Grand Bisse de Lens en boucle (août 2018)

11 Août 2018 | 0 commentaires

“On doit ce bisse à un prieur, Jean de Lens, qui le fit construire entre 1448 et 1450. Une légende lui vaut le surnom de «Riouta», bis dà a rioouta en patois. L’eau était un ancestral sujet de dispute entre voisins, Ayentôts contre Lensards. A deux doigts de la guerre civile, pour se départager, il fut décidé de mettre face à face un représentant de chaque village, qui se battrait sur le pré au bord du torrent. Celui d’Ayent était un costaud, un bagarreur dont on disait qu’il avait été mercenaire. Faute d’autre volontaire, Lens envoya au casse-pipe un vieux berger. «Il n’y a pas que la force dans la vie», affirmait ce dernier. Dans une nouvelle version de David et Goliath, il le prouva, réussissant à entortiller des tiges de riouta, une clématite, autour des jambes du malabar, avant de le pousser dans les gorges de la Lienne.”

Je suis rentré passablement fatigué par ma balade qui, après une longue marche “d’approche”, m’a fait longer dans son intégralité le Grand Bisse de Lens dont le parcours total mesure 14 km, entre sa prise dans les hauts du vallon de la Lienne (ou Liène), et son terminus à Diogne, près de Chermignon-d’en-Bas.

A 8 h je me suis parqué entre Chermignon-d’en-Bas et Chermignon-d’en-Haut. Puis j’ai pris la direction de l’étang des Miriouges et du bisse du même nom. J’ai ensuite, tout en suivant le bisse, traversé le bas de Crans-sur-Sierre pour finalement pénétré dans la forêt des Tsans. Après plus 2 h 20 je suis finalement au Pra du Taillour, à l’intersection du chemin qui descend vers les Barmes et de celui qui continue vers le barrage de Tseuzier. Là un petit panneau annonce la couleur …

C’est ensuite presque 30 minutes de descente pour atteindre le fond des gorges de la Lienne où se situe la prise d’eau du bisse.

Le début du bisse, est tout de suite aérien avec de nombreuses passerelles (ou plutôt des deux planches avec une corde du côté de la paroi). Il semble passablement à l’abandon avec de très nombreuses pierres et branches qui remplissent le canal. A un endroit il y a même un tronc en travers d’une passerelle. C’est vrai qu’à la fin de l’hiver toute cette partie était impraticable : de nombreux éboulements et glissements de terrain avaient mis à mal le bisse.

Après une trentaine de minutes de marche une alimentation fournit enfin le bisse en eau. A partir de là et jusqu’à Icogne le chemin se fait plus tranquille. D’ailleurs un panneau identique à celui de la photo ci-dessus annonce la fin de la zone vertigineuse.

Lorsque le chemin sort de la forêt à Icogne, le bisse disparaît dans des tuyaux. Il ressort à ciel ouvert 900 m plus loin une fois le village traversé. Il va maintenant faire le tour de la colline du Châtelard. Le sentier accompagne cette eau qui coule le plus souvent à l’air libre, dans le canal ou entre les planches assemblées d’un «chéneau», parfois dans des tuyaux de béton. Le décor est très beau. En face, sur la rive droite de la Lienne, s’étalent les villages de la commune d’Ayent. Chemin faisant, j’ai une pensée pour les Lensois qui, au XVe siècle, ont taillé cet itinéraire. Les passages «délicats» sont aujourd’hui équipés de mains courantes en cordes et de barrières, ici et là des passerelles de bois permettent des franchissements aisés dans le rocher.

Du village d’Icogne, il faut à peu près trois quarts d’heure pour atteindre l’angle que fait le bisse au moment de virer plein est vers Chermignon. La vue y est extraordinaire, sur la plaine du Rhône s’étalant de Sierre à Martigny et les montagnes alentour. De l’angle, un chemin grimpe raide vers la statue du Christ-Roi. Je continue à suivre le bisse, désormais en plein soleil, dans un décor aux senteurs et chants de cigales méridionaux.

A partir de la route cantonale qui monte vers Lens, le bisse devient moins intéressant. Je continue tout de même jusqu’au bout. Je m’étais juré de le faire intégralement …

Si je ne devais faire qu’une partie du bisse c’est celle qui part d’Icogne,contourne la colline du Châtelard et se termine au croisement de la route qui monte vers Lens, que je ferais. C’est là que la vue est la plus belle. C’est aussi dans cette partie que l’on trouve de jolis passages aériens bien sécurisés. Cette partie du bisse pourrait très bien être combinée avec le bisse de Sillonin et ainsi faire une boucle (carte)

toutes les photos ici

carte interactive de la région

altitude de départ: 1095 m

altitude d’arrivée: 1095 m

altitude minimale: 985 m

altitude maximale: 1495 m

dénivelé positif: +835 m

dénivelé négatif: -835 m

temps de parcours: 7 h

distance totale: 25400 m

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