Pétur Gunnarsson naît le 15 juin 1947 à Reykjavik. Il vient étudier en France, où il obtient une maîtrise de philosophie à l’université d’Aix-Marseille en 1975.
Ses toutes premières publications paraissent dans le magazine Tímarit Máls og menningar, au comité rédactionnel duquel il participe pendant longtemps. En 1973, Pétur Gunnarsson publie un recueil de poésie, Splunkunýr dagur (qui signifie Un tout nouveau jour). En 1976, il publie son premier roman, Punktur, punktur, komma, strik (Point, point, virgule, tiret), qui suit le quotidien et les interrogations d’un jeune citadin, Andri Haraldsson, dans l’Islande des années 1960. Le livre remporte un succès critique et populaire immédiat, est rapidement étudié dans les écoles et devient un classique. Le livre est adapté au cinéma par Þorsteinn Jónsson en mars 1980, également avec succès. Gunnarsson consacre trois autres livres au personnage d’Andri.
Pétur Gunnarsson se lance peu après dans le théâtre, en 1977, avec deux pièces : Grænjaxlar, qu’il écrit pour le Théâtre national d’Islande, et Krókmakarabærinn, en coopération avec l’École dramaturgique d’Islande. La même année, il collabore à un album de musique, Lög unga fólksins, dont il écrit les paroles. Il publie régulièrement des romans et des essais.
Pétur Gunnarsson exerce également des activités de traducteur, notamment du français vers l’islandais : il traduit en 1995 Madame Bovary de Flaubert (Frú Bovary), traduction qui lui vaut le Prix culturel DV en 1996, et Du côté de chez Swann, le premier volume de À la recherche du temps perdu de Proust, en 1997-1998 (Í leit að glötuðum tíma : leiðin til Swann).
De 1977 à 1981, Pétur Gunnarsson est membre du bureau de l’Alliance française en Islande, dont il est président en 1980-1981. En 2006, il devient président de l’Union des écrivains islandais.
- Splunkunýr dagur (1973) (recueil de poèmes)
- Tétralogie romanesque d’Andri Haraldsson :
- Punktur, punktur, komma, strik (1976) – Point, point, virgule, tiret : « Le livre que voici a été unanimement salué par la critique de son pays. Pourquoi ? D’abord parce qu’il donne de la vie quotidienne islandaise, telle que vue par des enfants ou des adolescents dans les années 1960, une image parfaitement juste et accordée à la problématique de la modernité en ce pays-là. Et c’est la seconde ressortit davantage à l’histoire littéraire. Il faudrait parler ici, bien entendu, de l’extraordinaire école des poètes dits ?atomiques? qui s’exprima précisément dans les années 50 et qui n’a pas pu ne pas marquer Pétur. Mais je me satisferai de dire que le surréalisme, un certain surréalisme, préside sans aucun doute à l’inspiration de l’auteur de Point point virgule tiret, dont l’?uvre, d’ailleurs, s’est régulièrement poursuivie depuis, toujours à partir des mêmes prémisses et toujours selon une visée fidèle à des racines vraiment typiques. En somme : deux, sinon davantage, ouvrages en un seul. Une initiation à l’existence de tous les jours en Islande, et une superbe variation sur la thématique la plus profonde de nos inspirations occidentales présentes. Car Andri, Doddi, Maggi, tant d’autres, n’auraient pas tout leur sens en dehors de la Reykjavík de 1960, mais ils nous interpellent ne serait-ce que par le regard à la fois fruste et hanté qu’ils jettent sur notre condition. »
- Ég um mig frá mér til mín (1978)
- Persónum og leikendum(1982)
- Sagan öll (1985)
- Grænjaxlar (1977) (pièce de théâtre)
- Krókmakarabærinn (1977) (pièce de théâtre)
- Sykri og brauði (1987)
- Hversdagshöllinn (1990)
- Dýrðin á ásýnd hlutanna (1991)
- Efstu dagar (1994)
- Heimkoma (1997)
- Vasabók (1999) (recueil d’essais)
- Aldarför (1999)
- Cycle Skáldsaga Íslands :
- Myndin af heiminum: Skáldsaga Íslands (2000)
- Leiðin til Rómar: Skáldsaga Íslands II (2002)
- Vélar tímans: Skáldsaga Íslands III (2004)
- Að baki daganna (2003) (recueil de poèmes)
- ÞÞ – í fátæktarlandi: Þroskasaga Þórbergs Þórðarsonar (2007)
- ÞÞ – í forheimskunarlandi (2009)
