Le Styrmisbók est un manuscrit médiéval islandais, rédigé par Styrmir Kárason, à partir de la version originale du Landnámabók écrite par Ari Þorgilsson et Kolskeggr Ásbjarnarsson. Styrmir s’est également basé sur d’autres sources, ce qui rend la reconstitution du texte original du Landnámabók difficile. Les versions du Landnámabók conservées aujourd’hui elles aussi ont complété le Styrmisbók par des informations issues de sources écrites ou orales. À la fin du Hauksbók, Haukr Erlendsson indique : « Maintenant que l’histoire des colons de l’Islande est achevée, selon ce que les sages ont écrit, les premiers étant le prêtre Ari Þorgilsson le Savant et Kolskegg le Sage. Mais moi, Haukr Erlendsson, écrit ce livre suivant celui écrit par Sturla l’homme de loi, un homme très savant, et aussi un autre livre, écrit par Styrmir le Savant ».
Le Hauksbók (Livre de Haukr en vieux norrois) est un manuscrit médiéval islandais. Il doit son nom à Haukr Erlendsson qui fut le premier gouverneur de l’Islande après le passage de celle-ci sous la couronne norvégienne. Il est une des cinq versions du Landnámabók ou Livre de la colonisation qui nous est parvenue.
Le Melabók est un manuscrit médiéval islandais, rédigé par Snorri Markússon. Il s’agit d’une des trois versions médiévales du Landnámabók parvenues jusqu’à nous, les deux autres étant le Sturlubók et le Hauksbók. Comme celles-ci, elle est basée sur une version plus ancienne du Landnámabók : le Styrmisbók, mais il est plus fidèle au texte original, car les deux autres versions se sont basées sur d’autres sources. Datant du début du XIVe siècle, le Melabók est aujourd’hui très fragmentaire (il n’en reste que deux feuilles). Néanmoins, au XVIIe siècle, le Melabók, alors en meilleur état, servi de base pour la réalisation d’une autre version du Landnámabók : le Þórðarbók.
Le Sturlubók est un manuscrit médiéval islandais, rédigé par Sturla Thórðarson. Il s’agit d’une version du Landnámabók (dont la version originale serait l’œuvre d’Ari Þorgilsson et de Kolskeggr Ásbjarnarsson) réalisée, d’après Haukr Erlendsson, à partir du Styrmisbók. Sturla s’est également basé sur d’autres sources, écrites et orales.
Le Þórðarbók est un manuscrit islandais, rédigé au XVIIe siècle (au plus tard en 1670) par Þórður Jónsson. Il s’agit d’une version du Landnámabók basée sur une version médiévale de l’œuvre, le Melabók, et une version moderne, le Skarðsárbók. Le Melabók est le texte le plus fidèle au Styrmisbók (lui-même basé sur l’œuvre originale), car les deux autres versions médiévales conservées (le Sturlubók et le Hauksbók) ont également utilisé d’autres sources, notamment les sagas. Comme le Melabók est aujourd’hui très fragmentaire (bien plus qu’à l’époque de la rédaction du Þórðarbók), l’étude du Þórðarbók qui en est en partie dérivé n’en est que plus importante.
Le Skarðsárbók est un manuscrit islandais, rédigé au XVIIe siècle (au plus tard en 1636) par Björn Jónsson. Il s’agit d’une version du Landnámabók basée sur deux manuscrits médiévaux de l’œuvre : le Sturlubók et le Hauksbók. Le Skarðsárbók et le Melabók ont servi à la rédaction du Þórðarbók, une autre version du Landnámabók.
Le Codex Frisianus ou Fríssbók est un manuscrit du début du XIVe siècle portant la cote AM 45 fol. Long de 124 feuillets, il contient la Heimskringla (sans la Saga de Saint Olaf) et la Hákonar saga Hákonarsonar. Il pourrait avoir été rédigé en Islande et tôt amené en Norvège ou avoir été composé en Norvège. Il fut trouvé à Bergen en 1550 et apporté au Danemark avant 1600, date à laquelle il fut acquis par le collectionneur Otto Friis, de qui il tire son nom. Il entra ensuite en la possession de l’etatsråd Jens Rosenkrantz avant d’être acheté en 1695 par Árni Magnússon. Ce dernier en fit don à sa mort (1730) à l’université de Copenhague.
L’Ynglingatal (« Dénombrement des Ynglingar ») est un poème attribué au scalde norvégien Þjóðólfr ór Hvini et composé à la fin du Xe ou au début du XIe siècle. Cette attribution, généralement admise, a toutefois été contestée. L’Ynglingatal a été composé en l’honneur de Rögnvaldr heiðum hæri, roi du Vestfold et cousin du roi de Norvège Haraldr hárfagri. Il mentionne 26 de ses ancêtres, chacun faisant l’objet d’une ou deux strophes évoquant principalement les circonstances de sa mort, en remontant jusqu’aux origines mythologiques de la dynastie royale suédoise des Ynglingar. Les 37 ou 38 strophes du poème, composées dans un mètre eddique, le kviðuháttr, ont été conservées dans l’Ynglinga saga de Snorri Sturluson, dont l’Ynglingatal constitue la source principale. Dans la mesure où Snorri indique dans le prologue de la Heimskringla que 30 ancêtres paternels de Rögnvaldr sont nommés dans le poème, il a parfois été suggéré que ses premières strophes seraient manquantes. D’ailleurs, si Fjölnir est le premier roi apparaissant dans l’Ynglingatal, il est précédé d’Odin, Njörðr et Freyr (ou Yngvi-Freyr) dans l’Ynglinga saga, d’Yngvi, Njörðr et Freyr dans l’ Íslendingabók d’Ari Þorgilsson et l’Historia Norwegiae. S’« il semble que le propos de Þjóðólfr ait été d’assurer à un obscur Rögnvaldr du Vestfold […] une généalogie qui fondât les aspirations de ce prince au pouvoir », l’Ynglingatal, qui mêle mythe et histoire, est aussi une source importante pour l’étude de la mythologie et de la religion nordiques.