
Sur la route des légendes du Gantrisch, longue d’environ 50 kilomètres, découvre cinq stations de légendes en vélo électrique – et apprends l’histoire du pays et des habitants du parc naturel du Gantrisch avec tous tes sens. Tu t’arrêteras au célèbre village Vreneli de Guggisberg, aux ruines du couvent de Rüeggisberg, au jardin du château de Riggisberg et à l’église de Rüschegg avec l’œuvre d’art de Franz Gertsch. À Riffenmatt, tu rencontreras des nains dans la pelote de laine et à Hinterfultigen, tu rencontreras l’homme qui brûle.
Un moine sans tête, un homme en feu, un colporteur, un Rabbentaler et des nains – on les retrouve tous sur la route des légendes du Gantrisch. Les légendes de la région peuvent être écoutées ou lues aux différentes stations de découverte le long du chemin.
Nous parquons la voiture près du château de Schwarzenburg et nous mettons en route sur l’itinéraire 333 de SuisseMobile. Le début du trajet se fait sur une route assez large jusqu’à Schönentannen. Puis nous bifurquons à gauche et empruntons une route qui traverse d’abord la campagne puis une forêt. La route ici se met à descendre en direction de la Schwarzwasser que nous traversons les fameux ponts Maillart de l’impressionnant Rossgraben (le Rossgrabenbrügg et le Schwandbachbrügg).
Le deuxième pont franchi, la route reprend de nouveau de l’altitude. Une montée assez raide jusqu’à Hinterfultigen. C’est là qu’est née la légende de l’homme de feu. Plus loin, via Vorderfultigen et le Fultigenegg, le chemin arrive à Rüeggisberg et la ruine du couvent où se passe la légende du moine sans tête. Rüeggisberg n’est en fait pas sur l’itinéraire 333 mais nous faisons un petit aller et retour pour aller voir le village et les ruines du monastère.
De retour sur l’itinéraire 333 nous traversons une forêt avant de déboucher dans une sorte de cuvette près d’Oberbütschel. On assez longue montée nous conduit à un point de vue sur les Alpes bernoises et le lac de Thoune. Aujourd’hui le ciel est très clair et nous pouvons admirer les 4000 bernois. Superbe !
Une longue descente nous conduit ensuite à Riggisberg. Nous sommes ici à mi-parcours. Après un petit détour par le château nous continuons notre route en direction de l’église de Rüschegg (légende sur le prétendu premier colporteur). Pour l’atteindre il faut pédaler fort. Heureusement que nous avons des e-bike. Les cyclistes que nous dépassons on visiblement de la peine dans la pente …
La pause est bien méritée sur un banc devant l’église. On est sur une sorte de promontoire et la vue est bien dégagée sur la campagne alentour, le Jura et la chaîne du Gantrisch.
Une petite descente nous accorde un petit moment de répit avant d’entamer la plus longue montée du parcours qui nous amène au point culminant du parcours. C’est là aussi que se trouve le seul kilomètre de route non goudronnée. Un petit peu après nous arrivons à Rffenmatt. Sur le parking, la vue sur le col de Horbühl et sur ses forêts denses et mystérieuses s’ouvre à nous. La légende raconte qu’il y a fort longtemps, les habitants du village ont séquestré deux nains pour leur soutirer leur secret.
Encore un petit effort et nous arrivons à Guggisberg (le Vrenelidorf Guggisberg). Nous en avons fini avec la montée. Il ne reste presque que de la descente pour revenir à Schwarzenburg.
Toutes les photos ici.
carte interactive de la région
altitude de départ: 810 m
altitude d’arrivée: 810 m
altitude minimale: 681 m
altitude maximale: 1121 m
dénivelé positif: +1075 m
dénivelé négatif: -1075 m
temps de parcours: 3 h 35
distance totale: 53 km
Le château de Schwarzenburg était le siège des baillis, et plus tard des préfets. Construit entre 1573 et 1576 pour remplacer la Grasburg à l’entretien bien trop coûteux, rachetée en 1423 par Berne et Fribourg aux comtes de Savoie. Rénové entièrement entre 1980 et 1983 par le canton de Berne, dont il faisait partie du district administratif depuis 1798.
