La commune de Diemtigen a su préserver de manière exemplaire le caractère urbanisé de la vallée dans le cadre d’un aménagement local clairvoyant. C’est ainsi qu’elle a reçu en 1986 le Prix Henri-Louis-Wakker décerné par Patrimoine suisse. Les plus anciennes maisons du Diemtigtal datent du 16e siècle. Mais ce sont les constructions de la deuxième moitié du 18e siècle et du début du 19e siècle qui marquent le paysage. C’est à la collaboration de paysans aisés et d’artisans compétents, dont certains aussi célèbres que le maître charpentier Hans Messerli (1720-1806), que le Diemtigtal doit son magnifique patrimoine bâti.
Nous laissons la voiture à la garde de Oey, à l’entrée du Diemtigtal, une des vallées latérales du Simmental, pour partir à la découverte du patrimoine bâti de la région. Nous suivrons un des trois itinéraires (“Diemtigtaler Hausweg”) : celui de la vallée antérieure. Cet itinéraire est très bien indiqué par des petits panneaux. C’est impossible de se perdre !
Peu après le départ à la gare d’Oey, la montée commence avec en point de mire le Tschuggen. Après une courte phase d’échauffement le long de la lisière de la forêt, on arrive à Diemtigen.
Les neuf premières maisons que nous allons découvrir se trouvent dans le village même de Diemtigen qui a su conserver un aménagement très réfléchi et ainsi garder un cachet remarquable. En chemin, nous profitons d’entrer dans l’église et admirer les peintures murales de style Jugendstil dans la nef.
Pour aller voir les maisons 10 et 11, il faut monter sur la colline, premier “contrefort” du Tschuggen. Nous pousserons notre montée jusqu’au “col” au niveau du Gasthaus Bergli pour aller voir la vue sur le Simmental.
Puis nous revenons sur nos pas jusqu’à Diemtigen. De là, nous poursuivons notre descente en direction de la Chirel, la rivière qui coule au fond de la vallée. Nous la traversons puis remontons sur la rive opposée en direction de Wattflue. C’est un petit détour par rapport au chemin des maison de la vallée antérieure, mais nous avons envie d’aller voir la maison n°26 (qui “appartient” au Mittleres Tal Hausweg). Cette maison vaut vraiment le détour avec sa façade richement décorée !
Puis nous repartons en direction de Hüsere où nous retrouvons notre itinéraire initial au niveau de la maison n°12.
Les trois dernières maisons du parcours (16, 17 et 18) sont richement décorées et retiennent vraiment notre attention.
Puis c’est le retour jusqu’à la gare de Oey.
Avant de rentrer à la maison, nous allons encore voir la maison n°36, au fond de la vallée et nous profitons de notre proximité du lac de Thoune pour aller voir le château de Wimmis et faire une petit tour au bord lac à Spiez.
Ce chemin des maisons est une belle découverte et un joli prétexte pour aller découvrir le Diemtigtal.
Toutes les photos ici.
carte interactive de la région
altitude de départ: 669 m
altitude d’arrivée: 669 m
altitude minimale: 669 m
altitude maximale: 998 m
dénivelé positif: +595 m
dénivelé négatif: -595 m
temps de parcours: 3 h 50
distance totale: 12600 m
Le Diemtigtal (130 km2) est la plus grande vallée latérale du Simmental et se compose de huit villages : Oey, Bächlen, Horben, Riedern, Entschwil, Zwischenflüh, Schwenden et Diemtigen. Ensemble, ils forment la commune de Diemtigen, qui compte environ 2200 habitants.
L’économie d’élevage et d’alpage est pratiquée dans toute la vallée. Sixième plus grande commune du canton de Berne, Diemtigen est la plus importante commune d’alpage de Suisse. C’est principalement l’élevage qui a conduit à l’habitat dispersé encore caractéristique aujourd’hui.
La commune de Diemtigen a su préserver de manière exemplaire le caractère de l’habitat de la vallée grâce à un plan d’aménagement local clairvoyant. C’est ainsi qu’en 1986, Patrimoine suisse lui a décerné le prix Henri-Louis-Wakker.
Les plus anciennes maisons du Diemtigtal datent du 16e siècle. Mais ce sont les constructions de la deuxième moitié du 18e siècle et du début du 19e siècle qui marquent le paysage. C’est grâce au travail conjoint de paysans aisés et d’artisans compétents, dont certains aussi célèbres que le maître charpentier Hans Messerli (1720-1806), que le Diemtigtal doit son magnifique patrimoine bâti.
