Îles Féroé – ÎLE DE STREYMOY

28 Juil 2026

Quand on arrive par la mer, la surprise est partout la même : un écrin de verdure sombre et assez plat, des maisons aux toits de tôle ondulée qui s’étalent sur un plan incliné avec, au loin, quelques montagnes basses. Tórshavn et ses 19 000 habitants vous attendent. La population se répartit dans de coquettes maisons que leurs propriétaires s’appliquent à peindre, rivalisant d’éclat avec le voisin, le jaune moutarde de l’un rehaussant le fuchsia de l’autre !

Une image qui semble figée dans le temps. Dans la vieille ville, les murs blancs de la petite cathédrale contrastent par leur éclat immaculé. Elle fut bâtie sur une colline de la ville, juste au-dessus du port coupé en deux par une avancée de terre où se tient le centre historique de Tinganes, siège millénaire du pouvoir féroïen. La grande histoire vient se mêler à la petite histoire de l’île de Streymoy, la plus vaste et la plus peuplée de l’archipel, et dont le nom signifie « Île du courant » . Effectivement, un courant vif sévit dans l’étroit chenal maritime qui la sépare de l’île voisine d’Esturoy « l’Île de l’Est ». Il change régulièrement de sens et peut aller jusqu’à douze nœuds (22 km/h)!

HALDARSVÍK

Haldarsvík est un village côtier paisible situé au nord-est de Streymoy, offrant de magnifiques vues sur le détroit de Sundini et sur le Slættaratindur, le plus haut sommet des Îles Féroé. Il abrite une église octogonale unique en son genre et se trouve à proximité d’une petite cascade locale, ainsi que de la cascade de Fossá, bien plus imposante.

HVALVÍK

Hvalvík s’est développée aux côtés de Streymnes, et jusqu’en 2005, elles formaient une commune indépendante, avant d’être intégrées à la commune de Sunda.

Le paysage autour de Hvalvík et Streymnes est à la fois plat et vallonné, et la Stórá, qui sépare Hvalvík de Streymnes, draine environ la moitié de la vallée de Saksunardalur, longue de 12 km. Le sol est idéal pour l’agriculture ; il n’y a pas de falaises abritant des oiseaux et les zones de pêche sont relativement éloignées. La pêche en mer a pris une grande importance dans le développement du village.

Église de Hvalvík

L’église date de 1829 et compte parmi les plus anciennes églises en bois des Îles Féroé. Les matériaux de construction provenaient en partie du trois-mâts écossais Broon, qui s’était échoué à Saksun en 1828. La chaire avait initialement été réalisée pour l’église de Tórshavn en 1609.

KIRKJUBØUR

Un beau village à découvrir absolument ! On y accède par la route (en cul-de-sac) ou en marchant par la montagne par deux chemins balisés. Il suffit de quitter Tórshavn à l’ouest par Landavegur (prévoir 2 heures à pied, environ 4 km). En grimpant au milieu des ruisselets, le chemin vous conduira par les prés vers les hauteurs, vous réservant une vue superbe sur l’île Hestur et ses fermes. La balade ne présente pas de difficulté. L’arrivée se fait un peu plus en à-pic, et soudain, sur fond de mer : une petite église blanche près de la grève, de grosses maisons noires aux fenêtres rouges, une église de pierre sans toit ni clocher.

CATHÉDRALE SAINT-MAGNUS

Dans le pays, on l’appelle aussi « le mur » : ll semblerait que cet édifice de pierre fut demeuré inachevé depuis le lancement de sa construction par l’évêque catholique Erlend, vers l’an 1300. Plusieurs énigmes subsistent autour de cette ruine. À l’intérieur, vous verrez cinq croix de Malte et plusieurs têtes d’hommes sculptées. Au sommet de la fenêtre ouest, celle du roi de Norvège Haakon V. À l’arrière de l’édifice, une plaque en pierre ornée d’un calvaire renferme sept reliques dont la seule relique connue de saint Thorlak d’Islande.

L’église paroissiale actuelle a fait office de cathédrale du pays jusqu’à la fin du XIIIe siècle, date à laquelle a débuté la construction d’une nouvelle cathédrale de style gothique, plus grande et bien plus richement ornée. Ce sont aujourd’hui ces ruines que l’on appelle la cathédrale Magnus.

