Baltschiederklausehütte (juillet 2017)

4 Juil 2017 | 0 commentaires

Cela fait bien quelque temps que j’avais envie d’aller visiter cette cabane, la plus reculée des Alpes suisses, tout au fond de la vallée de la Baltschiedertal (inscrite au patrimoine de l’Unesco). Je m’arme de courage et j’y vais. C’est presque 6 h de marche et plus de 1600 m de montée pour atteindre la cabane depuis le début de la vallée …

Je passe Ausserberg et je monte encore un peu la route pour me parquer au point 1264 (parking payant: il faut prendre son ticket à l’automat situé sur le parking juste en dessous du restaurant Sonnenhalde).

C’est à partir de Choruderri que débute mon périple. Pour commencer je suis le bisse de Niwäch. Sur cette partie le sentier est aérien (pour ceux qui ont le vertige il est possible d’éviter tout ce tronçon du bisse en empruntant un tunnel). Le ton est très vite donné par une planche aérienne sécurisée par une corde. En tout il y aura 5 passages de cet acabit dont trois sécurisés (corde ou filin), les deux derniers se passant bien sans sécurité. Pour faire simple, c’est soit escarpé, soit aérien, soit tranquille. On longe la paroi, c’est fort joli mais difficile pour se croiser. En résumé un bisse magnifique qui demande de l’attention. Je suis sensible au vertige, mais rien senti là ! Je sors des difficultés et arrive ensuite à Ze Steinu (1296m) où la vue s’ouvre sur le Stockhorn.

La montée se poursuit lentement, mais régulièrement jusqu’à l’alpage d’Eiiltini (200 m de dénivelé positif pour 1 h 20 de marche). Je traverse la rivière et continue ma progression. Ce n’est qu’une fois arrivé au fond de la vallée que la montée proprement dite commence (presque 2 heures de marche et seulement 400 m sur les 1600 on été franchis).

A partir de là ça commence vraiment à monter. D’abord dans une prairie jusqu’à Martischipfa (pt 1940), puis dans un parterre de bruyère, de rhododendrons et de genévriers jusqu’au dessus de Hobitzu. C’est depuis là que le paysage devient vraiment alpin avec une végétation rare et beaucoup de rochers. C’est aussi à partir de là que l’on aperçoit pour la première fois la cabane construite sur un éperon rocheux au pied du Jägihorn. Il reste encore 600 m de montée (2 heures).

Le dénivelé commence a bien se faire sentir, mais la vue de la cabane qui se rapproche lentement mais surement donne un peu d’énergie. Un pont permet de traverser le Balschiederbach. D’autres passerelles sont installées dans la montée (aux environ de 2400 m) afin que la traversée des torrents qui descendent se jeter dans le fond de la vallée se fasse sereinement. Au niveau de la première passerelle, la gardienne a installé une buvette self-service: en fait un bidon dans lequel sont déposées des bouteilles que l’on paie en arrivant à la cabane.

Et voilà, 5 h 30 après avoir fait mes premiers pas au bord du bisse me voilà arrivé à la cabane. La gardienne m’accueille avec le une tasse de thé. Très sympa.

Je monte prendre possession de ma couchette. Nous serons 6 dans un dortoir de 16, le luxe. Je me repose un moment puis ressort sur la terrasse profité de la vue.

Le soir, pendant le souper, nous avons la visite de deux bouquetins qui s’approchent à moins de 10 m de la cabane.

Le lendemain matin après un déjeuner à 7 h j’entame la descente. J’avais prévu de redescendre par le chemin alpin qui permet d’aller à la mine de molybdène et de tungstène (Galkichumma), mais les gardiens de la cabane me l’ont fortement déconseillé, risque de chute de pierre et sentier très mal indiqué. Je redescends donc par le même chemin. La seule différence est que, plutôt que de repasser par le bisse de Niwäch (où le nombre de promeneurs semble nettement plus important que hier) je passe par le tunnel aménagé pour le passage réel du bisse. 1600 m plus loin je ressort presque au niveau de ma voiture. J’ai mis 4 h pour redescendre.

Magnifique randonnée dans une des plus belles vallées alpines. En partant d’aussi bas en altitude on passe vraiment par tous les stades de la végétation : montagnard, subalpin et alpin. De plus l’accueil à la cabane est vraiment génial.

toutes les photos ici

carte interactive de la région

altitude de départ: 1260 m

altitude d’arrivée: 2783 m

altitude minimale: 1260 m

altitude maximale: 2783 m

dénivelé positif: +1620 m

dénivelé négatif: -1620 m

temps de parcours: 5 h 30 pour l’aller et 4 h pour le retour

distance totale: 22600 m

C.A.S.

