
Cette île est le premier point de contact avec les Féroé en arrivant par avion puisque c’est ici que fut construit l’unique aéroport de l’archipel. 170 000 voyageurs transitent par ce tarmac. La connexion avec Tórshavn, la capitale, est assurée par un tunnel en partie sous-marin. Vue du ciel, vous la reconnaîtrez à sa silhouette particulière : la tête de profil d’un chien ! Pour vous aider, le lac de Fjallavatn, 1,2 km2 de superficie, se situe à la place de son œil et le fjord de Sorvag dessine sa gueule, marquée d’un sourire amical.
Office du tourisme : https://visitvagar.fo/en
BØUR
Ce petit village d’à peine 80 habitants est un vrai coup de cœur. Des murets de pierres sèches enserrent l’unique voie qui conduit au cœur de ce hameau figé dans le temps. Ramassé autour de sa petite église au clocher blanc surmonté d’une modeste croix de bois (construite en 1835), quelques maisons très bien entretenues de-ci de-là, la bonne odeur du foin coupé par endroit, une petite cascade, des champs autour et au large, à l’entrée du fjord, un décor de cinéma : surgissent deux îlots montagneux aux formes très originales : Tindholmur (262 m de haut) et Gashomur qui méritent bien leur surnom « le Géant et la Sorcière » près d’Eiði… C’est i-dy-lli-que !
Le lac Vatnsdalsvatn, le troisième plus grand lac de Vágar, offre de superbes randonnées et des vues panoramiques époustouflantes sur la côte ouest des Îles Féroé. Vatnsdalsvatn est le troisième plus grand lac de Vágar. Situé dans une vallée au-dessus du village de Bøur, il est relativement facile d’accès, même si la montée est raide. La randonnée commence près du ruisseau « Breiðá », à mi-chemin entre Bøur et Sørvágur. Il faut compter environ une heure pour rejoindre le lac. Sur la carte, le Vatnsdalsvatn apparaît comme un cœur parfait, même si les changements subis par le littoral qui l’entoure au fil des ans l’ont légèrement déformé. Cela en fait un lieu idéal pour une randonnée romantique, et de nombreux couples se sont fait prendre en photo avec ce lac en forme de cœur en arrière-plan. N’oubliez pas de regarder autour de vous, car depuis le même endroit d’où vous pourrez photographier le lac en forme de cœur, vous profiterez également d’une vue panoramique fantastique sur la côte ouest de Vágar, notamment sur Tindhólmur et Mykines.
GÁSADALUR
Longtemps, Gásadalur (« vallée des oies ») est resté le seul village de l’archipel à être difficilement accessible par la route. Celle-ci devait franchir des cols de hautes montagnes (722 m). La sensation de bout du monde est encore perceptible, même si le film de la réalisatrice danoise Ulla Boje-Rasmussen, A 1 700 mètres de l’éternité, a largement contribué à sa notoriété. L’ouverture du tunnel en 2004 a désenclavé le bourg qui hébergea une petite dizaine d’habitants (2020). Jusque-là, ravitaillement et déplacement se faisaient par bateau, ou par hélicoptère… Ici, le brouillard étend son voile sous le soleil, un phénomène féerique que l’on appelle mjørki. D’après la Søga Gásadals, ce village tiendrait son nom de Gæsa, une femme qui aurait mangé de la viande pendant le carême alors que cela était interdit. En conséquence, elle perdit tous ses biens et dut s’exiler dans cette vallée. Une autre légende affirme que le nom de l’île est dû aux oies sauvages qui volent vers Gásadalur chaque été.
Balade : Le vieux sentier qui sillonne la montagne fait 3,5 km et la randonnée dure environ 2 heures. Au début, la pente est très abrupte, bordée de cairns comme repères. La vue est exceptionnelle sur le fjord Sørvágsfjørður et sur les îles dont Mykines. Le sentier est souvent à pic, surtout après le col descendant vers le bourg. Au milieu du sentier, se trouve une pierre nommée Líksteinurin (la pierre des cadavres). Cette pierre marquait le seul endroit où les porteurs de corps cheminant vers la montagne pouvaient se reposer.