L’édifice mesure 26,5 x 10,75 m. L’église se caractérise par ses hautes ouvertures de fenêtres, élancées et en arc brisé, sur le côté sud, ainsi que par la grande ouverture de fenêtre dans le mur d’extrémité est. À l’extrémité est du mur nord se trouve une aile latérale de 9,8 x 5,6 m appelée Nunnukleystrið. Il s’agissait vraisemblablement d’une chapelle dotée d’une large ouverture de fenêtre donnant sur l’est et d’une rosace à l’ouest, dont la nef était couverte d’une voûte d’arêtes. Dans le sol situé sous la fenêtre est, les fondations d’un autel ont été mises au jour. À l’origine, l’église possédait une tour à l’ouest, d’où l’on accédait à la grande nef par une arcade de 7 m de haut et 2 m de large. L’église avait été conçue avec six voûtes d’arêtes, mais on ignore si celles-ci ont effectivement été achevées ou si une autre solution a été trouvée, telle qu’une voûte en bois ou un plafond.

La cathédrale de Magnus tire son nom d’une plaque reliquaire située à l’extérieur, sur le côté est de l’édifice. Cette plaque en stéatite, encastrée dans le mur, mesure 65 x 63 cm et est ornée d’un magnifique relief représentant le Christ sur la croix, entouré de Marie et de Marie-Madeleine sous trois arcs. Le long du bord de la plaque figure une inscription en latin indiquant qu’elle renferme les reliques de Thorlacius, évêque saint d’Islande, et de Magnus, comte saint des Orcades. Les reliques sont conservées dans un coffret en plomb muni d’un couvercle, encastré dans le mur derrière la plaque. D’un point de vue historique et artistique, la plaque remonte au premier tiers du XIVe siècle.

ÉGLISE SAINT-BRENDAN (BRANDARSKIRKJAN)

On n’en voit plus qu’un mur au-dessus des galets, et un morceau de colonne au milieu du pré. Elle fut construite au XVe siècle sur les vestiges de l’église de Marie, elle-même bâtie au XIe siècle. C’est ici, qu’à partir du XIIe siècle, les pouvoirs religieux et royal, alliés, s’étaient fait construire leurs atours et leurs résidences. Dans ce qui est aujourd’hui un simple hameau, se dressaient la demeure de l’évêque des Féroé avec toutes ses dépendances, et pas moins de trois églises !

ÉGLISE SAINT-OLAV (ÓLAVSKIRKJAN)

Consacrée au XIIe siècle, cette église fut construite en pierres de taille. Après une lourde restauration, elle affiche désormais une belle sobriété luthérienne. Une partie du mobilier et des objets précieux (notamment une pierre runique, la pierre de Kirkjubøur, trouvée en 1832) fut envoyée au Musée national de Copenhague. D’autres (14 têtes de bancs sculptées d’apôtres et de saints) sont exposées au nouveau Musée national de Tórshavn. Son retable a été peint par Sámal Mikines.

ROYKSTOVAN (site)

Cette résidence privée appartient à la famille Patursson. Elle servit autrefois de résidence de l’évêque. Sa salle à manger constitue un témoignage unique du mode de vie des Vikings et de leurs descendants chrétiens. Il y a 900 ans, cette salle d’où la fumée s’échappait par le toit était appelée roykstova. Celle-ci, longue de 50 m, serait la plus ancienne du monde à être encore utilisée. Une légende raconte qu’un bateau norvégien ayant perdu sa cargaison, et dont les bois étaient numérotés, aurait échoué ici ! Le bois semble s’être pétrifié à cause de la suie, la fumée n’étant pas entièrement évacuée. L’antique roykstova est d’une beauté impressionnante, elle est meublée et décorée dans le style du XIXe siècle. De nos jours, cette très ancienne demeure est entièrement en bois alors que, quelques siècles en arrière, elle était en pierre sur deux étages. Les planchers étaient fabriqués avec le bois flotté trouvé sur les rivages de Kirkjubøur. Néanmoins, les soubassements sont faits de murs de pierre particulièrement épais : jusqu’à 2 m par endroit ! Autrefois, des tours de guet s’élevaient de part et d’autre. En parallèle se trouvait un bâtiment identique dont témoignent quelques pierres. Entre les deux s’étendait une cour pavée. Un second édifice datant du XVIIIe siècle est toujours habité. À l’extérieur, les montants des portes et les arcs furent taillés au début du XXe siècle, au moment de sa restauration. L’ensemble constitue une ferme active de 330 brebis et de bovins Highland. Séjour et déjeuners pour les groupes.

