À deux pas d’Yvonand et du lac de Neuchâtel, le vallon des Vaux qui a été taillé dans la molasse par deux torrents nous invite à remonter le temps. L’histoire de la terre s’y mêle à celle de l’homme.
Aujourd’hui la météo est mitigée. Nous nous décidons pour une petit balade pas trop loin de la maison. Nous partons à la découverte du vallon des Vaux et de la Tour St-Martin. Nous laissons la voiture au centre d’Yvonand, puis prenons la direction du vallon des Vaux. Lorsque qu’on pénètre dans les gorges du vallon des Vaux (juste sous le pont de l’autoroute), le paysage se referme. Les falaises de molasse se resserrent. A la jonction du ruisseau des Vaux et de son affluent, le Flonzel, le sentier prend rapidement de la hauteur. Des marches en bois et racines qui affleurent nous aident à grimper vers la tour Saint-Martin.
Lorsque nous sortons de la gorge, le paysage s’ouvre sur des cultures et les premiers toits du village de Chêne-Pâquier. Un peu plus loin nous pouvons apercevoir les 22 mètres de la tour Saint-Martin. Fermée en 2013 pour raison de sécurité, elle a rouvert ses portes au public en 2015, dotée d’un nouvel escalier. Nous montons au sommet.
En passant par Chêne-Pâquier, nous faisons un crochet pour admirer le surprenant temple elliptique. Juste avant de pénétrer dans la forêt nous apercevons une dizaine de chamois. C’est étrange d’en voir ici, mais il paraît qu’il y en a pas mal dans les falaises de molasse de la région. Nous gagnons ensuite le pont du Covet (pont en pierre, construit en 1767 par les Bernois, relie Chêne-Pâquier à Chavannes-le-Chêne. Il a remplacé une succession de ponts de bois, dont une première mention remonterait à 1468).
A Chavannes-le-Chêne nous reprenons la direction du vallon des Vaux. Cette fois nous longeons le bord supérieur de la falaise, dans une forêt de pins et de chênes.
Le retour à Yvonand, en passant par Rovray est moins intéressant. Le chemin longe un moment l’autoroute avant de plonger à travers la forêt vers Yvonand.

Une alternative plus courte à cette balade serait de parquer à Molondin, de descendre le vallon du Flonzel et ensuite de remonter vers la tour Saint-Martin et Chêne-Pâquier et de revenir au point de départ.
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carte interactive de la région
altitude de départ: 436 m
altitude d’arrivée: 436 m
altitude minimale: 436 m
altitude maximale: 672 m
dénivelé positif: +410 m
dénivelé négatif: -410 m
temps de parcours: 3 h 15
distance totale: 13000 m
Itinéraire SuisseMobile n°129: Le Vallon des Vaux emmène le promeneur dans ses sous-bois, jusqu’à la Tour St-Martin, seul indice de l’existence d’une importante bourgade au Moyen Age. Le sentier propose de nombreux paysages ainsi qu’une somptueuse vue sur le lac et le Jura. Au départ d’Yvonand, cette balade emmène le marcheur vers de nouvelles découvertes entre nature et culture, entre champs et bois. Autrefois peuplé principalement de chêne, l’arbre-dieu des civilisations celtes, c’est aujourd’hui en majorité des hêtres et les résineux qui peuplent le Vallon des Vaux. Cette réserve naturelle, véritable canyon à l’état pur, enchante par sa beauté sauvage, au fond de la gorge comme du haut des falaises. Ce sont les ruisseaux des Vaux et du Flonzel qui ont créé ces versants abrupts. Il est parfois possible d’apercevoir des chamois, maîtres des lieux. Tout au long du parcours, le promeneur a l’opportunité de découvrir les nombreuses richesses culturelles telles que la Tour St-Martin, seule rescapée de la seigneurie de St-Martin-du-Chêne, l’une des plus importantes seigneuries au Moyen Age ; ou encore l’église elliptique de Chêne-Pâquier, construite en 1667, l’un des plus vieux témoins de l’architecture protestante en Suisse.
La Tour St-Martin
La seigneurie de Saint-Martin-du-Chêne existe entre le début du XIIe siècle et 1550. Du château qui atteint son apogée au XIIIe siècle et du village, il ne reste aujourd’hui que le donjon, qui a été restauré en 1961 ainsi que quelques ruines attenantes. Les ruines du château sont inscrites comme bien culturel suisse d’importance nationale. Haute de 17m, la Tour St-Martin surplombe le Vallon des Vaux et offre à l’observateur une magnifique vue.
Dès ses débuts, ce château, qui était situé sur une esplanade de la commune voisine de Molondin, a pris le nom de Saint-Martin du Chêne (en latin : Burgum SanctusMartinus quercus). Il est important de mentionner cela d’emblée, parce que c’est bien de cette seigneurie, attestée dès le début du 12èmesiècle (un nommé Wiard, témoin d’une donation au prieuré de Saint-Sulpice VDentre 1107 et 1113) qu’est issue l’origine du village. C’était une seigneurie puissante, car elle comprenait les villages de Chêne et de Pâquier, connus à partir de l’an 1000 env. (voir à ce sujet la carte Dufour ci-contre, original exposé à la salle de la Municipalité), ainsi que Rovray, Arrissoules,Bioley-Magnoux, Molondin, Vuissens, de même que Niédens-Dessus et La Mauguettaz. Si ce château fortifié a été déserté vers 1550, ou même avant, après avoir été épargné par les Bernois en février 1536, il faut relever qu’après plusieurs changements de propriétaires (les Vernay vers 1400, les d’Allinges vers 1440, puis Henri de Cojonnex en 1514, Ravier entre 1542 et 1545, puis d’Arnex en 1555) il passe dans les mains de la famille de Louis de Hennezel l’année suivante, en 1556, mais ce seigneur s’installe de l’autre côté du Vallon des Vaux, à Chavannes-Le-Chêne (Hôtel de Ville actuel). Enfin, vers 1712, Saint-Martin du Chêne passe par mariage à Albert Müller, fils du seigneur de Nidau, qui deviendra à son tour bailli de Nidau. Ce dernier meurt en 1751 à l’âge de 64 ans. Sa dalle funéraire se trouve sur l’allée centrale de l’église de Chêne-Pâquier.
Le temple de Chêne-Pâquier
Le temple de Chêne-Pâquier est un temple protestant. Il a été construit en 1667 par Abraham Dünz Ier, lors du transfert de l’église paroissiale de la commune fribourgeoise de Saint-Martin dans le village. Selon une légende locale, cette forme particulière serait due à un désaccord entre le maçon et le charpentier de l’édifice, le premier ayant mis au défi le second de construire une charpente sur un édifice ovale. Plus simplement, cette forme serait due à la liberté laissée aux architectes vaudois, à la suite de la conquête bernoise de 1536 et de l’imposition de la Réforme protestante, dans la construction de nouveaux temples. Selon Bernard Reymond, Abraham Dünz se serait inspiré de temples français de forme identique et détruits lors de la Révocation de l’Édit de Nantes.

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