fornyrðislag

10 Mai 2022

Le fornyrðislag est le mètre le plus répandu dans les poèmes eddiques. Ce nom, qui signifie « mètre des récits anciens », a été transmis par Snorri Sturluson dans le Háttatal (96).

Les strophes en fornyrðislag comptent huit demi-lignes d’une longueur variable. Deux demi-lignes sont liées entre elles par une allitération, consonantique ou vocalique, en deux ou trois temps : une ou deux syllabes dans la première demi-ligne et une autre – la première syllabe accentuée – dans la seconde. Cette strophe (3) de la Völuspá en fournit une illustration :

Ár var alda   þar er Ymir byggði,
vara sandr né sær   né svalar unnir.
Jörð fannsk æva   né upphiminn,
gap var ginnunga,   en gras hvergi.

Le fornyrðislag est apparenté au long vers germanique, tel qu’il se rencontre dans les épopées rédigées en vieux haut-allemand (le Hildebrandslied), vieux saxon (Heliand) ou vieil anglais (Beowulf).

En Scandinavie, il apparaît d’abord dans certaines inscriptions runiques, comme celle de la pierre de Rök. Le fornyrðislag est employé, aux côtés du málaháttr et du ljóðaháttr, dans les poèmes eddiques. Il est aussi utilisé dans des poèmes à caractère mythologique (le Darraðarljóð dans la Njáls saga) ou héroïque (de nombreux poèmes figurant dans les sagas légendaires, regroupés sous le tire d’Eddica minora : désigne un corpus de poèmes apparentés, tant par leur sujet que par leur forme, aux poèmes héroïques de l’Edda, mais qui ont été conservés, non dans le Codex regius, mais dans des textes en prose). C’est le mètre que choisit Gunnlaugr Leifsson (moine bénédictin du monastère de Þingeyrar, mort en 1218 ou 1219, et auteur de plusieurs œuvres littéraires, tant en latin qu’en vieux norrois) pour rédiger sa Merlínuspá, traduction des Prophéties de Merlin de Geoffrey de Monmouth. Il est encore employé, à la fin du Moyen Âge, dans des poèmes empruntant leur sujet aux contes populaires ou aux contes de fées.

Plus simple que le dróttkvætt, le fornyrðislag apparaît rarement dans les poèmes de louange, thème de prédilection de la poésie scaldique. L’erfikvæði composé par Gísl Illugason à la mémoire de Magnús berfœttr ou le Sigurðarbálkr, œuvre de Ívarr Ingimundarson à la mémoire de Sigurðr slembidják (voir ci-dessous), font toutefois exception.

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Sigurd Slembe (vers 1100-1139) est un prétendant à la couronne de Norvège.

Fils de Tora Saksesdatter, Sigurd passe sa jeunesse dans le sud de la Norvège. Il est ordonné diacre – son surnom signifie peut-être « le mauvais diacre » ou « qui est devenu diacre par hasard ».

À la suite de la révélation de sa mère, qui prétend qu’il est le fils du roi Magnus Berrføtt, Sigurd passe plusieurs années à l’étranger. Il combat notamment en Écosse et aux Orcades. Il se rend aussi en Terre sainte.

En 1336, de retour en Norvège, il réclame à son prétendu demi-frère, Harald Gille, sa part du royaume. Harald refuse de reconnaître ses prétentions, et est tué par Sigurd.

Sigurd s’engage alors dans une lutte pour la couronne contre les fils de Harald, Inge et Sigurd. Faute de voir sa légitimité reconnue, il s’allie, en 1137, à Magnus Blinde, autre fils de Magnus Berrføtt, que Harald Gille avait fait mutiler et enfermer au monastère de Nidarholm.

Les deux hommes sont vaincus en 1139 lors de la bataille de Holmengrå, au large du Bohuslän. Magnus est tué durant le combat, tandis que Sigurd est fait prisonnier, torturé et mis à mort.

Il fut enterré en 1140 à Aalborg

Le dramaturge norvégien Bjørnstjerne Bjørnson lui a consacré une pièce intitulée Sigurd Slembe (1862).