Gemmi-Sunnbüel (octobre 2026)

15 Oct 2026 | 0 commentaires

A la sortie du bus à Loèche-les-Bains, nous voyons devant nous l’impressionnante falaise formée par le Daubenhorn, le Rinderhorn et tout à droite par le Balmhorn.De loin on se demande bien par où passe le chemin qui monte au col de la Gemmi.

Nous traversons le village, passons à côté du départ de la télécabine qui nous permettrait d’arriver sans effort jusqu’au col … Mais nous sommes venus ici pour marcher sur ce sentier mythique creusé dans la roche. Il a été ouvert en 1739. À la fin du XIXème siècle et au début du XXème, les touristes étaient transportés à travers le Col de la Gemmi sur des rickshaw (appelés en allemand « Gemmi-Wägeli ») tirés par un cheval. Un hôtel a même été construit sur le col pour accueillir les touristes de passage. Il a fermé en décembre 1971.

A la sortie du village la rude montée de près de 1000 m de dénivellation jusqu’au col de la Gemmi nous attend … Le chemin serpente d’abord un peu dans la forêt. Quand on arrive au pied de la paroi rocheuse, il la longe un petit moment. Puis, là où il est creusé dans la roche, il monte en zigzags serrés dans la paroi. À noter que le sentier est relativement large (il était parcouru par des rickshaws tirés par un cheval). Il y a des barrières sur tous les passages exposés. La montée est quasi entièrement sous le soleil et elle n’offre pas vraiment de coins ombragés pour se reposer … Donc heureusement que nous sommes en octobre et pas en plein été …

Une fois arrivé au Col de la Gemmi, le paysage change radicalement: on découvre ici un vaste haut-plateau le Daubensee. En montant vers l’arrivée du téléphérique on passe à côté des ruines de l’ancien hôtel Wildstrubel. Il est vraiment dommage que ce grand complexe soit laissé complètement à l’abandon et ne soit pas rasé…

ancienne carte postale

Après un pause bien méritée sur la terrasse panoramique, nous continuons notre excursion sur la route carrossable qui longe un Daubensee presque complètement asséché. C’est assez triste de voir un lac avec si peu d’eau. Mais le contraste entre le noir de la vase séchée et les parois très claires des montagnes le dominant est assez magique.

La route continue ensuite en direction l’hôtel Schwarenbach (fermé en ce mois d’octobre). Un peu plus loin le vallon s’élargit et s’ouvre sur le plateau de Spittelmatte. Alors que le paysage de la Gemmi est rude et aride, des prairies fleuries colorées bordent le sentier de randonnée plus bas, à Spittelmatte. Au loin on aperçoit Sunnbüel, notre destination finale. Au bord de la route, les buissons se sont parés de leurs belles couleurs automnales. Par endroit il y a même quelques mélèzes presque complètement jaunes.

Nous rejoignons finalement Kandersteg en téléphérique.

Après une « montée »ascension » somme toute assez pénible, la deuxième partie de la randonnée est beaucoup plus tranquille. L’automne est une bonne période pour faire la randonnée. Pendant la montée le soleil ne « cogne » pas trop fort alors que l’effort est intense. Et, entre la Gemmi et Sunnbüel, les belles couleurs automnales apportent une plus value à la randonnée.

Toutes les photos ici.

carte interactive de la région

altitude de départ: 1378 m

altitude d’arrivée: 1934 m

altitude minimale: 1378 m

altitude maximale: 2321 m

dénivelé positif: +1036 m

dénivelé négatif: -481 m

temps de parcours: 4 h 30

distance totale: 13200 m

Références littéraires à la Gemmi

Johann Wolfgang von Goethe a décrit la paroi rocheuse devant le col de la Gemmi lors de son séjour à Loèche-les-Bains, le 9 novembre 1779: « nous voyions devant nous cette Gemmi, dont on fait des descriptions si terribles, et, à ses pieds, les bains de Loèche, placés, comme dans le creux de la main, au milieu d’autres montagnes, hautes, inaccessibles et couvertes de neige ».

La nouvelle de Guy de Maupassant intitulée « L’Auberge » se déroule au col de la Gemmi. Dans la nouvelle d’Arthur Conan Doyle mettant en scène Sherlock Holmes, « The Final Problem » (Le dernier problème), le col de la Gemmi est mentionné dès le début du récit. Alexandre Dumas, Jules Verne et Mark Twain se sont également rendus à Loèche-les-Bains, ce dernier ayant surtout remarqué, lors de son ascension escarpée, des femmes transportées en palanquin qui semblaient « prises de mal de mer, pâles et blanches comme la neige du Mont Blanc ».

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