
L’itinéraire 899 serpente deux fois autour de Berthoud en formant presque un huit. Ses deux boucles partielles offrent chacune une magnifique excursion d’une journée dans le paysage vallonné de l’Emmental, avec des vues sur les Alpes et le Jura.
La boucle est emmène le visiteur dans les «Wynigenberge», cette cascade de collines merveilleusement située au bord du Mittelland. On y profite de vues en direction du Jura et des Alpes et les moments forts ne manquent pas. La «Glungge» des films de Gotthelf ou l’ancienne taverne «zum Wilden Mann» continuent de fasciner. Le chemin du retour à Berthoud mène au bord de l’Emmental, où les collines se transforment en terrain plat et où l’espace s’étend. Avec ses 48 kilomètres et près de 1100 mètres de dénivelé, cette boucle offre un aperçu intime de l’Emmental.
Nous commençons notre tour à Oberburg. C’est là que débute l’itinéraire 899 en direction de Wynigenberge. Peu après le village de Busswil, l’assistance électrique se met vraiment en route. ça monte fort. Les collines de l’Emmental mettent autant l’homme que la machine au défi ! Un peu plus loin (vers Schallenberg), on a déjà droit à une première récompense: le parcours trouve une pente où s’ouvre une vue imprenable sur toute la chaîne des Alpes, magnifiquement entouré par un paysage de collines verdoyantes.
Avant le Lueg nous quittons un moment l’itinéraire pour rejoindre Affoltern in Emmental pour aller acheter du fromage à la “Schaukäerei”. Notre achat fait nous revenons au Lueg. L’itinéraire ne passe pas au sommet mais nous faisons le petit détour pour profiter de la vue qu’offre le lieu.
On quitte ensuite l’endroit pour entamer une descente sur une succession de collines et de versants pour arriver dans la “vallée” (pt 564). Les fermes sont imposantes, les vues de toute beauté.
C’est à partir de là que nous entrons dans les “Wynigenberge” (“les collines de Wynigen”). Après une nouvelle montée, on arrive au joli hameau de Ferrenberg. Là nous quittons à nouveau un moment l’itinéraire 899 pour monter sur le légendaire «Oberbüelchnubel», une petite colline réputée pour sa vue imprenable.
De retour sur la route nous continuons en direction de la ferme «Glungge» située à Brechershäusern et véritable antiquité: cette ferme originale a servi de décor aux films de Gotthelf des années 1950 et reste aujourd’hui encore un refuge du mode de vie traditionnel. Le tilleul «Heuweglinde», que l’on peut admirer non loin de là, est lui aussi un monument du passé et constitue, avec son trou dans le tronc, une curiosité.
La “boucle” dans les collines s’achève à Wynigen. C’est le moment de faire une petite pause avant d’entamer la fin du parcours.
Plutôt que de suivre l’itinéraire 899 qui passe dans la forêt jusque après Wynigen nous faisons de nouveau un petit détour par le joli village de Rumendingen. A partir de maintenant les routes deviennent plus plates et annoncent déjà le passage vers le Mittelland, dont on peut avoir une petite impression dans le village de Niederösch.
De Niederösch, le retour vers Burgdorf est assez tranquille. Le terrain plutôt vallonné mais sans gros dénivelé.
A Burgdorf nous sommes presque au bout de notre petit périple. Pour rejoindre le point de départ il nous suffit de rouler un petit moment au bord de l’Emme. Mais avant d’aller reprendre la voiture nous profitons d’aller voir la vieille ville de Burgdorf .
carte interactive de la région
altitude de départ: 545 m
altitude d’arrivée: 545 m
altitude minimale: 485 m
altitude maximale: 884 m
dénivelé positif: +1340 m
dénivelé négatif: -1340 m
temps de parcours: 3 h 30
distance totale: 60 km
Les Wynigenberge, un pays de montagne vallonné avec des fossés boisés, des fermes, des hameaux et des villages dans la fin de l’Emmental, sont connus loin à la ronde et sont appréciés pour les randonnées et le vélo. L’Oberbühlchnubel, telle une chaire naturelle, est la dernière colline marquante au bord de l’Emmental finissant. Divisées en deux par le Kappelenbach, les montagnes de Wynigen s’étendent du village jusqu’à la Lueg : Riedern, Leggiswil, Brechershäusern, Breitenegg, Rüedisbach, Wil, Mösli, Hüseren, Ferrenberg, Friesenberg, Häckligen, Hohtannen, Kappelen, Fuhren, Alchenberg, Oberbühl et Bühl au nord du Kappelengraben ; Hirsbrunnen, Sollberg, Leumberg, Hofholz, Mistelberg, Schwanden, vallée avec Wyniger-Kaltacker au sud du Kappelengraben.