Ponts routiers de Hinterfult : Le Suisse Robert Maillart est aujourd’hui considéré comme l’un des ingénieurs les plus influents du 20e siècle. Il a créé des ponts en arc en béton armé qui ont fait date. Deux de ces ponts sont à découvrir dans le parc naturel régional Gantrisch : Le « Rossgrabenbrücke » et le « Schwandbachbrücke ». Le pont de Rossgraben, construit en 1932, traverse la Schwarzwasser avec une portée de 82 mètres et une largeur de 4 mètres. Il s’agit d’un pont en arc à trois articulations avec poutres-caissons, un système de construction conçu par Maillart système de construction de ponts développé par l’entreprise. Le tablier est entouré des deux côtés de garde-corps en fer à double tube. Le pont du Schwandbach, construit en 1933, 300 mètres plus à l’est du pont du Rossgraben, est le premier pont en arcs-barres rigidifié avec une courbe elliptique tablier incurvé. L’arc présente une portée d’un peu plus de 37 mètres et une largeur variable. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de Robert Maillart.
Bergkäserei Vorderfultigen : “Urchig, chüschtig – das isch Heimat”, peut-on lire sur l’affiche apposée sur le mur de la fromagerie de montagne de Vorderfultigen. Tradition fromagère depuis 1883, ici la tradition rencontre le goût. Le directeur Pius Hitz apprécie beaucoup de pouvoir vivre sa passion pour le métier de fromager dans cette entreprise artisanale. C’est d’autant plus agréable que les fournisseurs de lait se trouvent tous dans un rayon d’un kilomètre, ce qui lui permet de regarder leurs vaches paître depuis la fromagerie. Vorderfultigen est un petit village situé sur le Längenberg. Deux lieux situés sur une crête du Längenberg au sud de Berne, au nord-ouest de Rüeggisberg, entre Bütschelbach et Schwarzwasser. La fromagerie de montagne de Vorderfultigen fait partie du parc naturel idyllique de Gantrisch.
Le prieuré de Rüeggisberg était un établissement de l’ordre monastique bourguignon de Cluny. Avec ceux de Romainmôtier et de Payerne, il est l’un des joyaux de l’architecture clunisienne en Suisse. Le site a été étudié par Hans Rudolf Hahnloser de 1938 à 1947, puis par le Service archéologique du canton de Berne de 1988 à 1991. Les ruines ont subi deux phases de restauration, l’une en 1996 et l’autre tout récemment. Propriété du canton de Berne, il est placé sous la protection de la Confédération et du canton. Aujourd’hui, il accueille des manifestations culturelles tout en servant d’étape pour les pèlerins sur le chemin de Compostelle. Malgré des plans ambitieux à sa création dans les années 1070, le prieuré de Rüeggisberg n’a jamais été très florissant. Les études archéologiques de 2021 ont montré que l’église devait au départ comporter une nef et que les fondations de ses murs extérieurs avaient été posées. Mais probablement pour des raisons financières, seuls le transept et cinq absides ont été édifiés. En 1484, le monastère a été fermé et le site n’a plus été constitué que d’un domaine agricole et d’un presbytère. Après la Réforme, l’église a été démantelée et il n’en est resté que le bras nord et des éléments du mur est du transept. Les bâtiments conventuels ont également disparu en grande partie au fil des siècle.
église de Rüschegg : L’église construite en 1813 est parée sur la façade avant par la gravure sur bois monumentale « Schwarzwasser II » de l’artiste et citoyen honoraire Franz Gertsch, installé dans la commune.

Le moine sans tête de Rüeggisberg : Dans un endroit pittoresque de Rüeggisberg, les ruines d’un monastère se dressent sur la terrasse ensoleillée. Un jeune homme sans histoire prend un chemin nocturne et découvre les contours du Haberhaus, où il voit les étoiles briller à travers les arcs des murs noirs. Il est saisi par la contemplation de la bâtisse et ses pensées s’attachent à l’étrange destin du lieu. Alors qu’il regarde les chaînes de montagnes, il voit quelqu’un assis sur un banc de pierre et se tourne vers lui. L’homme est vêtu de la bure des frères de l’ordre, mais il n’a pas de tête. Le jeune homme effrayé rentra chez lui et ne s’aventura plus jamais la nuit dans cet endroit. Plus tard, il raconta l’histoire à son grand-maître, qui lui dit que les moines avaient découvert un passage secret qui descendait jusqu’au Pfaffenloch et qu’ils s’adonnaient à des fêtes blasphématoires. Le prieur fut condamné, et le jeune homme frissonna en plein jour.
