Né à : Reykjavik , le 23/04/1902
Mort à : Reykjavik , le 08/02/1998
Halldór Kiljan Laxness, né Halldór Guðjónsson est un écrivain islandais.Laxness passe son enfance dans la ferme de son père dans la localité de Laxnes, dont il tire plus tard son nom de plume. Il publie à dix-sept son premier roman, “L’enfant et la Nature”.Il effectue de nombreux voyages à travers l’Europe (Scandinavie, Allemagne, France, Angleterre, Italie…). Il se convertit au catholicisme en 1923 et ajoute à son nom le prénom de Kiljan en l’honneur du saint irlandais. Il étudie la théologie en Italie puis au monastère de Clairvaux. Ses lectures du surréalisme et de Proust influencent “Le grand tisserand du Cachemire” (1927), son premier roman important. Il voyage ensuite aux États-Unis et au Canada, et se lie d’amitié avec le romancier Upton Sinclair. Il abandonne alors le catholicisme et embrasse les thèses du communisme.En 1930 il retourne en Islande et se marie. Il publie “Gens Indépendants” (1934) et “Salka Valka” (1932), dans lesquels transparaissent ses préoccupations sociales. Il publie des vastes romans d’inspiration historique qui sont considérés comme ses chefs-d’œuvre: “Lumière du monde” (1934), puis “La cloche d’islande” (1943). Laxness divorce en 1936 et se remarie en 1945 avec une jeune femme de 21 ans. Au cours de ses voyages en URSS, Laxness prend conscience des erreurs du stalinisme et se détourne du communisme. “Le paradis retrouvé” (1960) évoque à nouveau avec tendresse et ironie la difficile recherche de la spiritualité. Atteint de la maladie d’Alzheimer, il est placé en maison de retraite en 1995.Son œuvre comprend plus de 60 ouvrages, romans, nouvelles, récits, et pièces de théâtre. Mais il a traduit également Voltaire, Hemingway ou Lao-Tseu. Outre le prix Nobel de littérature en 1955, il reçut de nombreux prix dont le prix international de la paix en 1952.
Romans
- Barn náttúrunnar (1919)
- Undir Helgahnúk (1924)
- Vefarinn mikli frá Kasmír (1927)
- Salka Valka (1931-1932) – Salka Valka : petite fille d’Islande : Une nuit d’hiver, une femme et sa fille échouent, à bout de ressources et de courage, dans une petite bourgade de pêcheurs, au bord d’un fjord islandais. Prises par le froid, la faim et le souci d’un gîte, elles s’adressent vainement à l’Armée du Salut, ou, parmi les rires et la fumée, on chante de si beaux cantiques, au pasteur, qui ne sait que ressasser d’un ton revêche des bribes de l’Évangile, au médecin, qui leur donne un cornet de bonbons. Elles trouvent enfin refuge chez un vagabond, lyrique, sentimental et forcené comme un héros de Synge. Douteux refuge! L’homme se joue de la mère et viole l’enfant. Cependant, autour d’elles, le village mène sa vie végétative. La pluie succède à la neige, la brume à la pluie. Mais, à l’Armée du Salut, on célèbre «l’amour divin qui coule à pleins bords pour tous les hommes». On voit l’allure du récit : celle d’une odyssée misérable et quasi grotesque. Et l’on perçoit l’accent particulier du conteur : il est fait de pitié et d’amertume, de gouaille et de tendresse. D’un sujet qu’auraient aimé nos romanciers naturalistes, Halldor Laxness a tiré un livre qui s’apparente plutôt à l’œuvre de Thomas Hardy ; il rappelle le grand Anglais par son ironie douloureuse, son émotion mi-voilée, et par son sens de la solitude et de l’écrasement de l’homme. Pourtant, si sombre que soit cette peinture, on ne peut dire que le livre de Halldor Laxness soit tout à fait désespéré. Il y court sourdement, sinon une confiance dans la vie, du moins un tendre respect pour sa trame la plus humble… C’est la nuit, un craquement de chaise, une soudaine odeur de terre humide ou de vent marin, une respiration qui se précipite ou s’étrangle : c’est une fois encore la saga de l’homme et des forces qui l’entourent, alliées, hostiles ou plus souvent indifférentes.