KVIVÍK

Une petite route descend depuis la route qui mène à Vestmanna (ou à Tórshavn dans l’autre sens). C’est par ce petit village en contrebas, au bord d’une mer qui semble grignoter la roche, qu’il faut faire un détour pour mieux imaginer le cadre de vie des premiers Vikings débarquant dans l’archipel. Les fouilles archéologiques ont révélé la présence ancienne de ces navigateurs incroyables. Le village s’est développé des deux côtés d’une baie étroite et de la petite rivière Stora. Kivik est réputé pour son club d’aviron : Kvívíkar Sóknar Róðrarfelag. Un de leurs bateaux, le Junkarin, a remporté à plusieurs reprises le championnat des îles Féroé.

FERME VIKING

Découverte en 1942, elle témoigne d’un exemple type de ferme viking, même si seules les fondations sont aujourd’hui visibles. Cette ferme comprenait une salle de plus de 20 m de long, avec un âtre en son centre et des bancs de terre le long des murs. Le toit était soutenu par des poteaux de bois dont on peut encore voir les emplacements au sol. Non loin, un autre bâtiment servait d’étable. Douze vaches pouvaient y tenir. Les archéologues ont trouvé des fragments d’ustensiles de cuisine et des jouets en bois, de nos jours exposés au Musée national de Tórshavn.

NORÐRADALUR

Le village isolé de Norðradalur, qui signifie « vallée du Nord » en féroïen, ne compte que 10 habitants. La route d’accès culmine à plus de 300 mètres d’altitude et peut être difficile à emprunter pendant les mois d’hiver.

Comme il n’existe actuellement aucun transport en commun vers Norðradalur, louer une voiture ou un vélo est le moyen le plus simple de profiter du paysage. En suivant la route sinueuse qui descend vers la vallée, vous serez émerveillé par une vue imprenable sur la vallée, avec en arrière-plan l’île caractéristique de Koltur.

SAKSUN

Très prisée par les groupes scouts et les campeurs, cette région des Féroé offre un paysage des plus surprenants. Au détour du dernier virage, on verra apparaître à la fois le plus champêtre et le plus maritime des tableaux. Saksun, un hameau idyllique figé dans le temps, avec son église au toit de gazon nichée au milieu d’un vallon verdoyant incliné vers une baie, sorte de fjord dans lequel la mer ne pénètre qu’à marée haute. Quelques vieilles maisons de pierre et d’herbe, dont l’une abrite le musée Duvugarðar, consacré à la vie d’autrefois. Une grande cascade au loin, quelques vaches, un cheval et les enfants de la ferme. Bucolique et enchanteur !

ÉGLISE (KIRKJA)

Difficile de trouver un plus bel endroit, à la fois hors du temps et en harmonie avec la nature environnante. Une clôture en pierres sèches, un portillon, des murs blancs et le toit recouvert d’herbe : cette petite église traditionnelle ressort de la verdure grâce à son clocher et sa croix visible de loin. La date de 1858 inscrite à l’entrée ne correspond pas à sa construction, mais à son déménagement. Elle fut en fait construite en 1693 à Tjørnuvík et transportée à travers les montagnes en pièces détachées jusqu’à Saksun au milieu du XIXe siècle !