SANDAVÁGUR
Élue « ville la mieux préservée » de tout l’archipel, Sandavágur s’étend non loin de sa voisine Miðvágur, à mi-chemin entre l’aéroport et le tunnel qui permet de relier Vestmanna, sur l’île de Streymoy. Son nom signifie «ruisseau de sable» en référence à la plage située près de la crique. C’est dans cette région que se fabriquent encore aujourd’hui les coques en bois des bateaux sur le modèle des embarcations vikings. À l’est de Sandavágur, un rocher détaché de la falaise et très acéré est appelé « Trollkonufingur » ce qui signifie « le doigt de la sorcière ». Les sorcières sont aussi évoquées dans la légende du lac de Fjallavatn.
La route reliant Sørvágur à Sandvágvur (la route 11), longe le lac Sørvágsvatn ou Leitisvatn (il semblerait que les Féroïens ne soient pas d’accord sur son nom). On le surnomme également : « le lac au-dessus de l’océan », car vu sous un certain angle, il donne l’impression de flotter au-dessus des eaux de l’Atlantique. Son étendue de 3,4 km² fait de lui le plus grand lac des îles. À l’extrémité du lac, ne manquez pas l’impressionnante cascade de Bøsdalafossur (30 m) qui se jette directement dans l’océan.
La randonnée vers Bøsdalafossur est assez facile et dure environ 45 minutes. Suivez le chemin de gravier jusqu’au bout du lac. À partir de la route principale, prenez le chemin près de l’église de Miðvágur. De là, suivez les panneaux indiquant « Trælanípa / Bøsdalafossur » jusqu’à un point de partage. Passez la porte et marchez le long du chemin de gravier. En continuant à longer le lac, vous ne devriez pas avoir de problème pour retrouver le chemin. Afin de vous assurer de faire cette route en toute sécurité, un passage par l’office de tourisme s’impose.
Trælanípa. Une falaise de 142 m aussi appelée « la falaise des esclaves ». Son nom vient de l’époque viking durant laquelle on y jetait les esclaves dans la mer. Attention à ne pas trop s’approcher du bord car il est raide ! De là, vous pouvez voir la partie la plus méridionale de Streymoy, Hestur, Koltur, Sandoy, Skúvoy et Suðuroy.
Depuis le haut du village de Sandavágur, un chemin (marche et/ou voiture) longeant le littoral donne accès au panorama de Trøllkonufingur ( « le doigt de la sorcière » ou « le doigt de la femme troll »). C’est un monolithe de 313 m de haut situé au sud-est du village de Sandavágur. La légende raconte que Trøllkonufingur est le doigt d’une sorcière venue pour projeter les îles Féroé vers l’Islande. Lorsqu’elle arriva au large de Vágar, le soleil se leva et elle fut transformée en pierre avant de tomber dans l’océan. Elle était si grande que, lorsqu’elle atteignit le fond de la mer, l’arrière de sa tête et son doigt restèrent au-dessus de la surface. L’arrière de sa tête correspond à l’île de Koltur, et le doigt est Trøllkonufingur. On raconte qu’en 1844, un membre de la suite royale danoise escalada Trøllkonufingur. Au sommet, il fit un signe de la main au prince héritier Frederik, qui passait en bateau. En redescendant, il s’aperçut qu’il avait laissé l’un de ses gants au sommet. Il décida de remonter pour le récupérer. Comme il venait tout juste de gravir la montagne une première fois, il était fatigué ; il trébucha et fit une chute mortelle.
Le berger de Sondum (statue) : Un jour, alors qu’il était à cheval pour s’occuper de ses moutons, le berger tomba par hasard sur une robe posée sur un gros rocher, au bord du lac Fjallavatn. Ses perles brillaient au soleil. Il prit la robe et retourna chez lui.
Il ne savait pas que cette robe appartenait à une géante. Lorsque cette dernière sortit de l’eau, elle remarqua la disparition de son vêtement. Scrutant l’horizon, elle aperçut le berger. La géante, qui était infirme, appela sa sœur à la rescousse : « Sœur, sœur, le berger a volé ma robe. Mes jambes sont paralysées et je ne peux pas courir. » Sa sœur partit à la poursuite du berger. S’apercevant qu’il était poursuivi, le berger partit au galop. Or la géante s’était rapprochée si près qu’elle attrapa la queue du cheval et l’arracha. Le berger se dirigea alors vers l’église sachant que sa poursuivante ne pourrait pas marcher sur une terre sainte. Mais la géante parvint à s’emparer de la robe. Elle tira et tira… la robe se déchira. Il ne resta entre les mains du berger qu’une manche. Une manche si grande qu’elle fut transformée en manteau ecclésiastique. Le manteau est toujours porté par le ministre de l’église de Sandavágur !