- Úngfrúin góða og Húsið (1933)
- Sjálfstaett fólk (1934-1935) – Gens indépendants : Dans le nord de l’Islande du début du XXe siècle, Bjartur est un petit paysan qui s’efforce de préserver son indépendance, d’autant plus précieuse qu’il l’a acquise au prix de longues années de labeur et de sacrifices. S’affranchir de toute tutelle, tel est l’objectif de cet éleveur de moutons, héritier d’une tradition paysanne séculaire et imprégné de poésie épique médiévale transmise de génération en génération. Le récit se déroule à la manière d’une saga familiale, décrivant l’âpre quotidien d’une paysannerie d’un autre temps confrontée aux profonds bouleversements politiques et sociaux qui marquèrent cette époque : l’émergence d’un système économique moderne, les effets de la Première Guerre mondiale, les efforts pour désenclaver les régions isolées de l’île, les grands mouvements migratoires vers les Etats-Unis. Bjartur mène un combat de tous les instants pour nourrir son troupeau, et seulement ensuite sa famille, dont la figure centrale est sa fille, Asta Sollilja, que lui a laissée sa première femme Rosa, morte en couches cette enfant, qu’il soupçonne pourtant d’être illégitime, est son véritable trésor, sa ” petite fleur ” qui s’épanouit dans l’immensité glaciale de la lande. Seul face aux éléments naturels – et même surnaturels -, Bjartur affronte les difficultés sans jamais baisser les bras, pas plus qu’il ne baisse les yeux devant quiconque. Ce roman, marqué par un puissant souffle épique hérité des sagas médiévales, mais aussi par un humour sombre et détonnant, rend hommage à l’esprit paysan islandais du début du siècle, tout en fierté et en ténacité face à la mort et au chaos qui reviennent immanquablement réclamer leur dû.
- Ljós heimsins (1937-1940) – Lumière du monde : Miraculeusement guéri d’une maladie qui l’a tenu alité durant la plus grande partie de son adolescence, Olafur Karason de ljosavik part à l’aventure à travers l’Islande après que son goût pour la beauté et la poésie l’ait définitivement condamné à la misère et aux persécutions de sa famille. A Svidinsvik sa première étape, étrange ville où les habitants travaillent à transporter des pierres, année après année, pour le compte du gouvernement tandis qu’un vieux chalutier sombre peu à peu dans la baie, Olafur finira par exercer ses dons de poète après avoir connu le froid et la faim, l’amour et la haine. Instituteur à Bervik, il connaîtra le déshonneur et la prison… Condamné à survivre d’expédients, Olafur le scalde (le poète), ne connaîtra que des étapes sans jamais arriver nulle part. Autour de lui, une foule de personnages pittoresques, parfois drôles, toujours tragiques, aussi misérables que lui… Ainsi Halla-La-Coureuse qui possède neuf enfants dans plusieurs paroisse ; Disa, l’étrange créature enfermée dans sons sac ; Pétur-trois-chevaux, l’administrateur ambitieux avec ses éternelles bésicles et son chapeau, symboles de son prestige ; tant d’autres encore… Ecrit dans la tradition des grands romans picaresques, Lumière du monde emprunte tout à tour au tragique, au romanesque et à la farce pour accuser jusqu’à la caricature la vanité, le comique noir des ambitions humaines. Le regard aigu de Laxness nous donne à voir le dessous d’une société où, malgré les apparences, les marginaux sont condamnés à l’errance et à la solitude. Ce n’est toutefois pas le cas de Olafur Karason. Il est poète, il a la poésie, l’un et l’autre sont la lumière du monde.
- Islandsklukkan (1943-1946) – La Cloche d’Islande : Au début du XVIIIe siècle en Islande, l’envoyé du roi de Danemark vient se saisir de la vieille cloche de Thingvellir, symbole national de l’indépendance islandaise, pour en faire des canons. Dans un geste de révolte qui est celui de tout un peuple, il est assassiné par un pauvre paysan déjà condamné à mort pour le vol d’une corde. Publiée entre 1943 et 1946, à un moment où la question de l’indépendance se posait avec une acuité particulière, La Cloche d’Islande demeure l’œuvre maîtresse de Laxness, prix Nobel de littérature en 1955.