MUSÉE DUVUGARÐAR (site)

Cette ancienne ferme a été parfaitement conservée et permet de mieux faire connaissance avec le quotidien des paysans féringiens du XXe siècle. Il faut d’abord trouver l’entrée : une petite porte en bois située derrière la maison. On pénètre alors dans une pièce au sol en terre battue qui servait de cuisine, véritable « salle de la fumée » ou roykstova avec sa cheminée centrale ouverte et son trou dans le toit pour laisser sortir la fumée du foyer, mais qui servait aussi d’unique source de lumière. La cuisine, encombrée d’ustensiles en tout genre, comportait des lits dans des alcôves, destinés aux employés de la ferme. Ceux-ci vivaient bien protégés du froid extérieur. Les fermiers dormaient dans la pièce d’à côté. Celle-ci était équipée d’un plancher, et meublée de façon rustique mais confortable car cette chambre servait par ailleurs de salon où accueillir les invités et se réunir le dimanche.

Ajoutée au XVIIIe siècle à la ferme traditionnelle, une pièce annexe porte le nom de glasstova car elle comporte des fenêtres à carreaux. Cette habitude ne fit son apparition sur l’archipel qu’à cette même époque. Le foyer du roykstova permettait de également de chauffer la glasstova. Des pièces adjacentes ont petit à petit remplacé une partie de la maison bâtie à la fin du XVIIIe siècle. Au nord, d’autres pièces ont été ajoutées pour permettre au prêtre de la paroisse de séjourner à Saksun au moment de la construction de l’église dans le hameau, en 1858. Le mobilier et les ustensiles datent du XIXe et du début du XXe siècle.

SORNFELLI

Un peu au-dessus du tunnel de Kaldbaks (sur la la route de montagne Oyggjarvegur), vous passez devant plusieurs bâtiments aux toits recouverts d’herbe, qui abritaient autrefois une base de surveillance militaire, mais qui servent aujourd’hui de prison. Continuez sur 2 kilomètres, puis tournez à gauche sur la route publique goudronnée. Elle est étroite, escarpée et comporte de nombreux lacets. Elle mène au sommet de la montagne Sornfelli, près des anciens radars de surveillance militaire, où se trouve un grand parking. Lorsque vous atteignez le parking, vous vous trouvez à 630 mètres d’altitude, ce qui fait de cette route la plus haute des Îles Féroé. Par temps clair, la vue sur plusieurs îles est spectaculaire, mais même par temps brumeux, lorsque le brouillard est bas, vous pouvez voir les sommets des montagnes émerger de la brume, ce qui est tout aussi époustouflant.

TJØRNUVÍK

Soudain, on aperçoit une plage de sable noir fin, cachée au fond d’une baie en forme de conque, entourée de rochers et d’une montagne qui descend en gradins entrecoupés de multiples cascades. Tjørnuvík est situé à l’entrée d’un détroit qui sépare Streymoy d’Eysturoy. Ce petit village fait face à Eiði et, depuis la plage très bien exposée pour le surf, on aperçoit les fameux pitons rocheux appelés « le Géant et la Sorcière ». Une randonnée d’environ 7 kilomètres vous emmènera sur les hauteurs où la vue mérite la grimpette. Elle est à couper le souffle ! Avec sa population de 64 habitants et sa petite église, Tjørnuvík a des airs de bout du monde.

CIMETIÈRE VIKING

C’est en 1956 que les premières fouilles ont été menées. On a retrouvé les restes de douze personnes, dans un cimetière situé sous le sable, près de la plage et à proximité d’une ancienne piste conduisant au village voisin. Certains des corps gisaient complètement étendus sur le dos, d’autres étaient couchés sur le côté gauche, les genoux repliés, et tous avaient la tête tournée vers le nord. De récentes fouilles ont permis de découvrir, sous une maison construite en 1936, les fondations d’une maison viking comportant plusieurs pièces (4,5 m ont été dégagés).

VESTMANNA

Ce gros village de 1300 habitants s’est développé autour de son port. Vestmanna est aussi l’endroit d’où l’archipel tire une partie de son électricité. L’énorme pipeline qui balafre la montagne en arrière-plan transporte de l’eau qui s’écoule d’un lac derrière la montagne, et dégringole le versant à pic au-dessus de la ville pour venir faire tourner les turbines de l’usine hydroélectrique. Le relief est particulièrement tourmenté, la route qui part de Vetstmanna vers Tórshavn vous emmène presque dans les nuages ! Au nord de la ville, d’énormes falaises percées de grottes et de cavernes maritimes, Vestmannabjørgini, font partie des visites incontournables.

