Îles Féroé – ÎLE D’EYSTUROY

28 Juil 2026

C’est la deuxième plus grande île de l’archipel par sa taille et par le nombre de ses habitants. Son relief est particulièrement accidenté, on recense 66 sommets montagneux, isolés les uns des autres, dont Slættaratindur, le plus haut de tout l’archipel. Son sommet culmine à 880 mètres. Une randonnée de 4 heures permet d’y accéder. Bon, ça grimpe un peu, les voies sont raides, mais une fois arrivé, la vue récompense largement l’effort! Une partie de ses côtes découpées est recensée en tant que secteur de nidification et de nombreuses espèces d’oiseaux de mer y sont protégées. Des promenades en bateau permettent de les découvrir sans les déranger. Deux fjords divisent l’île en deux sections. Des paysages à apprécier pour leur beauté sauvage.

EIÐI

Ici encore, un paysage de carte postale ! À l’entrée d’un de ces longs fjords étroits qui découpent les Féroé dans le sens nord-est/sud-ouest, juste en face de Tjørnuvík, se trouve ce petit village avec son port aux deux digues pour mieux s’abriter de la mer toute proche, et son terrain de football au ras de l’eau. Eiði signifie « isthme ». De la montagne, qui très vite commence à la lisière du village, une superbe vue se découvre vers les terres, par cette saignée maritime qui semble infinie… Ne pas hésiter à entrer dans la petite église du pays, décorée de bois peint et sculpté, les murs parcourus de lisérés colorés et de motifs tout simples.

LE GÉANT ET LA SORCIÈRE (RISIN OG KELLINGIN)

La légende raconte que ces deux pitons de roche, isolés dans la mer au pied de la falaise, étaient au temps jadis un pêcheur et sa femme (qui était enceinte) venus d’Islande. Trouvant les Féroé très belles, ils voulurent les tirer vers l’Islande, mais après avoir attaché la falaise, ils furent surpris par la nuit et changés en pierre par la colère des dieux. Ces géants pétrifiés dressent leur quarantaine de mètres de hauteur dans un site véritablement grandiose.

MUSÉE LÁTRIÐ (LÁTRIÐ – BYGDASAVNIÐ (site)

Sous le toit herbu d’une vieille maison féringienne rénovée datant de 1820, des outils traditionnels et des objets de la vie quotidienne sont répartis dans trois pièces.

ELDUVÍK

Arriver à Elduvik, c’est avoir le sentiment d’être au bout du monde. Ce petit village d’une vingtaine de constructions, resserrées comme pour se rassurer, compte une douzaine d’habitants !

Situé dans la crique de Funningsfjørður, au fond d’une longue vallée verdoyante entourée de superbes montagnes, du côté nord-est d’Eysturoy, la petite rivière Stórá le divise en deux. Sur la rive gauche, la partie ancienne, avec l’école et l’église. Sur l’autre rive, le quai, où les hangars à bateaux forment un demi-cercle autour de la jetée. De là, l’ancien chemin traverse la colline jusqu’à la ville d’Oyndarfjørður, où les habitants d’Elduvík allaient autrefois à l’église, avant qu’ils n’aient leur propre église. L’île voisine de Kalsoy est visible depuis Elduvík.

L’église d’Elduvík a été inaugurée en 1951, bien que le cimetière soit utilisé depuis 1926 pour éviter les tracas liés au transport des cadavres le long de l’ancien chemin du village jusqu’à Oyndarfjørður.

La magnifique gorge, à l’est du village, est très appréciée des plongeurs qui y découvrent un paysage sous-marin spectaculaire avec une riche population de crabes. De même, Elduvík est une zone de surf réputée. Méfiez-vous des vagues déferlantes qui s’écrasent sur le rivage !

FUGLAFJØRÐUR

Quatrième ville d’importance de l’archipel, Fuglafjørður veille sur son petit port très animé et riche en couleurs. Le village s’étend au fond d’une baie et se développe sur les collines escarpées environnantes. Les fouilles ont révélé une occupation du site dès le milieu du Xe siècle. La source d’eau chaude Varmakelda, avec ses vertus curatives, se situe un peu plus au sud de la ville. Sa température, d’environ 18 degrés, est constante tout au long de l’année. Le premier week-end de juillet, les Féroïens s’y rassemblent pour y célébrer le solstice d’été. On chante, on discourt et on passe un bon moment au coin du feu.