Grâce à son paysage unique et à sa beauté, à son architecture et à sa culture soignées, ainsi qu’à la richesse de ses valeurs naturelles, le Diemtigtal porte depuis 2011 le label fédéral “Parc naturel régional – paysage d’importance nationale”.
Diemtigtaler Hausweg (uniquement en allemand)
liste des maisons proposées tout le long des trois “Hausweg” du Diemtigtal
description des maisons vues pendant la balade (dans l’ordre de notre parcours) :

un arrondi de l’arc de pignon (en berceau)
1. Styg (Styg 7) : Il s’agit d’une maison polyvalente, avec des pièces d’habitation à l’avant et une grange à l’arrière. Première Ründihaus ou simplement Ründi (maison possédant un large avant-toit avec un élégant arrondi de l’arc de pignon (pignon arqué ou en berceau)) de Diemtigen, elle a été construite en 1789 par Jakob Mani, capitaine de l’armée et trésorier local. Au 19e siècle, elle a appartenu à Johann Mani. Au XIXe siècle, elle appartenait à Johann Jakob Karlen, membre du village de Diemtigen, du Conseil national suisse et du gouvernement cantonal bernois. L’élégant arc s’étend sur la façade symétrique, large de trois pièces. Les saillies verticales en bois et les encorbellements du toit soulignent les lignes verticales, tandis que les groupes de fenêtres et les décorations associées soulignent les lignes horizontales. De jolis galets de rivière entourent la maison. Ce magnifique bâtiment, situé dans un endroit remarquable, marque la limite nord-est du village.
2. Haus Moser (Dorf 4) :
Bâtiment central du XVIe siècle, asymétrique et large de deux pièces. Rainures sur les appuis de fenêtre et crêtes sur la face inférieure des corbeaux en bois. Agrandi à plusieurs reprises. L’année de construction et le constructeur de l’annexe nord sont inscrits en caractères romains : IM 1647 HAT JACOB FLOGERZI UND BARBLA MANI GEBUEN UF GOT STAT IR VERTRUE (EN 1647 JACOB FLOGERZI ET BARBLA MANI ONT CONSTRUIT CECI EN DIEU ILS ONT CONFIANCE). L’extension sud du côté de l’avant-toit date probablement du 18e siècle ; l’extension sud à l’avant de la maison date probablement du 19e siècle.
3. Gasthof Hirschen (Dorf 10) : Construite vers 1800 comme auberge. Les deux volées d’escaliers extérieurs invitent à s’arrêter et à se reposer. L’arc en pignon balaie harmonieusement la façade, richement décorée pour l’époque. C’est ici que la peau du dernier ours tué dans la vallée aurait été exposée en 1819.
3A. Église: le village de Diemtigen et son église sont mentionnés dès l’an 1200 environ (il n’y avait alors qu’une chapelle romane). La première construction d’une chapelle en ce lieu remonte entre 950 et 1200. L’église sera mentionnée dans les archives écrites à partir de 1314. La première église romane fut bâtie sur un rocher. Elle faisait office de fortification au tout petit village de Diemtigen. Les murs en sont très épais et les ouvertures rares et étroites. Le chœur roman était orienté vers l’Est. Au niveau des façades, notamment sur la façade Sud, on remarque des ouvertures romanes (petites), puis gothiques (plus grandes) et enfin de style baroque (amenant plus de lumière encore dans la nef). On remarque donc trois générations d’ouvertures dans le mur Sud de cette église. La chapelle, initialement romane, fut transformée en style gothique entre les 13 et 15èmes siècles. La nef fut agrandie également au Nord et à l’Ouest. La tour, construite au-dessus du chœur, fut implantée vers 1490. Le chœur, au 15ème siècle, fut adapté à la nouvelle largeur de la nef. Puis l’église fut transformée depuis la Réforme et à l’époque baroque (depuis 1550 environ jusqu’à 1800). Les grandes fenêtres (notamment au Sud) datent de cette période. La chaire remonte à l’époque Renaissance tardive. La nef fut voûtée de bois et une tribune construite en Ouest. Cette tribune était destinée à recevoir un orgue. Le peintre Paul Zehnder (1884-1973) a exécuté des peintures murales sur l’arc délimitant le chœur par rapport à la nef, et aussi dans le chœur, de 1915-17: Jésus priant à Gethsémané et l’Ascension de Jésus. Ces peintures murales sont de style Jugendstil (ou Art Nouveau). On remarque aussi quelques beaux vitraux.