Baltschiederklausehütte

bisses de la région :

  • L’Äbneri (carte) prenait son eau jusqu’en 1948 dans le Baltschiederbach, dans le pré en-dessous de Tuntscheta. L’ancienne écluse est encore actuellement bien visible, mais difficilement atteignable à pied. La partie inférieure du bisse ainsi que le hameau d’Äbi sont détruits. L’Äbneri, actuellement principalement dans des conduites, reçoit l’eau à Bärubrächa du Laldneri. Le surplus d’eau de l’Äbneri est ensuite repris par le Tenneri. D’anciennes cartes montrent cependant que l’Äbneri amenait de l’eau jusqu’en-dessus de l’église d’Eggerberg. Ce tracé est maintenant emprunté par la rampe sud du Lötschberg.
  • L’Alpwasser (carte) est un ancien bisse abandonné autour de 1908. Le bisse a sa prise d’eau au Rote Bach (affluent du Baltschiederbach), à 2350 m et terminait son parcours dans le Finnubach, près de Chaschtler au-dessus de Mund. Sur la quasi totalité du parcours, un beau sentier pédestre subsiste et laisse découvrir des vestiges et un  magnifique panorama.
  • Drieschtji : Ce bisse était en activité jusqu’au milieu du siècle passé. Son eau s’écoulait ensuite dans le Niwärch. A Chrummwaldji se trouvait des canaux en planche (chéneaux). On voit encore très bien les traces du bisse.
  • L’Eggeri (carte) prenait son eau dans le Baltschiederbach pour l’amener à Eggen. La première partie du bisse a été abandonnée et l’Eggeri s’alimente actuellement dans le Gorperi.
  • Le Gorperi  (carte) a été construit en 1640 et il est toujours en activité. Il finit son cours dans les prairies des hauts d’Eggerberg où l’eau est distribuée dans un système d’irrigation par aspersion. Les passages aériens ont été remplacés par des tunnels. Par endroit, l’ancien tracé est encore visible en contrebas. Un bazot et le passage sur une planche ont été restaurés sur un tronçon aérien de 15 mètres. Les personnes qui ne sont pas gênées par le vertige peuvent le franchir, tandis que les autres passeront dans le tunnel.
  • Le Laldneri (carte) dont l’origine remonte à 1312 prend son eau dans le Baltschiederbach, passe par Eggerberg et termine son cours à Lalden. Le bisse est toujours en activité et coule partiellement à ciel ouvert.
  • Le Mittla (carte) (bisse du milieu) prenait sa source dans le Baltschiederbach. Depuis la construction du tunnel du Niwäch en 1970, le Mittla  est alimenté par le Niwäch. La partie supérieure du bisse, dans le vallon de Baltschieder, n’est plus accessible. La partie inférieure, toujours en eau au dessus du village d’Ausserberg, fait l’objet d’une importante restauration selon les techniques anciennes. Des “Tretschbord” ont été reconstruits et de nouveaux bazots mis en place. Un système d’arrosage par aspersion a été réalisé sur tout le territoire de la commune d’Ausserberg avec l’eau des trois bisses : Niwäch, Mittla et Undra.
  • Le Niwärch (carte) est l’un des bisses les plus remarquables du Valais. Sa construction est antérieure à 1381. Le bisse prend sa source dans le Baltschiederbach et quitte ce vallon en traversant des flancs rocheux et abrupts. En 1970, un tunnel a été construit à cet endroit, et depuis lors, l’eau d’irrigation ne coule plus dans le bisse. Cependant, la partie spectaculaire du Niwärch a fait l’objet de rénovation et une certaine quantité d’eau coule toujours dans le bisse. Elle permet même le fonctionnement d’un marteau avertisseur. Un chemin aérien permet de longer cet incroyable ouvrage. L’eau qui sort par le tunnel, coule à ciel ouvert au dessus des mayens de Niwärch et termine son cours à Milachra à 1200 m. Il arrose toute la partie supérieure des prairies d’Ausserberg. Un système d’arrosage par aspersion a été généralisé sur toute la commune d’Ausserberg.
  • Tenneri (Baltschieder) : Ce bisse prenait son eau dans le Baltschiederbach jusqu’en 1948, exactement en-dessous du pont de la BLS. On en voit encore les traces dans la partie rocheuse, sous forme de canaux vertigineux taillés dans la roche. Le Tenneri reçoit aujourd’hui son eau de l’Äbneri, qui reçoit lui-même l’eau du Laldneri. On peut encore suivre à pied une partie du Tenneri en-dessous d’Eggerberg.
  • L’Ulzwasser est un bisse abandonné du Baltschiedertal. Il prenait l’eau dans le Rote Bach, et coulait en parallèle d’un autre bisse : l’Alpwasser. L’Ulzwasser rejoignait l’Alpwasser.à Honalpa. Un sentier pédestre permet de le parcourir.
  • L’Undra Suon (carte) (bisse inférieur) est toujours en activité et irrigue les prairies en-dessous du village d’Ausserberg. Le long du parcours, des “Tretschbords”  ont été récemment restaurés. Ce bisse arrive au village dans un canal bétonné au bord de la route. L’Undra fait fonctionner un moulin restauré au milieu du village (un peu au-dessus de la maison communale).
  • Le Wiigartneri est antérieur à 1377. Ce bisse est toujours en activité, mais la partie supérieure est abandonnée et il est alimenté par un tunnel et une conduite, comme les autres bisses d’Ausserberg. Il arrose les prairies en dessous d’Ausserberg et alimente un réseau d’irrigation chargé de maintenir un cordon de verdure le long de la ligne BLS. Au 16ème siècle, le Wiigarteri faisait fonctionner un rouissoir.

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