
Borðoy, « l’île promontoire », est la plus grande des îles du Nordoy. Longtemps restée isolée, aucune liaison routière jusqu’en 1989, elle se caractérise par ses cinq sommets qui rivalisent de hauteur et dont la base vient glisser doucement dans la mer. Ce qui leur confère à la fois un aspect majestueux, mais aussi un peu fantastique. De quoi retrouver l’atmosphère des légendes nordiques… Klaksvik est la colonie principale. Depuis 2006, un tunnel routier et sous-marin, qui descend à 150 mètres sous le niveau de la mer, la relie à l’île d’Eysturoy. Elle compte huit communes : Norðoyri, Klaksvík, Ánirnar, Árnafjørður, Norðtoftir, Depil, Norðdepil et à son extrémité nord, le village historique abandonné de Múli. Vous pouvez le rejoindre en prenant le bus de Klaksvík à Norðdepil, ensuite c’est par un chemin de randonnée que vous y arriverez. Vous pouvez également marcher jusqu’à la vieille ferme de Køtlum, située au centre de l’île, juste au-dessus du village d’Árnafjørður. Dans les temps anciens, les habitants venaient y régler leurs différends. L’endroit est marqué par un cercle de pierres qui dessinait l’ancienne place publique.
ÁRNAFJØRĐUR
Árnafjørður abrite la seule plage des Îles du Nord, un havre de paix estival et le point de départ de randonnées historiques au cœur d’une nature sauvage. Située au cœur des Îles du Nord, vous y trouverez la plus belle (et unique) plage de la région. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la crainte que des mines ne s’échouent sur le rivage était constante. Aujourd’hui, la baie est un refuge estival idyllique.
Depuis Árnafjørður, une randonnée aller-retour de 2 h 30 vous mènera à Katlarnir, l’ancien lieu de réunion local situé au centre géographique des Îles du Nord. C’est là que les jugements étaient rendus et les litiges réglés. Ce parcours n’est recommandé qu’aux randonneurs expérimentés ne souffrant pas de vertige.
Svartidalurfoss
DEPIL
Depil entretient un lien fort avec son passé. L’ancienne ferme du village est classée monument historique. Elle témoigne de l’agriculture traditionnelle et de la vie rurale des Îles Féroé. Cette ferme préservée permet aux visiteurs de découvrir comment les gens vivaient et travaillaient autrefois dans les petites communautés insulaires. Elle met également en évidence l’importance de l’agriculture dans le développement du village. La vie à Depil est simple et paisible. Le village est entouré de paysages ouverts, de montagnes et de la mer. Il offre ainsi une atmosphère sereine et un lien étroit avec la nature.
Bien que Depil soit petit, il représente une partie importante du patrimoine culturel féroïen. Il montre comment de petites communautés continuent d’exister et de perpétuer leurs traditions à l’époque moderne.
KLAKSVÍK
Avec ses 4 900 habitants, c’est la seconde ville de l’archipel. Elle est enclavée le long du port qui se déploie sur les deux rives d’un isthme étroit, d’où son nom : klakkur qui signifie « falaise » et vík la « baie ». C’est le plus grand port de pêche des Féroé et un centre industriel
qui a grandi de façon exponentielle tout au long du XXe siècle (la population a été multipliée par huit en 80 ans), avant d’être durement touché par la crise de la pêche des années 1990. Incontournable à Klaksvík, la brasserie familiale Föroya Bjór fondée en 1888 avec pour emblème un bélier. La route en boucle lui confère une étrange géographie.
ÉGLISE SAINT-CHRISTIAN (CHRISTIANSKIRKJAN)
Un beau mélange d’architecture à la fois audacieuse et traditionnelle. Cette église, dédiée au roi Christian X (mort en 1947) et à tous les marins disparus durant la Seconde Guerre mondiale, fut inaugurée par son fils Frederik IX en 1963.
Le bâtiment s’inspire des églises en bois féroïennes, très sobres. Les murs extérieurs sont faits de blocs de basalte. Sur les côtés, cinq pignons sont revêtus de bois noir et blanc. Le clocher se dresse un peu à l’écart de l’édifice.
Le chœur s’articule autour de l’imposante peinture de 7 mètres de haut illustrant des scènes de la vie du Christ. Cette fresque avait été réalisée par l’artiste danois Joakim Skovgaard (en 1901) pour la cathédrale de Viborg. En raison de l’humidité des murs, l’œuvre risquant de s’endommager, elle fut transférée sur toile, placée au Musée national du Danemark, puis mise à la disposition de l’architecte Peter Koch pour son projet.