Le Rappenthaler ou le cavalier de l’enfer de Riggisberg : Lorsque les tempêtes de novembre descendent sur Riggisberg, le village évoque l’inquiétant Rappenthaler, qui hantait la région au pied du Gurnigel. La légende parle d’un carrosse noir tiré par des chevaux de l’enfer, conduit par un seigneur de haute naissance, Abraham von Erlach, qui avait perdu la faveur des puissances divines en raison d’un sacrilège. Von Erlach vivait dans un château somptueux, recevant des invités illustres, mais sa débauche et ses erreurs finirent par le conduire à sa perte. Il mourut sous une porte verrouillée, et son âme fut prise sous la protection du Sans Nom. Le lendemain, son corps fut enterré, mais le troisième jour, la tombe était vide. Depuis, le Rappenthaler, accompagné de son cortège de fantômes, revient régulièrement sur la colline du château, revendiquant ce qui lui appartenait. Le bailli du château laisse les battants de la porte ouverts pour ne pas les briser.
la légende de deux nains séquestrés : Il fut un temps où les hommes et les nains vivaient en bonne intelligence, mais une ère de rivalité s’est levée. Les nains furent capturés et emmenés à l’auberge de Riffenmatt, où ils furent utilisés pour amuser les clients et rapporter de l’argent à l’aubergiste. Mais avec le temps, les nains se lassèrent de cette situation et imaginèrent un plan audacieux pour s’échapper. Le soir de Noël, ils proposèrent à l’aubergiste de leur accorder un spectacle en échange de leur liberté. Le plan fonctionna et les nains purent fuir, laissant derrière eux un spectacle étonnant qui rendit la fête plus joyeuse que jamais.
Vreneli abem Guggisberg : Dans la région du Guggisberg, un seigneur cruel règne avec impunité. Il chasse dans les forêts avec sa troupe, faisant des ravages dans les champs et les troupeaux des paysans. Un jeune garçon, Pierre, originaire de Riffenmatt, est contraint de se joindre à la chasse à courre malgré la mort de sa femme récente. Lorsque l’ours se retourne contre le seigneur, Pierre le défend et le tue. Cependant, le seigneur refuse de le laisser partir et le renvoie à son service. Pierre se rebelle et est blessé au bras. Il meurt à terre, laissant son épouse mourir également quelques jours plus tard. Le seigneur, responsable de cette misère, est rattrapé par le remords et meurt à l’étranger sans nom sur le champ de bataille, son âme agitée cherchant à expier ses méfaits dans les forêts de Guggisberg.
“Le vieux Guggisberglied n’est pas seulement considéré comme l’un des plus anciens, mais aussi comme l’un des plus beaux chants populaires de Suisse alémanique. Il est certain que personne ne pourra se soustraire entièrement à la force tranquille qu’exerce cette antique et grave mélodie mineure chaque fois qu’elle est entonnée à l’heure voulue devant un auditoire réceptif”.