Office du tourisme : https://www.visit-vestmanna.com/

FAER ISLES DISTILLERY (site)

Une distillerie qui fait parler d’elle. Le projet a démarré en 2019 avec les premières expérimentations de distillation avec huit types d’algues féroïennes et autres plantes botaniques locales. Élaboration d’une recette de whisky qui sera commercialisé en 2026. Et c’est parti ! Les premiers gin, vodka et akvavit sont commercialisés depuis 2022 et déjà primés notamment au concours de spiritueux de Londres en 2023. Inédite : la vodka sous-marine North Atlantic, première vodka au monde à base d’eau douce provenant d’un réservoir situé sous le fond marin.

MUSÉE DE CIRE (SAGAMUSEUM)

Sagamuseum porte bien son nom puisqu’ici, on vous raconte le passé à la manière des sagas nordiques ! Un musée de cire, et pour tout dire le seul des îles, qui présente dix-sept reproductions de personnages emblématiques de l’histoire des Féroé, saisissantes de réalisme. Ils vous racontent l’épopée féringienne depuis l’arrivée des premier colons jusqu’à nos jours. Cela peut paraître un peu kitsch ou surfait mais en général les enfants adorent ! Du moins, les plus téméraires…

VESTMANNABJØRGINI (site)

Rochers et grottes. Les fameuses falaises à oiseaux, birdcliffs des prospectus et des tour-opérateurs locaux, comme autant d’immenses cathédrales de pierre. Naviguez entre les crevasses et les pitons rocheux, pénétrez cette terre féringienne si massive et mystérieuse. On ne peut pas vraiment s’approcher des oiseaux mais on voit plonger les macareux et tournoyer les fulmars au-dessus du bateau. En revanche, pour le dépaysement et le frisson (à cause du spectacle grandiose mais aussi à cause du froid, prenez un pull même s’il fait beau !), c’est à ne pas manquer.

VIĐÁIR

STATION DE CHASSE À LA BALEINE ABANDONNÉE

Au XIXe siècle, les Norvégiens ont étendu leur industrie baleinière à l’Atlantique Nord et aux quatre coins du monde. Sept stations de chasse à la baleine norvégiennes ont été construites aux Îles Féroé entre 1894 et 1905.

Les maisons entièrement rouges d’Áir constituent l’exemple le mieux préservé de ce chapitre singulier de notre histoire. Les stations baleinières ont connu plusieurs propriétaires au fil des ans et, après la fermeture de la société féroïenne J.F. Kjølbro en 1958, les activités de chasse à la baleine ont ralenti dans les années 60 et 70. La dernière baleine a été abattue et dépecée ici en 1984.

Aujourd’hui, ce complexe soigneusement rénové fait office de musée en plein air et offre un aperçu fascinant de l’histoire de la chasse industrielle à la baleine, qui a laissé des traces dans la culture et les paysages féroïens.

TÓRSHAVN

Une ville dynamique et sympathique. D’un côté, le port marchand bordé de façades multicolores, de l’autre, le port où accostent les voyageurs, près du vieux fort verdoyant de Skansin, dont les bâtiments sont toujours recouverts de gazon touffu. Puis la ville moderne se hisse sur les collines. Le bus qui arrive de l’aéroport descend lentement vers la mer, laissant apercevoir les jardinets des maisons à l’architecture si typique. Très vite, l’envie vous prend de vous promener au hasard des ruelles de la vieille ville où d’étranges cabanons de bois noir à claire-voie servent encore de garde-manger pour sécher la viande et le poisson. La capitale apparaît alors avec tous ses attributs : le quartier historique où se tient l’administration gouvernementale, le petit Parlement, les banques et les boutiques, un peu plus loin le jardin public, le théâtre… Autant de promesses de balades et de découvertes dans un calme étrange : ici, on vit très peu à l’extérieur, habitude des longs hivers nocturnes. On croise quelques habitants qui se disent bonjour systématiquement ou presque. En dehors des heures d’ouverture des boutiques, seuls les touristes semblent prendre plaisir à la promenade dans ce monde terriblement dépaysant. Mais ces dernières années, la vie nocturne a changé… Le quota de licences permettant de vendre de l’alcool a permis à plusieurs bars, restaurants et discothèques d’ouvrir leurs portes. Les jeunes Féroïens et, en général, tous ceux qui ont eu l’occasion d’aller étudier ou travailler au Danemark, aspirent à vivre dans une capitale plus ouverte sur le monde actuel.