3B. Pfarrhaus (Dorf 21) : Le presbytère a été construit en 1781/82, en même temps que l’église a été agrandie. Comme tous les manoirs bernois typiques, il est crépi et coiffé d’un toit en bonnet. Du côté de la route, un péristyle (porche formé par une rangée de colonnes) souligne l’entrée. Le balcon couvert du côté est date du XIXe siècle. À l’ouest, et à la même époque, se trouve le four du presbytère (Dorf 21A), un bâtiment substantiel coiffé d’un toit en demi-croupe avec des jambages de portes et de fenêtres sculptés. Les gouttières d’origine, avec leurs supports de chevrons, sont particulièrement remarquables. Le four était sur le point de s’effondrer en 1981 lorsqu’il a été rénové et rendu à nouveau accessible.
4. Grosshaus (Dorf 28) : Construite en 1805 pour Jakob Reber. Maître charpentier inconnu. Jakob Reber a occupé de nombreuses fonctions au sein de la municipalité et était l’un des habitants les plus prospères et les plus influents de Diemtigen. Il était également propriétaire de la Trogmatte (Dorf 32), dont il avait fait construire la grange (Styggässli 20) par le maître charpentier Hans Messerli en 1779. En 1792, il confie au même artisan la construction de la Ründihaus (maison à pignon arqué) à Wiler. L’imposante résidence de ce fonctionnaire et dignitaire local impressionne par son emplacement, ses proportions généreuses et sa façade avec deux volées d’escaliers en pierre menant à la porte d’entrée artistiquement sculptée et ornée de ferronnerie. Nombreuses sculptures plates.
5. Trogmatte (Dorf 32) : Construite vers 1770. Le maître charpentier était probablement Hans Messerli. Il s’agit d’un très bon exemple de ferme du Simmental datant de l’apogée de l’art du charpentier. Large façade, toit à deux versants en pente douce avec un généreux débordement ; sur les murs du sous-sol, les pièces d’habitation en construction poteaux-poutres avec trois groupes de fenêtres, chacun avec cinq fenêtres ; au-dessus, les pièces de couchage, construites selon le système “blockbau”, avec trois groupes de fenêtres, chacun avec quatre fenêtres un peu plus petites. Deux balcons couverts sur les côtés de l’avant-toit. Les appuis, les fermes et les murs en saillie, les rebords de fenêtre continus, les saillies verticales en bois, les corbeaux de toit et les décorations associées confèrent à la façade de Grosshaus une qualité sculpturale. Pour savoir à quoi ressemblait la maison il y a 200 ans, visitez la maison Agenstein à Erlenbach (Landschaftsmuseum), qui aurait été meublée dans le même style.
6. Haus Reber (Dorf 35) : Bel exemple de charpente gothique du XVIe siècle. L’arrière de la maison, qui donne sur la rue, est pratiquement inchangé. Le bâtiment en face est sa grange (Dorf 36), construite en 1765 par Peter Reber.
7. Haus Iseli (Dorf 41) : Construite en 1648 par le maître charpentier Stefan Bergmann, l’un des artisans les plus talentueux de son époque. Fait inhabituel, le faîte est parallèle à la rue. C’est la seule maison du 17e siècle qui subsiste dans le village. Les éléments décoratifs étaient à l’origine peints en blanc, rouge et noir. Inscription sculptée en caractères romains. Les petites consoles sous la charpente de l’étage supérieur ont été supprimées, les fenêtres ont été agrandies et le bâtiment a été prolongé du côté de la vallée.
8. Muurhus (Dorf 42) : Construite en 1823. Entre 1789 et 1830 environ, sept maisons à pignon arqué ont été construites dans la communauté agricole de Diemtigen, quatre construites à la fois avec des poteaux, des poutres et des pierres et trois purement avec des poteaux et des poutres avec des fenêtres disposées individuellement et non pas en groupe, comme c’est le cas ici. De 1869 jusqu’à sa fermeture quelques années plus tard, cette maison a servi d’école secondaire à Diemtigen. À côté se trouve la deuxième maison dite Muurhus (Dorf 44), non datée, mais décorée dans le style typique du XVIe siècle. À l’exception de la pièce d’angle, qui a été ajoutée sur le côté nord de la maison, et du remplacement des panneaux muraux à l’étage inférieur, elle est restée dans son état d’origine. Plus loin, on trouve trois autres exemples parfaits de maisons du Simmental du XIXe siècle.
9. Haus Riesen (Dorf 56) : La maison date du 16ème siècle. Les étages supérieurs et les combles sont d’origine. L’asymétrie, les fines rainures de l’appui de fenêtre de l’étage supérieur et la décoration des consoles du toit sont typiques de la charpenterie gothique. L’extension du côté du ruisseau était autrefois la forge du village, puis la boutique du tailleur.
