Finnboga saga ramma (La Saga de Finnbogi le Fort) est une saga islandaise qui raconte la vie de Finnbogi rammi. L’histoire se déroule à Flateyjardalur à Suður-Þingeyjarsýsla et dans d’autres endroits en Islande, ainsi qu’en Norvège. Les événements sont censés se dérouler au Xe siècle. Finnbogi rammi est mentionné dans Landnámabók, et Íslendingadrápa.
La saga a probablement été composée au XIVe siècle, ce qui en fait l’une des sagas les plus jeunes, “postclassiques”. Margrét Eggertsdóttir résume ainsi la saga :
La saga Finnboga ramma n’est pas une des Íslendingasögur les mieux construites. La caractérisation est plate, et l’intrigue n’est guère plus qu’une série répétitive d’épisodes destinés à présenter le héros sous un jour favorable. Le récit est néanmoins vivant et constitue une bonne lecture.
Une querelle de la saga figure également dans la saga Vatnsdœla. Björn M. Ólsen a proposé que le ramma de la saga Finnboga ait été écrit pour présenter une meilleure version de Finnbogi que celle de la saga Vatnsdœla. Cependant, van Hamel suggère que les deux sagas rapportent des versions différentes du même incident.
La saga est conservée en deux versions principales dans les manuscrits en vélin Möðruvallabók et Tómasarbók ainsi que dans un certain nombre de manuscrits en papier du XVIIe siècle dérivés de ceux-ci.
Guðmundr Bergþórsson a écrit un rímur (poème épique) basé sur l’histoire en 1686 et il existe une ballade féroïenne basée sur la saga ou une source commune.
Synopsis
Lorsque l’Islandaise Þorgerðr Þorkelsdóttir donne naissance à un fils, son mari Ásbjörn la force à exposer l’enfant pour se venger d’avoir marié leur fille sans sa permission. L’enfant est sauvé par la mère adoptive de Þorgerðr, qui le nomme Urðaköttr et l’élève comme son propre fils, mais quand Urðaköttr a douze ans, la vérité est révélée par son sage oncle maternel, Þorgeirr Ljósvetningagoði, et Ásbjörn accepte le garçon comme son fils.
Peu après, Urðaköttr sauve un Norvégien naufragé du nom de Finnbogi Bárðarson, qui meurt peu après de ses blessures, mais pas avant d’avoir demandé à Urðaköttr de prendre son nom pour que sa mémoire ne soit pas oubliée. C’est ce que fait Urðaköttr, qui est ensuite connu sous le nom de Finnbogi Ásbjarnarson.
Arrivé à l’âge adulte, Finnbogi a envie de voyager à l’étranger et décide de se rendre à la cour de Hákon Sigurðarson, le jarl de Hlaðir et dirigeant effectif de la Norvège. En chemin, il tue un homme appelé Álfr, qui s’avère être le mari de la nièce de Hákon, mais Finnbogi poursuit néanmoins sa route jusqu’à Hlaðir et y confesse son meurtre au jarl. Pour expier son crime, Finnbogi est d’abord forcé de combattre un ours monstrueux (qu’il tue), puis il est envoyé en mission pour recouvrer une dette due au jarl Hákon par un homme nommé Bersi inn hvíti, qui a pris du service dans la garde varangienne (unité d’élite de l’armée) à Constantinople. Finnbogi réussit sa mission et, pendant son séjour à Constantinople, il a une audience personnelle avec l’empereur byzantin Jean Ier Tzimisces, qui lui accorde l’épithète “le Fort” (rammi en norrois). Après s’être réconcilié avec Hákon en accomplissant cette tâche, Finnbogi épouse la petite-nièce du jarl, Ragnhildr Álfsdóttir (fille de sa précédente victime Álfr) et, ayant satisfait son désir de gloire et de célébrité, retourne en Islande pour devenir fermier.
Quelques années plus tard, Finnbogi est impliqué dans deux querelles distinctes, l’une avec l’éminent chef Eyjólfr Valgerðarson et l’autre avec le sorcier Þorvaldr moðskegg. Þorvaldr assassine les deux fils de Finnbogi, et bien que Finnbogi se venge en tuant Þorvaldr, Ragnhildr est si bouleversée par la perte de ses enfants qu’elle meurt de chagrin. Dans cette situation, Finnbogi envisage de repartir à l’étranger, mais son oncle Þorgeirr le convainc de rester et s’arrange pour qu’il se remarie avec Hallfríðr, la fille d’Eyjólfr, résolvant ainsi l’autre conflit en cours dans le district. Malgré la nature politique de ce mariage, Finnbogi et Hallfríðr s’aiment profondément et ont sept fils ensemble.
Le reste de la saga est consacré à une autre querelle de longue date, cette fois entre Finnbogi et Jökull Ingimundarson (la même querelle est également racontée du point de vue de Jökull et de ses frères dans la saga Vatnsdæla), mais une solution satisfaisante pour les deux parties est finalement trouvée.
version islandaise / version française / version anglaise