Office du tourisme : www.visittorshavn.fo / voir aussi https://visitfaroeislands.com/en

AQUARIUM DES FÉROÉ (FØROYA SJÓSAVN) (site)

Situé sur une colline à 15 minutes à pied du port, l’aquarium offre la possibilité de découvrir la vie des fonds de l’océan Atlantique nord. L’initiative remonte à 2006 afin de valoriser le patrimoine naturel et d’aider à mieux le protéger. Plus d’une quarantaine d’espèces sur les 238 espèces de poissons qu’on peut trouver dans les eaux de l’archipel sont présentées. Des pieuvres, des petits requins, des murènes, mais aussi des crustacés et des poissons rares. Idéal par temps brumeux !

CATHÉDRALE DE TÓRSHAVN (HAVNAR KIRKJA)

C’est l’église de bois blanc qui surplombe le port, à l’entrée de Tinganes. Bâtie en 1788, elle fut reconstruite en 1865. Elle abrite un retable remarquable de style Renaissance tardif représentant la Cène. Sur un panneau du triptyque, une dédicace précise que Hans Sevrensen, ancien marchand des îles Féroé, remit ce retable à l’église de Torshavn en 1647. La cloche de la cathédrale proviendrait d’un navire norvégien qui a coulé le soir du 31 décembre 1707 au large de l’île de Suðuroy.

ÉGLISE DE L’OUEST (VESTURKIRKJAN)

Bâtie en 1975, cette « église de l’Ouest », visible de partout, surprend par son audacieuse architecture contemporaine qui épouse parfaitement son environnement. Sa façade principale superpose deux triangles élancés tels deux voiles de bateau. Ses formes épurées laissent la place à la lumière. L’intérieur sobrement recouvert de bois clair est baigné de clarté au niveau de l’autel et du choeur entièrement peint blanc. Une douce atmosphère s’en dégage…

ÉGLISE SAINTE-MARIE (MARIUKIRKJAN)

C’est l’église catholique dédiée à la Vierge et son couvent de franciscaines. Dans ce pays luthérien, on compte à peine 60 catholiques sur 48 000 habitants ! Elle domine le parc, on y accède par Mariugöta. Les soeurs sont francophones et absolument pas cloîtrées. Il faut simplement respecter le silence des lieux. Installées depuis les années 1930, elles ont financé leur église en 1987, en paiement de leur école qui s’est largement développée pour devenir la plus importante de la ville.

FORT DE SKANSIN (SKANSIN FÆSTNING)

Sur cette pointe à l’est de la baie de Tórshavn, un marchand féringien, Magnus Heinason, fit édifier en 1580 un premier fortin, une sorte de redoute destinée à mieux résister aux incursions des pirates (qui attaquaient depuis le Moyen Âge), notamment les Turcs d’Alger. Pour faire face à ces attaques répétées contre lesquelles rien ne semblait possible, le roi du Danemark, Frederik II, lui confia temporairement le monopole du commerce. Magnus sembla être l’homme de la situation ! Et pour cause ! Le fort de Skansin a rapidement intimidé les corsaires et Magnus Heinason est devenu un héros national, encore célébré aujourd’hui dans les chants qui accompagnent les danses lors des fêtes populaires. Détruit et reconstruit à plusieurs reprises au cours des siècles, Skansin a été remis en état au cours des guerres napoléoniennes. On le considérait alors comme la plus importante fortification de toute l’Europe du Nord. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Britanniques qui occupaient l’archipel, y établirent le quartier général de la Royal Navy. De nos jours, la petite forteresse ressemble à ce qu’elle était lors de son agrandissement de la fin du XVIIIe siècle. La visite des bâtiments (de petites casemates en pierre aux toits recouverts d’herbe) n’est pas autorisée, mais on peut se promener près du phare et des canons. La vue est superbe : vous dominez la ville de Tórshavn et lorsque vous regardez vers l’est, vous apercevez l’île et le village de Nølsoy.