1. : S’isch äben e Mönsch uf Ärde, Simelibärg : Und s’Vreneli ab ’em Guggisbärg Und Simes Hans-Joggeli änet dem Bärg S’isch äben e Mönsch uf Ärde Dass i möcht bin ihm si. | 1. Il n’y a qu’un seul homme sur Terre Simeliberg*, et Verena qui vient de Guggisberg**, et Simon Hans-Jakob qui vient de l’autre côté de la montagne Il n’y a qu’un seul homme sur Terre Avec qui je souhaite être. |
2. : Und stirben i vor Chummer, Simelibärg : Und s’Vreneli ab ’em Guggisbärg Und Simes Hans-Joggeli änet dem Bärg Und stirben i vor Chummer So leit me mi i s’Grab. | 2. Et [si ce n’est pas possible,] que je meure de chagrin Simeliberg, et Verena qui vient de Guggisberg, et Simon Hans-Jakob qui vient de l’autre côté de la montagne Et que je meure de chagrin, Et qu’on me couche ainsi dans la tombe. |
3. : Dört unden i der Tiefi, Simelibärg : Und s’Vreneli ab ’em Guggisbärg Und Simes Hans-Joggeli änet dem Bärg Dört unden i der Tiefi Da steit es Mülirad. | 3. Là en bas, dans les profondeurs Simeliberg, et Verena qui vient de Guggisberg, et Simon Hans-Jakob qui vient de l’autre côté de la montagne Là en bas, dans les profondeurs Se trouve une roue de moulin |
4. : Das mahlet nüt as Liebi, Simelibärg : Und s’Vreneli ab ’em Guggisbärg Und Simes Hans-Joggeli änet dem Bärg Das mahlet nüs as Liebi Die Nacht und au den Tag. | 4. Qui ne broie que de l’amour Simeliberg, et Verena qui vient de Guggisberg, et Simon Hans-Jakob qui vient de l’autre côté de la montagne Qui ne broie que de l’amour La nuit et même le jour |
5. : Und s’Mülirad isch broche, Simelibärg : Und s’Vreneli ab ’em Guggisbärg Und Simes Hans-Joggeli änet dem Bärg Und s’Mülirad isch broche Und s’Liebi het es Änd. | 5. Et la roue de moulin est cassée Simeliberg, et Verena qui vient de Guggisberg, et Simon Hans-Jakob qui vient de l’autre côté de la montagne Et la roue de moulin est cassée Et l’amour a une fin. |
L’histoire de Vreneli et Hans-Joggeli s’est peut-être déroulée entre 1660 et 1670. Dans le rodel du recensement de 1715, on trouve un “Simes Hans Jaggi”, veuf avec ses fils Hans et Jakob. Il était probablement rentré du service militaire et habitait à Wahlenhaus (“änet dem Bärg”, donc derrière le Guggershorn). L’ancien “Guggisbergerlied” est mentionné par écrit dès 1764 par l’homme d’État autrichien Karl Graf von Zinzendorf, qui l’avait découvert et mis par écrit lors d’un voyage en Suisse à Coire. Avant cela (1741), un texte en rimes sur le “Käsmahl” (repas au fromage) à Wimmis parle du maître d’école du village, qui aurait alors entonné le chant du “Vreneli ab em Guggisberg”. Ce chant au ton triste est certes composé de différentes parties (avec un interlude enjoué, des couplets de randonnée) – mais il a été conservé dans son ensemble pendant des siècles. Il a fait connaître Guggisberg en Suisse alémanique et bien au-delà de nos frontières. Il existe les adaptations musicales les plus diverses ; jusqu’à aujourd’hui, la mélodie reconnaissable entre toutes sert de modèle aux interprètes les plus divers. C’est ainsi qu’à Guggisberg, on raconte l’histoire de Vreneli et Hans-Joggeli. Dans le village de Guggisberg, au pied du Guggershorn, se trouve l’imposante ferme “Linde”, où vivait Vreneli. Malheureusement, elle a perdu son père très tôt. L’ammann du “Zelg” a aidé la veuve et sa fille mineure par ses conseils et ses actes. Il aurait aimé unir les deux belles fermes en mariant son fils à la fille du “Linden”. Mais trop tard : Vreneli avait déjà fait un autre choix : elle aimait le “Simes Hans-Joggeli”, fils de Simon, qui habitait “änet dem Bärg”, c’est-à-dire derrière le Guggershorn de Wahlenhaus, du côté de l’ombre. Ce fils de petit paysan était une épine dans le pied du fils Ammann, pourtant fortuné. Il voulait faire part de ses exigences envers la jeune et jolie “Linden-Tocher” à son rival indésirable et le guetta un soir. Mais le constructeur de Schattseiten était plus fort et le fils Ammann est resté inconscient après une chute malheureuse. Hans-Joggeli crut qu’il était mort. En désespoir de cause, il s’est enfui et s’est fait enrôler dans des services militaires étrangers. C’était pour lui la seule solution pour échapper à une condamnation. Il restait Vreneli avec son amour, sa nostalgie, sa fidélité, et il nous restait cette chanson qui va droit au cœur.
0 commentaires