Þórðar saga hreðu – Saga de Þórðr l’Impétueux

27 Avr 2022

Þórðar saga hreðu est l’une des sagas des Islandais. La saga date d’environ 1350 et se déroule à Miðfjörður, dans le nord-ouest de l’Islande, dans la seconde moitié des années 900.

La saga raconte l’histoire de Þórðr la Menace (hreða), un Norvégien qui est obligé de fuir en Islande avec sa famille après avoir été impliqué dans le meurtre du frère du roi. Dans sa nouvelle patrie, Þórðr se fait un ennemi du chef local, mais échappe plusieurs fois à la mort grâce à son amitié avec le fils du chef.

Synopsis de l’intrigue

Après que son frère Klyppr ait tué Sigurðr slefa Eiríksson (un frère de Haraldr gráfeldr, roi de Norvège), le hersir norvégien Þórðr Þórðarson est obligé de fuir la Norvège avec sa sœur Sigríðr et ses deux autres frères. Le groupe s’installe dans le district de Miðfjörður en Islande, mais Þórðr refuse de se soumettre au chef local, Skeggi Skinna-Bjarnarson (qui est aussi le propriétaire de la célèbre épée Skofnung), et une tension latente se développe entre les deux hommes.

Les événements prennent une tournure inattendue lorsque Þórðr sauve de la noyade Eiðr, le fils de Skeggi, et que Eiðr insiste pour être recueilli par Þórðr. Le neveu de Skeggi, Ásbjǫrn Þorsteinsson, tombe alors amoureux de Sigríðr, mais ses chances de gagner sa main sont apparemment anéanties lorsque lui et Þórðr se bagarrent au cours d’une partie de balle. Ásbjǫrn, frustré, part à l’étranger. Pendant son absence, Þórðr se bat à nouveau, cette fois sur un marché de Borgarfjörður. Sur l’insistance d’Eiðr, Skeggi intervient pour sauver la vie de Þórðr, et en échange, il demande à Þórðr de consentir à marier Sigríðr à Ásbjǫrn. Þórðr, reconnaissant, accepte, mais à la condition qu’Ásbjǫrn revienne en Islande dans les trois ans. Skeggi accepte, et donne à Þórðr le surnom de hreða (“Menace”).

Ormr, le frère d’Ásbjǫrn, tombe alors lui aussi amoureux de Sigríðr et demande la main de Þórðr. Þórðr ne veut pas manquer à sa parole envers Skeggi en acceptant, et conseille à Ormr d’attendre que la période convenue de trois ans se soit écoulée. Ormr ne veut pas le faire et tente de séduire Sigríðr, ce qui pousse Þórðr à le tuer. Le vengeur Skeggi mène ses hommes à la ferme de Þórðr et les deux camps s’affrontent, mais Skeggi annule l’attaque lorsque Eiðr s’aligne aux côtés de Þórðr.

Sur l’insistance d’Eiðr, Þórðr décide de quitter le district pour quelque temps, et il se terre chez le vieil avare lâche Þórhallr et sa jeune épouse Ólof Hrólleifsdóttir. Malheureusement pour Þórðr, leur ferme est située à proximité de celle de Ǫzurr Arngrímsson, un autre puissant chef et cousin d’Ormr. Lorsque Ǫzurr apprend que l’assassin de son cousin séjourne dans les environs, il décide de l’attraper et de le tuer. Il fait trois tentatives pour tuer Þórðr, mais aucune ne réussit et la troisième se solde par sa mort. Le meurtre de Ǫzurr pousse Skeggi à agir, et lui et ses hommes se rendent secrètement à la ferme de Þórhallr et l’encerclent. Le lâche Þórhallr refuse de protéger Þórðr, qui accepte de se rendre à Skeggi à condition d’être tué sur le tertre de Ǫzurr. Au moment où Skeggi s’apprête à exécuter Þórðr, Eiðr arrive avec les frères de Þórðr – ayant été prévenu par Ólof – et oblige son père à libérer Þórðr. Comme le Skofnung ne peut être rengainé sans avoir pris une vie, Skeggi évacue sa colère en l’utilisant pour tuer Þórhðr.

Ásbjǫrn retourne en Islande, et lui et Skeggi attaquent Þórðr à deux reprises, mais les deux engagements se terminent par la séparation des deux camps par Eiðr. Après la deuxième escarmouche, Þórðr, Skeggi et Ásbjǫrn acceptent tous de laisser Eiðr arbitrer un règlement, et Ásbjǫrn épouse ensuite Sigríðr, et peu après Þórðr épouse Ólof. Sǫrli inn sterki, un oncle d’Ormr, vient en Islande et défie Þórðr en combat singulier ; Þórðr tue Sǫrli mais est gravement blessé. Il survit néanmoins jusqu’à un âge avancé et meurt dans son lit.

 

version islandaise / version française / version anglaise

une version française se trouve dans : La Saga des gens du Vápnafjörðr et La Saga de Þórðr l’Impétueux. Traduites, présentées et annotées par Jean Renaud. Collection Les Classiques du Nord. Les Belles Lettres 2003.