
C’est l’île la plus méridionale, d’où son nom en féroïen. Elle fut l’une des îles habitées par les humains dès l’époque du Néolithique et peut-être même antérieurement, au Paléolithique. Malheureusement, ces populations disparurent au cours de deux mégatsunamis – venus de la mer de Norvège – qui ravagèrent ce territoire il y a 8150 ans et 7000 ans. Les côtes très fragmentées sont les résidus d’arrachement d’un continent immergé, le Doggerland, qui reliait les îles de la Grande-Bretagne au continent européen et à la Scandinavie. Voilà pourquoi les filets de pêcheurs remontent parfois des dents de mammouths !
Office du tourisme : https://visitsuduroy.fo
FÁMJIN
À partir d’Øravík, une route en cul-de-sac conduit à ce petit village qu’il faut voir le soir au coucher du soleil. La lumière qui baigne ce lieu attire les peintres du monde entier. C’est à Fámjin qu’a vécu le créateur du drapeau féroïen, Merkið. Sa tombe se trouve face à l’entrée de l’église, dans laquelle est conservé sous verre le tout premier drapeau de l’archipel, confectionné en 1919. Il n’a été hissé légalement pour la première fois qu’en 1940, sur autorisation des Britanniques, le Danemark étant occupé par les nazis. Après la guerre, en acquérant son statut d’autonomie, l’archipel a obtenu le droit de conserver son étendard.
Ce village compte 80 habitants. Cependant, pendant les mois d’été, la population augmente considérablement en raison du retour des nombreux résidents d’autres villages des îles Féroé et de pays étrangers – qui reviennent pendant la saison de l’élevage des moutons et du foin, de début juillet jusqu’à fin août – et de la visite de touristes. Vous y trouverez un petit café où l’accueil est très chaleureux.
La légende raconte que Fámjin s’appelait Vesturvik. Mais un jour, deux hommes du village en train de pêcher en mer virent un voilier français amarré, en attente du lever du vent. Ils invitèrent deux dames à monter à bord de leur embarcation pour admirer un gros flétan. Une fois à bord, ils ramèrent vers leur village, les emmenant avec eux. Depuis le voilier, les marins français criaient : « Femmes !Femmes ! »
La pierre Fámjin (Fámjinssteinurin) est une pierre runique visible sous le porche de l’église de Fámjin. Sans doute a-t-elle servi de stèle funéraire. Elle est gravée d’inscriptions latines et runiques et serait datée du XIVe siècle, ou de la période postérieure à la réforme des îles Féroé, en 1538, prouvant que les runes étaient encore utilisées au XVIe siècle.
Randonnée au pays des lacs
Parcours de 7 km – durée de 2 heures environ – Dénivelé 362 mètres – Difficulté : moyenne – Le premier tronçon depuis Fámjin et le tronçon jusqu’à Ryskivatn sont un peu raides. Il y a du gravier sur les petits plateaux et les rochers sur le chemin. Le reste du chemin est couvert d’herbe et globalement bon pour la marche. Convient aux enfants de plus de 8 ans.
Départ depuis l’église, d’où vous suivez le chemin Fámjinsvegur 41. Dès que vous êtes au-dessus de la route principale, vous franchirez une clôture. Continuez sur le chemin du village.
En rejoignant la colline Reyðabakki (375 mètres d’altitude), vous pourrez profiter de la vue sur les montagnes. La randonnée continue vers le sud à travers la plaine de Fløtan. Après avoir parcouru 1,3 km, vous atteindrez un champ à l’extérieur de Bjarghagi, puis vous franchirez un portillon.
À Bjarghagi, vous verrez plusieurs lacs : Mittvatn (le plus grand, à 347 m d’altitude) et Ryskivatn (altitude 244 m). La vue sur les lacs est magnifique. Au-dessus dominent les majestueux sommets Borgin et Borgarknappur, ainsi que la corniche Glopprókin avec ses colonnes de basalte encastrées dans la crête de la montagne.
Ensuite, le chemin du village continue tout droit jusqu’à Ryskivatn, le plus grand des lacs, situé au pied de Bjarghagi. Longez le lac, traversez le barrage, continuez vers le sud le long du lac et parcourez le court tronçon sur le chemin de terre jusqu’au parking.