FUGLAFJØRÐUR – HELLURNAR

La randonnée vers Hellurnar commence à Fuglafjørður, soit depuis le charmant parc central, soit depuis le Ribarhús, bâtiment historique abritant une boutique d’artisanat et un café. Ce sentier suit une pente douce le long de la rivière jusqu’au col. De là, empruntez le détour vers Altarið (483 m), « l’autel », qui offre une vue imprenable sur Kalsoy. Le sentier du village se poursuit depuis le col, passe devant les tumulus cachés, et se termine par une descente raide sur un ancien chemin de pierre près de Hellurnar. Explorez ce village paisible avant de suivre le sentier qui longe le rivage jusqu’à Oyndarfjørður.

 Marmennilin est une sculpture en bronze inaugurée en 2020, de l’artiste Hans Pauli Olsen, qui rappelle la légende de l’homme-triton. Son histoire a été racontée par William Heinesen, l’auteur le plus célèbre des Féroé : Marmennil était une créature marine. Il ressemblait à un humain, mais était plus petit et avait de longs doigts. Il aimait taquiner les pêcheurs en mordant l’appât de leurs hameçons et en les attachant au fond de la mer pour que la ligne se brise.

Arnfinn était agriculteur à Elduvík. Alors qu’il était en train de pêcher, Marmennilin voulut enfoncer l’hameçon mais celui-ci resta coincé dans sa main. Marmennilin fut remonté dans le bateau. Les hommes firent le signe de croix en le voyant et le ramenèrent avec eux. Par la suite, pour chaque sortie en mer, ils emmenaient la bête, faisaient le signe de croix, car quand un banc de poissons se trouvait sous le bateau, Marmennilin se mettait à rire et à jouer. Alors, les hommes jetaient leurs hameçons et la pêche était fructueuse. Mais, un jour, lorsque les hommes mirent leur bateau à l’eau, les vagues déferlantes étaient si fortes qu’ils oublièrent de faire le signe de croix. Dès que le bateau fut en mer, Marmennilin sauta dans l’océan et ne fut plus jamais revu…

GJOGV

Une brèche dans la roche des Féroé, comme une balafre étroite que la mer tente de combler : Gjógv signifie ravin. Une excursion à ne pas manquer. De nombreuses randonnées autour de la gorge sont possibles. Le petit port vient se nicher dans une faille de la falaise. Très profonde, elle possède au fond un plan incliné en ciment qui permet de treuiller les bateaux en cas de mauvais temps. Éminemment photogénique, avec ses bateaux colorés, ce lieu offre une sombre perspective vers la mer. L’image la plus connue des îles Féroé. Le village avec ses maisons blanches aux toits colorés se positionne sur le plateau, le long de la route pénétrant les terres.

Vous pouvez faire une promenade dans la gorge, qui est le site touristique le plus prisé de Gjogv. Un escalier permet de descendre jusqu’au débarcadère des bateaux. Vous y observerez des macareux. Un banc a été érigé à la pointe (vers laquelle vous mènera le sentier le long de la rive) en souvenir de la visite du prince héritier Frederik et de la princesse héritière Mary en 2005.

Vous pouvez poursuivre jusqu’à Ovara Nasa, puis remonter le long du littoral jusqu’à atteindre une bergerie au sommet des falaises. De là, vous avez une vue spectaculaire et vous y verrez des fulmars. Promenade d’environ 45 minutes.

Autres options : aller jusqu’à Ambadal et Búgvin. Durée de 3/4 heures. Les paysages sont spectaculaires. Vous suivez la promenade décrite ci-dessus, puis vous continuez à monter jusqu’à Hálsin, à environ 400 mètres d’altitude, puis vous descendez jusqu’à Ambadal via Festirstein. Vous rencontrerez une multitude d’oiseaux : pêcheurs d’huîtres, bécassines communes, courlis et labbes. Une fois arrivé à la falaise, vue sur la plus haute pile marine des Féroé, Búgvin, qui se dresse à 188 mètres au-dessus du niveau de la mer. En regardant vers l’ouest depuis Búgvin, vous verrez Risin et Kellingin – le géant et la sorcière, et plus loin encore Mýlingur sur Streymoy.