10. Vorderes Bergli (Bergli 6) : Construite en 1804. Belle façade inchangée avec des frises de cubes, des rosaces et des motifs végétaux sculptés.
11. Vorderes Bergli (Bergli 12) : Construite en 1627 par le maître charpentier Hans Lulmi pour Bendicht Schwingruber et Kathrin Mani (écriture romaine). Restaurée en 1988. L’étage supérieur et le grenier sont d’origine. Le balcon couvert sous l’avant-toit du côté sud et la pièce d’angle du côté nord sont des ajouts plus récents. Les murs de l’étage inférieur ont été rénovés. Les rainures de l’appui de fenêtre ont été remplacées par une frise cubique. Les saillies importantes sont soutenues par de petits encorbellements et les encorbellements de la toiture sont fortement chanfreinés. La façade est donc très sculpturale pour l’époque.
26. Wattfluh : La maison présente des ornements du 16ème siècle sur sa façade orientée vers la vallée. Elle a été agrandie le long du faîte en 1752 par le maître charpentier Michel Tschabold pour Christian Mani et Elsbeth Schwendimann. Les peintures de la façade donnant sur les montagnes datent de la même époque.
12. Gruebi (Häusern 6) : Construite à la fin du XVIIIe siècle. Façade symétrique, de deux pièces de large, avec des bandes sculptées de tulipes et de vagues. L’extension du côté des montagnes a été construite plus tard. C’est dans ce four que les ménagères de Bächlen faisaient cuire leur pain. Les paysans cultivaient eux-mêmes leurs céréales et les faisaient moudre à Horboden ou à Diemtigen, qui disposaient tous deux de moulins.
12B. Ofenhaus
13. Heidenhus (Dörfli Bächlen 12) : Ancienne auberge de muletiers. Les cercles de croissance du bois suggèrent qu’elle a été construite entre 1507 et 1510, ce qui en fait l’une des plus anciennes maisons du Diemtigtal. A l’origine, la maison comportait deux pièces, mais l’étage supérieur et le pignon sont d’origine. Des contreforts latéraux soutiennent les poteaux du pignon, qui à leur tour soutiennent le toit en surplomb, une construction qui fut plus tard connue sous le nom de ” croix païenne “. L’appui de l’étage supérieur, orné de rainures, est le plus ancien mur de soutènement connu dans l’Oberland bernois. Les arêtes décoratives sur la face inférieure de la panne du toit sont typiques du 16e siècle. Jusqu’en 1908, la pièce d’angle à gauche appartenait à l’école Bächlen et servait de deuxième salle de classe. Dans les années 1930, elle fut à nouveau utilisée comme salle de classe. Entre 1941 et 1946, le restaurant ” Alpenrösli ” s’est installé dans la maison.
14. Gmeinen (Gmeinen 12) : Construite en 1688 par le maître charpentier Michel Reber. Rénové en 1962. Façades nord et sud décorées. Dans le style typique de Michel Reber, la maison porte des inscriptions en caractères romains et gothiques.
15. Sälbeze (Selbezen 2) : Construite en 1636, orientée au nord et symétrique. Le pignon et la charpente de l’étage supérieur sont d’origine. Sur la charpente, au lieu de la devise habituelle de la maison en caractères romains et en chiffres, on trouve une citation du Psaume 122 (Que la paix soit dans tes murs et que la prospérité soit au rendez-vous).
16. Sälbeze (Selbezen 10) : Construite en 1738, probablement par le maître charpentier Christian Wolet pour Christen Jantz et Susanna Hiltbrand. Exemple impressionnant de la charpenterie et de la peinture locales du Simmental. Habitation résidentielle pure construite sur une base de maçonnerie, étage inférieur en poteaux-poutres, étage supérieur construit selon le système du ” blockbau “. La façade symétrique du pignon avec l’escalier extérieur est un jeu ornemental subtil avec une forte accentuation de la sculpture des appuis, des fermes, des corniches, des poutres transversales et des encorbellements. L’effet d’ensemble est renforcé par les couleurs de la décoration du charpentier, qui s’accompagne de peintures de fleurs et d’animaux, d’armoiries et d’abondantes inscriptions gothiques. La représentation de David et Goliath sur la façade sud suggère que l’artiste pourrait être Stefan Allenbach.
17. Hasli : Construite en 1689 par le maître charpentier Michel Reber avec une annexe moderne (restaurée en 1979). Des inscriptions romanes et gothiques noires et dentelées accompagnent les sculptures rouges et noires de cubes et de losanges. La maison située au nord (Hasli 9) mérite également d’être mentionnée, avec le millésime 1516 sous l’encorbellement du toit. Il s’agit de la plus ancienne date visible dans l’Oberland bernois ; le pignon orienté vers les montagnes est d’origine. Remarquez en particulier les pannes effilées, inhabituelles pour le Diemtigtal.
