Vitznauerstock (août 2021)

20 Août 2021 | 0 commentaires

Nous voici de nouveau pour deux jours en Suisse centrale, dans la région de Lucerne. Sur le trajet nous menant à Vitznau, nous faisons un arrêt à l’église d’Hergiswald. Celle-ci vaut vraiment le détour. L’édifice, les tableaux et la décoration de l’autel constituent l’un des ouvrages les plus originaux du premier baroque suisse. Mais ce qui en fait sa particularité majeure c’est son plafond voûté et peint, comprenant 323 tableaux réalisés par le peintre Kaspar Meglinger, au 17ème siècle.

Un peu après midi nous arrivons enfin à Vitznau. Nous laissons la voiture au départ des deux petits téléphériques d’Hinderbergen et de Wissifluh.

Le premier nous permet de monter au départ de notre randonnée du jour : les sommets du Vitznauerstock et duGersauerstock. En fait sur la carte ces deux sommets sont confondus ! Ces sommets entourés de roche sont formés par une arête étroite, recouverte d’une forêt de montagne raide et émergeant du lac des Quatre-Cantons. Cette arête sépare les baies de Vitznau et Gersau, d’où son double nom.

Depuis la station supérieure du petit téléphérique jaune nous montons tranquillement jusqu’à l’alpage de Fälmis. A partir de là la pente se redresse vraiment. Les premières vires rocheuses apparaissent peu après la Fälmisegg. Le tracé devient plus plat et se colle contre la falaise. Il nous faut ensuite gravir une cheminée de près de 4 m de haut par une échelle métallique non exposée. Puis nous longeons une falaise par un passage légèrement exposé, puis suivre la crête jusqu’à un vaste terrain boisé presque plat. Le point culminant du Vitznauerstock ou Gersauerstock se trouve dans cette zone forestière, à quelques mètres de la route principale. Mais le sommet, complètement embroussaillé, n’offre aucun panorama. Un superbe point d’observation donnant sur l’E se trouve toutefois à environ 50 m sous le sommet vers le SE près du P. 1450, atteignable par une large trace de sentier. L’autre point d’observation, dont la vue donne sur l’W, est situé près de l’immense croix que l’on atteint en longeant l’arête sur près de 100 m vers le SW.

Du sommet, le sentier, facilement identifiable, longe plus ou moins la crête et descend en plusieurs virages, crochets et zigzags vers Oberurmi. Les passages plus raides sont assurés par des câbles. Contrairement à la montée, l’itinéraire n’est par contre jamais exposé. Peu avant Oberurmi, nous quittons la forêt peu dense et suivre le chemin dans la prairie qui passe dans une cuvette et rejoint Ausserurmi (1070 m). En une dizaine de minutes nous arrivons finalement à l’alpage de Wissifluh.

La Wissifluh-Bahn, qui nous permet de redescendre rapidement à Vitznau est une curiosité dans le monde des téléphériques. Les cabines sont accrochées à un seul câble servant à la fois de câble porteur et de câble de traction (contrairement aux petits téléphériques habituels, qui sont pendus à un câble porteur fixe et tirés par un second câble en mouvement). Ce principe simple fait ses preuves depuis 1908.

Belle randonnée engagée. Elle permet d’avoir un superbe point de vue sur le lac des Quatre-Cantons.

toutes les photos ici.

carte interactive de la région

altitude de départ: 1060 m

altitude d’arrivée: 946 m

altitude minimale: 946 m

altitude maximale: 1452 m

dénivelé positif: +460 m

dénivelé négatif: -570 m

temps de parcours: 2 h 15

distance totale: 4660 m

téléphérique Vitznau-Wissifluh

téléphérique Vitznau-Hinterbergen

Inventaire des transports de montagne en été

Église d’Hergiswald :

Description et histoire: le nom de Hergiswald fut à l’origine le nom d’une forêt au flanc Nord du mont Pilate. Un frère Chartreux, du nom de Hans Wagner (Bruder Hans en allemand) s’établit en ermite dans cette forêt au 15ème siècle. Une famille bourgeoise de Lucerne, les von Wyl, fit édifier une chapelle dédiée à Notre-Dame en ce lieu qui domine la région jusqu’au lac des Quatre-Cantons et même Lucerne. Cette chapelle fut édifiée au début du 16ème siècle, puis agrandie plus tard, de 1620-22. La chapelle devint un lieu de pèlerinage. Elle fut agrandie par adjonction d’une chapelle Notre-Dame-de-Lorette au milieu du 17ème siècle (grâce à l’appui de la France dont l’ambassadeur résidait en la ville de Soleure). Puis l’édifice s’agrandit encore, en 1651, par l’adjonction d’une nouvelle chapelle dédiée à Saint-Félix. Enfin, cet ensemble fut englobé, ceinturé par un plus grand édifice, une véritable église de pèlerinage, laquelle fut édifiée dès 1651 jusqu’en 1662. On est donc en face d’un lieu de pèlerinage important, constitué d’une extraordinaire église baroque, magnifiquement décorée, et qui englobe la chapelle primitive (ermitage) dont on peut faire le tour, à l’intérieur, par un déambulatoire offrant des perspectives architecturales exceptionnelles. Cet ensemble est l’un des plus prestigieux du premier art baroque en Suisse.

On peut mentionner les principaux chefs-d’oeuvre qu’il est possible de contempler en ces lieux: un plafond voûté peint, comprenant 323 tableaux réalisés par le peintre Kaspar Meglinger, au 17ème siècle (il vécut de 1595 à 1670, à Lucerne); en entrant, on découvre le fabuleux maître-autel doré de la chapelle de Lorette; à gauche, on remarque l’entrée très richement décorée de la chapelle Saint-Félix; l’autel principal de la chapelle Saint-Felix est un chef-d’oeuvre réalisé en 1651-56; derrière la chapelle de Lorette, on trouve un autre remarquable autel réalisé par Hans Ulrich Raebers, en 1656, et dédié à St. Antoine (Antoniusaltar); à la face Sud de la chapelle de Lorette, on découvre un autre autel splendide; à droite de la chapelle de Lorette, se trouve la chapelle Notre-Dame (Liebfrauenkapelle) remontant à 1622; des autels latéraux secondaires sont encore visibles en réalisant le tour de la chapelle centrale; la chaire, à droite de l’entrée de la chapelle Notre-Dame, fut installée vers 1662; on remarque aussi des vitraux du 17ème siècle; l’intérieur de la chapelle Notre-Dame-de-Lorette, chapelle centrale de l’édifice, contraste, par sa relative sobriété, avec le reste de l’église qui l’englobe complètement, toit y compris; elle est revêtue de peintures murales datant du milieu du 17ème siècle (artiste: Andreas Rassmann de Lucerne); une Vierge Noire (schwarze Madonna) occupe le dessus de l’autel de cette chapelle de Lorette.

Une telle construction, avec une telle richesse dans le décor, est exceptionnelle en Suisse et probablement en Europe centrale aussi. Le plafond voûté, entièrement peint, est une réalisation complètement stupéfiante. On retrouve un tel plafond peint, d’époque baroque, à St. Niklausen dans le canton d’Obwald, non loin de Hergiswald.

L’orgue: placé en tribune au Sud, au-dessus de la porte principale, est un petit instrument installé par la Manufacture Goll de Lucerne. Il est englobé dans un buffet très délicatement orné et remontant, probablement, au milieu du 18ème siècle (vers 1743).

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