GONGIN

Gongin est un vaste carrefour d’où part la rue piétonne Niels Finsens qui rassemble, autour de quelques arbres, des bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles dont le Parlement, une belle maison blanche au sommet d’une hauteur, la mairie, l’ancienne école communale, superbement construite en fer à cheval, avec son bois rouge et ses toits verts, (aujourd’hui librairie). Encore plus haut vers le port, on aperçoit, flanquée d’une tourelle, la maison du gouverneur qui resta longtemps l’unique construction en pierre. C’est la résidence du représentant de l’État danois.

JETÉE DU PARLEMENT (TINGANES)

Sur cette digue qui sépare la baie en deux ports, s’est réunie, il y a 1 000 ans, la première Assemblée féringienne. La plus ancienne construction porte la date de 1623. Flâner à travers ses ruelles escarpées est un véritable voyage dans le temps : petites maisons aux toits d’herbe grasse, morues qui sèchent accrochées aux fils à linge. On se croirait revenu plusieurs siècles en arrière. Qui pourrait imaginer que ce petit quartier abrite les plus grandes institutions de l’archipel ?

VIEILLE VILLE (à Reyni) : La vieille ville de Tórshavn, composée des quartiers de Reyn et d’Undir Ryggi, est un petit quartier de maisons en bois (du XIVe s.) recouvertes de goudron noir, aux fenêtres à encadrement blanc et aux toits de gazon. Ces maisons du XIVe siècle sont encore aujourd’hui habitées. Promenez-vous dans ses ruelles étroites et sinueuses pleines de charme et découvrez un merveilleux mélange d’ancien et de moderne.

KONGAMMINNIÐ

Un obélisque dans un petit square, au-dessus de la ville, construit par Jákup Andrias Arge et H.C. Arnbert. On y accède par la rue Hoyvíksvegur, en partant du port des passagers. Il commémore la première visite d’un souverain danois aux Féroé, le roi Christian IX, en 1874, alors que l’archipel était sous drapeau danois depuis 1380. Cette visite a bien ému le maire de Tórshavn qui serait décédé devant la foule et… le roi du Danemark, pendant son discours de bienvenue. Le roi, très choqué, soutint financièrement la veuve du maire pour le restant de ses jours.

MAISON NORDIQUE (NORÐURLANDAHÚSIÐ) (site)

Cette Maison nordique fut inaugurée en 1983. Tous les pays nordiques ont participé à sa construction. Le bois est suédois, les meubles finlandais, les pierres norvégiennes, le verre et l’acier danois, le toit est islandais… et l’herbe au-dessus est féringienne ! On trouve là un auditorium, une salle de projection et de spectacle, un petit centre de documentation, des salles d’exposition… C’est un passage obligé à Tórshavn. Une architecture étonnante.

MUSÉE D’ART NATIONAL (LISTASAVN FØROYA) (site)

Un musée d’art de grande qualité. Autrefois galerie privée, il fut agrandi avec la participation des autorités féringiennes. Les salles formidablement conçues sont à l’image des musées contemporains que l’on trouve en Scandinavie : agencement, matériaux, utilisation de la lumière naturelle, superbe mise en valeur d’une collection de 2 500 oeuvres, essentiellement des peintures, des graphismes, des sculptures, des installations, des textiles… des années 1830 à nos jours. Enfant du pays, Mikines est un artiste incontournable mort en 1979. Ses toiles, qui laissent deviner une forte personnalité, rendent d’une manière émouvante la terre, la mer, les couleurs de son pays et de ses habitants. Presque figuratives, aux dominantes sombres, elles abondent en scènes bibliques ou de la vie quotidienne des Féroé : danses et farandoles, chasse traditionnelle des globicéphales, paysages tourmentés et plusieurs portraits dont certains datés des années 1930-1940. Parmi les principales oeuvres contemporaines, La Profondeur de la mer, signé Tróndur Patursson. Une installation immersive faite de verre et de miroirs : vous aurez la sensation de flotter au milieu de la mer. Optiquement, perception d’une profondeur de 700 mètres. Ou encore Whale-War d’Edward Fuglø. Sculpture monumentale d’un corps de baleine constituée de milliers de petits soldats peints en noir (environ 32 000 !) et d’une installation sonore. Évocation activiste de l’artiste à propos du grindadráp, chasse traditionnelle des Féroé.

