Hálfs saga ok Hálfsrekka – Saga de Hálfr et des ses champions

25 Mai 2022

La Hálfs saga ok Hálfsrekka (« Saga de Hálfr et des ses champions » ) est une saga légendaire racontant les exploits et la mort du roi Hálfr et de ses hommes.

Cette saga légendaire évoque d’abord les ancêtres de Hálfr, en particulier son père, le roi norvégien Hjörleifr. C’est âgé de douze ans que Hálfr mena ses premières expéditions vikings, entouré d’une troupe d’élite, astreinte aux respects de règles strictes. Pendant dix-huit ans, il accumula les succès. Il fut victime de la traîtrise de son beau-père Asmundr qui, l’ayant invité avec ses hommes, mit le feu à la halle après les avoir enivrés. Presque tous moururent. Est ensuite rapporté le sort des survivants, en particulier Hrókr inn svarti, qui vengèrent la mort du roi. La saga se conclut avec les descendants de Hálfr : son fils, Hjörr, et ses petits-fils, Hámundr et Geirmundr, surnommés « heljarskinn » (« peau d’enfer »), qui émigrèrent en Islande.

La saga est conservée dans un manuscrit sur parchemin du milieu du XVe siècle (GKS 2845 4to) et dans une quarantaine de manuscrits sur papier.

Elle date probablement du XIVe siècle, mais il a existé une Hróks saga svarta, composée un siècle plus tôt, et dont l’existence est attestée par le Geirmundar þáttr heljarskinns.

Les exploits de Hálfr, sa mort, la façon dont il est vengé, constituent la partie centrale de la saga, qui est principalement constituée de trois poèmes de type eddique (eddica minora: voir ci-dessous), liés entre eux par des passages en prose relativement brefs : l’Innsteinskviða (voir ci-dessous), l’Útsteinskviða (voir ci-dessous) et la Hróksviða (voir ci-dessous), peut-être datés du XIIIe siècle.

Cette partie s’appuie sans doute sur une lointaine réalité historique, à tout le moins sur une tradition ancienne : déjà au IXe siècle, Þjóðólfr ór Hvini emploie la kenning « Hálfs bani » (« meurtrier de Hálfr ») pour désigner le feu dans l’Ynglingatal (str. 6). La partie retraçant les événements les plus anciens contient en revanche des éléments mythologiques – le premier chapitre montre Óðinn aidant à brasser de la bière en crachant dedans, ou folkloriques, avec l’affrontement avec le brunnmigi au chapitre 5 ou les prophéties du marmenill au chapitre 7.

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Eddica minora désigne un corpus de poèmes apparentés, tant par leur sujet que par leur forme, aux poèmes héroïques de l’Edda, mais qui ont été conservés, non dans le Codex regius, mais dans des textes en prose.

Le nom provient de l’édition de ces poèmes produite en 1903 par Andreas Heusler et Wilhelm Ranisch.

En plus de divers fragments et strophes isolées, y figurent les poèmes suivants, provenant principalement de sagas légendaires :

  • Lied von der Hunnenschlacht (Hervarar saga ok Heiðreks konungs) ;
  • Hervörlied (Hervarar saga) ;
  • Biarkamál (Gesta Danorum) ;
  • Innsteinslied (Hálfs saga ok Hálfsrekka) (voir ci-dessous);
  • Víkarsbálkr (Gautreks saga) ;
  • Hrókslied (Hálfs saga) ;
  • Híalmars Sterbelied (Örvar-Odds saga et Hervarar saga) ;
  • Hildibrands Sterbelied (Ásmundar saga kappabana) ;
  • Örvar-Odds Sterbelied (Örvar-Odds saga) ;
  • Valkyrienlied (Njáls saga) ;
  • Örvar-Odds Männervergleich (Örvar-Odds saga) ;
  • Útsteins Kampfstrophen (Hálfs saga) (voir ci-dessous);
  • Örvar-Odd in Bjálkaland (Örvar-Odds saga) ;
  • Scheltgespräche Ketils und Grims (Ketils saga hœngs et Gríms saga loðinkinna) ;
  • Ásmundr auf der Hochzeit (Ásmundar saga kappabana) ;
  • Hervörr bei Iarl Bjartmarr (Hervarar saga) ;
  • Heiðreks gátur (Hervarar saga) ;
  • Geizahlsstrophen (Gautreks saga) ;
  • Völsi Strophen (Völsa þáttr) ;
  • Buslubœn (Bósa saga) ;
  • Tryggðamál (Grágás, Grettis saga, Heiðarvíga saga)

 

L’Innsteinskviða ou Innsteinslied (« Chant d’Insteinn ») est un poème héroïque composé en fornyrðislag, intégré à la Hálfs saga ok Hálfsrekka (ch. 11-13).

Après dix-huit années passées en expéditions vikings, Hálfr, de retour en Norvège, est invité par son beau-père Asmundr à un festin. L’un de ses guerriers, Insteinn, tente de le dissuader de s’y rendre. Le poème prend d’abord la forme d’un dialogue entre Insteinn et le roi. Innstein commence par mettre en garde Hálfr contre la traîtrise d’Asmundr. Puis, il lui fait part de trois rêves prémonitoires, que le roi interprète, quand à lui, de façon favorable. La deuxième partie est une incitation au combat, à la manière du Bjarkamál, au moment où les hommes de Hálfr s’apprêtent à sortir de la halle en flammes et à affronter leurs ennemis. Les paroles d’Innsteinn au moment de sa mort constituent la dernière partie du poème.

 

L’Útsteinskviða (« Chant d’Útsteinn ») ou Útsteins Kampfstrophen (« Strophes de combat d’Útsteinn ») est un poème héroïque composé en fornyrðislag, intégré à la Hálfs saga ok Hálfsrekka.

L’Útsteinskviða est l’un des trois poèmes de forme eddique (strophes en fornyrðislag) intégrés à la Hálfs saga ok Hálfsrekka (ch. 15). Après la mort de Hálfr, Útsteinn, l’un des champions du roi, s’est installé à la cour d’Eysteinn, roi de Danemark, son parent. Il entre en conflit avec les fils d’Úlfr, le conseiller du roi. Le poème consiste en un dialogue entre Útsteinn et Úlfr, au cours duquel le héros évoque ses exploits aux côtés de Hálfr. Il se conclut par un échange de répliques avec Eysteinn.

La Hróksviða ou Hrókslied (« Chant de Hrókr ») est un poème héroïque composé en fornyrðislag, intégré à la Hálfs saga ok Hálfsrekka (ch. 16).

Après la mort de Hálfr, Hrókr séjourne, anonymement, à la cour du roi Haki. Dans ce poème, il évoque les exploits de Hálfr et de ses guerriers, qui contrastent douloureusement avec sa situation présente, sa volonté de venger le roi, et son amour pour Brynhildr, la fille de Haki. La tonalité élégiaque de la Hróksviða rappelle le Víkarsbálkr. Mais la plainte de Hrókr est entendue par Brynhildr, qu’il épouse.