La saga Ljósvetninga est l’une des sagas des Islandais, communément datée du treizième siècle et se déroule entre la fin du dixième siècle et le milieu du onzième siècle dans le nord de l’Islande. Le personnage principal de la saga est Guðmundr inn ríki Eyjólfsson, un puissant chef du district d’Eyjafjörður, au nord de l’Islande. Au début du vingtième siècle, elle a été un élément important du débat freeprose-bookprose sur l’origine orale ou littéraire des sagas islandaises, en raison de sa transmission manuscrite problématique.
Auteur et datation
L’auteur de la saga est inconnu car l’œuvre est anonyme. Néanmoins, l’érudit islandais Barði Guðmundsson (1900-1957) a soutenu que son auteur était Þórðr Þorvarðsson, un gendre historiquement obscur du magnat et auteur du XIIIe siècle Sturla Þórðarson. L’éditeur de la saga, Íslenzk fornit, a daté les deux versions de la saga au milieu du XIIIe siècle, principalement en raison de ses liens littéraires avec la saga Njáls et de preuves historiques, tandis que ses traducteurs en anglais, Theodore Andersson et William Ian Miller, ont suggéré la date antérieure d’environ 1220, principalement en raison d’une référence à un personnage historique placée de façon étrange, et d’autres liens littéraires.
Manuscrits et rédactions
Il n’existe actuellement que deux manuscrits médiévaux de la Ljósvetninga saga, et tous deux sont fragmentaires. Il s’agit d’un manuscrit datant d’environ 1400 appartenant à l’Árni Magnússon Institute for Icelandic Studies, portant la cote AM 561 4to, et d’un autre appartenant au même institut, portant la cote AM 162 c fol. De AM 561 4to, il n’existe qu’une seule copie papier du XIXe siècle, réalisée par l’érudit islandais Guðbrandur Vigfússon (1827-1889), et toutes les autres copies papier sont de AM 162 c fol.
Les différences entre les deux manuscrits sont dramatiques d’un point de vue narratif ; la version de AM 561 4to, souvent appelée la rédaction A, présente un récit plus court qui omet des histoires que l’on trouve dans la rédaction C qui existe dans AM 162 c fol. et ses copies papier. Ces différences ont été à l’origine de nombreux débats sur les origines de la saga et sur la primauté des rédactions, avec des arguments concernant un lien littéraire ou oral entre les deux.
Synopsis
L’histoire raconte la tentative de Guðmundr et Thorgeir Ljosvetningagodi (Þorgeirr Ljósvetningagoði Þorkelsson) de se plier aux exigences du comte Haakon de raccourcir la peine de hors-la-loi d’un jeune querelleur. Cela déclenche un conflit entre ces deux chefs et les fils de Thorgeir, qui n’est pas tout à fait résolu à la fin. À ce stade, l’intrigue se divise entre la version A et la version C, à l’exception de trois chapitres à la fin de la version A et de la version C, qui sont presque identiques.
La version A se poursuit en racontant comment Guðmundr se venge des insultes contre sa masculinité de la part du chef local Þórir Helgason et du fils de Thorgeir, Þorkell, en exilant temporairement le premier et en tuant le second. Son intrigue se serait terminée peu après que le demi-frère de Þorkell, Drauma-Finni, ait vengé sa mort.
La rédaction C raconte comment Guðmundr s’est retrouvé impliqué dans la politique du nord-est de l’Islande à travers le mariage non désiré de sa fille, et ses relations avec les hommes forts locaux Ófeigr Járngerðarson et Þorkell Geitisson. Une fois ces problèmes résolus, Guðmundr se bat, comme dans la rédaction A, contre le chef local Þórir Helgason et le fils de Þorgeirr, Þorkell, ce qui entraîne la mort de Þorkell, puis celle de Guðmundr. Après la mort de Guðmundr, son fils Eyjólfr se bat contre la progéniture des fils de Þorgeirr, au prix de la vie de son frère Koðrán, et s’affirme comme un partisan du roi Olaf Haraldsson.
version islandaise / version française / version anglaise