Le monument de Lueg (Markus Hofer (06-06-2020)
- un site chargé d’histoire qui invite à la flânerie : Le monument de la cavalerie sur la Lueg près d’Affoltern dans l’Emmental est une destination populaire pour les randonneurs, les cyclistes, les amoureux de la nature et les passionnés d’histoire venus de près ou de loin. Ceux qui gravissent la colline relativement raide menant au monument sont récompensés par une vue phénoménale sans pareille par beau temps. La vue s’étend du Jura aux Alpes en passant par les douces collines de l’Emmental et les terres arables du Mittelland. Bien que ce point de vue impressionnant ne soit situé qu’à 887 mètres d’altitude, par temps clair, on peut apercevoir plus de 300 sommets dans 14 cantons différents. Un panneau panoramique fournit des informations précieuses à tous ceux qui ne connaissent que superficiellement la géographie de la Suisse.
- Autrefois un poste de signalisation militaire : Sur la colline, appelée Heiligenlandpöli, trône un tilleul centenaire, puissant et mystique, qui offre une ombre généreuse. Il n’est pas étonnant que les Germains et les Slaves vénéraient autrefois les tilleuls comme des arbres sacrés. Des bancs invitent à s’attarder et à contempler le paysage. On sent qu’on se trouve dans un lieu chargé d’histoire. Comme de nombreuses autres collines, ce lieu de rencontre servait autrefois de tour de guet, de point de signalisation militaire. Des feux de veille et des signaux de fumée permettaient de mobiliser la Landsturm et d’avertir des dangers. Le réseau de tours de guet, un système d’alarme militaire très ancien, fut utilisé pour la dernière fois en 1798, dans la nuit du 4 au 5 mars, peu avant la chute de l’ancienne Berne : les feux de Chutzen s’embrasèrent alors que les troupes françaises étaient déjà sur la Singine et devant Fraubrunnen.
- Le monument de Lueg commémore les cavaliers morts au combat et un chapitre tumultueux de l’histoire : Le monument de Lueg se trouve juste à côté du tilleul. Il a été érigé en 1921 et commémore les cavaliers morts au combat pendant la Première Guerre mondiale. Il témoigne d’un chapitre tumultueux et conflictuel de l’histoire de la Suisse et du monde entier. Le 28 juillet 1914, l’Autriche-Hongrie, soutenue par l’Empire allemand, déclare la guerre à l’État de Serbie, déclenchant ainsi une escalade fatale. Le conflit qui s’enflamme aboutit à la plus grande confrontation militaire de tous les temps, qui coûta la vie à environ dix millions de soldats et sept millions de civils. Le 3 août 1914, la Suisse, pays neutre, décréta la mobilisation générale. Les dragons, guides et mitrailleurs bernois entrèrent en service pour défendre les frontières. La Confédération fut épargnée par les combats directs, mais elle fut confrontée à une grave crise économique et sociale. Une grande partie de la population souffrait de la pénurie de nourriture et de la hausse des prix. Les tensions sociales ont finalement conduit à la grève générale en novembre 1918, à laquelle ont participé environ 250 000 travailleurs et syndicalistes. Le Conseil fédéral, qui craignait une révolution, a mobilisé des troupes de l’armée pour rétablir l’ordre.