18. Feld : Construite en 1737 par le maître charpentier Christian Wolet pour le connétable Agenstein et Margret Regez. Le fronton est d’origine. Le reste de la façade, avec ses peintures et ses inscriptions, a été rénové à la manière de l’Eichstalden, au-dessus de Boltigen, construit par le même maître charpentier en 1745.
36. Tiermatti : Construite en 1751 par le maître charpentier Gilgian Henni et son maître artisan Antoni Baumer pour Jacob Rebmann et son épouse Magdalena Regez. Façade rénovée en 1938. En 1900, les deux caves à fromage ont été transformées en restaurant et en 1931, une salle de bal a été ajoutée. La première maison avec un toit en demi-croupe et une frise en épine de livre dans la commune de Diemtigen et donc dans le Simmental. Outre la luxuriante frise botanique de la balustrade de l’étage inférieur et la délicate frise de campanules sous le rebord de la fenêtre de l’étage supérieur, l’ornementation sculpturale aux formes géométriques est abondante et accentuée par l’ajout de couleurs. Les armoiries de la communauté de la vallée, les armoiries des deux vignerons et les deux ours sous le ciel étoilé sont accompagnés de motifs végétaux dans le style du Simmental tardif. Cinq bandes d’écriture gothique, peintes en noir, complètent l’abondante ornementation. Les saillies verticales en bois en forme de têtes d’animaux sont particulièrement remarquables. Un personnage ressemblant à un garde avec une épée de la taille d’un homme se trouve à l’ancienne entrée, du côté de l’avant-toit. Directement au sud du restaurant se trouve le Tiermatti 37, construit en 1730 par le maître charpentier Jakob Lutz. Façade symétrique, deux pièces de large. Extension plus récente. Très belle décoration sculpturale. Les peintures représentent des vignes feuillues inhabituelles qui poussent sur un visage blanc ; des motifs similaires peuvent être vus à Saanen. Malheureusement défraîchies. Le premier téléphone de la vallée se trouvait dans la pièce ajoutée au nord, ce qui explique qu’on l’appelle encore aujourd’hui ” la salle du téléphone “.
Château de Wimmis : Les Romains érigèrent déjà une tour de guet à l’emplacement actuel de l’imposant château de la Burgfluh. On pense que l’église et le château furent construits au 9ème siècle. Le baron Rudolf von Strättligen fut le premier châtelain de cette forteresse clairement stratégique aux portes des importantes vallées latérales de l’Oberland bernois. Vers la fin du 13ème siècle, ce sont toutefois les seigneurs de Weissenburg – une génération «très puissante et très guerrière» – qui régnaient sur la région et le château. Celui-ci fut aménagé à plusieurs reprises depuis le Moyen-Âge. L’agrandissement qui en fit un château eut lieu au 17ème siècle. Le style du château de Wimmis s’oriente sur celui des châteaux d’Europe centrale, à la différence du château de Thoune, par exemple, qui, avec ses tours d’angle rondes, tient du style français. Les visiteurs peuvent pénétrer dans le château par l’entrée sud, après avoir gravi un escalier de 155 marches. Utilisé au cours des dernières années comme siège administratif, il n’abrite plus aujourd’hui que le tribunal d’arrondissement.
Château de Spiez : Déjà lors de la prise du territoire par les Alamans, un centre seigneurial voit le jour sur la presqu’île, dans la baie de Spiez, comme en témoigne la tombe du cavalier richement décorée datant de 680 après J.-C. Au XIIe siècle, les seigneurs de Strättligen construisent un corps de logis et une tour en pierre. Ils mènent un mode de vie de chevaliers, comme le prouvent les représentations de tournoi dans la tour ou la présence dans le Codex Manesse de Heinrich de Strättligen en tant que ménestrel. En 1338, le domaine passe aux mains de la famille de Bubenberg, qui marque fortement de son empreinte l’histoire de Berne. Le membre le plus célèbre de la famille est Adrian de Bubenberg, qui défend avec succès la petite ville de Morat lors des guerres de Bourgogne. En 1516, Ludwig d’Erlach acquiert le château, qui restera dans sa famille jusqu’en 1875. En 1614, Franz Ludwig d’Erlach fait construire une somptueuse salle des fêtes et la fait agrémenter de stucs typiques des prémices du baroque par le Tessinois Antonio Castelli. En 1927, la fondation du château de Spiez est créée et ouvre les portes de la propriété au public et continue de l’entretenir aujourd’hui.

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