NORÐRAGØTA

On s’arrête ici pour cette ferme bien préservée qui témoigne d’un art de vivre. Toutes les pièces se visitent. La cuisine avec son foyer ouvert (à un angle de la pièce), les chambres à coucher avec les lits à alcôve, les rouets, le mobilier et les photos jaunies. La grange se visite également, avec tous les équipements nécessaires aux chevaux. Un voyage dans le mode de vie passé des Féroïens. C’est un miracle que cet ensemble ait résisté à la modernité. En effet, le village devait être rasé pour y faire passer la route. Mais elle a finalement été construite à quelques mètres de là. On y vient également pour le G ! Festival, l’un des plus grands festivals de musique des îles Féroé.

MUSÉE BLÁSASTOVA (site)

Si l’on n’a pas vu la ferme de Saksun, ou si l’on n’a pas le temps d’y passer, il est vivement conseillé de s’arrêter au Musée Blásastova. L’environnement est moins plaisant qu’à Saksun, car cette ancienne ferme est conservée au milieu de constructions neuves. Néanmoins, ses cinq petites maisons et leur petite église forment un ensemble harmonieux. Une occasion unique de voir une ancienne communauté villageoise féroïenne. Ce petit hameau fut construit en 1835, tout comme l’église qui fut agrandie en 1860. Les groupes peuvent y réserver un déjeuner typique.

FUNNINGUR

Funningur, sans doute le plus ancien village des îles Féroé, est entouré de montagnes escarpées. On raconte que le premier colon dont on connaisse le nom, Grímur Kamban, aurait débarqué à Funningur vers 825 après J.-C. À Funningur, les vieilles ruines, les toponymes anciens, les rues du village et la vieille église racontent une histoire riche et fascinante sur la culture et la communauté.

L’église date de 1847 ; c’est l’une des dix églises en bois encore existantes et la cinquième église construite à cet emplacement. Son intérieur regorge de trésors artistiques. Elle abrite notamment un crucifix non peint, provenant de la première église démantelée en 1690. Hvíthamar est un point de vue situé au-dessus du village d’où l’on peut admirer des vues incroyables sur les montagnes environnantes ou en direction de Kalsoy.

OYNDARFJØRÐUR

Les Rolling Stones aux Féroé ! Oyndarfjørður (un des plus vieux villages féroïens) porte le prénom masculin Oyvindur. Il semble perdu au bout du monde, pourtant les premières sources écrites mentionnent la localité dès le début du XIVe siècle, sans doute antérieure. Juste à l’entrée de ce petit village de 139 habitants, avant le port, il faut s’arrêter un instant pour regarder un phénomène qui a de tout temps fasciné : rinkusteinar, des rochers qui roulent sous l’effet du courant. L’effet est d’autant plus saisissant quand la mer est agitée. Les deux pierres branlantes, cernées par les algues, reliées par une chaîne ou un filin, sont étonnantes.

La randonnée vers le village d’Elduvík est très populaire. Le chemin fait environ 4 km aller. Il est possible de faire des pauses pendant la randonnée, notamment près de la source Vígdu, que l’on atteint en entrant dans le col, au sommet de la colline. Autrefois, des gens stationnaient là, dans l’ancien poste de surveillance, Vaktarhúsið, repérant l’arrivée d’éventuels pirates.

Toute petite église du XIXe siècle. Elle abrite un triptyque peint par C. W. Eckersberg, l’un des maîtres de l’âge d’or danois.

SELATRAÐ

Selatrað est un village paisible situé sur la côte ouest d’Eysturoy. Autrefois, c’était le lieu où se tenait l’assemblée printanière (le « Thing »), et on y trouvait une potence pour les condamnés. On peut encore y voir la pierre du Thing et le socle de la potence.

Aujourd’hui, Selatrað est une destination très prisée des familles grâce à sa plantation datant de 1913, à son bassin fluvial et à sa plage isolée. Ce cadre en fait également un lieu idéal pour le centre scout et ses rassemblements et activités.

Depuis Selatrað, deux sentiers de randonnée partent : l’un vers Skála et l’autre vers Skálafjørður. Pour explorer l’Eysturoyarsyllin, un spectaculaire filon de basalte visible au-dessus du village, il suffit de suivre la rivière.