Olav Tryggvason fut roi de Norvège de 995 à sa mort en 1000, à la bataille de Svolder. Il entreprit la christianisation de la Norvège et des îles nord-atlantiques.
Olav1 est le fils de Tryggve Olafsson, un roitelet de l’Est de la Norvège (l’emplacement exact de son royaume est incertain), et d’Astrid Eiriksdatter. Selon la tradition, il est l’arrière-petit-fils du roi Harald Hårfagre. Rien dans les sources contemporaines ne permet de l’établir, et il s’agit sans doute d’une construction tardive.
Son père mort avant sa naissance, Olav grandit en Russie et participe très tôt à des expéditions vikings, évoquées dans l’Óláfsdrápa du scalde Hallfred Vandrædaskald.
Les sources anglo-saxonnes attestent la présence d’un Anlaf, généralement identifié à Olav, aux côtés du roi de Danemark Svend Tveskæg dans l’armée qui ravage l’Angleterre et force le roi Ethelred II à verser deux tributs (Danegeld) en 991, puis en 994. Après le paiement du dernier, Olav s’engage à ne plus revenir en Angleterre.
Pourvu d’une armée et d’un trésor de guerre (et peut-être du soutien d’Ethelred), il rentre en Norvège, dans le Trøndelag, où le jarl Haakon Sigurdsson fait face à une révolte. Après le meurtre de Haakon, Olav est choisi comme roi par l’Øreting.
Son autorité s’étend sur les régions côtières du Nord et de l’Ouest de la Norvège. Il s’appuie sur des chefs locaux, dont Erling Skjalgsson, son beau-frère.
Peter Nicolais Arbo ((1831-1892) est un peintre norvégien, puisant son inspiration dans les mythes et légendes nordiques et le Moyen Âge norvégien), Olav Tryggvason est choisi comme roi par l’Øreting.
Aquarelle pour Billeder af Norges Historie (1860).
Au cours de son règne, Olav, qui a été baptisé en Angleterre, puis confirmé en 994 avec Ethelred pour parrain, apparaît comme un roi missionnaire. Sa promotion du christianisme obéit à des motifs, tant spirituels, que politiques. De nombreux épisodes dans les sagas qui lui sont consacrées le montrent ordonnant la construction d’églises ou s’efforçant d’obtenir la conversion de la population, souvent par la force. La conversion des îles nord-atlantiques (dont l’Islande, qui adopte le christianisme en 1000) lui est également attribuée.
Cependant, une affirmation telle que celle figurant dans l’Ágrip (ch. 19) : « pendant les cinq ans durant lesquels il porta le nom de roi en Norvège, il christianisa cinq pays : la Norvège et l’Islande et les Shetland, les Orcades et le cinquième les Féroé » apparaît très exagérée : du fait des contacts avec les îles britanniques, le processus de christianisation était partout engagé. En Norvège même, il est loin de parvenir à implanter partout et en profondeur la nouvelle religion.
Olav Tryggvason est le premier roi norvégien à battre monnaie à son nom. Elle est imitée des monnaies anglo-saxonnes.
Photographie : Lill-Ann Chepstow-Lusty • © 2016 Kulturhistorisk museum, UiO / CC BY-SA 4.0.
Olav est vaincu en 999 ou 1000 lors de la bataille navale de Svolder, victime d’une coalition rassemblant le jarl Eirik et son frère Svein, fils du jarl Haakon, le roi de Danemark Svend Tveskæg et le roi de Suède Olof Skötkonung. Il serait mort en se jetant à la mer depuis son navire, le Long serpent. Le récit de la bataille dans les sagas est légendaire, ses circonstances sont obscures, et son emplacement même est incertain (dans l’Øresund ou près de l’île allemande de Rügen, en mer Baltique). Après sa mort, Svend restaure la souveraineté danoise sur la Norvège, pour partie par l’intermédiaire des jarls de Lade.
Malgré la brièveté de son règne, Olav Tryggvason est une figure majeure des sagas royales : le moine Oddr Snorason lui consacre une saga en latin, et son confrère Gunnlaugr Leifsson (voir ci-dessous) en rédige une également, toujours en latin ; l‘Óláfs saga Trygvassonar est l’une des composantes de la Heimskringla de Snorri Sturluson ; l’Ólafs saga Trygvassonar en mesta en propose une version considérablement développée. Ces œuvres présentent une vision idéalisée d’Olav, à la fois héros viking aux nombreux exploits et roi chrétien d’une grande ferveur. Elles sont emplies d’épisodes légendaires, hagiographiques ou romantiques.
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Gunnlaugr Leifsson est un moine bénédictin du monastère de Þingeyrar, mort en 1218 ou 1219, et auteur de plusieurs œuvres littéraires, tant en latin qu’en vieux norrois. Il rédigea, à la demande de l’évêque de Hólar Guðmundr Arason une Jóns saga helga, vita consacrée à Jón Ögmundarson, premier évêque de Hólar. Elle n’est connue aujourd’hui que par des traductions en vieux norrois.
La Gudmundar saga byskups d’Arngrimr Brandsson rapporte qu’il aurait écrit une vie de Saint Ambroise, sans que l’on sache s’il s’agit de l′Ambrósíus saga qui a été conservée.
Son Óláfs saga Tryggvasonar n’a pas, non plus, été préservée, mais certains de ses éléments figurent dans l’Óláfs saga Tryggvasonar en mesta, par exemple le Þorvalds þáttr viðförla.
Gunnlaugr est enfin l’auteur de la Merlínusspá (« Prophétie de Merlin »), traduction versifiée des prophéties de Merlin qui figurent dans l’Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth.
