Norna gests þáttr ou le dit de Gestr-aux-Nornes est une saga légendaire sur le héros nordique Nornagestr, parfois appelé Gestr, et ici anglicisé en Norna-Gest.
Résumé
Norna-Gest était le fils d’un homme danois nommé Thord Thingbiter, qui habitait autrefois le domaine de Grøning au Danemark. À sa naissance, trois Nornes arrivèrent et prédirent le destin de l’enfant. Deux d’entre elles lui offrirent de bons cadeaux. Mais Skuld, la plus jeune des Nornes, estimant que les deux autres se moquaient d’elle, décida d’annuler leurs promesses de bonne fortune pour l’enfant. Elle prophétisa donc que sa vie ne durerait pas plus longtemps que celle d’une bougie allumée à côté du berceau. L’aîné des Norns (Urðr) éteignit instantanément la flamme et demanda à sa mère de bien la cacher.
Lorsque Norna-Gest eut grandi, il devint le gardien de la bougie et on dit qu’il vécut 300 ans. Il a pris part aux batailles de Sigurd le Völsung, a passé du temps avec le fils de Ragnar Lodbrok, Björn Ironside et ses frères, avec Starkad, avec le roi suédois Sigurd Hring, avec le roi Erik à Uppsala, avec le roi Harald Fairhair et avec le roi Hlodver en Allemagne.
Selon la légende, lorsque le roi Olaf Tryggvason a essayé de convertir les Nordiques au christianisme, il a amené Norna-Gest à sa cour. La troisième année du règne du roi Olaf, Norna-Gest se présenta en présence du roi et demanda à être admis dans sa garde rapprochée. Il était d’une taille et d’une force hors du commun et d’un âge quelque peu avancé. Par la suite, Norna-Gest se laissa baptiser selon le désir du roi et alluma la bougie que la norne Skuld avait prédite. Conformément à la prophétie, lorsque la bougie s’éteignit, Norna-Gest mourut.
Sources
L’histoire de Norna-Gest est racontée dans le Nornagests þáttr, qui a été écrit vers l’an 1300. L’histoire a ensuite été incorporée comme un épisode de la Saga d’Óláfr Tryggvason dans le manuscrit islandais médiéval Flateyjarbók qui contient plusieurs poèmes de l’Edda poétique.
traduction française dans “les Sagas Miniatures” de Régis Boyer (les Belles Lettres 1999) : Le Dit de Gestr-aux-Nornes (pages 65 à 87) ou ici en version extraite du livre.