- Atómstöðin (1948) – Station atomique : Station Atomique, écrit en 1946 et 1947, a été publié en mars 1948. Le contexte historique du roman est celui de l’occupation britannique de l’Islande pendant la Seconde Guerre mondiale en 1940, suivie de l’occupation américaine en 1941. Beaucoup considéraient l’indépendance de l’Islande menacée en raison de la demande des États-Unis d’établir une base militaire à Keflavík pour une durée de 99 ans (en 1946). Le Parlement islandais (l’Althing) a finalement accédé à cette demande et a conclu le traité de Keflavík. Laxness critiqua le fait que la législation islandaise n’était pas applicable à la zone interne de la base militaire. Mais il a surtout vu une menace pour la vie islandaise car dans l’éventualité d’une guerre atomique, l’Islande deviendrait une cible potentielle en raison de cette base militaire. Ces craintes étaient fondées sur l’impression laissée par les deux bombes atomiques qui avaient été récemment larguées sur Hiroshima et Nagasaki. Laxness a commencé à écrire le roman peu après ces événements mais ne l’incluait pas parmi ses œuvres préférées.Ugla, une jeune fille sans éducation de la campagne, se rend du nord de l’Islande à la capitale, Reykjavik, afin de travailler pour Bui Arland, un membre du parlement, et apprendre à jouer de l’orgue. Elle rencontre un monde qui est lui complètement étranger : les politiciens et les militaires se déplacent aisément dans la ville et elle considère les habitants de la ville gâtés, snobs et arrogants. Elle vient en effet d’une région rurale où les gens discutent et réfléchissent pour l’essentiel des sagas islandaise du Moyen Âge, considérées comme plus importantes que la réalité. Le Premier ministre poursuit les tractations secrètes avec les Américains et « vend » finalement le pays. Ugla découvre d’autres façons de penser, particulièrement en fonction des questions d’actualité, principalement dans la maison du joueur d’orgue où elle entre en contact avec des communistes et des anarchistes. Elle acquiert la conscience politique qui lui faisait défaut et manifeste contre la construction d’une station atomique en Islande. Elle est confrontée au choix entre une vie riche avec le député avec qui elle a eu une brève relation et un policier ordinaire, endetté après une brève tentative dans le monde des affaires. Elle comprend que les différences de classe sont insurmontables et rejoint le policier de qui elle attend un enfant.
- Gerpla (1952) – La Saga des fiers-à-bras : Dans l’Islande médiévale, Thorgeir et Thormod, deux jeunes gaillards exaltés par les poèmes héroïques des temps jadis, décident de devenir des champions de légende. L’un, bardé d’acier de récupération, se rêve en fier et ombrageux guerrier, l’autre, plus littéraire, aspire à la renommée poétique des grands scaldes… Ces dangereux imbéciles vont répandre le carnage parmi de paisibles pêcheurs de flétan, défier en duel les plus roublards des loqueteux, tenter de séduire des femmes autrement ensorceleuses, et emboîter le pas à de grotesques Vikings – encore plus bêtes et cruels qu’on aurait pu l’imaginer – partis à la rapine en des terres lointaines. Coûte que coûte, en Angleterre, en Normandie, en Russie, au Groenland ou en Norvège, ils iront vaillamment au devant de leur tragique destin.
- Brekkukotsannáll (1957) – Les Annales de Brekkukot : Au début du xxe siècle, le jeune Alfgrímur vit à Brekkukot, une ferme de tourbe située à la périphérie de Reykjavík, alors simple bourgade, chez le vieux couple qui l’a recueilli et qu’il considère comme ses grands-parents. Il y côtoie une bande délurée d’excentriques et de philosophes qui trouvent refuge dans le simple respect d’autrui, conformément à l’éthique des habitants de Brekkukot. L’enfance idyllique d’Alfgrímur et ses projets d’avenir, à savoir devenir pêcheur de lompe comme son grand-père, basculent lorsqu’il rencontre le chanteur lyrique islandais mondialement célèbre, le mystérieux Gardar Hólm, qui l’incite à atteindre «la note pure ». Mais comment peut-il y parvenir sans renoncer au monde qu’il aime? Dans ce roman curieux et merveilleux, où se mêlent histoires de voyageurs, mythes et légendes islandaises, le Prix Nobel de littérature dépeint avec humour et finesse l’univers restreint d’un jeune garçon confronté malgré lui au monde moderne.
- Paradísarheimt (1960) – Le Paradis retrouvé: Le fermier Steinar vit dans le district de Steinahlidar, en Islande, avec sa femme et ses deux enfants : Viking et Steina. Son poney blanc, Krapi, parce qu’il serait doué de magie, est l’objet de toutes les convoitises. Steinar s’en va l’offrir à Christian IX, roi de Danemark, et, sur le chemin du retour, il rencontre l’évêque mormon Didrik, qui le persuade d’adhérer à la communauté islandaise mormone du Paradis Terrestre, dans la vallée du Lac Salé, dans l’Utah. Pendant qu’il s’intègre à la communauté, le malheur s’abat sur sa maison : les pierres envahissent son champ, la ferme se délabre, la famille est dispersée par la misère…
- Kristnihald undir Jökli (1968) – Úa, ou, Chrétiens du glacier : De la nécessité d’une enquête, en ces régions isolées d’Islande où paganisme, paysannerie et christianisme se rejoignent en de multiples délires.
- Inansveitarkronika (1970)
- Guðsgjafaþula (1972)