Si votre voiture est garée à Vágur, vous pourrez marcher depuis le barrage jusqu’au grand parking en contrebas. Si vous n’avez pas de voiture, parcourez les 4 km sur le chemin de terre jusqu’à Vágur. De la route, vous voyez la centrale électrique de Botnur, première centrale électrique des îles Féroé.
FROÐBA
Froðba se situe à l’extrême nord du fjord Trogisvágsfjørður. Ce village est fusionné avec la ville portuaire de Tvøroyri. Il se divise en petites localités : Hamri, Undir Skorum, Støðlunum, Torvheyggur et Bøur. Bøur, appelé « Úti á Bø », est la plus ancienne zone habitée de Froðba, qui est également le plus ancien village de l’ensemble des îles Féroé. C’est un roi danois légendaire, Frode ou Fróði, qui aurait débarqué ici et aurait fondé ce bourg qui porte son nom.
À proximité se trouve un endroit superbe : le cap Froðbiarnípa et son pic très singulier nommé Báradrangur. Depuis le bord de l’eau, vous découvrirez les spectaculaires colonnes de pierres de basalte. Ces formations constituent une découverte géologique spécifique à Suðuroy. Elles sont très connues et peuvent également être vues au-dessus du village de Hov.
HVANNHAGI
Très belle randonnée de deux heures, environ 6 km. En partant de l’hôpital de Tvøroyri, montez jusqu’à Ovari Vegur et continuez à gauche en direction de Trongisvágur. Après avoir parcouru environ un kilomètre et demi, vous arrivez au portillon d’un champ. Un panneau indique : Hvannhagi. Depuis le sommet, vue magnifique sur Lítla Dímun, Stóra Dímun et Sandoy.
Après environ 20 minutes de marche, vous arrivez à Grindin, d’où vous descendez vers Hvannhagi. L’endroit est réputé pour ses phénomènes géologiques intéressants : avalanches géantes de pierre ou éboulements rocheux datant d’il y a plusieurs milliers d’années. Cette zone s’appelle Dysjarnar. Vous y croiserez de nombreux moutons. Petit lac circulaire en chemin.
Puis, vous atteindrez Frostgjógv, une gorge située dans la partie sud de la vallée. Au fond de la gorge, une bergerie. Quelques mètres après la bergerie, vous apercevrez le chemin de Tvøroyri où vous avez marché plus tôt jusqu’à Grindin. Retournez au point de départ.
MS THORSHAVN
Faites une balade découverte à bord du MS Thorshavn. Ce bateau a été construit au Danemark en 1940 et est arrivé aux îles Féroé après la Seconde Guerre mondiale. Racheté au gouvernement danois, le navire est utilisé pour différentes excursions, notamment vers Stóra Dímun ou des sorties de pêche durant lesquelles vous sera servie une délicieuse soupe.
HVALBA
Hvalba est l’un des villages les plus septentrionaux de Suðuroy, situé dans une plaine près de la côte entre deux montagnes. Village agricole peuplé et important économiquement, il périclita au fur et à mesure que l’industrie de la pêche se développait à Vágur et Tvøroyri. Hvalba est relié aux villages de Trongisvágur et Sandvík par des tunnels (parmi les plus anciens des îles Féroé), très connus pour être très étroits.
Excursions à Fiskieiði et Norðbergseiði
Fiskieiði est également appelé Hvalbiareiði. Eiði signifie« isthme ». Il y a deux isthmes à Hvalba qui étaient autrefois un port de pêche aménagé sur la côte occidentale. Ce port naturel a perdu de son importance depuis l’arrivée des bateaux à moteur. Aujourd’hui, les chalutiers n’utilisent que le port situé sur la côte est. L’ancien port sert pour les excursions en bateau, les soirées barbecue ou des événements.
Norðbergseiði est un bel endroit naturel dans le village de Hvalba, facilement accessible en voiture. Lorsque vous arrivez à l’école de Hvalba, suivez la route qui continue. Vue imprenable sur les magnifiques falaises marines et l’océan.