MUSÉE NATIONAL (FØROYA FORNMINNISSAVN) (site)

Les amateurs d’histoire naturelle seront enchantés par ce Musée national installé dans un bâtiment vaste et neuf à 4 km du centre-ville. Une façon pédagogique d’aborder la faune et la flore locales, la géologie et la vie dans l’archipel avant de les découvrir au cours de son périple. Pour voir des macareux bien vivants, il faudra vous rendre à Mykines. Sinon, vous les trouverez sous l’étiquette Lyndi, mais l’usage veut qu’on les nomme Puffin. Dressé assez haut sur pattes avec un long bec rouge : l’oiseau national des Féroé, un Tjaldur, un huîtrier-pie. Levez les yeux : suspendus au plafond, les squelettes géants de Grindahvalur. Il s’agit de la fameuse baleine noire, apparentée aux dauphins, que les Féringiens chassent traditionnellement lorsque les troupeaux approchent des côtes. En français, on les appelle les globicéphales.

Un peu plus loin, des moutons naturalisés en 1844 : une race sauvage dont les derniers représentants furent abattus en 1866 sur l’îlot de Lítla Dímun. Une espèce qui se rapproche des moutons Soyay, vivant dans les Hébrides.

Parmi les trésors culturels de l’exposition : le bateau à rames typiquement féroïen, la collection complète des bancs légendaires de Kirkjubøur du XVe siècle, une variété de costumes nationaux et des objets de l’époque viking comme cette raquette en bois d’un jeu ancêtre du tennis.

Parmi le matériel de pêche et toutes sortes de couteaux, lanternes et sextants, regardez attentivement une boîte aux langues, munie de 2 compartiments et d’un clapet. Chaque pêcheur y déposait les langues des poissons pêchés pour être rétribué. D’un côté, les prises du jour, de l’autre, celles de la semaine. Elles étaient comptées chaque dimanche.

Par ailleurs, vous comprendrez mieux les difficultés rencontrées par les habitants soumis au monopole royal du Danemark (1709-1856) : celui-ci garantissait les débouchés aux productions locales (notamment les chaussettes de laine de mouton exposées ici) et l’importation de denrées, mais il maintint l’archipel dans une dépendance et une stagnation économique de presque deux siècles. Une vue de Tórshavn, peinte en 1700, est la plus ancienne représentation connue de la ville.

En complément, passez par la ferme de Hoyvíksgarður, située dans une belle vallée verdoyante juste à l’extérieur de Torshavn. Vous pourrez visiter une ancienne ferme traditionnelle avec ses maisons et ses écuries. À l’origine, elle se situait à Kúrdalur majs elle fut déplacée par le fermier propriétaire en 1772.

VIÐARLUNDIN PARK

Un jardin public avec bassins pour les canards, allées éclairées le soir, des fleurs et des arbustes, et quelques arbres qui se dressent, tout fiers d’avoir résisté aux intempéries. Certains de leurs voisins sont encore couchés, déracinés à cause de la terrible tempête de décembre 1988 qui détruisit les deux tiers des arbres du parc. Près du musée d’Art moderne, se dresse une immense statue en l’honneur de tous les Féringiens décédés durant la Seconde Guerre mondiale et du Marin inconnu, fêté tous les 1er novembre, pour les disparus en mer au cours des siècles.

HOYÍKSGARÐUR

Niché dans une vallée verdoyante aux portes de Tórshavn, le musée de Hoyvíksgarður est un lieu incontournable pour les passionnés d’histoire. Découvrez cette ferme méticuleusement préservée, qui fait désormais partie du Musée national des Îles Féroé, situé à 15 minutes à pied. Ne manquez pas non plus le jardin botanique, qui met à l’honneur les fleurs endémiques des Îles Féroé. Ensemble, la ferme, le musée et le jardin préservent et racontent l’histoire culturelle et naturelle des Féroïens, leur survie, leur mode de vie et leur épanouissement à travers les âges.