ÉGLISE (KIRKJA)
Dans le centre du village, elle se voit de loin ! Pimpante, et toute blanche avec son toit rouge et son liseré vert, elle fut bâtie en 1917 sur l’emplacement de cinq églises précédentes. Largement éclairée de nombreuses baies, elle dénote dans le paysage féroïen par son style qui nous rappelle l’Europe centrale ! À l’intérieur, se trouve une pierre runique du XIIIe siècle, élevée à la gloire de Thorkil Ønundarson, le fondateur du village et premier colon. De même, à l’extérieur, un mémorial rend hommage aux navires coulés pendant la Seconde Guerre mondiale.
KÁLVALÍÐ (site)
Le musée Kálvalíð à Miðvági est l’un des premiers musées locaux à avoir été créé aux îles Féroé. Il présente une exposition de la vie d’antan dans Kálvalíð, une très ancienne maison féroïenne. En 1632 elle appartenait au pasteur local, puis dès 1673, elle servit à accueillir les veuves de pasteurs. Depuis 1968, la paroisse locale en est propriétaire. De nombreux contes parlent des veuves de Kálvalíð, et le plus célèbre est l’histoire de Beinta (la Barbara de l’auteur Jørgen Frants Jacobsen), qui était la femme d’un ecclésiastique à Viðareiði et à Miðvági.
MUSÉE DE LA GUERRE
Ce musée est aménagé dans un ancien blockhaus, construit par les Anglais dans les années 1940, pour contrer les attaques nazies. Il raconte, à travers des photos et des articles, l’histoire des Féroé durant la Seconde Guerre mondiale. L’occupation par les troupes anglaises va bouleverser la vie de l’archipel. L’aéroport date de cette époque. Pour la première fois, un drapeau national flotte au-dessus des îles Féroé est et ne redescendra plus. La culture anglaise est aujourd’hui encore présente, des mots anglais sont courants dans la vie quotidienne.
SLÆTTANES – Sur les traces d’un village abandonné
Slættanes était habité en 1835. Dans les années 1950, le village comptait plus d’une centaine d’habitants. L’absence de routes et d’électricité a poussé les habitants à partir ; les derniers ont quitté les lieux en 1965. Certaines maisons ont été conservées et servent aujourd’hui de résidences secondaires aux anciens habitants et à leurs descendants. Slættanes est un véritable « trou dans le temps » qui offre un aperçu de la société féroïenne prémoderne. Plusieurs sentiers mènent à Slættanes, ce qui en fait une excellente destination pour de longues randonnées dans les régions inhabitées et reculées du nord de Vágar.
SØRVAGUR
Ce bourg, proche de l’aéroport, s’étend au fond d’un fjord qui porte son nom, d’où partent les ferries pour Mykines. Sørvágur se traduit par « La baie de Sør ». La légende raconte que le premier habitant s’appelait Sørli. Pour d’autres, Sør vient du vieux norrois Seyr qui signifie « pluie brumeuse ». En effet, les hivers sont plus froids et enneigés que dans la plupart d’autres endroits de l’archipel. Des températures plus basses et une couverture de neige peut même être observée – une rareté dans les îles Féroé.
LE MUSÉE DE LA GUERRE – Les années qui ont marqué l’île
Le Musée de la Guerre des Îles Féroé se trouve dans le bâtiment SOR (Sector Operation Room) et a été construit en 1942-1943 dans le cadre d’un système d’alerte précoce destiné aux Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. Les décors et les objets exposés s’associent pour raconter des récits passionnants de l’histoire récente des Îles Féroé. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’armée britannique a occupé les îles, et la plupart des soldats étaient stationnés sur l’île de Vágar. Les vestiges des infrastructures (abandonnées ou encore en service) témoignent de l’ampleur de cette occupation. Ce chapitre de l’histoire a également eu des répercussions durables sur la politique et l’identité nationale.