SANDVÍK
Sandvík est le village le plus septentrional de Suðuroy. Ancien village viking, il fut abandonné au XIVe siècle, les habitants ayant été décimés par la Grande Peste noire. Ce ne fut qu’en 1815 qu’une colonie fut de nouveau fondée par la population de Hvalba. À cette époque, la baie s’appelait Hvalvík ou « la baie des baleines ». Sandvík signifie « la baie de sable », le village changea de nom en 1913 à cause d’une confusion dans la remise du courrier postal, un autre village portant le même nom sur l’île de Streymoy. Depuis 1969, Sandvík est relié à Hvalba par un tunnel percé à travers la montagne.
Parmi les bâtiments anciens à visiter, Húsið uttan Ánna, « la maison au bord de la rivière ». Construite en 1866, cette maison traditionnelle abrite un petit musée. Vous verrez également une ancienne forge et un ancien magasin.
Monument aux morts qui rappelle le naufrage d’un baleinier lors d’une chasse le 13 février 1915. Deux des bateaux ont chaviré et ce jour-là, quatorze des quinze jeunes gens qui étaient à bord ont péri.
C’est par une route étroite que vous sortirez de Sandvík en direction de la côte ouest où se détache Ásmundarstakkur, une pile marine isolée, de 97 mètres de haut, qui abrite de nombreux macareux et autres oiseaux marins.
SUMBA
À cinq kilomètres au sud du village de Sumba, à la pointe sud des îles Féroé, se trouve Akraberg. Ce phare cylindrique de 14 mètres de haut, situé à l’extrémité des îles Féroé, résiste aux tempêtes depuis 1909. Akraberg offre bien plus qu’un paysage digne d’une carte postale. Les vestiges de la Seconde Guerre mondiale et les légendes des colons frisons racontent l’histoire d’un lieu moins isolé qu’il n’y paraît.
TVØROYRI
Tvøroyri est la plus grande municipalité de Suðuroy (fondée en 1836 en tant que comptoir marchand du royaume du Danemark) et se compose des villages de Froðba, Tvøroyri, Trongisvágur, Ørðavíkarlíð et Ørðavík. C’est également le port principal de l’île, reliant les autres îles des Féroé par ferry et hélicoptère. Autrefois, on exploitait des mines de charbon. Situées à proximité du village, elles offrent l’occasion de faire une promenade (se renseigner auprès de l’office de tourisme). Encore en activité il y a quelques années, elles sont désormais fermées. Autres excursions en perspective : Hvalba et Sandvík, montagne à Hvannhaga, escalade entre Trongisvágur et Fámjin par le lac de Kirkjuvatn, pêche et navigation.
Festival Viking Days de Hov
Repartez mille ans en arrière avec le Viking Days à Hov, ancienne capitale viking des îles Féroé. Village constitué de tentes où sont exposés de magnifiques objets artisanaux. Repas traditionnel préparé avec les mêmes produits que ce que l’on trouvait sur les îles à l’époque des Vikings. Chants, danses en chaîne, combats de force et d’agilité. Une journée amusante pour toute la famille.
MINES DE CHARBON (RÓKHAGI)
Suðuroy est la seule île des Féroé où l’on trouve du charbon. L’histoire des mines remonte au XVIIe siècle. Elles se trouvent autour de Trongisvágur et de Hvalba. De nombreuses tentatives ont été faites pour exploiter le charbon de manière rentable, mais elles ont finalement échoué, car le charbon britannique était moins cher. Le charbon était uniquement extrait pour un usage domestique, remplaçant ainsi la tourbe comme combustible.
À Rangabotnur, dans la région de Trongisvágur, l’exploitation minière a commencé à la fin du XIXe siècle et fut active jusqu’à la fin des années 1970. En 1954, ces mines fournissaient environ 75 % des ménages des îles Féroé. Cependant, une fois encore, l’extraction n’étant pas rentable, elle fut remplacée par le pétrole.
Si vous le souhaitez, des visites guidées sont organisées par le bureau Visit Suðuroy à Tvøroyri.
NAKKUR
On y accède par une petite route.
