Sentiers des pierres (juillet 2020)

17 Juil 2020 | 0 commentaires

La présence d’énormes blocs de roche d’origine alpine sur les pentes du Jura est restée très longtemps une énigme. Ce n’est qu’au milieu du 19e siècle que la théorie des glaciations commence à s’imposer et que les savants comprennent que le glacier du Rhône, d’une puissance étonnante, a charrié puis déposé ces blocs « erratiques » très loin de leurs massifs d’origine. Ces pierres sont de véritables empreintes de l’histoire glaciaire de notre pays: il y a 20’000 ans environ, le glacier du Rhône atteignait les 1000 mètres d’altitude le long de la chaîne jurassienne et s’étendait jusque vers Lyon.

C’est en bordure de forêt, près du lieu-dit la Maison-Rouge qui domine Burtigny, que je démarre ma petite randonnée sur le sentier des Pierres. Après un moment à marcher dans la forêt , le sentier m’amène en lisière du bois des Tattes, et à la découverte d’un premier bloc erratique, qui trône à quelques mètres.

Le bloc de granit, roche en grande partie exploitée après l’incendie qu’a connu Burtigny en 1864, a fourni les pierres nécessaires à la construction des 2/3 inférieurs de la tour de l’horloge située au milieu du village. Cette « Pierre à Roland » devait avoir à l’origine des dimensions considérables, avec ses 21 mètres de circonférence. Elle permet mieux qu’aucun autre monolithe d’imaginer la puissance du glacier du Rhône qui l’a abandonné ici. Une légende raconte que Goliath, se trouvant sur la Dôle, voulut jouer au palet. Il jette une première pierre devant lui servir de but, et qui tombe vingt kilomètres plus loin, sur le Prévond-d’Avaud. Le second bloc, beaucoup plus gros, dépasse le but ; irrité de l’avoir manqué, Goliath arrive en quelques enjambées et, de son épée, fend le gigantesque rocher en deux. Ce haut fait est parfois attribué au preux chevalier Roland, d’où le nom que porte la pierre. En construisant la tour précitée, les habitants de Burtigny ont involontairement édifié un monument à la gloire du glacier qui occupait la Suisse il y a fort longtemps (texte du panneau explicatif).

Une centaine de mètres plus loin, j’arrive à la Pierre à Phébou.

Les pierres à « cupules » ou pierres à « écuelles », bien connues le long du Jura, portent de petites dépressions circulaires creusées par l’homme à l’aide d’un outil en pierre. De tels témoignages remontent, pour les plus anciens, au Néolithique, vers 4000 av. J.-C. Les roches gravées et les menhirs sont des manifestations indubitables de la vie spirituelle et des croyances des populations préhistoriques, mais les fouilles n’ont pas encore permis de décoder les rites ou les pratiques qu’elles retracent. Les pierres à cupules figurent toutes dans l’inventaire archéologique du canton de Vaud et certaines sont classées monument historique. Sur ce bloc aux dimensions imposantes (350 x 350 x 150 cm), environ septante-cinq cupules de 4 à 14 cm de diamètre ont été dénombrées. Plusieurs petits trous parfaitement cylindriques et très profonds sont de facture moderne. La forme tabulaire de ces blocs est à l’origine des croyances les plus extravagantes sur les cérémonies de sacrifices humains ou autres offrandes, pratiquées sur ces « autels » de pierre (texte du panneau explicatif).

Encore plus loin c’est la Pierre du bois des Tattes ou Pierre du Serpent.

Autrefois, les roches alpines, dures et résistantes au gel, étaient très prisées par les carriers comme matériaux de construction. Dans de nombreux villages vaudois, des bassins de fontaines en granit, des perrons, marches d’escaliers et piliers de portail attestent de cette exploitation intensive. De nos jours, pratiquement tous les blocs situés dans les champs et aux endroits accessibles ont disparu, alors que ceux qui ont échappé aux tailleurs se rencontrent dans des forêts profondes, d’où le mystère qui les entoure. La pierre de petite dimension qui est devant vos yeux a probablement été déplacée depuis un champ voisin avant d’éclater en deux morceaux sous l’action d’un feu. Certains auteurs y ont vu la trace d’un pied humain et celle d’un serpent, ce dernier ayant donné son nom à la pierre. Ces formes semblent toutefois d’origine naturelle (texte du panneau explicatif).

Et finalement, assez proche de la Pierre des Tattes se trouve la Pierre aux mille trou.

Le bloc surprenant qui se dresse devant vous est une curiosité naturelle comportant des cavités aux formes insolites, de dimensions très variables. Il n’est toutefois pas considéré comme pierre gravée par l’homme. Le glacier l’a déposé dans ce qui est aujourd’hui la forêt domaniale de Vulliebrandaz, propriété de l’Etat de Vaud. (texte du panneau explicatif).

Je fini ma balade en me promenant un petit peu au bord des champs de blé.

Finalement cette balade que je pensais intéressante m’a plutôt laissé sur ma faim. Je m’attendais à mieux.

toutes les photos ici

carte interactive de la région

altitude de départ: 815 m

altitude d’arrivée: 815 m

altitude minimale: 715 m

altitude maximale: 861 m

dénivelé positif: +190 m

dénivelé négatif: -190 m

temps de parcours: 1 h 35

distance totale: 7000 m

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