Le vitrail de la rosace, de l’artiste danoise Ulrikke Marseen, représente le Christ porteur du poids du monde.
Quant aux fonts baptismaux en granit, datés d’environ 4 000 ans, ils servaient à l’origine de vase d’offrande païen dans une église du nord de la Zélande au Danemark.
Sous la charpente de la nef, suspendu, un áttamannafar (bateau spécifique aux îles Féroé), dernier construit pour le presbytère de Viðareiði. Il fit partie du naufrage en mer, la veille de Noël 1913. Plusieurs bateaux disparurent, dont ceux de Skarð. Tous les hommes adultes de ce village périrent cette nuit-là.
MUSÉE DU NORD (NORÐOYA FORMINNASAVN)
Près de la brasserie des bières Föroyar sur le port, un vieux bâtiment noir, ancienne pharmacie, témoigne de la puissance que pouvait conférer dans la région l’ancien monopole royal du commerce. Le marchand qui s’était fait construire cette maison en 1838 avait même battu sa propre monnaie ! Le musée a été fondé en 1968. Il y a deux expositions. Une sur la vie quotidienne aux îles Féroé ces dernières années. La deuxième, The Chemistry, fut aménagée en 1919 en atelier de drapier.
ÚTI Í GRØV
Visitez le parc Úti í Grøv. La vallée luxuriante au bord du rivage constitue un contraste assez saisissant, avec les paysages dépourvus de toute végétation de l’archipel. Ici, deux rivières dévalent la montagne et fusionnent juste avant de disparaître dans l’océan. Les enfants viennent jouer dans les rivières, dont les bassins plus profonds vous invitent à la baignade, si vous osez braver l’eau froide. C’est la seule zone boisée de Klaksvík. Les arbres ont été plantés au début des années 1980. Au cours de la promenade, vous remarquerez peut-être les ruines d’une maison datant de la période viking et un hangar en tourbe.
SKÚLASKIPIÐ DRAGIN (site)
Durant l’été, le vaisseau Dragin KG 212 vous emmène vers les fameuses falaises aux oiseaux au nord de Klaksvík et au nord de Kunoyarnakk. À bord, vous découvrirez la vie des marins. Et on vous servira une soupe et un café. Le bateau peut également être réservé pour des pêches en haute mer. Dragin est avant tout un navire-école, mais le grand public a la possibilité d’en profiter aussi. Ce projet de sauvegarde de voilier historique remonte à 25 ans en arrière. Ce bateau peut être amené à voyager en haute mer vers l’Écosse, l’Islande ou la Norvège.
BRASSERIE FØROYAR
On ne peut pas la manquer, de l’autre côté du terminal du ferry, près du musée, avec son emblème peint sur tout le côté : un bélier vu de face. On peut visiter. C’est la meilleure bière de l’archipel. En 1883, Símun F. Hansen partit au Danemark pour apprendre l’art du brassage. À son retour aux îles Féroé en 1888, il créa sa propre brasserie à Klaksvík, la deuxième à être établie dans le pays. La première brasserie était Restorffs Bryggjarí. Depuis 2009, et l’ouverture d’un bureau à Reykjanesbær, la compagnie a commencé à exporter ses produits en Islande.
Pour avoir un aperçu de cette situation particulière, c’est très simple. Il suffit de prendre de la hauteur jusqu’au point de vue de Klakkur. On peut s’y rendre à pied depuis le centre ville ou tricher un peu en se garant au démarrage du sentier.
Quand ce n’est pas un bout de Bordoy, c’est Kalsoy ou Kunoy qui créent des fjords splendides. Dans l’eau, des enfilades de cercles marquent l’emplacement des élevages de poissons. Plus on grimpe et plus la situation de Klaksvik est claire, mais mon regard est hypnotisé par le duel silencieux entre Kalsoy et Kunoy qui se font face, l’une et l’autre se disputant la lumière.
MÚLI
Découvrez Múli, un village isolé des îles Féroé, entouré de montagnes escarpées et offrant une vue imprenable sur l’océan, riche en histoire et en folklore. Niché sur la côte nord-est de Borðoy, Múli donne l’impression de faire un bond dans le passé. Autrefois l’un des villages les plus reculés des îles Féroé, il fut le dernier à être électrifié en 1970, puis fut abandonné, même si quelques maisons reprennent vie en été. Entouré de montagnes escarpées et offrant une vue imprenable sur l’océan, Múli recèle des légendes de sorciers et de créatures mystérieuses, conférant au paysage un caractère sauvage et surnaturel. Les randonneurs et les vagabonds qui s’y aventurent sont récompensés par le silence, le folklore et le sentiment persistant d’une vie autrefois à la limite de l’insupportable.