Tvøroyri fut la cible d’un bombardement car les Britanniques y avaient installé leur poste d’observation pour prévenir les attaques aériennes allemandes. Les nazis voulurent détruire le vaste entrepôt de sel (qui porte encore le mot salt en lettres blanches sur son armature de béton) sur l’autre rive du fleuve par où arrive le bateau aujourd’hui. Mais la bombe tomba à côté dans la montagne… et n’explosa jamais. Venu de Norvège, l’avion avait été saboté par des résistants norvégiens qui avaient remplacé l’explosif de la bombe par du sable…
VÁGUR
On quitte la masse sombre et compacte des îles du nord pour descendre vers le sud. Est-ce pour cette raison que tout semble différent, couleur, gens, paysage, comme si c’était le Midi des Féroé ? Il n’est pas faux de parler du côté méridional de Suðuroy, car on descend assez loin dans le sud de l’Atlantique Nord. Le climat est plus clément qu’ailleurs. Et l’île offre des paysages assez différents avec ses mines de charbon et ses étranges formations de basalte qui semblent pousser de terre. En tout cas, l’arrivée à Tvøroyri, pour peu que le soleil soit de la partie, conduit au fond d’un fjord bordé de maisons colorées, éparpillées sur ses rives !
Eggjarnar et Ryskivatn
Eggjarnar est au sud de Vágur. Tournez à droite juste après la station-service Magn, du côté sud de Vagsfjordur ; la rue s’appelle Eggjarvegur, c’est une rue plutôt étroite. Cette belle promenade fait environ 5 kilomètres aller-retour. Le chemin sinue à travers des prairies d’herbes grasses, jusqu’à une ferme et ensuite… le vide et des falaises abruptes qui tombent à pic dans l’eau ! Fantastique point de vue sur la côte ouest de Suduroy avec d’étonnantes falaises où nichent quantités d’oiseaux.
Autre randonnée vers le lac de Ryskivatn. Beauté du lieu : le lac assez petit, circulaire en forme de cuvette, semble suspendu au-dessus de l’océan.
KALVALIÐ
C’est l’une des plus vieilles maisons de l’île, bâtie au XVIIe siècle pour les veuves de pasteurs. Habitée jusqu’en 1956, cette minuscule bâtisse de deux pièces est remplie d’objets parfois insolites. Des estomacs de vaches et de baleines séchées servant de bouées pour la pêche, des outils pour couper la tourbe, des lampes à huiles de baleine, des rouets, et dans la chambre, des chaussons d’intérieur : rouges pour les femmes, blancs pour les enfants, bleus pour les ancêtres… Les enfants dormaient dans le grenier, la veuve dans un lit en alcôve près de l’entrée.
RUTH SMITH ART MUSEUM
Ruth Smith Nielsen est une artiste féroïenne née en 1913. Après ses études au Danemark, à l’école d’art Bizzie Højer, puis à l’Académie des arts de Copenhague, elle retourna vivre dans le petit village de Nes, situé sur le fjord Vágsfjørður, entre les villages de Vágur et de Porkeri. La jeune femme aimait beaucoup nager dans la mer. Tragiquement, elle s’y noya en 1958. Inspirés par Cézanne, ses paysages attestent de l’influence des impressionnistes, la couleur vibre dans ses toiles. Amatrice de photos, elle aimait également capter la lumière des îles Féroé.
Le musée est situé dans la vieille école où allait Ruth lorsqu’elle était enfant. Parmi les peintures et les dessins de l’artiste, l’une des principales œuvres est un autoportrait peint en 1941.
VÁGSEIÐI
La région située à l’ouest de Vágar s’appelle Vágseiði. Les falaises et les récifs rocheux de cette zone sont exposés à des vents et à des vagues violents. Des statues y ont été érigées pour commémorer l’importance historique de ce petit port naturel qui, jusqu’au début du XXe siècle, offrait aux villageois un accès essentiel aux eaux occidentales. Vágseiði offre aux visiteurs des vues exceptionnelles et des ambiances très contrastées, que ce soit lors des journées d’hiver orageuses ou des nuits d’été sereines.
SKUVANES
Les seules falaises de l’archipel que l’on verra d’en haut ! On y accède très facilement depuis Vágur par une petite route goudronnée, bornée de mégalithes peints en blanc. Elle part de la route 21 menant au sud de l’île. Arrivé au bout de cette route, quelques vestiges de la Seconde Guerre mondiale : un abri et un cercle de ciment qui devait soutenir une DCA britannique, un pilulier ou casemate, un type de bunker d’où l’on pouvait tirer. Une fois contournés ces bâtiments désaffectés, à vos pieds, les falaises, les oiseaux, le vent, le vide immense…
