher de glace, qui mène à 6-7 pieds de profondeur dans une section inférieure de la grotte, seulement faiblement éclairée par les torches.

À cet endroit, nous avons trouvé de nombreuses torches brûlées par les premiers visiteurs, et nous avons également remarqué quelques traces de pas gravés. Dans sa description, le colonel Dufour rapporte que, parvenu à cet endroit, il avait osé, avec ses compagnons, sauter dans les profondeurs précaires et avait trouvé en contrebas de nombreuses autres grottes beaucoup plus belles. Bien que je fusse extrêmement désireux de voir les curiosités lointaines de cette grotte de glace, probablement unique en son genre, je ne me sentais pas tant de courage en moi, vu mon faible rang militaire, et comme mon compagnon n’était pas militaire du tout, il montrait encore moins d’haleine pour sauter ; en effet, dans cette région, nous avons ressenti un sensible refroidissement, qui, combiné avec l’extinction imminente des torches, nous a incités à revenir à la lumière du jour après une demi-heure de séjour dans la grotte. – Je note également qu’une légère brise pouvait être ressentie de l’intérieur vers la bouche de la grotte.”

Si vous voulez en savoir plus ou voir des photos et des plans, vous devriez vous procurer le livre “Kavernen und Sperren der Kampfgruppe Grünenberg”, publié par HS-Publikationen. Il décrit les sites de blocage de Grünenberg et de Sichelpass ainsi que l’inquiétant Schafloch et les téléphériques militaires sur le front défensif oriental de la 3e division dans la Reduit.

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