- La «grippe espagnole» – une pandémie mortelle : La «grippe espagnole» atteint la Suisse dans la phase finale de la Première Guerre mondiale. La première vague, en juillet 1918, fait jusqu’à 35 victimes par jour parmi les militaires. Une deuxième vague, encore plus grave, frappe la Suisse de fin septembre à fin novembre 1918. Une troisième, moins virulente, est enregistrée en janvier 1919. Pendant un certain temps, la vie sociale en Suisse s’est pratiquement arrêtée, comme lors du confinement dû au nouveau coronavirus. Les écoles, les églises et les marchés sont restés fermés. Les spectacles de danse, de théâtre et les concerts ont dû être annulés. Des hôpitaux d’urgence ont été installés dans des casernes militaires et des écoles. Dans un rapport de l’Alliance des samaritains datant de 1938, la pandémie est décrite rétrospectivement en ces termes : « Des soldats débordant de force ont souvent été emportés en quelques jours. Une inquiétude compréhensible s’empara de la population lorsque plusieurs cadavres furent ramenés chaque jour de l’hôpital militaire dans leur patrie, escortés par des militaires, au son feutré des tambours ou de la marche funèbre de Chopin. L’épidémie s’est également propagée à la population civile et la mort a fait des victimes sans relâche. Au total, environ 25 000 Suisses sont morts de la grippe espagnole. Entre 27 et 50 millions de personnes ont perdu la vie dans le monde, bien plus que lors des combats de la Première Guerre mondiale. Sur une plaque apposée sur le monument de Lueg, on peut lire : « Construit en l’honneur des 54 cavaliers bernois qui ont succombé à la « grippe espagnole » pendant la Première Guerre mondiale. »
- L’inauguration solennelle du monument a eu lieu en octobre 1921 : La décision d’ériger un monument en l’honneur des soldats décédés sur la Lueg a été prise le 28 septembre 1919 à Worb par la Société bernoise des officiers de cavalerie. Les unités de la troupe équestre ont collecté près de 30 000 francs, une somme considérable à l’époque. La direction artistique de la construction du mémorial a été confiée à l’architecte et maître d’œuvre de la cathédrale Karl Indermühle, spécialiste de l’architecture gothique tardive qui a notamment rénové et agrandi l’église française et la Brunnerhaus à Berne. Indermühle est également connu pour avoir construit de nombreux bâtiments scolaires et églises, dont l’église de Hindelbank. La réalisation a été confiée au maître maçon Fritz Aeschlimann de Rinderbach, dans la commune de Rüegsau. L’imposante colonne de pierre ornée de six bas-reliefs rappelle visuellement la «Tour des Vents» près de l’Acropole à Athènes. Les noms des défunts sont gravés dans la pierre. Le monument a été inauguré le 2 octobre 1921 en présence du gouvernement bernois, de 2000 cavaliers et de quelque 20 000 spectateurs.
- «Le souvenir de la cavalerie traditionnelle est encore très présent aujourd’hui» : La fondation bernoise de la cavalerie de Lueg est responsable de l’entretien du monument, qui a été rénové en 2003. Ernst Schick, membre du conseil de la fondation et ancien officier de cavalerie, est le conservateur du monument. «Le souvenir de la cavalerie traditionnelle est encore très présent aujourd’hui. Bien que les unités de combat montées aient été dissoutes par décision parlementaire en 1972, la cohésion entre les anciens cavaliers est très forte. Le monument de Lueg est pour moi un lieu important pour commémorer mes anciens camarades. Le Luegschiessen traditionnel, qui a eu lieu pour la première fois en 1930, constitue également un élément important de la culture du souvenir et favorise bien sûr la cohésion », explique Schick. Le Luegschiessen, et donc aussi l’hommage collectif aux cavaliers décédés de la « grippe espagnole », n’aura toutefois pas lieu cette année en raison de la pandémie actuelle de COVID-19. La prochaine édition aura lieu le 28 août 2021.
La “Glungge” (la “flaque”), connue grâce aux films de Gotthelf “Ueli le serviteur” et “Ueli le métayer”, se trouve dans le hameau de Brechershäusern, près de Rüedisbach. L’imposante ferme a été construite en 1681. Elle fait partie des plus anciennes fermes du canton de Berne. En 2007, la pièce de théâtre “Ueli dr Chnächt” a été jouée à la ferme de Brechershäusern. Ce fut un grand succès public. Toutes les représentations se sont déroulées à guichets fermés et près de 12 000 personnes ont assisté aux spectacles.
0 commentaires