
Fugloy est connue comme « l’île aux oiseaux » en raison du grand nombre d’oiseaux qui nichent sur les falaises. Elle est la plus orientale et la plus petite des dix-huit îles formant l’archipel. Séparée de l’île voisine de Svínoy par le Fugloyarfjørður, elle est quotidiennement reliée par ferry au village de Hvannasund sur Viðoy. Par ailleurs, l’île est également atteignable par hélicoptère, trois fois par semaine. Côté relief, elle compte plusieurs sommets : Mikla (420 m), Klubbin (621 m) et Norðberg (549 m). Seules 37 personnes vivent sur l’île, réparties entre les deux villages de Kirkja et Hattarvik.
Essentiellement constituée de basalte, ses paysages sont un atout touristique majeur : les falaises d’Eystfelli, hautes de 448 m, sont situées sur la côte Est. À proximité, sur la pile maritime Stapin (47 mètres de haut) se trouvent également un phare, une arche naturelle et ce qui ressemble à la silhouette d’un pharaon égyptien (« le visage du pharaon »).
L’île est identifiée comme « Zone importante pour la conservation des oiseaux » par BirdLife International, en tant que site de reproduction des oiseaux de mer, en particulier les macareux moines (15 000 couples), les océanites tempête (25 000 couples) et les guillemots noirs (100 couples), ainsi que pour environ 50 couples reproducteurs de corlieus eurasiens.
Autrefois, Fugloy était également un site de nidification pour le grand pingouin (garefowl), aujourd’hui disparu, d’où le nom de la corniche rocheuse Gorfuglarókin, « garefowl ledge ». Des sources écrites confirment que les grandspingouins se reproduisaient encore ici au XVIIIe siècle.
KIRJKA
Kirkja, dont le nom signifie « église », est située à la pointe sud de l’île. Ses terres s’étendent sur tout le côté ouest de l’île, et comprennent une petite enclave, le Skarðsvík, désormais inhabitée. Les archéologues y ont localisé une ancienne colonie qui n’était occupée qu’une partie de l’année. Le village de Kirkja, d’une vingtaine d’habitants, est relié à Hattarvik par la route construite dans les années 1980 et par le ferry. Le village est surtout connu pour l’extraordinaire point de vue depuis Fugloyarfjørður vers les îles voisines et les caps de Svínoy, Enniberg et Viðoy – l’une des plus hautes falaises du monde – et l’isthme de Viðareiði, motif récurrent des peintres féroïens et étrangers au cours du siècle dernier, en raison de son coucher de soleil.
HATTARVÍK
Les origines de Hattarvík remontent à l’époque viking, vers 900, mais son église ne date que de 1899. Onze personnes y vivent de manière permanente. Ici, on vous parlera de l’histoire des « floksmen », un groupe de séparatistes rebelles venus se réfugier
au XVe siècle. Parmi ces derniers, quatre sont particulièrement connus : Høgni Nev, Rógvi Skel, Hálvdan Úlvsson et Sjúrður við Kellingará (originaire de Kirkja). Devenus des bandits, ils tyrannisaient les populations et contrôlaient partiellement le nord des îles Féroé. Arrêtés au même moment, ils furent condamnés à mort.
